The Ancient Dance of Qetesh

Liste des groupes Metal Symphonique Imperia The Ancient Dance of Qetesh
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Nom du groupe Imperia
Nom de l'album The Ancient Dance of Qetesh
Type Album
Date de parution 11 Octobre 2004
Labels Ebony Tears
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album34

Tracklist

1. Awakening 02:14
2. Mysted by Desire 05:12
3. The Ancient Dance of Qetesh 03:40
4. Mordor 05:06
5. Angelchild 02:27
6. Escape 04:52
7. Into Paradise 05:56
8. Entering the Perspective 04:27
9. Into the Great Wide Open 01:48
10. Secret Garden 03:41
11. Scared for Love 04:01
12. In Your Mind 04:59
13. Chill Out 02:37
Total playing time 51:00

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Imperia


Chronique @ ericb4

20 Janvier 2016

Encore quelque coups de baguette magique, et le tour sera joué...

L'histoire serait-elle sur le point d'être écrite ? En effet, rien ni personne ne semble pouvoir inquiéter ou, pour le moins, perturber la marche en avant des empereurs Nightwish, Xandria, Epica et autres Within Temptation et Leaves' Eyes dans un secteur metal alors en plein essor. Le destin de toute jeune concurrence paraît alors scellé, ces maîtres symphonistes et mélodistes patentés tuant alors bien des formations dans l'oeuf. Toutefois, afin d'essaimer ses lettres de noblesse, le metal symphonique à chant féminin allait désormais compter sur une silhouette encore peu connue dans ce paysage musical, mais déjà identifiable tant par ses sensuelles et chatoyantes vibes que par son perçant regard. Cette sculpturale et insoupçonnée présence a tout naturellement poussé ses illustres prédécesseurs à s'en méfier. Et cela, d'autant plus qu'il subodorent de devoir composer avec cette pépite alternative du genre. Ainsi, le public déjà acquis à la cause des cadors de ce registre allait goûter aux traits de génie d'une tout autre personnalité. Et ce, à l'aune d'un projet épique initialisé par une certaine Helena Iren Michaelsen, puissante, envoûtante et charismatique mezzo-soprano, déjà remarquée lors d'un précédent chez Sahara Dust, éphémère groupe de metal symphonique néerlandais marqué par la patte de ses membres, retrouvés pour la plupart, un an plus tard, chez Epica. Influencée par son passé artistique, mais sans s'y réduire exclusivement, Helena entend bien se frayer un chemin pour se hisser, elle aussi, parmi les figures de proue de cette nouvelle mouvance...

Comme pour nous inviter à ne pas tarder à entrer dans la danse, la belle apparaît, tel un astre solaire, en plein centre du cadre, de face, bras levés et tout de rouge vêtue, sur une pochette dont l'artwork offre un bel effet de relief, par l'usage de couleurs flamboyantes sur fond brunâtre. On éprouve alors l'irrépressible envie d'ouvrir le boîtier du cd et de faire glisser entre ses doigts le livret qu'il contient. En feuilletant le booklet, on parcourt des textes finement écrits et au graphisme stylisé, de la plume exclusive d'Helena. Pour mettre en œuvre ce propos, la voluptueuse sirène a pu compter sur un parterre de musiciens de talent, dont certains ont participé à son fugace projet parallèle, à l'instar de « A Woman's Diary-Chapter 1 » du groupe de metal symphonique néerlandais Angel. De cette collaboration, on retrouve alors : John Stam (guitare) ; Gerry Verstreken (basse) et Audun Gronnestad (arrangements orchestraux), auxquels se sont adjoints Hendrik Slagter (guitare acoustique), Ben Johannes (flute) ainsi que deux musiciens de studio, à savoir : Henri Sattler (guitare) et Arien Van Weesenbeek (batterie). De cette cohésion groupale en ressort une généreuse galette de metal symphonique gothique sortie chez Ebony Tears, déployant treize titres pour une durée totale de cinquante et une minutes. Celle-ci offre une qualité d'enregistrement déjà très satisfaisante, permettant à chaque instrument de s'illustrer de façon optimale, et un mixage équilibrant parfaitement les parties entre elles, avec fort peu de notes résiduelles. Pour un premier jet, autant dire que les premières expériences ont joué en la faveur de la déesse, celle-ci n'ayant rien laissé au hasard, afin de nous assurer d'un parcours auditif sans encombres.

