1. The Arrival
2. Atlantis Falling
3. Brave New World
4. Iron Savior
5. Riding on Fire
6. Break it Up
7. Assailant
8. Children of the Wasteland
9. Protect the Law
10. Watcher in the Sky
11. For the World
12. This Flight Tonight les paroles
dark_omens, le Jeudi 13 Novembre 2008 note : 14/20
La destinée est un dessein délicat. Chacune de nos décisions peut la façonner de manière remarquable et différente. Chacun de nos choix peut, un jour, nous mener vers l’épanouissement d’un accomplissement personnel, ou tout aussi bien vers le désastre. La difficulté étant, souvent, d’assumer nos actes afin ne pas vivre dans des remords constant et handicapant.
Piet Sielck pouvait-il s’imaginer lorsqu’il refuse de rejoindre Helloween, alors que son acolyte Kai Hansen, avec qui il sévit au sein du groupe Gendry, accepte ; qu’il vient de vivre un tournant crucial dans sa carrière de musicien ? Certainement pas, et qui l’eut pu ? L’homme décline l’offre, fatigué par cette vie de musicien, ratant, de ce fait, les premiers pas de ce qui allait être la genèse d’un mouvement tout entier. Le diptyque « Keeper Of The Seven Keys » deviendra les fondations incontournables d’une révolution musicale sans précédent. Il y eut bien, un avant, et un après Keeper.
Il y eut tant et tant de jeunes musiciens, fans, ou simple auditeurs qui furent bouleversé par cet œuvre, tant et tant de groupes influencé par ce renouveau. Et Piet Sielck n’en fit pas partie.
Il devint alors un homme de l’ombre, un personnage essentiel de la scène allemande, d’abord ingénieurs du son pour Sanctuary Records, puis producteur travaillant dans l’obscurité pour les plus grands (Gamma Ray, BlindGuardian, Saxon…). Mais la lassitude inhérente à cette impression monotone et tenace de faire toujours la même chose, celle là même qui le poussa à ne pas rejoindre la bande à Weikath, repris notre homme. Il voulut faire de la musique. Sa musique.
En 1996 Piet décide de se lancer et forme Iron Savior. Qui peut-il appeler pour lui donner un coup de main, si ce n’est son vieil ami de toujours Kai Hansen ? Le groupe est renforcé par Thomas "Thomen, The Omen" Stauch, batteur attitré de BlindGuardian. L’aventure peut commencer.
Iron Savior, album éponyme, sort en 1997 dans une relative indifférence, si les média en font bien l’écho, il est difficile de le trouver dans les bacs des grandes chaines de distributions. Heureusement à l’époque, le réseau plus confidentiel mais nettement plus passionnés des petits disquaires, fonctionne encore relativement bien. Il n’a pas encore poussé son dernier soupir. Le disque est un concept-album ambitieux, ou l’histoire complexe, relate des chroniques de science-fiction, une autre passion de Piet, qu’il serait ici trop long de développé. Piet à tout écrits, tout imaginé. Chacun des morceaux qui composent cette œuvre est une parcelle d’un ensemble dont il a concerté la moindre note, la moindre ligne (exception faites de « Watcher In The Sky »). La musique est quand à elle des plus classique, il est évidement difficile de se démarquer d’un style qu’on a vu naître de si prêt. Il y a donc dans cet Iron Savior les parfums du Speed Metal de Gamma Ray, Helloween et consort, mais la voix si particulièrement rauque et agressive de Piet ajouté au jeu si reconnaissable de Stauch, confère aussi à l’ensemble une petite touche très semblable à BlindGuardian. Cependant le propos est ici nettement plus abordable, les morceaux, comportant peu ou pas de break, sont très accessibles. En compositeur aguerris, Piet nous propose des hymnes dénués de toute fioriture instrumentale inutile. Ici point de synthé, de piano, de flutiau si chères à la tendance du moment ; mais uniquement des sonorités énergique et vigoureuse, rehaussé par la mélodie de refrains inéluctable. Fort de toutes ces conséquences « Athlantis Falling », « Brave New World », « Riding On Fire », « For The World » sont des chansons rapides et efficaces. Rajoutons à cela « Iron Savior », « Protect The Law », mid-tempos tout aussi intéressant. Seule « Break It Up », ballade fâcheuse et « The Flight Tonight » reprise regrettable de Nazareth paraissent inappropriées au milieu de tant d’ardeur. Pourtant cet album, aussi emplie de qualité soit-il, n’arrive pas totalement à nous convaincre ; et la regrettable tendance, parfois, de Thomen à ne pas vouloir délaissé, un peu, sa double grosse-caisse couplé à la façon de chanter si invariable et si particulièrement plaisante de Piet, n’y change rien; et ont même tendance à amplifier une certaine linéarité qui se dégage de cette œuvre.
Au final cet Iron Savior est un pari osé. Il se propose de perpétuer une certaine tradition d’un Speed Metal plutôt acerbe et direct, alors que le monde entier, lui, encouragé par les tendances du moment, tente de s’en échapper en proposant toujours plus d’instruments mélodiques, de pianos, de synthés... Pari courageux, mais pas totalement réussi.