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Incroyable comme ce groupe reste fidèle à son style originel ! Il y a bien eu durant sa carrière quelques tentatives pour sonner de façon plus moderne (« Soulless », « Hating Life »), mais Grave est bien vite revenu dans le droit chemin en balançant un death tout ce qu’il y a de plus classique et construit sur des riffs souvent très simples. Je n’ai pas été très tendre avec leur précédent opus, « As Rapture Comes », qui, bien que très violent, me paraissait relativement fade. Néanmoins, j’attendais avec impatience cette nouvelle réalisation, et que les fans se rassurent, Grave reste fidèle jusqu’aux bouts des doigts de pied à son style caverneux. Comme à l’accoutumée avec un album de Grave, quelques titres se montrent très bons et le reste est un assemblage de compo pas mauvaises, mais extrêmement basiques et qui auraient pu figurer sur leurs deux premiers albums. Le son est toujours aussi bon, et la musique du groupe doit d’ailleurs beaucoup à cette production massive qui donne aux guitares une coloration incroyablement épaisse et pesante. Sans cet apport, les riffs souvent monocordes sonneraient de façon bien plate. Il est à noter par ailleurs que les musiciens ont mis au placard les blats qui émaillaient leurs deux dernières réalisations, dommage, car ils apportaient une bonne dose d’énergie supplementaire. L’ambiance de « Dominion VIII » est résolument sombre, malsaine parfois ("A World Of Darkness", "Dark Signs") et les morceaux sont toujours partagés entre cavalcades old school et passages pesants, les mêmes thèmes étant d’ailleurs souvent joués de différentes façon, c’est à dire grattés à toute berzingue ou repris en accords appuyés ou étouffés. Quand une recette est bonne, pourquoi la changer, n’est ce pas ? Sur les neuf titres de cet album, trois sortent réellement du lot. La première grosse claque ne se prend qu’à partir du sixième titre, "Annihilated God", un morceau aux riffs plus recherchés et à la coloration thrash fort sympathique. Ce très bon titre aux tempo variés est headbanguesque à souhait, du vrai bon Grave. Deuxième mandale avec "Dark Signs" et son refrain simple mais bien senti et son break qui vous donne l’impression de vous prendre sur la tronche un sumo tombé du 14ème étage. L’album se clôture en beauté avec "8th Domination", dont l’intro en arpège rappelle dès les premières notes le "Seasons In The Abyss" de Slayer ! Ce titre sombre aux rythmiques prenantes souvent mid tempo ferra merveille en concert, un très bon morceau également. Bien que cet album n’apporte absolument aucunes surprise, il se montre au final bien agréable, même si tous les morceaux ne sont pas de la même trempe. Pour ma part, je le trouve même plus intéressant que son prédécesseur, même s’il me donne l’impression que le groupe se tourne encore d’avantage vers le passé. J’ai hâte à connaître vos impressions…
Loin d’être innocemment appelé de cette façon, "Dominion VIII" est en fait le huitième album du groupe. Mais le chiffre "8" fait aussi allusion à l’année de sortie de celui-ci ainsi qu’à l’année 1988 où Grave a été créé, sur les cendres de Corpse. Marqué au fer rouge d’un nom à la forte symbolique, "Dominion VIII" montre que Grave tend à revenir vers les racines du groupe, délaissant les éprouvants blast-beats et les parties plus techniques. Grave choisi ici d’aborder un death metal d’antan, plus simple, plus basique, et surtout plus direct. Alors, force est de constatér qu’un death metal comme celui-là, on en a entendu des centaines de fois. Mais au-delà de ça, la patte Grave se fait incontestablement ressentir, et que la puissance et le son crasseux typiquement Swedish Death Metal prennent aux tripes. Et c’est sans nul doute ça qui fait la différence et que "Dominion VIII" se laisse écouter dès "A World In Darkness" qui met les bouchées doubles sur la lourdeur qui va peser sur nos épaules tout du long de cet album. Le truc c’est qu’avec un monstre comme Grave, c’est qu’on sait à qui on à faire, et ce qu’on va se prendre dans les oreilles. Et force de cette certitude, c’est que dans tous les cas ça ne fera pas dans la dentelle, mais plutôt à coups de rythmiques thrashy et de riffs acérés. Comme ils en avaient pris l’habitude depuis quelques albums, les suédois n’ont pu s’empêcher encore une fois de reprendre un de leurs vieux morceaux. Ici on a le droit à une remise au goût du jour de "Annihilated Gods" que l’on trouvait en 1988 sur la première démo du groupe, "Sick Disgust Eternal". Excellente reprise qui part ailleurs serait presque le meilleur morceau qui alimente cet album. Car si l’album se laisse écouter tranquillement, il en va aussi que par moment on en décroche, la faute à un death metal sûrement trop basique, trop entendu, même si le morceau éponyme clôture de la plus magistrale des manières un album de death metal d’un monstre qui se respecte. Loin de surprendre, Grave a au moins le mérite de pouvoir faire plaisir aux vieux de la vieille, nostalgiques d’un vrai death metal sans fioriture ni artifice. Mention spéciale à l’artwork vraiment très réussi et qui s’inscrit dans une lignée purement death (ça c’est sûr) ! Note : 14/20 Extrait du webzine : www.metalsickness.com Blackpsychoz
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