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| CD, date de parution : Mai 2000 - EMI Records |

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1. The Wicker Man
2. Ghost of the Navigator
3. Brave New World
4. Blood Brothers
5. The Mercenary
6. Dream of Mirrors
7. The Fallen Angel
8. The Nomad
9. Out of the Silent Planet
10. The Thin Line Between Love and Hate |
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| Chronique |
 19 / 20 |
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Les années 1990 ont été désastreuses, ou presque, pour le groupe londonien. Avec l'émergence
de nouveaux groupes et de nouveaux styles de musique, tels que Nirvana ou le Grunge, la popu-
larité du plus grand groupe de métal de tous les temps a déclinée. Et cet état s'est empiré lors
des départs successifs d'Adrian Smith (1989) et de Bruce Dickinson (1993) ainsi que de l'arrivée,
pour les remplacer, de Janick Gers et Blaze Bailey. Essayant de survivre tant bien que mal, Iron
Maiden, sort en 1995 'X Factor', en 1996 'Best of the Beast' (un double best-of qui clot, définitive-
ment?, la période Dickinson) et en 1998 'Virtual XI', qui sont, malgré les efforts des nouveaux guita-
riste et chanteur Gers et Bailey, et malgré de bonnes compositions, des échecs, tant au niveau
commercial qu'au niveau humain. Conséquence de ces échecs : le départ précipité début 1999 du
vocaliste sous-estimé. Quelques temps plus tard, un coup de théâtre retentit : Bruce Dickinson, qui
s'était retiré du groupe en 1993 pour se consacrer à sa carrière solo (qui est également un désastre)
est revenu au bercail. Bien lui en a pris, d'ailleurs, puisque le groupe, aprés une tournée de réunion
magistrale, dont une des dates est restée dans les mémoires, celle du 9 septembre 1999 à Bercy
(Paris), a regagné en popularité, mais, aussi en inspiration et en énergie.
Mai 2000, le successeur de Virtual XI, voit le jour. 'Brave New World' est l'album de la consécration.
Sa position dans les charts mondiaux le prouve : Maiden a trouvé une nouvelle jeunesse qui lui sera
bénéfique. L'album est un véritable chef d'oeuvre : absence d'inégalité des compositions, mélodies
entêtantes, riffs acérés, rythmiques en béton...Les ingrédients qui ont fait de Maiden une superstar
du métal dans les années 80. L'opus débute trés fort avec "The Wicker Man", un titre agressif et
simple, mais, efficace, dans la veine d'un "Aces High" ou d'un "Be Quick or Be Dead". Le deuxième
morceau sur la tracklist, "Ghost Of The Navigator", épique à souhait, apporte, quant à lui, une certaine
fraîcheur au style, avec ses touches orientales et son atmosphère mystique. Excellent!!! La chanson
éponyme est encore une nouvelle composition qui apporte de la nouveauté : guitares en harmonies,
refrain entrainant, délicatesse dans le chant..."Blood Brothers" : un titre entièrement écrit par Steve
Harris, cette chanson est un hommage à son père, disparu. Les parties celtiques offrent à celle-ci
une ambiance particulière, ni joyeuse ni triste, plutôt apaisante, un moment pour se recueillir et réflé-
chir au sens de nos actions, une méditation musicale sur notre vie. "The Mercenary", un bon titre. Et
voici qu'apparaît le morceau le plus mature de la trés longue et foisonnante carrière de la Vierge de Fer :
"Dream Of Mirrors" est, comme l'a dit Jean-Pierre Sabouret, un jour dans Hard'N'Heavy, une composition de
"heavy métal adulte". Effectivement, ce morceau progressif, montre à l'auditeur une nouvelle facette plus ambigüe
de Iron Maiden, une heavy et une progressive, pour, au final, apporter un plaisir extrême à l'oreille du métalleux.
Nouveau changement de cap avec "Fallen Angel", un titre bien plus agressif que l'ensemble des autres compos
de l'album, mais, somme toute, classique. Celui qui aime voyager, adorera sûrement "The Nomad", un titre exo-
tique et dépaysant, de par ses mélodies orientales et son aura arabisante. "Out of the Silent Planet", une chanson
moderne, percutante et surprenante : synthétiseurs, jeu de pédale à 100km/h, guitares explosives...Maiden a vraiment
réinventé le métal. Dernière chanson de l'album de la renaissance, "The Thin Line Between Love And Hate" : plus
progressif, tu meurs!!! On ressent beaucoup l'influence des groupes fétiches de Steve Harris tels que Cream, Genesis,
tout en remarquant la lourdeur des riffs, comme si le combo de l'East End.s'était inspiré des groupes de Doom.
Un album 100% surprenant et progressif. Une référence pour tous les métalleux, de quelque bord qu'ils soient. Respect
aux papys du métal!!!
3 commentaires |
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| Chronique |
 16 / 20 |
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Aborder "Brave New World" n’est pas une chose particulièrement aisée lorsque l’on a en tête la magie que dégageait le line-up mythique d’Iron Maiden lors des sorties de monstres aussi uniques que légendaires de "The Number of the Beast", "Piece of Mind", "Powerslave", "Somewhere in Time" et "Seventh Son of a Seventh Son".
