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Liste des groupes Ambiant Atmo Médiéval Gae Bolg Aucassin Et Nicolette
2005 - Prophecy Productions
Gae Bolg : Aucassin Et Nicolette, chronique, tracklist, mp3, paroles

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NOTE : 12/20
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Tracklist
01. Prélude
02. Invocation I
03. Le Diable Parle
04. La Maladie D'Aucassin
05. Chanson
06. Sur Les Bords De L'ille
07. Dans La Loge
08. Les Visions De Théophile
09. Invocation II
10. Danse
11. Le Cygne Noir
12. Ballade
13. Passacaille
14. Le Retour D'aucassin
15. Aucassin Et Nicolette

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6,99 €
Chronique
12 / 20
    Corwin, le Dimanche 16 Septembre 2007 parlez-en à vos amis  
Gae Bolg est un projet personnel d'Eric Roger, un petit méconnu de la scène musicale qui se trouve être un ancien trompettiste de Sol Invictus (dont je parlerais dans une chronique future) ayant décidé de voler de ses propres ailes. Accompagné de son chanteur/musicien et de quelques autres musiciens et choeurs, pas toujours les mêmes selon les albums, il crée d'abord Gae Bolg et The Church Of Fand, qui renaît en 2005 sous le nom de Gae Bolg (tout court) et prend un gros coup de noirceur au passage.

Gae Bolg est un groupe assez inclassable. Folklorique, expérimental, parfois industriel, mais avant tout médiéval, Eric Roger a conçu une musique assez unique, décalée, franchement pas commerciale pour un sou. Imaginez: des instruments pour certains venus du fin fond de notre passé musical (flûtiau, flûte à bec, cornet, orgue, tambourins, trompette, cor, timbales et violons sont à l'honneur), un chant grandiloquent, chargé d'un mélange de macabre et de grotesque, capable d'aller sur des registres de ballades médiévales ou des expérimentations sauvages et des bidouillages industriels qui ne peuvent probablement pas sortir d'une caboche parfaitement saine d'esprit, des choeurs ronflants venant soutenir les compositions, et vous aurez à peu près ce qu'est Gae Bolg. Un projet grandiloquent, noir, bouffon et médiéval en diable.

Cet "Aucassin Et Nicolette" mérite un titre par titre, tant les morceaux diffèrent.

