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Désormais secondé par Fredrik Normann (October Tide), Katatonia retourne ainsi aux Unisound Studios en juillet 1996, sous la coupe de Dan Swanö, succédant ainsi à Edge Of Sanity & Opeth, qui viennent respectivement de clore les sessions de Crimson & Morningrise quelques mois auparavant, dans ce même studio. Brave Murder Day sort à la fin de l'année, couvert par le remarquable label Avantgarde Music. En trois ans, le doom death de Katatonia a évolué vers une forme beaucoup plus épurée, construite sur les rythmes simples de Jonas et les riffs répétitifs de Fredrik, supportant la guitare lancinante d’Anders, au toucher toujours aussi fin, unique et torturé. Le trio s’épaule cette fois de Mikael Akerfeldt et de son chant guttural pur, dominant la majorité de Brave Murder Day, en opposition à la voix claire et suave de Jonas, n’apparaissant que sur le titre Day et le break de Rainroom. Loin de toute démonstration technique, ou d’une multitude d’effets et de contre temps, Brave Murder Day privilégie ainsi les atmosphères mélancoliques et éthérées, opposant parfaitement ses rythmiques lourdes à ses guitares lancinantes (Brave, Murder, Endtime), ses riffs obsédants à ses acoustiques mélancoliques (Twelve), et son guttural profond à son chant plaintif (Rainroom). Au final, seul Day tranche véritablement avec l’ensemble, distillant durant ses quatre minutes guitares classiques & voix claire particulièrement dépressives. Dernier album de Katatonia usant d'un chant guttural, Brave Murder Day rappelle indéniablement la couleur du superbe Morningrise d'Opeth, avec les growls d'Akerfeldt commun aux deux enregistrements. L’album reste en revanche beaucoup plus simple dans ses structures et encore plus mélancolique dans son approche, dépressif par moment, lui conférant un caractère fort et une puissance émotionnelle toute particulière, qui l’inscrit parmi les oeuvres marquantes de Katatonia, et l’impose aux côtés de Crimson & Morningrise en cette année 1996. Fabien.
Au fil du temps, Brave Murder Day est devenu un album à part dans la discographie de Katatonia. Tout d'abord parce qu'il s'agit du seul enregistrement effectué avec Mikael Åkerfeldt d'Opeth, puis parce que c'est le dernier à exploiter l'orientation doom-death du groupe. En ce qui concerne Åkerfeldt, sachez que son intégration n'était qu'éphémère, Jonas Renkse ayant eu quelques problèmes vocaux lors de l'enregistrement de cet opus, Katatonia a donc décidé de faire appel à un ami de longue date, qui n'est autre que ce cher Åkerfeldt. Voilà pour la petite explication. Alors voyons voir cet opus. Globalement, l'intégration "d'urgence" de Monsieur Åkerfeldt ne change en rien les structures établies sur l'opus précédent. Katatonia évolue toujours dans un doom-death mélancolique et mélodique qui a fait le bonheur de plus d'un sur Dance of december souls. Ainsi, les six morceaux de ce Brave Murder Day sont de longues pièces évolutives aux atmosphères variées ("Brave", "Murder", "Rainroom"...) mais toujours autant épris de ce sentiment mélancolique si cher au groupe. Le hurleur d'Opeth remplit parfaitement son rôle, les compositions prennent une dimension plus "extrême" grâce au timbre puissant d'Åkerfeldt. Mais Jonas Renkse n'en est pas oublié pour autant, comme le prouvent ses différentes incursions au chant clair: "Rainroom" ou encore "Day", entièrement chanté en clair. D'ailleurs, ce morceau figure dans cet album en tant que véritable ovni, le concept "chant clair" n'avait jusqu'alors pas été utilisé chez Katatonia (on connaît la suite...). Revenons à ce cher Renkse. Outre le fait de pousser la chansonnette sur certains titres, il assure toujours la section rythmique. Celle-ci est, comme sur l'opus précédent, principalement orientée vers un mid-tempo qui appuie la mélancolie dégagée par les six compositions. Anders Nyström est quant à lui une nouvelle fois inspiré, ses riffs si fins ("Brave" et son magnifique tapping, "Murder", "Rainroom"...) laissent une grande place aux songes les plus tristes, pour ainsi dévoiler la "patte Nyström". Le nouveau venu Frederik Norrman renforce l'impact du mur de son créé par la paire guitaristique, fait essentiel pour élaborer les ambiances mélancoliques distillées par Katatonia. Au final, six longs morceaux inspirés, variant autant au niveau des riffs que du tempo, qui éloignent tout sentiment de lassitude. Chaque pièce prouve que le Katatonia de 1996 savait déjà savamment manipuler les émotions de son auditeur, pour le toucher au plus profond de son âme. Katatonia est et a toujours été un groupe passionnant, sa musique s'apprécie autant avec la tête qu'avec le coeur grâce à des notes sinçères qui suscitent l'émotion chez quiconque ose poser une oreille dessus. Les riffs inspirés et si expressifs s'allient parfaitement avec les hurlements d'Åkerfeldt, pour révéler un album mature et vraiment très bien construit. Enfin, les incursions de Renkse au chant clair donnent un côté planant à la musique de Katatonia, jusque-là jamais utilisées. Un très bon album, tout simplement. 17/20
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