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Liste des groupes Guitar Hero Gary Moore Run for Cover
LP, date de parution : 1985 - 10 Records
Style: Guitar Hero

NOTE SOM : 15/20
Toutes les notes : 17/20 Vous devez être membre pour déposer une note
Tracklist
Re-Issue in 2003 by Virgin
1. Run for Cover
2. Reach for the Sky
3. Military Man
4. Empty Rooms
5. Out of My System
6. Out in the Fields
7. Nothing to Lose
8. Once in a Lifetime
9. All Messed Up
10. Listen to Your Heartbeat
Bonustracks (Re-Issue 2003)
11. Still in Love with You
12. Stop Messin' Around (Live)
13. Murder in the Skies (Live)

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24 avis 1 17/20
Chronique
20 / 20
    samolice, Vendredi 06 Avril 2012 parlez-en à vos amis  
La pépite de sa période hard rock

6 février 2012.
Un an déjà qu'il est parti. And i Still Got the Blues.

60.
L'âge qu'il aurait eu en ce 4 avril 2012, jour où j'écris ces lignes.

Robert William Gary Moore.

Une carrière entamée très jeune au début des années 1970 avec Skid Row (et déjà avec Lynott), puis Colosseum II, et enfin Thin Lizzy qu'il rejoindra et quittera plusieurs fois, goûtant peu aux pulsions autodestructrices de son leader à la coupe afro. Gary enregistre également des albums sous son propre nom (ou presque) de manière régulière à partir de la fin des années 70. En 1979, il décroche son premier hit avec "Parisienne Walkways", auquel participe Phil. Pour autant, et bien qu'unanimement respecté pour ses talents de guitariste - et je ne m'attarderai donc volontairement pas trop sur la qualité des soli du monsieur tout au long de l'album, l'homme n'ayant depuis longtemps déjà plus rien à prouver sur ce point -, le compositeur peine à s'imposer, ses albums ne recueillant la plupart du temps qu'un écho poli. Mais tout vient à point...

En cette année 1985, l'Irlandais a le vent dans le dos. La trentaine à peine entamée, tous les voyants sont au vert. Côté coeur, il vient d'épouser Kerry, sa compagne de longue date, qui sera sa femme jusqu'en 93. Côté musique, Gary a enfin vu les projecteurs se braquer sur lui avec la sortie d'un Live époustouflant l'année précédente (« We Want Moore »). En sus, le single "Out in the Fields", sorti quelques semaines avant l'album (en juillet contre novembre), a fait un carton au Royaume Uni (numéro 5 dans les charts et un maxi 45 tours aujourd'hui collector). Il est grand temps de proposer l'album studio qui mettra tout le monde d'accord. « Run for Cover » sera celui là.

Gary prend tout son temps. Réparti sur presque une année, il passe plus de six mois en studio. Il enregistre tout d'abord "Out in the Fields" et "Military Man". Andy Richards, du groupe de new wave Franky Goes To Hollywood (souvenez vous du tube "Relax"), est aux claviers. Il a été présenté à Gary par Peter Collins, l'un des nombreux producteurs de cet album. En effet, Gary souhaite donner aux titres des couleurs différentes et décide donc d'associer un producteur à chacune d'entre elles. Heavy pour les morceaux avec Andy Johns, plus FM pour ceux produits par Mike Stone dont l'Irlandais a apprécié le travail sur l'album de Journey « Escape » (1983). Peter Collins et Beau Hill sont également de la fête. Tout comme pour les producteurs, les musiciens sont également choisis avec le plus grand soin. Outre celui qui sera LE fidèle parmi les fidèles, Neil Carter (claviers et choeurs), Charlie Morgan, Paul Thompson, Gary Ferguson (tous trois à la batterie), Don Airey (claviers) et Bob Daisley (basse) apportent leurs contributions. Enfin, comment oublier les incomparables Phil Lynott et Glenn Hughes (présent sur 4 titres). Autant dire que niveau chant et jeu de basse - un peu trop sous mixé hélas -, ça envoie du bois.
Cela se passera très mal avec Glenn Hughes, Gary ne supportant pas ses abus de produits illicites, et ce dernier lui reprochant d'utiliser les musiciens comme des sous-fifres. L'ambiance devait être sympa dans le studio... Hughes se consolera en allant rejoindre Tonny Iommi pour l'album décrié des puristes du Sab’ « Seventh Star » (1986), et sur lequel sa performance vocale est jouissive.

Si nous avons ici affaire à un véritable disque de hard rock, il n'en reste pas moins un album varié, tantôt teinté heavy rock ("Out in the Fields", "Run for Cover", avec son intro de claviers qui monte en puissance et qui est déchirée par une attaque nerveuse de Gary au médiator, "Nothing to Lose", au riff acéré et au refrain fédérateur que l'on imaginerait assez bien sur une compo de Kiss.), tantôt boogie ("All Messed Up" qui lorgne vers ZZ Top dont les paroles pas franchement joyeuses évoquent les ravages de l'alcool ; autobiographique?), mid-tempo ("Out of My System", présent uniquement sur la version CD, avec une superbe prestation de Glenn Hughes, "Reach for the Sky"), ou plus FM ("Listen to Your Heartbeat", titre surprenant, archi pop, à mon sens unique faute de goût de l'album, même le solo est médiocre, "Once in a Lifetime" qui rappelle Boston sur "Peace of Mind"). Sans oublier la ballade "Empty Room" superbe, mais déjà présente sur l'album précédent (« Victims of the Future ») et donc quand même un peu inutile. Comme depuis ses débuts, les influences bluesy de Gary sont présentes, surtout Peter Green (ex Fleetwood Mac), qu'il reprendra quasiment note pour note, sur un disque hommage poussif.

