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| CD paru le 28 Avril 2009 - Rhino Records |

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1. Atom and Evil
2. Fear
3. Bible Black
4. Double the Pain
5. Rock and Roll Angel
6. The Turn of the Screw
7. Eating the Cannibals
8. Follow the Tears
9. Neverwhere
10. Breaking into Heaven |
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| Chronique |
 18 / 20 |
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Si l’on m’avait dit un jour que j’aurais de nouveau un excellent album de Black Sabbath à me mettre sous la dent, je ne l’aurais pas cru. Après plus de 17 ans de dérive et même après les avoir vu sur scène en 2007, je ne pouvais imaginer un seul instant que ce groupe de légende allait nous faire la passe de deux. Si le double CD Radio City Music Hall 2007 avait de quoi réjouir les humbles serviteurs que nous sommes, il n’y avait pas de quoi espérer plus. Le groupe (Dio en tête) disait à qui voulait l’entendre que l’expérience de 2007 allait être l’occasion de faire quelques dates et rien d’autre. Mais c’était sans compter sur la nouvelle alchimie qui s’est créée. En effet, le groupe avait pour l’occasion de la sortie la compilation The Dio Years enregistré 3 nouveaux titres (« The Devil Cried », « Shadow of the Wind » et « Ear in the Wall »). N’oublions pas que les deux parties (Dio et Iommi) s’étaient déjà quittées deux fois en « mauvais termes ». Toutefois je lisais dans une interview récente du nain génial que l’entente est à son paroxysme et à l’écoute de ce The Devil You Know, je le crois sans peine. C’est donc avec le même line-up que celui qui a composé l’excellent Dehumanizer que nous partons dans un « retour vers le futur ».
« Retour vers le futur » car le groupe ne sera pas sorti des sentiers battus pour cet album. Quid de l’originalité pour une efficacité abandonnée il y a 20 ans. Le mot qui qualifierait le plus The Devil You Know, c’est le plaisir. Le plaisir de jouer ensemble, de composer ensemble (80% de l’album porte une griffe commune) et surtout le plaisir de faire plaisir. Vous voyez ce que je veux dire ? Non ? Taillé pour le live afin de nous secouer les esgourdes. Dans un registre aussi bien heavy et plus mid tempo, ce nouvel album se livre corps et âme à son auditeur. On y retrouve tous les ingrédients qui ont manqué. C’est un peu comme si le groupe avait bien planché sur sa copie en reprenant les ingrédients qui ont fait la qualité des titres périodes Dio. L’opener aurait pu être un tube de l’album Heaven And Hell. Riff lourd avec très peu d’accords mais donc l’exécution fait froid dans le dos. On pourrait presque chanter la mélodie et ça pourrait même être le cas cet été. Les ingrédients plus « speed » sont aussi au rendez-vous avec des titres comme « Fear ». Quand le bon Ronnie se lance dans le « Feeeeeaaaaarrrrr » on ne peut que s’incliner de respect. J’ai 40 ans de moins et mes genoux craquent déjà, lui il vient de réaliser une performance vocale incroyable. Comme quoi le sérieux et travail portent leurs fruits. Le choix de Ronnie James Dio est tellement évidement que l’on reçoit ce disque comme une offrande.
Il faut aussi dire que le groupe nous avait bien mis l’eau à la bouche avec le single (et futur classique) « Bible Black ». Intro acoustique parfaite, riff dévastateur, Dio au top. Il faut quand même en avoir pour se permettre de sortir un tel titre à plus de 60ans. Certes, il va y avoir des personnes qui vont dire que ce disque est vraiment très classique et que l’on pourrait presque « prévoir » ce qui va se passer mais et après. Un magnifique solo couplé à un passage acoustique quand il est bien fait, reste un putain de solo. D’autant que le Black Sab… euh Heaven And Hell nous offre vraiment un large panel musical. Il y a des titres plus hard rock (« Rock And Roll Angel »), un poilou théâtral avec une intro à l’orgue malsain (« Follow the Tears »), mais l’on retombera toujours sur nos pattes avec des rythmiques plombées et/ou heavy à souhait comme sur le tout aussi excellent « Neverwhere ».
Dernière mention spéciale pour l’autre tube « Double The Pain ». Son intro de basse à la NIB est un régal. La guitare surenchérit et c’est le déluge de décibels. Le nain majestueux y offre d’ailleurs sa toute meilleure prestation de l’album.
Un dernier point quand même sur cette production qui m’a laissé sur le cul. Le son de guitare de Tony Iommi est bluffant. Extrêmement chaud, il nous enveloppe tranquillement dans un linceul. Très organique donc avec une précision chirurgicale, il nous assène ses riffs ravageurs. La basse bénéficie du même sort et l’on peut ainsi profiter de tous les sons proposés par un Geezer très inspiré.
Un dernier point bis sur la pochette de Per Haagensen qui nous offre avec son Satan (c’est le vrai nom de l’œuvre) un visuel chaotique qui colle bien à l’ambiance générale qui n’est pas à la fête.
Le meilleur disque du Sabbath depuis 2 décennies minimum. Que dire de plus si ce n’est que je n’attends plus qu’une chose : les trois lives que je vais aller me faire avec un plaisir non dissimulé. Un retour plus que gagnant qui prouve que le temps n’a pas eu d’emprise sur la motivation de nos quatre valeureux musiciens. En course pour le disque de l’année sans hésiter un seul instant.
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