Si deux étés séparent les sessions de
Close to a World Below et celles de l’impitoyable
Failures for Gods, une seule année différencie la sortie des deux disques, la parution du précédent ayant été reportée de plusieurs mois faute au planning surchargé du dessinateur Andreas Marshall. Enregistré en juin 2000 aux désormais habituels Millbrook Studios sous la houlette de Paul Orofino, le nouvel album d’
Immolation sort en effet dès l’automne chez
Metal Blade, muni d’une illustration diabolique d’Andreas, cette fois-ci dans les temps et assisté pour l’occasion de son frère Alex Marshall.
A l’image du titre d’ouverture Higher Coward très tapageur, dominé par les blast-beats & les roulements d’Alex Hernandez, les riffs intraitables & soli déchirants du couple Wilkinson / Vigna et le chant guttural profond de Ross Dolan,
Immolation durcit sensiblement le ton, entretenant une ambiance chaotique terriblement prenante, infernale. La débauche de violence et la complexité des morceaux, tels Furthest from the Truth ou Put my
Hand into the Fire sur lesquels les deux guitaristes superposent malicieusement leurs plans de guitares, rendent ainsi l’album difficile d’accès, nécessitant de nombreuses écoutes attentives avant d’être dompté.
Mais, au lieu de perdre l’auditeur dans un déluge de tout instant,
Immolation calme judicieusement le jeu aux endroits clés, décuplant alors l’intensité de ses morceaux pour un résultat dévastateur. Les guitares lancinantes d’Unpardonable
Sin, les riffs obsédants de Lost Passion, le break redoutable de You’re Not a Father, les ambiances saisissantes du titre éponyme, ou encore le final poignant de Fall from a High Place, sont autant d’éléments qui relancent parfaitement la machine, permettant au quatuor new-yorkais de terrasser définitivement l’auditeur et de lâcher plusieurs titres parmi les plus mémorables de sa carrière.
Manifeste de noirceur et de brutalité pure, à l’iconicité antichrétienne fortement marquée,
Close to a World Below impose une atmosphère diabolique et un niveau d’intensité hors du commun. Après un
Failures for Gods inattaquable,
Immolation parvient ainsi à se maintenir au sommet de la scène deathmetal en cette année 2000. D’une manière plus générale, ce millésime confirme le retour sans précédent du death nord américain, qui bombarde à coups de
Close to a World Below, Black Seeds of
Vengeance (
Nile), Gateways to
Annihilation (
Morbid Angel) ou The
Infernal Storm (
Incantation) en tout point renversants.
Fabien.