Feldpost

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Type Album
Date de parution 06 Novembre 2015
Style MusicalBlack Pagan
Membres possèdant cet album10

Tracklist

1. Drei Spaten am Grab 06:07
2. Die Würfel Rollen Wieder 07:18
3. Wache Schreibt… 05:47
4. …Und Keiner Wüsst’ von Flandern 05:30
5. Die Verlorene Rotte 09:18
6. Überall und Über Allem 09:05
Total playing time 43:05

Chronique @ AlonewithL

17 Octobre 2015

Feldpost témoigne de la guerre dans tous ses états.

Tout ce qui arrive par la poste n’est pas forcément du meilleur augure, mais parfois il arrive que l’on ait de bonnes nouvelles. Généralement, on apprécie les cartes postales. Ce n’est pas par ce type de missive que l’on envoie les avis de décès. Sinon, ce dernier album de « Horn » qui fait suite à « Konflikt », bonne ou mauvaise nouvelle ? Nerrath s’est pour le coup investi dans un véritable studio professionnel dans l’espoir de purifier autant que possible le son. Il n’y aura donc pas de retour vers un black metal graveleux, on reste bien en phase avec le black pagan du précédent album et fidèle au label Northern Silence Productions. « Feldpost » est ainsi composé de six titres de black pagan au petit soin, dont deux sont des réenregistrements de titres issus de l’album « Distanz » de 2010. Les anciennes guerres vues du côté allemand, la première guerre mondiale en particulier, sont les sources d’inspiration de l’auteur. « Feldpost » serait donc une vieille carte postale jaunie des tranchées. On n’y rapporte pas ses vacances, c’est donc plus que de simples souvenirs. Est évoqué ici la souffrance, la peur, la vie, la mort. Des choses qui sont à priori hors de prix.

La mort est le sujet principal du titre « Drei Spaten am Grab ». Le morceau s’annonce dès ses premiers instants, par sa mélancolie, la langueur de ses riffs, comme inspiré des travaux de « Primordial ». Le chant cruel est légèrement mis en écho et se montre plus indiscipliné que les instruments qui observent une rigueur somme toute solennelle. Parfois poussant une charge, mais bien ordonnée, sans émoi, sans colère, dans une parfaite unité, comme trois pelles creusant une tombe. Il y a une atmosphère terriblement terne qui plombe la musique et les esprits. Ainsi après ce premier morceau du volume « …Und Keiner Wüsst’ von Flandern » adhère aux mélodies lourdes et lancinantes inspirées par le grand « Primordial ». Même les chœurs font l’objet de ce virage vers la sinistrose. Une direction qui opère de manière efficace pour « Horn », grâce aussi au gain dans la qualité de production. Cette torpeur n’est cependant présente que sur quelques morceaux, d’autres prennent une dimension plus guerrière, plus massive, plus en phase avec les écoles continentales.

On retrouve ainsi un black pagan forgé pour la guerre sur « Die Würfel Rollen Wieder ». La rythmique y est frénétique, sans retenu. Elle prend sa première pause peu avant le milieu de la piste dans une pesanteur lancinante. Même si la chaleur de l’ensemble est tiède, qu’il y a une certaine apathie, le tout est élaboré, prenant. C’est conçu avec soin, et les amateurs de plénitude ou à l’inverse de musiques vives peuvent être à leur comble. Pour les amateurs de son épique, « Wache Shreibt… » a été réalisé pour eux. La teneur en pagan y est ici renforcée. Le jeu se fait par à-coups, par des riffs ingénieux et très attachants. A contrario de la plupart des extraits de l’album, il y aurait une forme d’enthousiasme, d’entrain dans les airs du dit morceau. L’heure est à la conquête, aux magnifiques charges épiques qui mènent directement à la victoire. On retiendra avec beaucoup d’attention la refonte de « Die Verlorene Rotte » qui avec une meilleure qualité sonore et un jeu davantage pagan, se révèle palpitant et excellent en diable. «Überall und über Allem »moins alerte que l’autre extrait originellement issu de l’album « Distanz »restera dans son classicisme de black pagan sobre et ombrageux. On appréciera mieux le titre après son premier tiers piste, quand le rythme prend à la fois en volume et en relief.

Le projet solo de Nerrath prend une dimension professionnelle qu’il n’avait pas encore véritablement connu. Il y aurait une volonté affichée de sortir de l’anonymat tout en conservant l’authenticité de sa musique. « Feldpost » ne rompt donc aucunement avec les codes établis, l’album renforce même « Horn » dans son cantonnement black pagan qu’il a retrouvé avec « Konflikt », puisant même dans la morosité de son confrère « Primordial », juste ce qu’il faut pour enrichir un volume partageant différentes humeurs, alternant entre montée d’adrénaline et descente subite. Après l’offensive, les gains de territoire, vient l’heure de compter les morts. Comme les cartes postales des tranchées lors de la première guerre mondiale, celles qui parvenaient aux familles malgré la censure orchestrée de part et d’autre des belligérants, on faisait part de ce qu’était la guerre. Des messages uniques sur un fait dépassant le commun des mortels. « Feldpost » témoigne de la guerre dans tous ses états.

16/20

2 Commentaires

6 J'aime

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Darksaucisse - 18 Octobre 2015: Merci pour la chro' ! Je l'attendais celle-ci !
Tu confirmes tout le bien que j'avais pensé de Wache Schreibt, le premier extrait dévoilé !
Dans mes prochaines commandes a n'en point douter ce Horn !
Pipotron3000 - 10 Décembre 2015: Merci pour la kro !
Je suis rarement un fan de ce style...mais là, je fais une exception (comme avec LUTOMYSL). Une energie géniale ;)
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