Tears of Silence

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Nom du groupe Imperia
Nom de l'album Tears of Silence
Type Album
Date de parution 20 Novembre 2015
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album23

Tracklist

1. Silence Is My Friend 04:14
2. Crossroads 05:06
3. Broken (When the Silence Cries) 05:23
4. Away 07:35
5. Friheten Vil Seire 05:31
6. My Screaming Heart 05:02
7. Motherlove 04:52
8. The Vikingsong 04:20
9. Spirit Chase (Keep Fighting) 05:20
10. Innocent Child 03:57
11. Wings of Hope 06:06
Bonustracks (Digipack Version)
12. We’ll be Free 04:52
13. Broken Hearts 03:20
Total playing time 1:05:38

Chronique @ ericb4

02 Décembre 2015

Une œuvre ensorcelante qui sonne comme un retour à l'état de grâce...

On en aurait presque perdu la trace, et pourtant... Suite à une longue hibernation, le groupe revient bel et bien dans la course, animé de l'impétueux désir de relever le redoutable défi de reconquérir un public semblant désormais de plus en plus acquis à la cause de ses concurrents d'alors. Et la tache allait, en effet, se révéler ardue, Nightwish, Leaves' Eyes, Within Temptation et autres Epica ou Xandria ayant décidé de laisser une infime marge de manœuvre à leurs pairs. Et ce, à l'instar de productions éminemment soignées, de compositions aussi efficaces et abouties que leurs jeux scripturaux et instrumentaux ont gagné en maturité au fil du temps. Est-ce à dire que les quatre années d'absence de cette scène metal auront été fatales au valeureux quartet néerlandais ? La question se pose d'autant plus que le combo nous avait déjà octroyé quelques moments de grâce à l'aune de ses trois premiers albums full length, avant de sombrer dans ce long néant compositionnel. On serait donc en droit de se demander si cette nouvelle mouture serait à même d'apporter un nouveau coup de souffle à un projet que d'aucuns étaient à mille lieues de subodorer la pérennité il y a quelques mois encore.

Et l'Histoire semble avoir penché en la faveur de la dynamique tribu ! Du moins, a-t-elle donné des raisons suffisantes à ce projet d'exister, celui-ci témoignant d'une profondeur d'âme aussi poignante qu'inédite. C'est dire que, suite à un prometteur « The Ancient Dance of Qetesh » (2004), à un épique et délectable « Queen of Light » (2007) et à un sensuel et pénétrant « Secret Passion » (2011), la troupe nous revient enfin, et cette fois, boostée à bloc. Elle nous offre ainsi un roboratif, flamboyant et subtil « Tears of Silence », via Massacre Records. On décèle alors une généreuse galette de plus d'une heure laissant s'égrainer pas moins de treize pistes aussi vivifiantes que romanesques, inscrivant l'oeuvre dans un registre metal symphonique gothique et mélodique classique, avec quelques sonorités folk encore vierges dans le répertoire de nos compères. Parallèlement, on retrouve ce brio instrumental faisant corps avec la confondante ampleur du spectre vocal de la charismatique et sculpturale frontwoman, schéma auquel les aficionados du groupe étaient accoutumés. Un fringant propos qui oscillerait entre empreinte stylistique traditionnelle et élan d'inspiration renouvelé, en somme.

Dans l'ensemble, on retrouve des compositions aux portées bien sculptées, aux arrangements experts, où l'instrumentation se déploie avec force, énergie et souplesse, le long de tracés mélodiques le plus souvent magnétiques. D'autre part, la présence vocale d'Helena Michaelsen a gagné en nuances de tonalité sans y perdre ni en puissance, ni en force émotionnelle. De leur côté, les textes des paroles, particulièrement étoffés, ont pour corollaire un artwork raffiné d'inspiration néo-romantique, aux teintes bleutées inscrites dans une atmosphère tamisée. Enfin, et surtout, la mise en œuvre de la production repose sur une excellente qualité d'enregistrement et un mixage qui a parfaitement pris soin d'équilibrer les parties instrumentales et vocales pour ne laisser subsister que fort de peu de notes résiduelles. Les finitions ainsi que les enchaînements inter et intra pistes parachèvent de nous convaincre de parcourir ce message musical, fort et sensible à la fois, dans des conditions d'écoute optimales. Allons maintenant à la découverte de ce quatrième méfait du collectif batave.

