 17 / 20 |
|
Sortant d'un bar (bien) il y a tout au plus deux mois en titubant quelque peu (pas bien) et n'ayant donc plus qu'une maigre somme en poche (pas bien non plus), je décide tout de même de passer par une brocante assez imposante (ça se passait à deux-cents mètres de moi je n'allais tout de même pas faire ma feignasse!). Surprise, un disquaire s'y était installé (et il avait du choix le bougre!). Après de longues et éprouvantes recherches, c'est tout naturellement que Better Than Raw est venu se déposer avec douceur entre mes mains (j'ai dû l'arracher du fond d'une caisse) et que j'ai pu distinguer derrière le voile brumeux (carlsbergite aigüe) qui gênait mon regard une étiquette précisant : 15€. Chouette, j'ai certainement encore bien ce montant! Budget restant : 10€ (et douze cents). J'entame donc une discussion très courtoise avec le vendeur, ne manquant pas de complimenter son travail (faux jeton), qui l'amène après un bon quart d'heure à me demander ce que je compte faire de ce fichu disque que je traîne partout. Mon talent de négociateur porta ses fruits (j'ai pas assez d'fric, j'peux l'avoir pour 10€?) après à nouveau un quart d'heure (ma lenteur faisait fuir la clientèle) et il décida de me laisser emporter l'objet contre ma maigre somme en faisant un peu la moue.
Et nom d'un chien il valait bien les quinze rondelles que je n'avais pas sur moi! Certains parlent de retour en force et il faut tout de même dire qu'on en prend plein les oreilles. Rien que les à coups de guitare introduisant Push mettent d'emblée d'accord : ça va déménager! Le morceau est une déferlante de Power-metal : riff puissant, voix saturée, refrain martelé, solo dominant et empli d'écho... En plein dans la g...!
J'en oublie d'ailleurs de parler de l'intro instrumentale (Deliberately Limited Preliminary Prelude Period In Z, fiou) loin d'être bâclée et mettant tout de suite en place une ambiance que l'on aime ressentir chez Helloween, et se faufilant d'un passage où l'on croit apercevoir ces petites citrouilles malicieuses à quelque chose de plus sombre et inquiétant pour parvenir à un final plutôt épique et ouvrant directement la voie au début surpuissant de Push. Falling Higher, morceau plus speed, se montrera moins tapageur sans pour autant calmer le jeu. Hey Lord!, légèrement moins bouillant, laisse planer un air de magie mais reste préoccupé (un peu vague ce terme, je veux dire par là que la légèreté est entremêlée avec le sérieux pour un résultat détonnant), en clair ce titre est loin d'être plat même s'il n'avoine pas vraiment au sens où on l'entend d'habitude.
Don't Spit On My Mind est le passage le plus sombre du disque, on sent que The Dark Ride n'est pas loin, il n'empêche qu'il s'agit à nouveau d'un très bon morceau, captivant grâce à ses choeurs et quelques arrangements qui s'ajoutent à l'ambiance générale. Revelation suivra et c'est mon premier petit bémol de l'album, ce n'est pas forcément une mauvaise chanson mais c'est un peu fouillis, on a du mal à s'y retrouver au milieu des nombreuses alternances de rythmes, de riffs, de soli,... Un titre de huit minutes ma foi parfaitement écoutable tout de même (technique irréprochable), mais qui manque un peu de repères et on en viendrait à souhaiter la fin avant l'heure voire de chipoter à l'avance rapide.
Je dis premier bémol, mais je me rends compte que ce sera le seul! I Can est entraînant et direct, la ballade (Time) n'est pas sirupeuse, le morceau le plus 'happy' (Lavdate Dominvm) est endiablé et ne quitte plus la tête dès la première écoute, ... Mention spéciale également à A Handful Of Pain où Andi Deris se la jouerait presque crooner dans les couplets et munie d'un excellent refrain, ainsi qu'au final Midnight Sun, hymne Power assez technique et garni de soli pleins de feeling.
La production allemande est, a-t-on encore besoin de le dire, béton, pas un instrument ne passe à la trappe (la basse n'est pas mise en avant, mais est parfaitement audible, c'est excellent!), l'artwork d'Henjo Richter est amusant, très croquis, on a droit à un délire de ces fameuses citrouilles cinglées pour chaque chanson, et on pourra également se marrer devant les têtes que tirent Markus Grosskopf (qui n'a pas l'air de trop apprécier les photos) et Michael Weikath (qui lui n'a pas l'air d'avoir dormi beaucoup pendant quelques mois!).
Un achat dont l'intérêt est fort justifié (oui je sais moi en plus j'ai magouillé quel truand), on met les choses au point d'entrée de jeu et on ne se perd pas en fioritures inutiles. C'est ce qu'on appelle un excellent album.
17/20
10 commentaires |