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Arjen Lucassen, ce nom vous dit peut-être quelque chose ... Non ? Si, réfléchissez... Ayreon, Stream Of Passion, Star One ou encore Ambeon... Vous voyez bien que vous connaissez le bonhomme...
Aujourd'hui, c'est avec Guilt Machine et son "On This Perfect Day" qu'il vient nous titiller les oreilles. Encore un side-project allez-vous dire. Oui, mais quel side project !! Les featurings habituels... à la trappe. Là, c'est d'un groupe qu'il s'agit, un vrai !
Chris Maitland (ex Porcupine Tree) à la batterie, Lori Linstruth à la guitare, Sieur Lucassen et enfin, et peut être devrait-on dire SURTOUT, Jasper Steverlinck au chant. Que dire du chant de ce dernier si ce n'est qu'il nous hypnotise du début à la fin par sa capacité à nous offrir des mélodies délicieuses sur un plateau doré.
Côté musique, c'est du Lucassen pur jus, des solis bien ficelés, des mélodies planantes, des ambiances qui peuvent parfois nous rapprocher d'un "The Dream Sequencer" d'Ayreon.
Toutefois, différentes influences surgissent. Un "Twisted Coil" à la Porcupine Tree qui se paye le luxe de commencer par un pianotage de clavier façon "Fear of a Blank Planet" de l'Arbre à Porc-Epic. "Leland Street" est quant à lui très "Floydien" dans sa composition et se pare d'une citation de Gérard De Nerval en guise de prélude ("Ma seule étoile est morte et mon luth constellé verse le soleil noir de la mélancolie" tiré de "El Desdichado"). Un "Green and Cream" saccadé et un final très inspiré avec un chant proche d'un Thom Yorke (Radiohead) ou d'un Matthew Bellamy (Muse). Arrive "Season of Denial", quelque peu mielleux, plus balade que rentre dedans (n'y voyez là aucune connotation négative). "Over", morceau le plus court (six minutes tout de même) alterne ambiances, riffs, chant emporté, mélodies pop et se révèle finalement le plus dispensable de l'album. Enfin, "Perfection ?", aux mélodies imparables, finit avec délicatesse un boulot d'une finesse et d'une densité émotionnelle trop souvent oubliées des productions actuelles.
N'ayez crainte, si vous connaissez l'énergumène Lucassen, vous ne serez pas dépaysés. Et c'est peut-être là le point noir de cet album, il manque un peu d'originalité et a du mal à se démarquer des autres productions de notre hollandais multi-instrumentaliste, malgré toutes les influences ressenties citées.
Qu'importe finalement, serait-on amené à penser, tant les émotions jaillissent de toutes parts...
Toujours progressif, souvent rock, parfois metal, heavy, folk ou pop, les titres s'enchaînent avec délicatesse et une virtuosité somme toute contenue. Pas de superflu dans la composition, tout étant mis en forme pour vous immerger dans un petit monde duquel il sera dur de s'extirper.
"Perfection ?", dernier titre de l'album, nous demanderait presque ce que l'on devrait penser de ce "On This Perfect Day".
Ici, c'est de finesse dont il s'agit, âmes sensibles, arrêtez-vous, brutes épaisses, passez votre chemin (encore que...).
Un album mature d'un Arjen Lucassen au sommet de son art, magnifié par un Jasper Steverlinck absolument renversant. Mais un album qui manque d'un peu de personnalité.
Un grand disque tout de même, à l'artwork très soigné et sombre à souhait.
Espérons qu'il sera le premier d'une longue série, et si tel est le cas, gageons que notre batave préféré nous livrera des offrandes toujours aussi immersives à l'avenir avec cette Machine à Culpabilité qu'est Guilt Machine.
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