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| Chronique |
 12 / 20 |
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La sortie de Quantos Possunt Ad Satanitatem Trahunt (2009, à vos souhaits) est enfin l’occasion de reparler musique à propos de Gorgoroth et il était temps. Cette année écoulée, l’explosion du line-up (l’autre partie du groupe ayant formé God Seed) alimentait en effet les conversations des metalheads, davantage encore que celles de nos femmes avec « plus belle la vie » (et oui rassurez vous il n’y a pas que la vôtre…). Bref ça commençait à devenir totalement pathétique, c’est donc avec un intérêt certain que je vis débarquer ce nouveau Gorgoroth, mais aussi avec quelques interrogations : Infernus parviendra t’il à mener sa barque seul sans Ghaal ? Le retour de Pest au chant sera t-il convaincant ? Le groupe va t-il donner dans le Black Metal popstar de Satyricon ? En définitive de faibles espoirs et de nombreuses craintes…
On s’aperçoit déjà, que non content de pondre un titre d’album à coucher dehors, les norvégiens proposent une pochette moisie noire et blanche et une tête de mort on ne peut plus bateau. Ne pas réussir à mettre l’auditeur dans l’ambiance grâce au visuel est un handicap important à mon sens, surtout dans le Black Metal, il faut bien sûr voir au delà mais me mettre grognon d’entrée n’est pas une bonne idée… Clairement, il faut quelques secondes à peine pour s’apercevoir que le Gorgoroth occulte, crasseux et impitoyable des 4 premiers albums n’est plus, ne serait-ce que par ce son désespérément limpide et impersonnel. Cependant le chant belliqueux de Pest et quelques riffs Black / Thrash font de Aneuthanasia et Prayer des titres honorables. Hélas cette batterie claire et précise gâche tout, la force de Gorgoroth réside (résidait ?) dans sa capacité à créer des ambiances noires et sataniques (Pentagram) ou cataclysmiques (Destroyer), mais on n'en est plus là : la bande à Infernus déroule ses 9 morceaux avec application mais sans plus de conviction que ça. On distingue bien de temps à autres une rythmique qui accroche l’oreille (notamment sur New Breed), mais il s’avère difficile de rentrer totalement dans l’album et je dois avouer qu’après moult tentatives je n’ai que partiellement réussi.
Attention, QPAST n’est pas intrinsèquement mauvais loin de là, d’ailleurs on citera deux titres qui sortent du lot : Building a Man et son côté marche en avant rappelant les meilleures heures du True Norwegian Black Metal, ainsi que Satan – Prometheus, le plus brutal du lot, assénant des linéaires terribles avec une guitare plus inspirée que jamais et des voix claires occultes rappelant les atmosphères de leur titre culte éponyme Gorgoroth que l’on trouve sur Antichrist. Mais dans l’ensemble ce disque manque quand même de folie et de colère, Cleansing Fire par exemple délivre des bons riffs bien carrés mais évolue tout au long à un tempo de papi de 90 bpm. Gorgoroth n’a pas perdu sa moelle mais a laissé en route une partie de sa rage, en témoignent les guitares nettes et presque Heavy de Human Sacrifice.
Cet album n’est pas non plus une catastrophe comme je l’ai cru à la fin de la première écoute, mais en fait malgré de bonnes idées à la base il manque une pincée de nombreux éléments : pas assez de crasse dans le son, pas assez d’énergie dans les morceaux et pas assez de haine dans les ambiances.
Difficile donc au final de juger précisément de la qualité de cet album et de choisir quel côté l’emporte entre points négatifs et positifs. Cependant, si on y regarde de plus près, parmi les groupes importants de la scène Black, Archgoat, Absu, Impiety et d’après les échos Immortal ont réussi à satisfaire leurs fans de la première heure avec leur nouvelle galette, pas sûr du tout que ce soit la cas avec Gorgoroth.
Je n’encourage pas à tout prix l’achat de cette galette, mais je ne découragerais pas non plus forcément, si cette chronique de normand ne vous satisfait pas tant pis, démerdez-vous…
Dommage en tout cas que tous les morceaux ne soient pas de la trempe de « ça tend, promet tes housses ».
Je sors.
BG
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