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| Decembre 1985 - Noise International |

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Re-Issue in 1987 by Noise International with a different tracklist.
Re-Issue in 2006 by Noise International with a second disc added.
ORIGINAL TRACKLIST (1985)
1. Walls of Jericho
2. Ride the Sky
3. Reptile
4. Guardians
5. Phantoms of Death
6. Metal Invaders
7. Gorgar
8. Heavy Metal (Is the Law)
9. How Many Tears
TRACKLIST (RE-ISSUE 1987)
DISC 1
1. Starlight
2. Murderer
3. Warrior
4. Victim of Fate
5. Cry for Freedom
6. Walls of Jericho
7. Ride the Sky
8. Reptile
9. Guardians
10. Phantoms of Death
11. Metal Invaders
12. Gorgar
13. Heavy Metal (Is the Law)
14. How Many Tears
15. Judas
DISC 2 - REMASTERED & EXPANDED VERSION (RE-ISSUE 2006)
1. Murderer (Remix)
2. Ride the Sky (Remix)
3. Intro / Ride the Sky (Live)
4. Guardians (Live)
5. Oernst of Life (Demo)
6. Metal Invaders (Demo)
7. Surprise Track |
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| Chronique |
 18 / 20 |
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Le mur de Jericho : nouveau monde, univers céleste et encore vierge de toute impuretés. Dans la mythologie hébreu, Jericho est l’une des premières villes à avoir eu comme culte la lune, et est également reconnu comme étant l’une des plus anciennes villes habitées du monde. Une citée avant-gardiste donc, ouvrant de nouvelles perspectives à l’humanité, encore innocente et pure. Un mur protecteur d'une civilisation en avance sur son temps qu'Helloween détruira complètement sur sa pochette, comme la métaphore de cette volonté de dépasser tout ce qui avait été réalisé jusqu'alors.
C’est sous cette appellation symbolique que Helloween, encore sous le joug du visionnaire allemand Kai Hansen, décide de sortir son premier album faisant suite au légendaire ep éponyme et vision parfaite d’une scène heavy metal que Kai avait à cœur de propulser en avant de par sa puissance, sa technique et son agressivité presque anachronique, alors que les premiers berceaux de brutalité métallique commençaient timidement à voir le jour (Slayer, Celtic Frost alors sous le nom de Hellhammer, Exodus). Helloween enfoncera le clou quelques mois plus tard avec le sortie de ce "Walls of Jericho", aujourd’hui aussi seul qu’un oasis en plein désert dans la féconde discographie des citrouilles.
Logiquement basé autour des compositions de Kai, Micheal Weikath (guitare) ne tentant l’exercice réellement qu’à partir du second volet de "Keeper of the Seven Keys", ce premier vrai album évoque bien plus les bases archaïques et brutes de Gamma Ray qu’Helloween, qui voguera vers des horizons bien plus mélodiques dès l’opus suivant, et encore plus suite au départ du sympathique leader. Encore d’une incroyable agressivité, les riffs distillés par Hansen & Weikath feraient palir plus d’un groupe de death mélo actuel, autant dans la vitesse d’exécution que dans la combativité qui en émane ("Ride The Sky", "Metal Invaders", "Heavy Metal (Is The Law)"). On ressent une fureur démoniaque dans chaque ligne de basse, dans chaque riffs tranchés à la hache, proprement brutaux replacés dans leur contexte.
Le phénoménal "Ride The Sky", l’intro éponyme passée, kitsch et ridicule au possible (culte ce son de trompette !), détruit toute la concurrence qui pouvait alors exister et aplati complètement les maîtres du moment, à savoir Iron Maiden, Judas Priest (alors en phase d’amollissement de sa musique) ou même Metallica, bien loin de la puissance antédiluvienne de ce fabuleux riff d’ouverture, aussi surpuissant qu’il n’est destructeur. On remarque d’entrée également que le chant si caverneux du ep s’est précisé, il tente de légères incursions vers des aigus encore très approximatifs mais parfaitement symptomatiques d’une époque visant à la différenciation des autres et à l’épanouissement artistique.