Dans le cochon, tout est bon. Néanmoins ici, deux morceaux se détachent nettement. Comme par hasard, il s’agit des deux titres auxquels collabore Phil Lynott. "Out in the Fields" voit ainsi Gary et Phil se répondre au chant. L'attaque du solo, avec du vibrato à donf, est superbe, et le refrain accrocheur. Le clip présente en outre les dernières images que nous avons de Phil en studio. La pépite d'un album qui comporte pourtant son lot de diamants est sans contexte "Military Man". Le titre a été composé par Lynott et déjà interprété en Live avec Grand Slam en 1984. Gary l'a supplié d'enregistrer une version en sa compagnie. On comprend pourquoi !

Véritable pamphlet anti-militariste, tout comme d'ailleurs "Out in the Fields", il dénonce les horreurs de la guerre. Gary a souvent abordé des thèmes politisés dans ses albums. Sur le précédent, c'était le titre "Murder in the Sky" qui évoque l'avion sud coréen abattu en vol par les russes en septembre 83. Selon moi, "Military Man" possède un autre niveau de lecture. Les nombreuses métaphores proposées m'évoquent un parallèle évident avec la vie et les démons du leader de Lizzy. Entame sur un beat martial, basse qui claque comme aux plus beaux jours de-qui-vous-savez, voix envoûtante (Lynot assure tout le chant ,"Mama take a look at Your boy/Take a look at him now/Take a look at Your boy/He's a soldier", brrrrrrrrrrrr, si vous n'avez pas quelques poils qui se dressent en entendant la manière dont Phil déclame ces mots, je ne peux plus rien pour vous), break mélancolique, refrain addictif, et deux solos aux rythmes différents mais tout aussi émotionnel l'un que l'autre. Si la perfection existe, je l'ai rencontré. Voilà qui ne peut que nous donner des regrets éternels en pensant à tout ce que Lynott avait encore à offrir.

6 février 2011.
Retrouvé mort dans une chambre d’hôtel à Estepona, en Espagne, les analyses auraient depuis révélé que Gary a été victime d'une attaque cardiaque après avoir consommé une quantité massive d'alcool. Comme le chante son pote Ozzy Osbourne sur « No Rest for the Wicked », le demon alcohol emporte encore un des nôtres.

60.
L'âge qu'il aurait eu en ce 4 avril 2012, jour où j'écris ces lignes.
Pour certains, l'homme nous avait déjà un peu quitté il y a une vingtaine d'années pour rejoindre la terre du blues. Pas totalement faux. Reste néanmoins ce « Run for Cover », et à un degré moindre tous ses albums des années 80, pour nous souvenir de lui comme d'un rockeur sachant rocker.

Gary Moore, musicien respecté par ses pairs qui l'ont souvent cité comme une influence majeure (Zak Wylde, Patrick Rondat, Joe Bonamassa, Randy Rhoads, John Sykes ou encore Kirk Hammett).

Gary Moore, un homme plutôt taciturne dont nous ne connaissons finalement pas grand chose, excepté son immense talent de musicien. Un homme marqué par la vie dont le visage balafré portait les stigmates (la photo de la pochette le présente d’ailleurs sous son meilleur profil). Scène de ménage qui tourne mal ? Rixe dans un pub de Belfast ? Dans un pub de Middlesbrough, en Angleterre ? On a lu et entendu tout et son contraire sur cette fameuse cicatrice. La version la plus farfelue est probablement celle selon laquelle Francine Moore (son ex femme) lui aurait accidentellement lancé une boule de pétanque en plein visage lors d'une partie avec des voisins. Vive internet !

Gary Moore et ses sustains interminables qui filent la chair de poule. Une capacité à toucher à (presque) tous les styles. Tout paraissait si simple pour lui. A tel point qu'il avait la particularité d'être gaucher mais de jouer en droitier. Un homme dévoué entièrement à (et intéressé uniquement par) son instrument - il ne prit par exemple jamais le temps d'apprendre à conduire -. Une anecdote circule à propos de Kirk Hammett qui aurait demandé à Bob Bradshaw, spécialiste des effets en tout genre, de lui trouver le secret du son de Gary Moore sur « Still Got the Blues ». Peine perdue Bob ! Peu importe la technologie, la magie était dans ses doigts. Le 14 novembre de cette année 85, Gary mettra le feu au Zénith de Paris, avec ses potes irlandais de Mama's Boys en guest. Un merveilleux concert.

Gary Moore, still in love with You.




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