Respect des traditions oblige, le groupe n'a pas manqué de nous livrer des pièces metal symphonique mélodique dans la lignée de ses œuvres passées, notamment à l'aune de « Queen of Light ». L'impressionnant « Silence Is My Friend », d'inspiration heavy symphonique mélodique, en est une application, rappelant l'ambiance magmatique de ce must have, tout en laissant entrevoir une fougue percussive des plus jouissives, dans la veine d'un Amberian Dawn, première mouture. Un infiltrant solo de guitare glisse subrepticement dans la trame, la déesse faisant le reste pour nous fouetter le tympan de sa puissance magnétique, ayant encore gagné en densité oratoire, et ce, le long d'un titre aux couplets diablement bien sculptés. Mais, ce n'est là qu'un hors d'oeuvre.. L'imposant mid tempo « Spirit Chase (Keep Fighting) », lui aussi d'obédience heavy symphonique, déroule ses couplets à l'assise tout aussi sereine et ses refrains qu'on entonnerait à tue-tête. On retrouve là la recette qui contribua aux heures de gloire du combo : une mélodicité imparable, une rythmique métronomique et frissonnante, de stupéfiantes variations de tonalité ainsi qu'une empreinte progressive de l'ensemble, y compris du filet vocal de la déesse, jusqu'à atteindre la note ultime en crescendo. On se situe dans l'esprit de « Abyssum » sur le versant progressif, avec une pointe de « Mirror » (in « Queen of Light ») dans le schéma rythmique. Dans cette lignée atmosphérique, mais plus difficile d'accès, « Motherlove » s'offre à nos tympans. Des nappes synthétiques environnantes corroborent les riffs acérés et la rythmique enjouée de ce titre heavy symphonique vitaminé, nécessitant invariablement quelques écoutes avant sa réelle prise en main. On pourrait être déconcerté par des virages mélodiques verglacés mais, au moment précis où on tendrait à perdre le fil harmonique, la diva reprend les rênes de cette sculpturale pièce de théâtre pour nous assurer un parcours auditif à sa sauce. Au final, l'adhésion s'opère d'elle-même.

Mais, le combo ne s'est pas contenté de rester rivé sur un passé magnifié pour faire valoir ses gammes et ses arpèges, ayant aussi veillé à distiller quelques moments orientés vers l'immédiateté de l'accroche auditive, et ce, selon différents modes d'expression. Aussi, l'entraînant « Broken (When the Silence Cries) », à la manière de Xandria, usant d'un tapping martelant et d'arrangements menés de main de maître, ouvre la voie à des couplets invitants et à des refrains immersifs, les enivrantes impulsions de la sirène contribuant à rendre l'instant magique. Le point d'orgue se situe au moment de la reprise sur le refrain en voix pleine suite à un break opportun. L'adhésion s'effectue quasi spontanément sur ce titre vivifiant taillé pour les charts et aux belles finitions. Pour sa part, l'engageant « My Screaming Heart », d'obédience power symphonique, à l'instrumentation épaisse et à la frappe percussive enragée, non sans rappeler Amberian Dawn, évolue sur des charbons ardents tout le long, tout en dispensant une empreinte mélodique difficile à prendre en défaut. En parallèle, les jeux oratoires d'une Helena à l'aise avec son sujet épousent parfaitement toutes les portées de la partition et les subtils accords qu'elle contient. Encore une piste aux allures d'un hit, qui ne ratera pas sa cible, loin s'en faut. Enfin, l'entraînant « We’ll be Free », à la saveur rock metallisé (disponible sur la version digipack) ne manquera pas de nous inciter à esquisser un headbang subreptice, voire un langoureux déhanché. On découvre alors une piste quasi dansante au juste équilibre entre ferveur percussive, harmoniques endiablées, technicité éprouvée et mélodicité tout en jeux de nuances. Bref, un spectacle haut en couleurs instrumentales, relevé par un beau solo de guitare, où la sirène se glisse dans la peau d'une redoutable panthère pour ne plus nous lâcher jusqu'à l'ultime série de notes. Arrivé à ce stade, on est déjà happé par la force des éléments desquels il s'avère délicat de s'extirper...

Au-delà de ces instants vitaminés, une réelle volonté du groupe de diversifier son panel d'ambiances transparaît, pour un voyage spatio-temporel des plus enivrants. Aussi, un envoûtant filet oriental traditionnel s'insinue en creux sur le plombant « Crossroads », énigmatique instant à l'orchestration complexe suivant un cheminement harmonique parfois déroutant, mais parfaitement sous contrôle. Quelques passages growlés ajoutent à la ferveur des tribulations de l'instrumentation, les vents oratoires insufflés par la déesse ajoutant un supplément d'âme à cette démoniaque tempête de sable brûlant, paysage de notes encore inconnu dans le répertoire du groupe. Dans cette énergie, nous avons également rendez-vous avec l'Histoire. Emoustillante plage d'inspiration symphonique gothique à la touche folk, « Friheten Vil Seire » nous conduit en des contrées reculées pour nous inviter à communier avec les esprits des ancêtres. Une ligne mélodique un poil linéaire se fait jour mais n'entame pas réellement le processus d'assimilation d'un instant aussi rare dans ses gammes que rythmiquement étourdissant. De surcroît, on se surprend à percevoir des inflexions haut perchées et parfaitement tenues de la belle, élevant son spectre vocal d'un octave. Soufflant moment, s'il en est. Dans cette veine, le groupe a aussi joué sur les effets de contrastes. Démoniaque et épique, « The Vikingsong », d'obédience symphonique gothique, un poil folk, laissant transparaître des choeurs masculins growlés en background, nous étreint par une section rythmique résolument massive et des riffs crochus. Par contraste, quelques notes acidulées d'un souriant flutiau se frayent un passage ainsi qu'un bref solo de guitare, le tout nous embarquant dans une folle cavalcade se clôturant par une brutale césure.

