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Death Mélodique In Flames Sounds of a Playground Fading
CD, date de parution : 20 Juin 2011 - Century Media
Produit par : Laghi Roberto
Style: Death Mélodique

NOTE SOM : 15/20
Toutes les notes : 16/20 Vous devez être membre pour déposer une note
Tracklist
1. Sounds of a Playground Fading 04:43
2. Deliver Us 03:30
3. All for Me 04:31
4. The Puzzle 04:34
5. Fear Is the Weakness 04:03
6. Where the Dead Ships Dwell 04:27
7. The Attic 03:16
8. Darker Times 03:25
9. Ropes 03:42
10. Enter Tragedy 03:58
11. Jester's Door 02:37
12. A New Dawn 05:53
13. Liberation 05:12
Total playing time 53:51
DVD (Special Edition)
"Recording Sounds of a Playground Faiding"
Total playing time 27:28

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181 avis 2 16/20
Chronique
    Eternalis, Mercredi 27 Juillet 2011 parlez-en à vos amis  
Il est néanmoins très difficile de parler d’un tel album en séparant complètement l’aspect affectif et purement objectif

Faites entrer l’accusé...
Présentation de l’incriminé. Suédois. Artisan majeur de la production nommé par les puristes « made in Göteborg », au nombre de cinq, changement de personnel fréquent, dix créations originales studios, plusieurs enregistrements vidéos disponibles ainsi que des morceaux cultes en pagailles, notamment dans leurs plus vertes années. Le fait le plus marquant ayant eu lieu récemment est le départ de Jesper Strömblad pour alcoolisme aggravé et dépendance inadaptée à la vie sur et en dehors de la scène.
L’accusé se nomme In Flames.

Motif de la plainte : l’incriminé s’écarte de plus en plus dangereusement de ses racines et se montre à l’agonie, fatigué et en mal de puissance. Le dernier album "A Sense of Purpose" en est un flagrant exemple avec un manque évident de rythme et de créativité, marqué particulièrement par la tentative ratée de naviguer en eaux progressives avec le bien malheureux "The Chosen Pessimist".
Anders Fridèn est la principale cible des critiques. Vocaliste à la puissance ahurissante par le passé, il ne semble plus supporter le poids des années et accuse une absence de véhémence, d’agressivité et d’envie forçant même parfois à se demander le plaisir qu’il peut prendre à chanter sur un tel album. Néanmoins, il serait dur de cracher trop ouvertement sur des musiciens ayant réalisé deux ans auparavant un marquant "Come Clarity" (lui-même venant suite à l’anecdotique "Soundtrack to Your Escape" et au culte, mais qui personnellement m’exècre, "Reroute to Remain"). Album à la violence retrouvée, baignant dans une multitude d’influences et jouissant d’une production phénoménale et d’une variété que l’on n’avait probablement pas entendu depuis Colony. Malgré tout, les concerts de plus en plus automatiques et l’habitude malvenue et discutable d’omettre son passé (post 2000 entendons-nous) faisaient que, de toute manière, plus personne n’attendait quelque chose de "Sounds of the Playground Fading".

C’est donc face au bourreau juge que le suspect présentera son disque, impitoyable sous sa cape énigmatique de chaperon rouge (les intéressés comprendront).
L’avocat à la barre, oiseau de feu, tentera non sans mal, de défendre ce qui peut s’avérer défendable d’un disque dont on semble déjà avoir jugé le contenu avoir d’avoir entendu la première note. L’échafaud est-il donc pour aujourd’hui ?