Lorsque le combo témoigne d'une dynamique propre à stimuler le headbang, il fait rayonner ses gammes et savamment saigner ses fûts, même si l'on aurait pu souhaiter davantage d'emphase sur le plan mélodique. Puissant et frénétique, « Mysted by Desire » fait crisser ses riffs et vrombir sa rythmique, usant parallèlement d'un tapping martelant, dans la mouvance de Therion, première période. Et ce, tout en sachant ménager les effets de surprise et moult frasques percussives. Epique espace sonore d'où se dégage un filet oratoire quasi lyrique adossé à une parfaite tenue de note de la belle, assistée de choeurs en faction. Si le cheminement mélodique n'atteint pas le firmament, on sent poindre un élan d'inspiration sur les séries d'accords et les harmoniques autant que sur une atmosphère gothique délicieusement énigmatique. Dans ce sillage, des riffs épais et une rythmique aérée enveloppent « The Ancient Dance of Qetesh », titre symphonique gothique et éponyme empreint d'un troublant cheminement harmonique que l'on pouvait percevoir chez Xandria, à l'époque de « Kill the Sun ». Orchestralement luminescent, incluant un subtil et galopant tapping, mais mélodiquement un poil déconcertant, ce morceau peine à atteindre sa cible, celle de nos émotions.

Lorsqu'il desserre l'étreinte rythmique, le collectif batave semble plus habité, communiquant une onde vibratoire qui souvent nous étreint. D'une part, une invitante couverture synthétique se déploie sur le bien-nommé « Into Paradise », prégnant mid tempo symphonique, au riffing et au tapping tempérés, aux couplets à l'atmosphère engageante et aux refrains joliment dessinés, servis avec les honneurs par une Helena au top de son art. Titre qui, par ses arpèges, peut rappeler les émois procurés par Nightwish sur un enchanteur « Century Child ». Pour parachever de nous convaincre de rester rivés à l'instant suspendu, un pont de toute beauté s'installe en fin de parcours. D'autre part, poignant mid tempo à la rythmique plombante et au riffing acéré, « Mordor » distille une suave lumière mélodique sur le couplet, enjolivée par les inflexions libertines de la maîtresse de cérémonie. Jouant sur les nuances de tonalité, cette pièce à l'énergie percussive mesurée offre quelques passages aux portées aptes à procurer d'orgasmiques plaisirs mêlés à d'autres plus impalpables. On sera sensibilisé par la finesse du dégradé de l'intensité du relief acoustique.

Mais, là où nos acolytes excellent concerne les moments les plus intimistes, parvenant bien souvent à nous rallier à leur cause. Que recèlent donc leurs mots bleus pour nous faire si naturellement plier l'échine ? Tout d'abord, une fraîche et fugace ballade nous est octroyée sur « Angelchild », véritable ode à la naissance de l'être, où un délicat piano et la sensible guitare acoustique d'Hendrik sont en parfaite osmose. Aussi, cette aérienne ritournelle à fleur de peau nous parcourt, et semble tout à fait en mesure de rivaliser avec les moments tamisés les plus captateurs en provenance de Within Temptation ou de Xandria. Par un savant effet de réverbération, encore peu usité par ses homologues, la magnétique empreinte de la séductrice s'infiltre en nous et, ce faisant, ne manquera pas de ravir les sens. Mais, là ne s'arrête pas le voyage. Un ragoûtant guitare/flute introduit la caressante ballade a-rythmique « Secret Garden ». La déesse se fait affectueuse, voire langoureuse, sans pour autant perdre de sa superbe, nous octroyant de sulfureuses impulsions semi-lyriques sur une ligne mélodique impactante. Non sans rappeler l'ambiance surannée de « Angels Fall First » de Nightwish, et sous le joug d'un flutiau qui jamais ne se tarit, la magie opère. Enfin, on aurait gardé le meilleur pour la fin. Une guitare acoustique graveleuse et bien inspirée nous mène droit vers le fondant et poétique « In Your Mind », hypnotique instant de félicité, s'il en est. Magnifié par la touche experte et toute personnelle de la diva qui oscille avec célérité sur son large spectre vocal, cet onirique moment revêt l'habit d'un gemme. Autant dire que cette frissonnante ballade ne rate pas son effet et que l'indicible désir d'y revenir nous étreint sitôt l'ultime note envolée.