L'oeuvre du collectif n'a pas non plus esquivé des instants plus en retenue, tout en se voulant instrumentalement dense, voire évolutive. Solennelle et épique fresque introduite par un gravissime piano, « Away » livre ainsi un mid tempo progressif où se dessine par touches successives une toile mélodique emplie de nuances. Un solo de guitare au délié alerte émerge alors de cette forêt orchestrale extensive, judicieusement relayé par un inattendu violon aux douces et suaves ondulations, qu'accompagne la maîtresse de ces lieux, et ce, avec de chatoyantes modulations vocales d'une confondante maestria à la clé. Brillante et émouvante pièce d'orfèvre à appréhender dans son écrin... Dans cette mouvance, sur une rythmique d'une souplesse féline, le mid tempo aux allures de fausse ballade « Wings of Hope » délivre de somptueux couplets et de lumineux refrains, au fil d'une trame aux atours harmoniques émotionnellement imparables. Et ce, dans la lignée d'un délicat « Secret Passion ». Soudain, un break opportun rompt la chevauchée, se faisant prestement infiltrer par une reprise progressive sur le refrain sous l'égide d'amples envolées lyriques, à l'image de celles dont nous avait habitués Helena par le passé. Un délicat violon prend le relai pour convoler à l'unisson avec quelques beaux accords au piano, l'ensemble clôturant l'émouvant acte en douceur, tel une apaisante sonate.

Enfin, quelques moments tamisés de bonne facture complèteront un message musical éminemment cohérent et diversifié. D'une part, des babillages et de beaux arpèges à la guitare acoustique nous accueillent sur « Innocent Child », sensuelle power ballade où la belle se fait douce, parfois écorchée vive, originalement assistée de murmures growleux. On suit les tribulations oratoires autant que le convoi instrumental feutré et évolutif sans sourciller, le long d'un tracé mélodique agréable, jusqu'à retomber nez à nez avec des voix d'enfants, au final. Dans ce sillage, sur la version digipack, de sensibles gammes pianistiques nous embarquent sur « Broken Hearts », soyeuse ballade, toute en retenue, sans rythme autre que celui insufflé par les modulations vocales de la déesse, oscillant entre déchirement de l'âme, insoutenable mélancolie et vibrante émotion. Bref, un ultime moment d'intimité sous forme de saisissante confession referme ce quatrième propos.

On l'aura compris, pas de passages à vide, ni de baisse de régime, ni une fausse note ne ressortent de cette production ô combien soignée. Si l'on peut regretter l'absence d'un instrumental ou de joutes oratoires plus efficientes, l'opus ne manque ni de variété d'ambiances, ni de technicité éprouvée, encore moins de mélodicité, voire même d'un soupçon d'originalité. En cela, le groupe à la forte identité artistique marque sa différence avec ses concurrents directs. Le combo nous livre donc une œuvre délectable qui transpire la pleine maturité, à l'image d'une cohésion groupale inaliénable et d'un juste équilibre entre douceur formelle et ferveur atmosphérique. Aussi, selon votre humble serviteur, cet élégant opus pourra rejoindre sans complexes la cd-thèque de tout amateur de metal symphonique à chant féminin. Dès lors, on comprend mieux en quoi Imperia continue à faire partie des groupes majeurs de ce registre si convoité par les formations de tous poils. C'est dire qu'une fois encore, le groupe signe là son visa pour la reconnaissance ultime auprès d'un auditorat qui pourrait l'avoir déserté ou de celui, non encore coutumier de ses gammes. Plus encore, eu égard à cette œuvre forte et novatrice, une nouvelle ère s'amorce pour le combo néerlandais...

10 Commentaires

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freddym - 10 Décembre 2015: Et j'oubliais, merci Eric encore une fois pour cette chro on ne peut plus complète.
ericb4 - 10 Décembre 2015: Merci à toi! En effet, les sorties de la belle sont un peu trop espacées pour ne pas se faire oublier. Mais, en contrepartie, le groupe nous offre de bien savoureux moments à chaque fois. Et cet album ne déroge pas à la règle, selon moi. Que cet élan d'inspiration se poursuive par d'autres coups d'éclat! Il se pourrait que le valeureux combo n'ait pas entonné son dernier refrain...
metalpsychokiller - 25 Décembre 2015: Quel pavé mr le reviewer, on sent que cet opus t'a inspiré (-; ... Perso, cette voix, et son éventail asséné, rend le combo assez unique me rappelant même par courts instants la Nina Hagen d'antan, c'est dire. Un bel opus à mon sens et rejoignant ta chronique. Merci à toi.. et à Eux.
ericb4 - 25 Décembre 2015: Un compliment qui me va droit au coeur. Merci bien ;) Le retour en force du groupe en cette fin d'année fait bien plaisir, en effet. La voix d'Helena, parfaitement identifiable et toujours aussi délectable, avec quelques nouvelles modulations, en prime... Que demander de plus ?
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