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Après le superbe False, on était en droit de penser que le demi-raté Erase n’était qu’un accident de parcours et que les hollandais allaient se ressaisir sur ce Soul Survivor (1996). Et bien ceux qui s’attendaient à un bon album de Death Metal en ont été pour leur frais et on pouvait le deviner rien qu’à la pochette pourrie. (C’est vrai que j’ai été con cette fois-ci.) Dès l’intro de Freedom on comprend que Soul Survivor n’est pas une galette de Death Metal : où sont les cris gutturaux de Jan-Chris de Koyer ? Où sont les rafales de double et accélérations d’Ed Warby ? Où sont les rythmiques mortelles de False ? Apparemment tous ces éléments sont partis chez leurs compatriotes de Sinister et Altar, qui sortent cette année-là le remarquable Ego Art. Alors à quoi ressemble le Gorefest de 1996 ? Et bien à un groupe de Stoner… Oui vous avez bien entendu, la lourdeur des guitares est le seul élément reconnaissable de l’ancienne et glorieuse période du groupe, pour le reste l’inspiration musicale est devenue beaucoup plus Rock’n’Roll. Comprenons nous bien : je n’ai rien contre le Stoner mais joué par Gorefest cela dépasse l’entendement, dans la tête d’un vieux (si, si, même si je ne fais pas mon âge) metalhead comme moi, c’est un peu comme si Cannibal Corpse embauchait Annie Lennox pour assurer le chant. Enfin bref, les soli mélodiques d’Electric Poet et les claviers très 70’s sont indisposants au plus haut point. Certains morceaux sont acceptables comme River, Demonseed et Dogday, mais la déception d’avoir perdu un groupe de death (et d’avoir claqué 10 sacs pour ce machin) prédomine largement. Pour reprendre une célèbre expression Sommienne, ce Soul Survivor n’est pas tout à fait une « bouse », mais il ne correspondait plus au style de Gorefest. Ils ont d’ailleurs du s’en rendre compte par la suite car avec La Muerte et Rise To Ruin, les hollandais sont revenus vers des choses plus brutales qu’ils maîtrisent beaucoup mieux. Voilà donc un opus de brebis momentanément égarées d’où ce 7/20 peu glorieux. On ne va quand même pas tout accepter sous prétexte d’évolution musicale n’est-ce pas ? BG
Dès le premier titre Freedom, débutant sur une intro blues rock, Soul Survivor se démarque nettement de son prédécesseur. Il conserve certes le son massif et le chant guttural grave de Jan Chris, mais reste beaucoup plus mélodique dans l’esprit, imposant les rythmiques groove d’Ed Warby et le jeu aérien de Frank & Boudewijn, à l’image des très bons Electric Poet & Forty Shades. Mais incontestablement, le point fort de Soul Survivor réside dans l'excellence des soli de Boudewijn, mélodiques et techniques, trahissant un peu plus son amour pour Thin Lizzy, éclairant alors magnifiquement chaque morceau. Gorefest s’adjoint parallèlement des services de René Merkelbach, qui renforce le côté psychédélique de l’ensemble grâce à l’apport de son orgue Hammond, créant une atmosphère toute particulière, notamment sur le refrain du somptueux River ou de l’outro du mémorable Dragon Man. En décalage partiel avec la musique de Gorefest, Soul Survivor est dès lors incompris à sa sortie par la scène death métallique, qui vit de surcroît ses pires années d’incertitude à cette époque. L’album connaît ainsi un échec commercial important, accentuant les tensions internes au sein du quatuor néerlandais, qui part toutefois à la rencontre d’un nouveau public. Electron libre dans la discographie de Gorefest, mais particulièrement authentique, Soul Survivor reste ainsi avant tout l’album d’un seul homme, celui de Boudewijn Bonnebakker, dont le talent et l'avant garde déjà connus de tous, éclatent cette fois-ci au grand jour. Le recul et la maturité aidant, il est encore temps de redécouvrir cette rencontre improbable entre le death lourd d’Erase et le hard rock des années 70, aux accents psychés délicieux. Fabien.
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