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Chronique
 | note : 13/20 | Episode XI : Le Priest opportuniste ?
Judas Priest avait fait très fort avec leur précédente réalisation Defender Of The Faith (1984), mais le mouvement Thrash Metal a désormais fait une percée et le Heavy Metal traditionnel n’est plus seul à avoir les faveurs du public. Hell Awaits, Ride The Lightning ont montré une musique largement plus violente et rapide que celle du divin chauve et de sa bande.
Les anglais, réalisant qu’ils ne pouvaient rivaliser avec des formations comme Metallica et Slayer sur leur propre terrain, décidèrent de changer de tactique et de prendre le train du Glam en marche sur ce Turbo (1986). Cela se ressent sur la pochette moins agressive qu’à l’accoutumé, une main de femme tenant………mais non ! Tenant un levier de vitesse bande de vicieux ! Les teints rouge vif annoncent la couleur si je puis dire, même à l’intérieur les bonhommes ont modifié quelque peu leurs tenues vestimentaires en les adaptant au contexte : cuir gris-bleu pour Rob, veste avec guirlande jaune de noël pour Dave Holland, débardeur en cuir pour Ian Hill,….ces messieurs se sont mis à la mode (j’ignore si ils sont habillés par Christian Lacroix ou Jean-Paul Gauthier) colorées.
En tout cas musicalement aussi Turbo marque un tournant, les 5 de Birmingham ont abandonné le Heavy Metal flamboyant et entraînant de Screaming For Vengeance et Defender Of The Faith pour un Heavy / Rock / Glam plus posé et expérimentale. En effet Turbo Lover surprend d’entrée avec des sonorités électroniques et des guitares beaucoup plus en retrait, le chant de Rob se fait plus discret et même susurrant (doublé sur certaines parties par une voix robotique) : y a t-il un truc que ce type est incapable de chanter ? Je crois que non. Une fois l’effet de surprise passé le morceau est de qualité, à part les synthés complètement niais au milieu du morceau et le solo simpliste et réduit à la portion congrue, chose une fois de plus inhabituelle. Heureusement sur Locked in on retrouve le chant puissant et caractéristique de Halford ainsi que les guitares incisives et la batailles de soli épique qui va bien, cependant les guitare sont un peu trop en retrait, atténuant la puissance des riffs, chose malheureusement volontaire…
Un des gros point fort de cette opus est la production, le son est puissant et clair comme jamais il ne n’a été auparavant et on regrette que le Priest n’en ai pas d’avantage profité pour faire entendre d’avantage les guitares trop souvent noyées derrière des samples comme sur Private Property truffé également de chœurs, donnant un peu une impression de surcharge.
Parental Guidance, le single de l’album est plus accrocheur et épuré avec en particulier un refrain imparable dont seul le Priest à le secret.
Mais ce Turbo est un peu trop monocorde et malgré des Rock You All Over The World ou Wild Nights, Hot&Crazy Days (vaste programme !) se concentrant sur les instruments primordiaux et qui délivre des rythmiques et des mélodies plutôt catchy, on attend désespérément une ou deux chansons qui élèvent un peu le niveau mais elle ne viendront jamais. De plus les tempo sont toujours cantonnés dans le mid voire dans le lent et on ne voit toujours venir aucun Exciter ou Freewheel Burning pour secouer tout ça.
Non la balade Out In The Cold n’est pas soporifique même si elle est à des années lumières de Beyond The Realm Of Death, non les passages Electro / Rock de Hot For Love ne sont pas mauvais quoi qu’un peu bateau, mais force est de constater que les morceaux de Turbo ne déclenchent pas la même folie chez les fans. Ils nous refont donc le coup de l’album plus calme comme sur Point Of Entry mais cette fois avec beaucoup de travail derrière et le résultat s’en ressent.
En faisant le bilan on s’aperçoit que la plupart des titres sont tout à fait corrects mais qu’il émane de l’écoute générale de Turbo une sorte de platitude due à l’uniformité des titres. On ne va pas non plus les blâmer d’avoir tenter quelques expérimentations sur leur 10ième album au bout de 15 ans de carrière, mais ce revirement sent quand même un peu l’opportunisme. D’un autre côté sortir un Screaming Of Vengeance n°3 (le deuxième étant Defender Of The Faith) avec la certitude que cela plairait aux fans aurait aussi pu passer pour de l’opportunisme. Je laisse donc l’auditeur se faire sa propre idée là-dessus même si évidemment j’ai aussi la mienne.
K.K. Downing et ses comparses, vont-ils progressivement s’éloigner du Heavy Metal et se prendre pour des Rock Stars en annonçant régulièrement pendant 20 ans la sortie prochaine de leur nouvel album Chinese Democracy ? Vous le saurez en suivant le prochain épisode de Benny Hill et les Hill’s Angels………………….. Et ben quoi ? C’est bien anglais aussi.
To Be Continued…
BG
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Mardi 10 Juin 2008 |

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