Chargement ...
Vous allez être redirigé
|
| CD, date de parution : Septembre 2009 - Nuclear Blast |

 |
Vous devez être membre pour déposer une note
1. Shangri-La 2. Unspoken Words 3. Need to Believe 4. Unconditional Faith 5. I Don't Mind 6. Break Away 7. Don't Let Me Know 8. Right from Wrong 9. I Know, You Know 10. Rebel Soul 11. Tears to Cry
|
|
|
|
| Chronique |
 12 / 20 |
|
Qui se souvient vraiment qu’autrefois Gotthard était un groupe de Hard Rock aux propos musclés et énergiques? Qui se rappelle réellement que les derniers vestiges empreints de cette délectable ardeur, trouvent leur expression la plus concrète et la plus excellente dans quelques albums qui, s’ils n’ont pas forcement révolutionné l’histoire de ce style, en ont écrits quelques unes des pages les plus intéressantes ? En des temps où l’on savait véritablement offrir une authentique alternative à la musique des leaders les plus charismatiques de cette scène, Gotthard su proposer des œuvres sincèrement attachantes. Ainsi les qualités avérées d’un premier album éponyme sorti en 1992, ou encore celles d’un Dial Hard sorti deux ans plus tard, mais surtout d’un excellent G. sortis en 1996, ne sauront démentir cette vérité. Enivré par un succès phénoménal, qui prend racine essentiellement dans ses propres terres, le groupe décide de s’inscrire dans la vision d’une musique moins Rock mais plus FM, plus mélodique donc, et ce afin de s’approcher de sonorités moins âpres et plus «convenables» pour ne pas dire convenues, de ces groupes dont le public, le plus large possible, s’étend au-delà des sphères étriquées du microcosme Hard Rock.
Après une longue succession d’albums, pas forcement indispensables, desquels les adeptes originels ne sauront, assurément, pas totalement se satisfaire ; les suisses nous reviennent avec un Need to Believe plus inspiré. En effet, dès les premières notes d’un Shangri La, dont l’interminable introduction nous plonge dans une fébrilité qui ne sera apaisée qu’avec l’arrivée de ce premier riff, on est surpris par une agréable impression de mieux. Le groupe y défend clairement une volonté plus affirmée de réussir davantage l’amalgame de ce qu’il fut autrefois, et de ce qu’il est aujourd’hui. Certes Gotthard n’abandonne pas son visage le plus mélodique, bien au contraire, et continue de composer ces refrains avec le soin qui incombe au Hard FM, mais il a l’intelligence d’y ajouter la dose nécessaire d’exaltation et de riffs plus Hard Rock pour, enfin, rendre sa musique plus savoureuse. Ainsi, après un Shangri La plutôt réussi, un enthousiaste Unspoken Words, un I Don’t Mind au riff très australien, un Right From Wrong aux guitares plus nerveuses et plus sombres, un I Know, You Know dont l’entame est une romance doucereuse mais qui prend une dimension plus efficace dès l’arrivée de guitares saturées, un Rebel Soul, un Ain’t Enough, sont autant de titres qui s’inscrivent parfaitement dans cette tentative neuve et appréciable. Même si, soyons honnêtes, l’ensemble est loin d’être aussi bon que le très bons G.. Pourtant ce Need to Believe à l’avantage de proposer un sentiment suffisamment agréable pour être moins anecdotique que ces prédécesseurs. Cela suffit-il à faire de ce disque un instant incontournable ? Un moment inoubliable ? Un saisissement mémorable ? Non, bien évidement. D’autant plus que Gotthard, avec ce disque, n’aura pas su se départir de cette fâcheuse habitude embarrassante de noyer ses propos les plus virulents sous les flots larmoyants de multiples ballades, morceaux émus, titres romantiques, et autres sucreries dispensables. Débattre de l’intérêt de telles chansons, défendus par des arguments bâtis sur les goûts de chacun, est, convenons-en, tout à fait légitime. Mais est-il réellement nécessaire de proposer autant de ces titres à chaque album ? Si la question peut paraitre insignifiante, elle me paraît, quant à moi, primordiale. Quoiqu’il en soit, en dehors d’un délicieux Need to Believe, power ballade dans la plus pure tradition, les Unconditionnal Faith, Don’t Let Me Down, et dans une moindre mesure Tears To Cry ne sont que des souffles de vent qui vous caresseront à peine l’esprit, mais qui ne s’inscriront jamais dans le souvenir éternel d’une émotion tenace. De plus, mais comme à l’habitude, ces titres offrent, à l’ensemble de ce disque, une inégalité flagrante d’émois disparates, de rythmes variables, pour une impression, au final, assez bonne mais décevante, tant, nous étreint, le sentiment que ce Need to Believe aurait pu être bien meilleur encore.