Sinon, que dire du rôle des instrumentaux, sinon qu'ils s'avèrent conçus sur le même moule de composition, qu'ils sont brefs et classiquement placés en ouverture ou en clôture, ou encore apparaissent comme une pause dans cette profusion de moments incandescents. Ainsi, en guise d'entame, avec ses arrangements soignés, à la lumière de soyeuses nappes synthétiques, « Awakening » amorce une progressive montée en puissance, corroborée à des choeurs samplés du plus bel effet. Mais, on est frustré par tant de concision. Sinon, une grêle flute, relayée par des rouleaux synthétiques, par contraste, substantialisent de concert le menu « Into the Great Wide Open », dans la lignée d'un générique romantique de film. Trop inconsistant, ne jouant hélas qu'un rôle d'interlude, ce titre pourra aisément passer à la trappe. L'outro de l'opus, « Chill Out », clôt sereinement cette offrande à l'image de jeux d'ombre et de lumière, exclusivement générés par des arrangements de bonne facture. Mêmes causes, mêmes effets...

Malgré de truculents instants, la pièce accuse toutefois quelques faiblesses. Tout d'abord, le fougueux « Entering the Perspective » livre des riffs crochus étreignant une rythmique vivifiante, évoluant sur des portées peu convenues. Aussi, on tendrait à s'y perdre en conjectures harmoniques, difficiles à apprivoiser, sur une plage qui, pourtant, aurait eu les atouts pour nous retenir. Qui plus est, la clôture est on ne peut plus raide. Par ailleurs, d'une profondeur de champ acoustique saisissante, le tortueux, vivifiant et polyrythmique « Escape » laisse s'échapper des vocalises d'obédience lyrique sur une entrée en matière qui semble ne pas vouloir céder sa place au premier couplet. Si d'habiles arrangements nous calent au cœur d'une intrigante tourmente médiévale, on ressent cette angoissante fuite en avant et, ici également, une certaine linéarité mélodique. De quoi nous donner autant de raisons de ne pas insister. Enfin, le fouettant « Scared for Love », à la rythmique syncopée et aux riffs roulants, laisse la déesse distiller de virulentes poussées vocales calées dans les aigus, au fil d'une piste gothique jouant sur son atmosphère mystique. On est dévasté par la tourmente autant que par une empreinte mélodique crépusculaire. On ressentirait comme un début d'agonie...

Si tous les compartiments du skeud n'offrent pas la même luminosité que les premiers extraits sus-cités, Helena n'a pas plaint sa peine pour nous offrir son bébé joufflu, qu'elle a pris le temps de concevoir. C'est dire que, si certains passages laissent sans nul doute transpirer une émotion, il lui faudra peaufiner encore ses lignes mélodiques, rendre plus accessible son message musical d'ensemble, varier ses jeux vocaux pour que l'auditorat sollicité se tourne consciemment ou non vers ses compositions en finalité. Dans la lignée atmosphérique d'Angel, selon votre modeste obligé, cette originale pièce gothique symphonique épico-romantique serait toutefois annonciatrice d'un projet à long terme pour la belle. Eu égard à son énorme potentiel et à ses ambitions, on a toutes les raisons de croire en sa bonne étoile, même si, dans ce cas présent, la formule miracle soit en cours d'élaboration. Encore quelques coups de baguette magique, et l'on verra poindre ce qui devrait constituer une nouvelle pierre angulaire d'un registre metal qui n'a pas fini de faire couler de l'encre. Bref, une artiste novatrice et à la forte personnalité à suivre de près dans ses pérégrinations...

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