Première objection de la partie adverse : In Flames est devenu commercial.
Il convient de nuancer ce propos. Si l’on observe "Come Clarity", choisir en premier morceau single "Take This Life" n’était pas à proprement parler commercial puisque la puissance du morceau en faisant un réel tube en puissance, sans compter la qualité du refrain, la rage d’Anders derrière son micro et la qualité époustouflante de son chant clair. Le clip du morceau éponyme fut en effet plus contestable, tant le titre en lui-même souffrait d’une mollesse affligeante et d’un débordement de niaiseries écœurantes et sucrées. Vint ensuite "A Sense of Purpose" et en effet, la question devenait brûlante devant l’absence de riffs death metal, de plans alambiqués et surtout de ces vocaux devenant de plus en plus policés avec le temps. Si l’on ajoutait un manque de nouveauté et d’attrait au disque, on frisait de peu le néant absolu pour un groupe de la trempe d’In Flames.
A l’écoute de ce nouveau brûlot, il est évident que les structures sont plus accessibles que jamais, que toutes traces de death ont définitivement disparues et surtout que l’appellation « metal extrême » est plus usurpée qu’elle ne l’a jamais été. Cet opus est-il commercial pour autant ? Je dirais qu’il dispose de différents niveaux d’écoutes, et que le choix opéré ici, depuis le départ de Jesper, témoigne inéluctablement d’une décision artistique et commune de réaliser un disque différent et jouant sur une corde émotionnelle peu présente chez le groupe.
Explications...

Loin de moi l’idée de défendre intégralement ce nouveau disque, mais force est d’admettre que, suite à des écoutes répétées, "Sounds of the Playground Fading" devient aussi addictif qu’une injection pour tout bon héroïnomane qui se respecte. Les premières écoutes se focalisent évidemment sur la forme, le manque évident de prise de risques dans les fondations (structures basiques, morceaux de quatre minutes, refrains mémorisables, manque de punch global) et l’orientation vocale d’Anders (décidément, son nom revient énormément dans les dépositions), plus linéaires mais paradoxalement plus riches que par le passé. Plus précisément, cette volonté de ne plus hurler ni fondamentalement chanter en clair aboutit à un chant semi-hurlé très déchiré et émotionnel, empli de mélancolie et même parfois d’une certaine détresse touchante et emplie d’une certaine grâce. Le nouveau In Flames touche oui... car il semble blessé, à bout de nerfs, fatigué et dispose ainsi d’une force émotionnelle nouvelle, probablement bien plus volontaire qu’il n’y parait. Le concept évoquant la disparition d’êtres chers ainsi que nos questions face à l’oubli n’y est sans doute pas étranger. C’est un groupe écorché que l’on retrouve, n’ayant pas forcément choisi la facilité mais proposant une nouvelle facette de sa personnalité... celle d’un être désabusé et lassé de se battre, de devoir constamment prouver et se remettre en question... un être ayant simplement laissé couler l’inspiration et ayant attendu de voir où les morceaux eux-mêmes les emmèneraient... un groupe s’étant perdu corps et homme dans sa propre création.

Alors oui les compositions sont simples, oui les structures sont basiques et il est évident que Björn Gelotte n’a pas toujours été adroit dans ses soli, étant parfois présent plus pour la forme que le fond. Pourtant, écoutant le premier titre éponyme et laissons-nous emporter dans ce riff simple et percutant, débuté sur une intro acoustique, pour entendre ce chant déchiré d’Anders avant un refrain magique, ni clair ni hurlé mais très mélodique et ayant cette faculté incroyable de ne plus vouloir vous quitter dès la première écoute. Le travail sobre et intelligent de Daniel Svensson derrière la batterie démontre une volonté de purifier son art de toute superficialité ou démonstration inutile. Ainsi, le solo se posera comme simple mais suffisamment technique pour intéresser l’oreille avertie...
"Deliver Us" continue de nous abreuver de son metal mélodique hybride et moderne aux samples électroniques. Symptomatique de cette évolution jugée facile et mercantile, on retrouve cependant encore une fois une qualité d’interprétation admirable et dépassant largement ce qu’In Flames a réalisé ces dernières années. Le travail vocal est très similaire au premier morceau, avec un refrain sublime mais simple comme bonjour (« bonjour »). Des chœurs belliqueux viendront ajouter un peu de piment au second couplet, marqué encore par le jeu tout en intelligence de Daniel derrière les futs, avec une simplicité déconcertante (oui, le niveau technique n’est pas très haut, je l’accorde votre honneur), tout comme ce solo très (trop ? Oui d’accord...) mélodique et manquant de l’impact du tapping de la composition éponyme.