Façon bien restrictive de décrire l’histoire de la vierge de fer, il est néanmoins vrai que le départ d’Adrian Smith en 1989, à l’aube de la vague grunge, aura causé beaucoup de mal à des fans en émoi et surtout à des oreilles frustrées de voir disparaître le compositeur de génie qu’était Smith, sachant composer des morceaux bâtis autour de thèmes mélodiques très forts. Devenu orphelin quelques années plus tard de Bruce Dickinson, sans doute un des plus grands chanteurs de l’histoire du Heavy Metal, Maiden ne devenait avec le temps plus que l’ombre du géant qu’il avait jadis été.
Aborder "Brave New World" dans un premier temps, c’est une certaine sécurité d’une qualité un peu perdue pendant la période Blaze Bayley, le retour de Smith et Dickinson dans les rangs ne pouvant pas être dû à un quelconque hasard. Les quelques concerts joués avant la sortie de l’album affichaient de plus un groupe incroyablement soudé, fort et sans la moindre once de pression, malgré des rumeurs insistantes quand au sort de Jannick Gers suite à la réINTégration du guitariste originel des britanniques.
Mais à l’écoute de l’album, il faut se rendre à l’évidence, Maiden a changé oui, mais l’évolution depuis "Virtual XI" est assez impressionnante.
L’épaisseur du riff INTroducteur de "The Wicker Man" démontre une envie irrésistible de produire toujours un Heavy Metal puissant et direct, taillé dans une tradition toute métallique mais enrobé dans une production plus actuelle, signée Kevin Shirley (ayant également produit Aerosmith !). Mais le plus important lorsque l’on entend ce premier morceau est la voix de Bruce, bonifiée avec le temps, les fabuleux "ho" finissant le titre étant la plus belle preuve d’un talent non seulement préservé mais travaillé.
Evidemment, le groupe a une histoire et dans la plus profonde des objectivités, "Brave New World" ne tient pas la comparaison face à ses illustres prédécesseurs, notamment la faute à des longueurs parfois inutiles et redondantes ("The Thin Line Between Love & Hate", "Brave New World").
Mais c’est dans cette objectivité que nous pourrons également extraire deux morceaux proprement exceptionnels, "Ghost of the Navigator" et "Dream of Mirrors". Il n’est cependant pas étrange de remarquer que Jannick ait collaboré à la composition de ces deux titres, preuve d’une confiance et d’une INTégration devenues totales avec le temps.
Deux morceaux dévoilant l’évolution de Maiden, son entrée dans les années 2000 et sa façon parfois paroxysmique de repousser ses propres limites.
"Ghost of Navigator" est une chanson très progressive, une longue descente dans la frayeur des légendes marines que chérit tant Bruce (ayant écrit le texte !) dans laquelle il démontre à toute une génération qu’il peut encore proposer des placements vocaux inédits, ainsi qu’un refrain absolument génial, chantant, solennel et créé pour être repris par des millions de poitrines. Car une fois n’est pas coutume, c’est en Live que s’exprimera le mieux la musique de l’album, prenant une toute autre tournure sur le Rock in Rio sorti l’année suivante.
Quand à "Dream of Mirrors", il s’agit ni plus ni moins (avec "Paschendale" sur "Dance of Death" et "The Greater Good of God" sur "A Matter of Life and Death") du meilleur morceau de la vierge de fer depuis leur glorieux retour.
Long de plus de neuf minutes, "Dream of Mirrors" est un voyage dans la psychose infernale des rêves, sa démence, sa schizophrénie et son émotion devenue à fleur de peau parfaitement retranscrite par un Bruce impérial de bout en bout de ce périple épique.
S’ouvrant sur le refrain uniquement vocal, une ligne de basse ainsi que quelques discrets arpèges viennent remplir très progressivement le spectre sonore. Le refrain revient très rapidement mais l’atmosphère reste sereine, tout du moins en surface. Car l’on sent une pression de plus en plus présente, emplir l’air à l’aide de tINTements de cymbales de plus en plus rapprochés temporellement…puis l’explosion : une multitude de saveurs, de couleurs musicales, une richesse insoupçonnée, un dénouement magnifique dans un déchainement soliste de guitare de la grande heure. Iron Maiden est encore assurément est très grand groupe.
"Brave New World" souffre encore quelque peu du retour encore trop récent de deux compositeurs exigeants, et son unanimité au jour de sa sortie témoignait probablement de la jubilation de la reformation plus que de la réelle performance musicale. Mais malgré certaines faiblesses, notamment sur les morceaux les plus heavy ("The Fallen Angel"), c’est la nouvelle facette progressive du groupe qui fascine (ce splendide et poignant "Out of the Silent Planet" est là pour le démontrer !) qui sera par la suite développée sur l’encore inégal "Dance of Death" avant de complètement exploser dans un chef d’œuvre musical, mature et adulte qui portera le nom de "A Matter of Life and Death" !
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