Chargement ...
Vous allez être redirigé
|
| 04 Juin 2007 - SPV / Replica Records |

 |
Vous devez être membre pour déposer une note
Re-Issue in 2008 by Steamhammer and SPV, under the name "Ghost Opera - The Second Coming", with 2 bonustracks and a bonus CD.
1. Solitaire
2. Rule The World
3. Ghost Opera
4. The Human Stain
5. Blücher
6. Love You To Death
7. Up Through The Ashes
8. Mourning Star
9. Silence Of The Darkness
10. Anthem
11. EdenEcho
Bonustrack (Limited Edition)
12. The Pendulous Fall
Bonustracks (The Second Coming Edition)
12. Memento Mori (Live from Belgrade, Serbia) (Enhanced Video)
13. The Human Stain (Enhanced Video)
BONUS CD - LIVE FROM BELGRADE (THE SECOND COMING EDITION)
1. Solitaire
2. Ghost Opera
3. The Human Stain
4. Mourning Star
5. When the Lights Are Down
6. Abandoned
7. The Haunting (with Simone Simons)
8. Memento Mori
9. Epilogue
10. March of Mephisto
Studio Cuts
11. Season's End
12. The Pendulous Fall
13. Epilogue
14. Rule the World (Remix) |
|
|
|
| Chronique |
 17 / 20 |
|
Kamelot est un groupe qui aura su s’imposer avec le temps grâce à une musique et un style inimitable que bien peu peuvent se vanter de produire avec autant de classe et de délicatesse : l’art périlleux du speed symphonique. Mais, préférant privilégier les atmosphères mélancoliques et romantiques plutôt que les tempos insoutenables et les chœurs pompeux, le groupe américano-norvégien est rapidement devenue une pièce unique dans ce genre musical. Le talentueux chanteur Roy Khan n’est pas étranger non plus à la qualité de la musique, tant son charisme nous emporte à chaque écoute loin, très loin de cet univers pollué qui nous assaille de l’autre côté de la fenêtre.
Le fantastique "Rule The World" ouvre le bal et impose un riff lourd et oppressant, tandis que cette production en béton armé mais d’une richesse semblant infinie (merci au magicien Sascha Paeth !) distille des arrangements discrets mais indispensables comme des chœurs féminins songeurs ou encore des violons étranges et malsains.
"Ghost Opera", le titre track suit et dégage une ambiance beaucoup plus symphonique et grandiloquente. Les envolées orchestrales du refrain sont parfaites et la voix de Khan se fait à la fois mélancolique et poignante. Le solo de Thomas Youngblood tourbillonne comme une métaphore de l’opéra dans lequel devrait se trouver le personnage principal du concept déployé par le titre. Cette femme (tirée d’une histoire vraie) se faisant sauvagement violée et laissée pour morte alors qu’elle se rendait à la première représentation où elle était la chanteuse. Elle reviendra donc le hanté grâce à son fantôme. Un sujet romantique et gothique comme les affectionne tant Roy, frontman d’exception.
Mais si l’opus précédent ("The Black Halo") conservait un rythme rapide, "Ghost Opera" se veut plus mid tempo et mélancolique, laissant aux atmosphères un espace plus important. "The Human Stain" en est le parfait exemple. De son étrange intro saccadée démarre un riff lourd et répétitif (dans le bon sens du terme !), puis un refrain entêtant et magique sur lequel les chœurs féminins s’imposent avec maestria.
Dans l’ensemble, l’album sonne plus mature et moins metal. Je serais tenté de dire très artistique mais j’ai peur de ne pas être clair. En effet, la musique de Kamelot n’est plus ici un simple divertissement mais une œuvre profonde et complexe dans laquelle il faut rentrer pour en extraire l’essence la plus pure. Une telle beauté et une si grande mélancolie en émane qu’écouter ce disque lors d’une crise sentimentale ou même simplement lors d’une mauvaise journée vous fera découvrir un nouveau visage à la tristesse.
Comment rester insensible au texte magnifique de "Love You To Death", traitant de l’amour éternel, avant, pendant et après la mort. Le duo entre Roy Khan et Amanda Somerville devient un monument d’émotion tout en finesse, avec une grande sensibilité, sans jamais une once de niaiserie. Tout sent le vécu et la sincérité à 100%.
Et si le rythme s’accélère de nouveau pour "Silence Of The Darkness", ce sera pour nous offrir le morceau le plus fade et vierge de l’album. Un titre d’une simplicité enfantine servit par une technique certes impeccable, mais vidé de toutes émotions. Une émotion pourtant à vif sur "Anthem", la ballade de l’album. L’effet dans la voix de Roy apporte toute la fragilité et l’impuissance que possède un nouveau né, le texte traitant de la naissance de son fils. L’atmosphère si intimiste ici se noircira considérablement sur "Up Through The Ashes" avec un Roy Khan maquillant son chant de façon diabolique, rappelant son duo de l’album précédent avec Shagrath ("March of Mephisto").
Ghost Opera se terminera sur le retour des violons pour "Eden Echo", tragique et dramatique, comportant un des meilleurs refrains de Kamelot. Il faut d’ailleurs noter que les violons tiennent une place très importante sur cet opus, sonnant de façon inhabituelle car utilisés de manière soliste et indépendamment d’un orchestre complet. Le magnifique "atwork" est là pour en témoigner, à la fois mystérieux et artistique.