Si cette œuvre s’inscrit indéniablement dans ce que le groupe a fait de mieux depuis bien longtemps, elle n’en demeure pas moins encore bien trop pétri de défauts pour réellement faire de Gotthard un groupe emblématique du genre (et ce même si l’immobilisme créatif inepte des plus illustres anciens conjugué à la volonté de plus jeunes espoirs de ne pas vouloir proposer de réelle nouveauté, en offre le spectacle d’une scène poussive et sans âme). Cependant, au milieu de la pauvreté créative ambiante, il n’en demeure pas moins que Gotthard, à défaut de briller, s’en sort avec les honneurs. Et c’est déjà pas si mal, après tout.
2 commentaires |
|
| Chronique |
 16 / 20 |
|
La légendaire ponctualité des montres suisses est respectée ! Depuis maintenant 10 ans, les non moins célèbres rockers du groupe Gotthard font la loi sur la musique helvétique à raison d’un nouvel album tous les 2 ans. Depuis le début de ce 3ème millénaire, cela nous monte donc à 5 opus.
Alors que penser de ce « Need to Believe » qui vient clôturer une 2ème décennie de règne pour les 5 compères du gang de Lugano ? Un appel à l’optimisme ? Pourquoi pas ! Un nouveau départ pour le groupe ? Pas du tout ! Le hard-rock reste de mise, prenant parfois des tonalités bien « heavy », tout en laissant le champs large à Steeve Lee, ce frontman et vocaliste d’exception.
Le prélude de Shangri-la nous laisse dans l’attente jusqu’à un doux interlude qui laisse présager une ballade à la sauce Gotthard. Mais il n’en est rien ! Un riff à 5 notes vient déchirer la mélodie et annoncer la couleur : le gang est toujours au meilleur de sa forme. Après un premier solo en mi-tempo, on enchaîne avec un pont habillement scandé, pour ensuite glisser directement sur un autre solo, où la guitare semble crier de volupté. Après la reprise du refrain, tout s’achève presque aussi brutalement que cela est arrivé.
Pas de répit, puisque qu’un autre accord – assez bien mené – vient poursuivre cet album qui, dès la première écoute, s’annonce déjà comme une grande réussite. Ce morceau, Unspoken words, est peut-être moins travaillé que le premier, mais la voix de Steeve Lee se veut plus poussée, alors que l’on entend les claviers de Nicolo Fragile dans le fond; quant à Leo Leoni, il nous livre un solo à la sonorité quasi-spatiale. Encore une belle pièce !
Tout ceci précède la chanson éponyme, où la voix de Steeve Lee fait encore mouche. Need to Believe n’est autre que le 1er single extrait de l’album et s’il n’a pas le punch d’un heavy à la Mountain Mama, ni l’émotion d’une ballade à la Heaven, il possède de nombreuses qualités pour séduire aussi bien les nouveaux adhérents au fan-club du groupe que les fidèles de la première heure. Une fois de plus, les 2 guitaristes se complètent avec brio.
Le morceau suivant, Unconditional faith, pourrait presque passer pour une ballade dans la lignée des Janie’s not alone et What I like de l’album « Human Zoo ». Cette fois, place est faite à la guitare sèche.
Les amateurs de bon hard patienteront gentiment jusqu’au I don’t mind, que l’on jurerait presque avoir déjà entendu dans l’album « Lipservice ». La chanson suivante, Break away, est beaucoup plus approfondie, même si, dans le fond, c’est un riff tout à fait classique; ce qui ne l’empêche pas d’être efficace.