Parfois, comme si elle tentait de revenir d’un passé sombre et tortueux, la facette agressive des suédois renaît. "The Puzzle" en est le parfait exemple avec une approche plus tranchante, mais conférant une certaine schizophrénie avec un chant globalement hurlé mais surtout semblant avoir été déclamé jusqu’à épuisement de l’homme, tant il semble à bout. Les riffs sont inévitablement plus lourds et abrasifs, tandis que la structure est plus tortueuse, s’amusant à voguer dans une galerie de breaks de batterie et de courts soli de guitare. "Darker Times" gardera une optique similaire mais avec une production à la modernité frôlant parfois le neo et son mauvais goût habituel. A l’inverse, on acclamera la réussite d’"Enter Tragedy" de faire renaître les vocaux cristallins d’Anders sur un refrain superbe. Direct et sans fioritures, les couplets gagnent en agressivité (le chant grogné...) autant que l’impact mélodique du refrain, pourtant relativement violent (relativement étant plus relatif que jamais), rehaussé pour l’occasion de nappes de claviers spatiaux.

Certains, prêts à mordre au moindre bout de viande dépassant, sauteront sans commune mesure sur l’hommage "Jesper’s Door", intermède d’abord ambiant, puis se transformant en monologue narratif pour se terminer dans une boucle électronique du plus bel effet, mélancolique à son effet, et démontrant une nouvelle fois d’un choix artistique construit, assumé et n’ayant pas comme unique but de plaire à un jeune public ne comprenant pas forcément la démarche (ni n’en connaissant le contexte).
En avocat sincère, j’émettrais tout de même quelques réserves sur la composition suivante "A New Dawn" et sa mélodie digne du rock / metal de Green Day, malgré des éléments judicieux (mais malheureusement mal exploités) tels que l’intervention d’un quartet à cordes (inutile mais ayant le mérite d’être présent... même si j’avouerais qu’il y a au moins trois ou quatre passages où il aurait eu cent fois plus sa place qu’ici) ou sa structure plus labyrinthique, se terminant dans une émotion palpable et perceptible, dans un entrecroisement de multiples pistes vocales. Il sera également impératif de cracher sa verve sur l’immonde étron terminant l’album, le ridicule et formidablement inutile "Liberation", ici indéfendable, creux et complètement dans une mouvance rock FM apte à capter les douze ans et moins...

La peine capitale dites-vous ?
En toute honnêteté et en parlant en mon unique personne, je ne l’accepte pas. Il est néanmoins très difficile de parler d’un tel album en séparant complètement l’aspect affectif et purement objectif. Cependant, lorsque j’écoute encore une fois le travail vocal de "Fear is the Weakness" (les placements vocaux délectables dans cet océan de mélodie...) ou encore la détresse émanant d’Anders (encore et toujours) sur "All for Me", il me semble impossible de condamner les suédois.
Parler de "Sounds of the PlayGround Fading" en terme musical, technique ou créatif est d’ores et déjà inutile : il ne tiendra pas la mesure. Mais dire que ce disque, dans sa pureté d’expression, sa sincérité (car je la pense sincèrement réelle), m’a simplement touché le rend en lui-même coupable de disposer d’une aura émotionnelle absente de bien des albums actuels. Le public change, les fans changeront et l’oreille nécessaire n’est pas la même, mais ce dixième album est tout sauf creux.
Certainement tout juste dans la moyenne si j’écoutais mon jugement « neuronal », il le dépasserait de loin si j’écoutais uniquement mon cœur qui fut atteint et en demande encore. C’est pourquoi une note est ici impossible à sceller... lisez et vivez.

La parole est désormais à la cour !




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