Néanmoins, il y a un défaut majeur qui se révèle lassant et décevant, que ce soit lors des premières écoutes ou à la longue ; c’est le schéma bien trop stéréotypé des morceaux. Aucun ne dépasse le stade de couplet/refrain/couplet/refrain/pont/refrain. C’est d’autant plus dommage car il est évident que le talent de composition est présent, on croirait presque qu’il s’agit de paresse pour proposer des structures plus surprenantes.
Mais bon, "Ghost Opera" reste un petit joyau, évitant à un style bien malmené de tomber définitivement dans la déchéance la plus totale.
5 commentaires |
|
| Chronique |
 5 / 20 |
|
Un ennui mortel qui s'installe petit à petit et vous fouraille les entrailles
Puis rien.
Le vide.
Le néant absolu qui gangrène le cœur et annihile votre esprit.
Et enfin l'incompréhension.
Ce sont quelques uns des sentiments qui s'imposèrent à moi à l'écoute de ce Ghost Opera.
Pourtant, je me targue d'être un amateur éclairé de Kamelot que je suis fidèlement depuis The Fourth Legacy.
Il faut dire que le combo a su développé des arguments propres à séduire au fil du temps nombre de metalheads. En effet, il œuvre dans un power mélodique racé, fin, gorgé de feeling et d'arrangements classieux, doté d'une production aux petits oignons bricolée par la fidèle paire Sacha Paeth/Miro. L'ensemble est saupoudré d'une bonne dose de mélancolie toute triste mais n'oublie jamais d'inclure des accélérations du tempo salvatrices qui évitent la musique de sombrer dans le pathos. De l'hymne speed à la ballade en passant par le mid-tempo puissant et efficace au refrain fédérateur, le groupe est capable d'exceller dans tous les compartiments du jeu.
De plus, Kamelot est composé musiciens d'un niveau remarquable, avec, comme figures de proue de cet ensemble, l'excellent Roy Khan doté d'un organe vocal majestueux et profond et Thomas Youngblood bretteur sous-estimé.
Travailleur, consciencieux, le groupe a su proposer de succulentes galettes, travaillées, ciselées, apportant sans coup férir son lot de plaisir. Il n'a jamais cessé de progresser et de rassembler de plus en plus d'aficionados sous sa bannière. Black Halo représentait d'ailleurs le point d'orgue tant commercial qu'artistique d'une discographie féconde. C'est dire si ce Ghost Opera était attendu par beaucoup.
Après une introduction trustée par un violon pleurnicheur qui installe une atmosphère mélancolique, l'album commence plutôt bien avec un "Rule The World" ambiancé et joliment arrangé puis un "Ghost Opera" majestueux et puissant. Sans être orgasmique, cet entame est des plus sympathiques. Mais cela ne va pas durer. A mes yeux, cela va même dangereusement s'apparenter à de la chute libre dès le troisième titre pour ne presque plus jamais redécoller, sauf l'espace de quelques fugitifs instants bien trop rares.
Plusieurs faits sautent aux oreilles. Tout d'abord, la production est ultra léchée. Trop peut-être. Cela sonne surproduit. L'attention du groupe s'est focalisé sur l'atmosphère, souvent lente, « spleenesque » au possible. Bien sûr, ce côté limite maniaco-dépressif a toujours été présent par le passé mais il était constamment contrebalancé par des chansons au rythme plus enlevé. Or, plus le temps passe et moins le groupe semble affectionner les tempi rapide. Ici, ils n'ont quasiment plus le droit de cité. Seul le refrain de "Silence Of The Darkness" rappelleront aux nostalgiques les cavalcades d'antan, quand Kamelot était encore capable de fougue.
Aujourd'hui, le groupe préfère les tempi lents ou les mid-tempi. Du coup, l'album perd en variété et apparaît bien monolithique. De plus, on a même l'étrange mais persistante impression que certains titres se ressemblent beaucoup. Ce sentiment est accentué par une structure musicale commune à tous les titres, structure qui est d'ailleurs pour le moins basique. Cela peut lasser. Éventuellement.
En plus de cette atmosphère sponsorisée par Kleenex, le groupe s'est focalisé sur les arrangements. Sur le décorum en somme. Et il a mis les moyens. Il y a de l'orchestration partout, des bruitages, des chœurs, cela « violonne » à tout va. Cependant, accaparé par ce travail pointilleux sur l'emballage, Kamelot semble avoir oublié quelques règles de bases au passage : les mélodies sont moins marquantes que par le passé, les refrains fédérateurs se raréfient, le travail de la guitare rythmique se révèle d'une magnifique platitude. Seuls les soli restent de bonne qualité sans être transcendants. Enfin, Roy Kahn chante encore remarquablement bien mais il porte à bout de langue un ensemble que certains pourront trouver bien creux.
D'une manière générale, ceux qui n'adhéreront pas à cette ambiance baudelérienne voulue par le quintet enrobée d'une orchestration omniprésente mais pompeuse risque fort de s'ennuyer prodigieusement.
L'album n'est pas forcément mauvais en soi. Certains y trouveront leur compte. Tant mieux. Sauf que la direction prise ne conviendra pas à tous les fans. Comme elle ne me convient pas.
Kamelot et moi, c'est un peu comme la fin de certaines histoires d'amour. Un jour on se réveille à côté de sa moitié et on s'aperçoit qu'on ne comprend plus l'autre. Chacun a évolué dans une direction différente, emportant avec lui les sentiments passionnés du début. L'incompréhension gagne, le silence s'installe. Puis le vide. Alors, gênés, déçus, on finit par se quitter.
So long et sans rancune. Peut-être qu'un jour, au détour d'un chemin, nous nous retrouverons. Peut-être...
11 commentaires |
|
|