Don’t let me down nous donne l’occasion de souffler 4 minutes. Le ton diffère totalement de tout ce qui a précédé jusqu’alors. Voici LA ballade de l’album ! Une nouvelle petite perle ajoutée au collier que Gotthard assemble depuis maintenant 18 ans. On l’aurait presque oublié, mais le groupe est aussi un maître de la ballade amoureuse pleine de bons sentiments. Après les mélodies des précédents albums « Lipservice » et « Domino Effect », elles aussi magnifiques, mais où les textes évoquaient davantage la déception amoureuse (Everything I want, Falling), Steeve Lee nous gratifie (enfin) d’une nouvelle déclaration d’amour forte (‘I need you more than ever, baby…’), comme le groupe n’en avait plus osé d’aussi belles depuis What can I do sur l’opus « Human Zoo » en 2003. Cela commençait à nous manquer !
Et puis c’est reparti pour un hard bien péchu, Right from wrong et son refrain on ne peut plus entraînant, sans oublier son pont encore plus dynamique que le riff moteur. Au même titre que Shangri-la, Right from wrong est l’une de ces œuvres qui, au bout de la 3ème écoute, donnent le sentiment d’être déjà des classiques.
La suivante, I know, you know débute tout en douceur, permettant ainsi à Steeve Lee de reprendre sa plus belle voix. Le plus long morceau de cet opus est aussi le plus travaillé, où chaque couplet retranscrit une véritable progression dans le thème musical pour introduire un refrain ponctué d’un accord de guitare saturée. Aucune fausse note là-dedans !
Rebel soul, de par son tranchant, passerait presque pour un trash métal sans autre intérêt que celui de satisfaire les amateurs de musique bruyante et criarde. Heureusement, Steeve Lee accomplit là encore une bonne performance vocale ; mais cependant, il nous prend rapidement l’envie de passer cette composition à la trappe.
Ne restons pas sur ce bémol pour autant ! En effet, l’opus se clôt par ce que l’on pourrait nommer un morceau de bravoure, signé l’inégalable Steeve Lee et… Nicolo Fragile. Le claviériste – complice du gang depuis maintenant 5 ans – nous livre ici sa première composition sous la houlette Gotthard. Et quelle œuvre que ce Tears to cry ! Les violons, le grondement des guitares, la puissance sentimentale des paroles et le solo endiablé de Leo Leoni, sans oublier la voix de Steeve Lee qui fait une fois de plus des étincelles ; tout y est ! Le simple enchaînement entre le déchirement ressentie dans la voix et la scansion du riff couplée à l’envolée musicale du solo nous donnerait presque envie de crier au prodige.
En résumé, dans ce « Need to Believe », la première chanson vous scotche, la dernière vous scie… et le tout est fort bien bricolé !
En admettant que – avec « Open », « Homerun » et « Human Zoo » - Gotthard s’était sacrifié à une trilogie au cours de laquelle le groupe n’avait cessé de peaufiner la qualité de sa musique, tout en affichant un goût prononcé pour les ballades, « Need to Believe » vient, après « Lipservice » et « Domino Effect », clôturer une autre trilogie, beaucoup plus orientée hard-rock et truffée d’excellentes compositions.
Bien entendu, certains trouveront toujours à redire sur ce 9ème album studio. D’ailleurs, soyons clairs, ceci n’est pas le meilleur album d’un bon groupe de hard-rock ; c’est simplement un bon album du meilleur groupe de hard-rock de ces 15 dernières années !
On peut juste lui reprocher de moins mettre en avant le talent des musiciens, contrairement aux précédents opus. Pas de panique pour autant, car les 6 rockers suisses repartent en tournée et, comme vous le savez certainement, ils ont l’habitude de se donner à fond en live.
Dans l’attente de leur passage en France, sur la tournée de Deep Purple, et en souhaitant que cela les fasse enfin reconnaître chez nous autres les Frenchies…
0 commentaire |
|
|