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| CD paru le 02 Octobre 1995 - EMI Records |

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1. Sign of the Cross
2. Lord of the Flies
3. Man on the Edge
4. Fortunes of War
5. Look for the Truth
6. The Aftermath
7. Judgement of Heaven
8. Blood on the World's Hands
9. The Edge of Darkness
10. 2 A.M.
11. The Unbeliever |
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| Chronique |
 17 / 20 |
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Autant le dire tout de suite, The X Factor est une perle. Noire, d'accord, mais fameusement énorme quand même.
MaINTenant que Bruce "Air Raid Siren" Dickinson est revenu, depuis quelques année maINTenant d'ailleurs, j'ose espérer que les esprits chagrins réfractaire à toute forme de changement vont se pencher sur cet album. Méconnu ou injustement lynché, il vaut pourtant son pesant d'or. J'ai mis quelques écoutes avant de l'apprécier pleinement, mais il s'est hissé parmi mes albums préférés de La vierge de fer.
Remplis de mélancolie, de riffs lourds dépressifs et prenants, les membres de Maiden ont prouvé une nouvelle fois qu'ils peuvent offrir la musique qu'ils ont envie de faire tout en conservant la griffe typique du groupe.
Magistralement ouvert par un Sign Of The Cross dépeignant brillamment la sourde angoisse d'une victime de l'inquisition, le ton est donné. Cet album sera lourd puissant et prenant. Fortunes of War prouve que Blaze Bayley a une voix terriblement mélodique, avant que la basse d'un Steve Harris implacable (Sans rire, il a des doigts supra-sonique, ou quoi ?) emballe le morceau. The Edge of Darkness, 2 A.M., The Aftermath, Look For The Truth, Judgement Of Heaven... Non, je ne vois aucun morceau à jeter sur cet album, même les B-Side composées qui ne sont pas rentrées sur la galette, faute de place, sont excellentes. Un "Blood on the World's Hands" INTelligent aux paroles percutantes, un "Man on the Edge" terriblement entrainant...
Pourquoi bouder son plaisir ? Parce que Blaze remplace Dickinson ? Il aurait certes pû offrir un côté énergique à certains morceaux, une voix en acier trempé haut perchée sur d'autre, mais l'ambiance générale de l'album colle admirablement bien au timbre de voix de Blaze, qui donne une profondeur à certains morceaus que Bruce n'aurait peut-être pas atteINT. Alors, grandissons un peu, et admettons que cet album est une franche réussite.
Mention spéciale toute fois à "The Unbeliever" qui m'INTrigue toujours après tout ce temps, c'est sans doute le morceau de l'album le moins bon (en tout cas, celui que j'apprécie le moins) et pourtant, mon opinion change à chaque écoute.
30 commentaires |
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| Chronique |
 16 / 20 |
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I- Le contexte : " Le metal, ça existe encore ?"
1995. Les temps sont durs pour le heavy metal traditionnel. D'ailleurs, comme pour tous les styles prenant leurs racines dans le rock et ayant eu le vent en poupe dans les années 80. Le hard FM, le glam rock ou le hard ne sont pas non plus en odeur de sainteté. Usées, défraîchies, les anciennes stars font pâle figure face aux nouvelles tendances, style grunge. Le côté entertainer dans la musique, ce côté "je suis gai et j'assume" n'est plus en vogue. Place aux crises existentielles de trentenaires désabusés nous narrant jusqu'à la nausée leur adolescence névrosée.
Des musiciens adulés hier qui vendaient des galettes à la brouette en sont réduits à jouer le taxi, faute de contrats discographiques, faute de ne plus être "in". Ceux qui survivent rangent le perfecto, sortent les bermudas, jurent ne pas jouer du heavy. Doublé sur sa gauche par le grunge, le metal l'est aussi sur sa droite par l'éclosion commerciale de style plus extrêmes, comme le death ou le power à la Pantera ou Machine Head. Décidément.