La production s’est également affinée, plus précise, plus puissante et laissant libre cours à une basse indomptable (énorme GroBkopf sur ce disque), complètement en marge des guitares et se créant son propre espace, ses propres rythmes et des lignes uniques bien loin de la synchronisation des guitares ("Reptile" notamment). Le déluge de solos alimentant chaque titres n’a eu que peu d’égale dans le style à travers les années qui passèrent et laissent encore à "Walls of Jericho" la place d’ovnis dans une expression musicale s’étant sans doute trop rapidement enfermée dans un champ d’espace mélodique que Kai voulait alors littéralement exploser.
On retrouve néanmoins de fortes réminiscences à Iron Maiden, mais de manière subtile, plus dans le fond que la forme, particulièrement dans la façon de débuter un morceau, avec un riff parfaitement identifiable ("Ride The Sky", "Phantoms Of Death", "How Many Tears") comme le fit si souvent la vierge de fer. "Phantoms Of Death" évoquant inéluctablement l’esprit de "Phantom Of The Opera" ou "Prowler", voir même de "Two Minutes to Midnight" (peu de rapport vous en conviendrez). Une incroyable richesse ressort de compositions parfois longues mais regorgeant de breaks et solis tous plus ingénieux les uns que les autres, "How Many Tears" pouvant même lorgné vers un Santana l’espace de quelques furtives secondes.
De même, on remarque l’arrivée, encore timide mais existante, de cet humour si caractéristique qui fera la marque de fabrique du groupe, autant dans les paroles que parfois dans la musique délicieusement décalée ("Gorgar"). Le parodique mais génialissime "Metal Invaders", où Kai réalise des envolées proprement splendides sur le refrain et aux aigus volontairement ridicules, la relative fausseté de son chant ne nuisant (étrangement ?) pas au résultat final. L’inoubliable "Gorgar" également, contant la vie d’un flipper ( ?), et son intro au tapping (quelle partition de basse !) suivit d’un des seuls riffs mid tempo et affreusement lourd de l’album. Le refrain très « raw », les chœurs vomis et hilarants, le chant une nouvelle fois parodique, tout y est dans cette hymne à la bonne humeur et à l’imbécilité textuelle sous couvert de musique pourtant si novatrice. Judas conclura les hostilités avec agressivité, rapidité, et dégageant cette envie de liberté et de pouvoir total dont rêvait Kai à son plus jeune âge (de nombreuses paroles, anciennes ou contemporaines, traitant de ce sujet mythique).
Alors finalement, comment définir "Walls of Jericho" ?
C’est un album où tout est « raw », pur et sincère, où les angles ne sont pas encore arrondis et où l’atmosphère n’avait besoin que de fiévreuses guitares et d’une voix intemporelle pour vivre, loin de la surenchère noyant les productions actuelles. C’est un album où la puissance tétanisante n’a d’égale que le sentiment de vivre un fragment d’histoire en écoutant ces riffs supersoniques et très rarement égalés dans le style. C’est un album où les approximations techniques et technologiques s’effacent au profit de la sincérité et des tripes mises dans cet enregistrement. C’est un album d’adolescent rêveur voulant changer le monde et le bouffer à pleine dents. C’est un album culte, simplement…
8 commentaires |
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| Mini-Chronique |
 19 / 20 |
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Noter cet album en dessous de 11 sur 10 serait interprété par les fans de la première heure comme un blasphème. Pourtant, j'ai eu du mal à l'aimer (j'ai connu Helloween avec Better Than Raw, honte sur moi !).
En effet, la production est sommaire et Kai Hansen avait... disons... l'avantage de chanter à peu près juste et d'aller très haut dans les aigüs.
Pourtant, avec le temps et en ayant en tête que cet album culte est un vestige d'une époque au combien plus glorieuse qu'aujourd'hui, je me suis mis à l'aimer. Comment égaler un "Ride The Sky" ou un "How Many Tears?" Le groupe avait alors sacrément le feu au cul et distillait des morceaux enragés et des passages instrumentaux de folie. C'est bien clair : il n'y a rien à jeter! "Corgar", "Metal Invaders", que du bon.
C'est un album que je ne saurais que trop conseiller aux fans qui ne l'ont pas encore (il y en aurait-il?), au moins pour la culture. Surtout que l'édition actuelle comprend également le premier mini-LP du groupe.
Indispensable donc.
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