Le successeur de
Mortal Throne of Nazarene s’est fait attendre quatre longues années pour finalement sortir en 1998. Après le mini
The Forsaken Mourning of Angelic Anguish (1997) paru chez Repulse records, nos death metalleux ricains ont embarqué dans une écurie spécialisée dans le death, grind et autres styles musicaux brutaux qui convient parfaitement à
Incantation, j’ai nommé Relapse.
Le troisième album d’un groupe est souvent crucial car il peut être le dernier avant le split s’il ne marche pas.
Incantation avait quand même à confirmer deux albums légendaires :
Onward to Golgotha et
Mortal Throne of Nazarene ce qui n’était pas évident, mais à l’écoute de
Diabolical Conquest on peut dire qu’ils ont relevé le défi.
A l’heure où le Death
Metal nouvelle génération commençait à pointer le bout de son nez et où les vieux groupes n’avaient plus la même notoriété qu’il y a quelques années, le combo aurait pu se tourner vers un son plus propre et une production policée. Que nenni ! Dès le début de Impending
Diabolical Conquest on reconnaît aisément leur style et leur son, mais on aurait pu s’en douter rien qu’en voyant la pochette : blasphématoire, sanglante, tordue et ressemblant étrangement à celle de
Mortal Throne of Nazarene.
En plus des deux « historiques » John Mc Entee (guitare) et Kyle Severn (batterie), on notera l’arrivée de Daniel Corchado remplaçant à la fois le bassiste Kevin Hugues et surtout le chanteur Craig Pillard. Sa façon de grogner est plutôt proche de l’ancien vocaliste, il s’en sort avec les honneurs et a même participé à l’élaboration de deux morceaux.
Pour ceux qui ne connaissent pas
Incantation sachez que musicalement c’est un peu une version monolithique d’
Immolation : aussi intense mais moins fouillée et plus direct.
Quoi qu’il en soit les atmosphères sombres et brutales d’
Incantation sont omniprésentes sur ce disque, sublimées à merveille par des hymnes haut de gamme comme Disciples Of
Blasphemous Reprisal ou Shadows from The
Ancient Empire. Judicieusement, une instrumentale située en piste 4, Unleashing Skies, aère l’album sans pour autant en casser le rythme, en témoigne le superbe enchaînement avec United In
Repugnance qui est du meilleur effet.
La galette se termine sur une curiosité pour un groupe de Death sombre et direct, puisqu’il s’agit d’un titre de près de 17 minutes, ce qui assez surprenant pour
Incantation qui n’est pas vraiment connu pour donner dans l’expérimental. Néanmoins l’ensemble est cohérent et tous les types d’ambiances y passent, de l’intro doomesque aux parties blastées en passant par les mid–tempo lourds comme la bande de Pennsylvanie sait si bien les faire. Certes 10 ou 12 minutes auraient sans doute été suffisantes sur Unto Infinite
Twilight /
Majesty Of
Eternal Damnation, mais ils voulaient peut-être se faire plaisir et battre un record que sais-je ?
Dans tous les cas avec
Diabolical Conquest,
Incantation n’avait pas raté son retour phonographique et la suite de leur longue carrière prouvera que ce n’était pas un ultime baroud d’honneur.
Fans d’
Immolation, si vous êtes passés à côté d’
Incantation, tâchez de réparer l’erreur au plus vite, vous procurer
Diabolical Conquest me semble le meilleur moyen pour cela.