Même les locomotives du genre sont aux abonnés absents. Metallica s'apprête à tenter l'aventure du hard rock manucuré (cf. les clichés dans le livret de Load), Judas Priest a perdu sa voix, Rob Halford étant parti tenter l'aventure du power musclé des bras (le groupe Fight). Le groupe mettra d'ailleurs un peu de temps à trouver son remplaçant. Quelques années, pour être franc. Quant à Iron Maiden, il partage ironiquement le même sort que Judas. En effet, Bruce Dickinson a lui aussi pris le poudre d'escampette. L'heureux remplaçant est un certain Blaze Bailey, chanteur du nébuleux groupe de heavy Wolfsbane que peu de metalheads connaissaient.
1995. Sale temps pour le metal.
C'est dans ce contexte particulier et plutôt morose que sort le dixième album d'Iron Maiden, le bien nommé The X-Factor. Jusqu'à ce jour, la Vierge de Fer avait traversé les eighties en vainqueur, sa besace gavée d'albums au succès artistique et commercial indéniables. Quand on parlait metal, on parlait Iron Maiden. Pourtant, les deux derniers disques n'avaient que très moyennement convaincus. Trop de déchets, trop inégaux, pas assez d'hymnes. Certains regrettaient de plus en plus l'absence d'Adrian Smith, discret guitariste mais compositeur pointilleux.
Alors, une question récurrente hante quelques esprits tourmentés, dont le mien : sont-ils aussi en fin de course, nos anglais adorés, comme tant d'autres ? Autant dire que ce X-Factor est attendu aux tournants.
II- Le contenu : "noir, c'est noir, il n'y a plus d'espoir"
La pochette du disque très noire, nous montrant un Eddie trépané résonne comme un avertissement. Le chant grégorien qui ouvre les hostilités confirme cette impression : l'album sera sombre. Est-ce pour s'acclimater aux effluves musicales de l'époque ? Est-ce par volonté de faire évoluer les torrents de décibels maideniens ? Ou est-ce le reflet d'un état d'esprit personnel pas forcément jouasse ? Peu importe, The X-Factor n'est pas l'album du "larger than life", de la démesure musicale, des envolées lyriques, des hymnes taillés pour les stades. Sobriété et morosité à tous les étages, voilà les maîtres mots. Cette évolution artistique constitue une véritable prise de risques.
La production et le mixage sont au diapason de l'atmosphère. Pour l'occasion, c'est Steve Harris, épaulé par Nigel Green, qui tourne les boutons avec une obsession en tête : à fond sur les graves et les fréquences basses, sus aux aigus. Si l'enregistrement restitue bien le climat voulu, il n'est pas pour autant sans reproches. Les guitares rythmiques sont quelquefois sous-mixées et un chouia brouillonnes par moment, le son de la caisse claire est bien mise en avant mais présente un son sec, presque rêche et pas des plus agréable. Par contre, rien à dire sur la basse galopante de l'ami Steve. Au final, production et mixage se révèlent moyens sans être un ratage complet. Mais voilà, Iron Maiden peut-il se contenter d'être moyen ?
Le climat ténébreux est aussi renforcé par le chant de Blaze Bailey qui officie dans un registre beaucoup plus grave que son illustre et talentueux prédécesseur. L'évolution est notable. Pas de souci : elle sera remarquée, commentée, disséquée, analysée dans les grandes largeurs. Certains esprits chagrins affirmeront même que Blaze chante faux sur la galette, ce qu'il faudrait démontrer. Néanmoins, ce chant grave et puissant ne satisfera pas forcément les die-fans de Bruce Dickinson, plus lyrique, et beaucoup n'adhéreront pas. Pourtant, Blaze apporte sur un plateau la tonalité souhaitée par le boss et qui se marie bien avec la recette concoctée. Il s'en sort même avec les honneurs.