Un prélude ouvre le disque, joué à la guitare folklorique, et agrémenté de nappes de cordes jouées au clavier, d'un flûtiau et de percussions cristallines, une voix féminine et des choeurs mâles venant vocaliser par dessus. Un morceau ambiant qui pose une atmosphère rêveuse et planante assez trompeuse, et qui ne prépare pas franchement à la suite.
"Invocation I" se lance sur des percussions distordues et intronise le chanteur, accompagné encore une fois de choeurs mâles. L'orchestration est extrêmement minimaliste, laissant les percussions lentes parler, parfois accompagnées de quelque chose qui ressemble à un hautbois (pas sûr) et d'une cloche (oui oui). Rythmique répétitive, entêtante, qui lance une montée en puissance débouchant sur "Le Diable Parle".
Le schéma reste le même, pas d'explosions comme on pouvait s'y attendre, mais une rythmique répétitive, une narration morbide et grotesque doublée de choeurs féminins travaillés électroniquement pour donner des voix fantomatiques presque mécaniques. Le morceau est lui aussi entêtant. Jusqu'ici, même si les morceaux s'enchaînent parfois un peu étrangement, c'est du tout bon, efficace, rien à dire.
Les choses se gâtent avec "La Maladie d'Aucassin". Sur quelques petites notes aériennes, monsieur Gae Bolg, chanteur en titre, s'amuse avec sa voix et la distorsion électronique. C'est très laid. Quelques passages montant dans les aigus piaillants sont particulièrement douloureux. Mauvais morceau, indubitablement, la volonté d'expérimenter n'est pas toujours une bonne chose et "La Maladie d'Aucassin" en est la preuve.
Suit "Chanson", petit morceau purement folklorique au flûtiau, agréable sans être passionnant.
Nouveau petit morceau folklorique, "Sur Les Bords de l'Ille" est par contre un morceau vraiment fascinant, à la fois simple et plus compliqué qu'il n'y paraît, mené par des couches de voix multiples pendant le refrain, un rythme à la guitare sèche et au tambourin avec un bon goût de ballade médiévale. Très bon morceau.
"Dans la Loge" continue dans l'excellent, reprenant un peu le principe de "Le Diable Parle", pour s'achever dans une tourmente de rythmes martiaux de cloches et de ricanements, un morceau d'une noirceur impressionnante.
"Les visions de Théophile" joue avec des cordes stridentes et délirantes, morceau qui s'apprécie bien le soir lorsqu'on est complètement épuisé ou qu'on a un bon coup dans le nez, manquant un peu de portée, sinon.
"Invocation II"... Bah, reprend une minute d'Invocation I. Bis servant d'interlude, rien de plus.
"Danse" est un nouveau petit morceau purement médiéval, à la mélodie entêtante, bien foutu, joli et tout et tout. Simple, efficace.
"Le Cygne Noir" reprend le principe du morceau lent, répétitif et entêtant, ici mené par les violons saccadés et plaintifs, maladifs. Le morceau dégage une ambiance morbide plaisante, mais aurait peut-être mérité une plus grande variété dans les interventions du violon "gratouillé", limité à un rythme, et qui aurait pu donner plus d'ampleur au morceau s'il avait été plus utilisé.
"Ballade" mélange beaucoup de choses, violon, trompette, flûtiau, bidouillage électroniques, mais n'est pas franchement excellent. Son principal problème est en fait d'être le premier morceau à approcher les 5 minutes, alors que son traitement appelait le même format que la plupart des morceaux précédents, c'est à dire à peu près trois minutes de pistes. Se rallongeant, le morceau surprend l'auditeur et l'amène à attendre le morceau suivant, ce qui n'est pas vraiment bon signe. Gae Bolg fait des morceaux qui tournent en boucle et gagnent à êtres courts pour êtres efficaces.
Suit "Passaraille", deuxième morceau de cinq minutes, qui mélange des sonorités d'orgue plus ou moins synthétiques pour une piste planante et noire, ambiance mortuaire, qui elle ne souffre pas du syndrome de la boucle, et tient sur ses cinq minutes sans ennuyer. Morceau plaisant à défaut d'être un vrai grand frisson (il manque ici un peu de cette grandiloquence bouffonne qui anime le chanteur, et qui passerait très bien avec les orgues, mais le morceau reste bon tout de même).
"Le Retour d'Aucassin" est aussi le retour des bidouillages vocaux nazes du chanteur, les lignes de guitare sèche et les sonorités abyssales en fond de toile n'arrivant pas à sauver le morceau de la catastrophe. La musique est meilleur que sur "La Maladie d'Aucassin" mais le chant est encore plus raté, pas émotif pour un sou, désagréable, mal foutu, bref... à oublier au plus vite.
"Aucassin Et Nicolette" reprend ligne pour ligne le prélude en y rajoutant du chant. La redondance est un peu contre-productive, le groupe n'ayant strictement rien changé au morceau en question. Des divergences musicales auraient été les bienvenues, pour rééxploiter le morceau et achever la boucle.

Bref, cet "Aucassin Et Nicolette" pourrait être un bon disque d'ambiant atmosphérique à influences médiévales. Quelques morceaux s'avèrent excellents, d'autres franchement agréables. Seulement voilà. Le choix des expérimentations vocales gâche beaucoup l'impact de cet album, et la fin du disque tombant dans le moyen et le mauvais (sur les quatre derniers titres, seul "Passaraille" tire son épingle du jeu sans arriver à être un des morceaux excellents), on garde finalement un goût un peu désagréable en bouche à la fin du disque, alors que tout avait bien commencé. Si on rajoute encore là dessus le fait que le genre est déjà assez difficile à aborder, que le principe de redondance cyclique sur lequel est basé chaque morceau peut finir par lasser, on se trouve avec un disque qui n'a rien d'inintéressant, et qu'on remet dans son lecteur par curiosité ou pour les titres qui nous plaisent, mais qui ne nous livrera jamais une audition pleinement satisfaisante.

Une sorte d'échec intrigant, comme souvent lorsqu'on se trouve face à un bon matériel de base, et des choix d'orientation musicale nettement plus contestables au cours de l'écoute. Pour les amateurs de médiéval, jeter une oreille dessus peut tout de même être une expérience intéressante, et amener à s'intéresser à d'autres productions du groupe, moins difficilement abordables.

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