The Hierarch

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Nom du groupe Hegemon
Nom de l'album The Hierarch
Type Album
Date de parution 13 Novembre 2015
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album16

Tracklist

1. Hatred from the Core: Tempus Incognito
2. Interpreting Signs for War: Aruspicine
3. Elysean Expectations, Earthly Deceptions
4. Rays of Lie: There Will Be a Time You Will Give Up
5. Atomos: Seed of the Quantic Gods
6. Renovatio Imperii
7. Credo Quia Absurdum
8. Hierarch: The Empire of Zero

Chronique @ growler

21 Fevrier 2016

« The Hierarch » représente la quintessence de Hegemon.

Malgré la haute qualité de ses diverses publications, Hegemon, pourtant l’un des vétérans de la scène black-métal hexagonal, puisque actif depuis 20 ans, ne possède pas la notoriété et la reconnaissance escomptées. Après un « Contemptus Mundi » aussi bien acclamé par la critique que par le public et après sept longues années d’attente insoutenable, Hegemon décide de balancer à la face de ce monde en décrépitude totale, son dernier méfait intitulé « The Hierarch », en forme de déclaration de guerre.

Pour les néophytes, Hegemon pratique un black-métal aux influences scandinaves telles que Emperor pour la complexité des structures et Dimmu Borgir pour le côté orchestral, même si, il faut en convenir, cela reste très réducteur au regard de la richesse des compositions des montpelliérains. Aussi, le mystère plane au-dessus du line-up, car ses membres sont présentés sous forme de symboles mais avec un peu de recherches et d’expérience, on peut néanmoins avoir quelques indices. Nous pouvons juste affirmer que le combo a accueilli en son sein un nouveau batteur et un nouveau guitariste.

En préambule, il est à noter que le groupe a décidé de mettre les petits plats dans les grands puisqu’il a confié la production de cette galette à V. Santura, guitariste chez Dark Fortress et que l’artwork, magnifique, est l’œuvre de Costin Chioreanu. Il colle parfaitement à la thématique développé, qui traite de l’Homme au travers de différentes guerres qu’il engendre, ce disque est un pamphlet envers l’humanité.

Des bruitages inquiétants sur fonds de chants religieux sortis tout droit de l’église de Satan nous souhaite bienvenu, avant que la déflagration sonore ne débute et, tout ce qui peut faire la marque de fabrique de Hegemon est toujours bien présent, à savoir l’alternance rythmique entre blast furieux et mid-tempo puissant. Ce titre est également doté d’un refrain accrocheur et d’un final orchestral grandiloquent absolument magnifique. « Hatred From The Core : Tempus Incognito » plante littéralement le décor et place la barre qualitative très haute.

Autant ne pas faire durer le suspens plus longtemps, Hegemon sera constant tout au long de « The Hierarch » qui est doté d’une grande richesse et qui s’ouvre au fur et à mesure des écoutes répétées. Chaque élément a été pensé et rien n’a été laissé au hasard. Au-delà de la puissance du riffing (« Hatred From The Core : Temps Incognito », « Elysean Expectations, Earthly Deceptions », « Atomos : Seed Of The Quantic Gods » ou « Credo Quia Absurum »), Hegemon, et c’est le cas depuis ses débuts, fait usage d’une guitare acoustique, toujours à bon escient, afin de marquer une rupture rythmique dans ses compositions mais également de les relancer, le rapprochant des mythiques Dissection. L’apport de cet élément acoustique ajoute à l’ensemble, une mélancolie addictive, qui, doublée de vocaux féminins cristallins en forme de chant des sirènes, vous entraînera inexorablement au plus profond des abysses, là où la lumière n’est plus (« Elysean Expectations, Earthly Deceptions » ou « The Hierarch »).

De plus, un gros travail sur les atmosphères a été effectué, celles-ci sont à la fois brumeuse, obscure et guerrière, surtout lorsque Hegemon sonne la charge comme sur le final magnifique de « Hatred From The Core : Tempus Incognito », « The Hierarch » ou sur le grandiose « Credo Quia Absurdum » qui est assurément la pièce maîtresse de cet album, synthétisant toute l’essence de la formation.
Les musiciens sont tous au diapason et interprète leurs compositions comme si leur vie en dépendait, avec une mention spéciale au batteur, qui alterne entre rythmiques hystériques et passages mid-tempo ou lourds, sans sourciller et N (qui selon nos information et, surtout à son timbre de voix, officiait chez les géniaux Your Shapeless Beauty) qui fait étalage de toute sa palette vocale passant de vociférations typiquement black, par des murmures, des growls caverneux et même du chant clair, le tout, sans aucune faiblesse, il faudra cependant relever le challenge en live (notamment lors de la prochaine édition du Hellfest, comptez sur moi, j’y serai) et cela ne sera pas une mince affaire. La production de V. Santura est à l’avenant des morceaux ambitieux de Hegemon, chaque élément est subtilement sous pesé, chaque instrument est parfaitement audible et, les orchestrations savamment dosées, mettent en exergue, le côté guerrier des titres proposés par les montpelliérains et hisse « The Hierarch » vers le haut.

Même si cet album est d’une qualité intrinsèque élevée, et en étant tatillon, pour votre serviteur, la sauvagerie instantanée fait désormais place à une folie contrôlée. J’en conviens que c’est totalement subjectif, mais je trouve qu’à vouloir tout maîtriser, le groupe a perdu en spontanéité et, en comparaison à leurs précédentes livraisons, cette sauvagerie est un peu en retrait. Aussi et à mon sens, « Atomos : Seed Of The Quantic Gods » est légèrement en dessous du reste de l’album et s’avère trop prévisible.

Hegemon vient d’accoucher de son meilleur album à ce jour, « The Hierarch » se veut ambitieux et rien n’a été laissé au hasard dans l’élaboration des compositions. A la fois orchestral, furieux, sombre, mélancolique, guerrier et élégant, « The Hierarch » représente la quintessence de Hegemon. Espérons seulement ne pas devoir attendre sept ans pour pouvoir se délecter du successeur de cet opus intemporel.

2 Commentaires

8 J'aime

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Icare - 21 Fevrier 2016: Merci, tu as fait honneur à ce très bon skeud. Voilà du black comme je l'aime, à la fois, puissant, violent, mélancolique, raffiné et travaillé.

Belle analyse, une fois de plus!
mayhem13 - 18 Mars 2017: Quelle claque! Merci mec pour la découverte!
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