Je rassure les inquiets : Iron Maiden n'a pas non plus totalement viré sa cuti. Il s'agit bien de heavy metal pur jus On reconnaît entre mille la basse agitée de Steve Harris, le jeu de batterie tout personnel de Nicko McBrain, les riffs incisifs, les soli de guitares toujours aussi bons avec force dialogues, twin guitars et autres joyeusetés délivrées par la paire Gers/Murray. On peut même admirer certains "oh oh oh" si caractéristiques des anglais. Le tout est par contre souvent plus lent qu'à l'accoutumée. Mis à part l'énervé "Man on the Edge", il y a peu de morceaux speed à se mettre sous la dent : l'accent est mis sur la puissance. Par contre, les morceaux possèdent souvent des variations de tempi bienvenues permettant de laisser l'auditeur éveillé et d'enrichir les titres. Il y a donc un petit côté plus complexe, limite prog, pas nouveau chez les potes d'Eddie mais pas déplaisant.
D'une manière générale, mis à part deux ou trois chansons poussives comme "The Aftermath" ou bien "Judgement Of Heaven", les compositions sont de grande qualité. A ce niveau, l'œuvre me semble bien supérieure aux deux précédents essais discographiques. Par contre, il faut oser commencer par le morceau-fleuve de 11 minutes " Sign Of The Cross", titre géniallisime digne d'un Maiden au sommet de son forme, pour terminer le skeud par le très original et inventif "The Unbeliever". Non pas que ce dernier soit foncièrement mauvais, loin de là, mais sa position dans le final est un peu curieuse. Entre ces deux extrémités, il y a quelques trésors à découvrir pour peu que l'on accepte l'orientation proposée par cette légende du metal.
L'atmosphère ténébreuse portée par un chant grave et dessinée par une production malheureusement souffreteuse apporte à ce skeud une coloration très particulière. Mieux même, elle lui donne une âme. Une âme bien trempée qui ne peut pas plaire à tout le monde. L'album est véritablement à part dans la discographie déjà riche du combo. Mais cela n'en fait pas pour autant un mauvais disque. Bien au contraire. Cette âme est peut-être triste mais elle n'en est pas moins belle. Malgré ses défauts. Ou grâce à eux.
III- Les conséquences : " C'est plus ce que c'était !"
Les ventes ne furent pas des plus exaltantes. Environ 1,1 million d'exemplaires contre 2,5 pour Fear of the Dark. Pire : les avis des courageux ayant acquis le bidule sont très partagés. Il suffit de parcourir les notes sur Spirit of Metal pour s'en rendre compte. L'album en a en déçu un paquet. Cela ne s'arrangea pas vraiment sur scène où Blaze Bailey donna des prestations à des années lumière de celles du frontman Dickinson. De plus, il ne parvint jamais à faire oublier son prédécesseur sur les anciens titres. C'est le moins que l'on puisse dire. Là, pour le coup, le chant n'était pas toujours très juste.
Une chose en entraînant une autre, la fréquentation des concerts chuta. Finito les gigantesques tournées des stades. On se la joue modeste dans le clan Iron Maiden. En tout cas, la réputation de groupe était bien entachée. La deuxième division se profilait à l'horizon. « Iron Maiden, c'est plus ce que c'était ! Ils sont finis ! » pronostiquaient les Madame Irma du metal. Pour beaucoup, la faute en revient tout entière à Blaze Bailey, ce qui est un brin exagéré.
L'album suivant, Virtual XI, n'aida pas le groupe à reprendre du poil de la bête. Au contraire, la chute devint vertigineuse (700 000 exemplaires écoulées environ). Du coup, Blaze fut prié d'aller voir ailleurs. Alors, Bruce Dickinson et Adrian Smith réintégrèrent les rangs en vainqueurs. Le retour des fils prodiges entraîna immédiatement un regain d'intérêt. La suite est connue.
Pourtant, Steve Harris ne reniera jamais cette période. Ni ce disque. Aujourd'hui encore, le p'tit dernier, A Matter of Life and Death, prend ses racines dans The X Factor, entre autres. Une sorte de fils spirituel : récurrence des thèmes, similitude des intros acoustiques, travail comparable sur les ambiances, résurgence de ce côté sombre même s'il est moins prononcé. The X-Factor n'est donc pas à sous-estimer. Peut-être est-il temps de réhabiliter ce mal-aimé. Il ne mérite pas tant de morgue.
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