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Forest Of Souls Contes et Légendes d'Efeandayl
Album, date de parution : 20 Août 1997 - Adipocere Records
Style: Black Doom

NOTE SOM : 16/20
Toutes les notes : 15/20 Vous devez être membre pour déposer une note
Tracklist
1. The Discret Korrigans' Presence 01:08
2. Esmahilv 07:12
3. Delivrance 06:52
4. Dreams' Challenger 05:47
5. ...When They Watched Out 02:06
6. Watcher's Line 05:40
7. Song for the Autumn Lady 03:07
8. A Strange Family 08:0
9. Two Disturbing Souls 06:15
10. The Time of the Broken Gates Pt.II 06:21
11. La Venue d'un Grand Brouillard 07:19
Bonustrack (Digipack Release)
12. Le Marin des Mers de l'Ouest 03:54
Total playing time 1:03:51

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12 avis 1 15/20
Chronique
9 / 20
    LaBalafre, Lundi 16 Juillet 2007 parlez-en à vos amis  
Voici un album sorti il y a dix ans. Un album qui m’est cher.

À l’exception du MCD « War and Poetry » (Guerre et Poésie ; les termes se veulent complémentaires, non contradictoires), publié en 1996, « Contes et légendes d’Efeandayl », paru au printemps 1997 est l’unique album, anglophone malgré son titre, du groupe de Black Metal et Dark épique français FOREST OF SOULS.

Je lui accorde un vilain 09 /20. Pourtant, personne ne pourra nier la sincérité profonde du groupe, - authenticité et pureté d’âme qui se sent à chaque note, à chaque souffle. C’en est rafraîchissant que d’y plonger. Alors, quel est le problème ?

La bonne foi ne suffit pas ; encore faut-il posséder la qualité. Et le talon d’Achille de FOREST OF SOUL est là : la qualité des composition et de leur interprétation vocale et instrumentale est médiocre. Non pas nulle ; même plutôt agréable ; mais…indéniablement médiocre. En ce sens qu’elles ne nous guident pas au sublime. Cela ne m’a pas empêché d’adorer cet album à sa sortie : « On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans », chantait Rimbaud. J’en avais dix-huit et dix-neuf.

Oh, certes, l’idée de« Contes et légendes d’Efeandayl » était originale : il s’agit d’un voyage à travers les contrées d’un monde heroic fantasy, - un monde de rêve créé par les membres du groupe, et nommé Efeandayl. Les personnages évoqués, les héros chantés changent sans cesse. Personne n’avait réalisé cela avant eux. L’idée de mélanger les chants masculins Black Metal et baryton, parfois accompagnés d’une soprano, était, quant à elle, relativement neuve.

C’est que FOREST OF SOUL appartient à une génération qui découvrait le Black et le Dark, et s’amusait chaque jour à y inclure de nouvelles expériences musicales. Les meilleures innovations venaient souvent de groupes obscurs, ignorés. Surgi plus tardivement dans nos contrées, le Black Dark Metal était alors à cette époque un mouvement, libre, jeune, plein de sève et de sang, et non imitatif. FOREST OF SOUL est le type même de ces formations sans grand talent, sans aucun génie, mais auxquelles la sincérité, la spontanéité, donnaient le ton juste, l’oreille adéquate. Ces petits groupes portaient le Black Dark dans leur âme. Tant et si bien que ces« Contes et légendes d’Efeandayl » s’écoutent sans ridicule, et possèdent cette gravité, cette dignité dans l’exécution, qui pardonne toutes les insuffisances.

Et elles sont nombreuses ! Les chants masculins sonnent presque faux ; le chant soprano est tout juste acceptable, à l’évidence trop emphatique, sans joliesse particulière, en un mot : commun ; le niveau d’interprétation instrumentale ne dépasse pas les premiers mois d’apprentissage pour chaque instrument : deux guitares, une basse, une batterie, un synthétiseur (ou clavier, comme on dit).

Les mélodies sont cependant loin d’être exécrables, et une chanson comme « Watchers’ Line », que j’ai connue longtemps par cœur, est leur chef-d’œuvre, car entraînante tout en développant un caractère épique et tragique qui nécessiterait plus de lenteur chez d’autres. Une volonté de Destin s’y reflète. C’est une chanson pleine d’âme. Les douze compositions de l’album sont, sur le plan technique, assez recherchées, assez longues, peu répétitives. Leur construction, très atmosphérique par les coupures, les absences de riffs, leurs lentes montées, leurs brusques éclatements, évitent l’ennui qu’une rhétorique plus commune apporterait. Le son est assez clair et graisseux, les guitares et la basse alternent de riffs brutaux aux mélodies les plus délicates, parfois joyeuses et plus souvent mélancoliques, toujours puissantes, viriles. Je dois même reconnaître que l’apparition intermittente du clavier, avec ses jeux de piano et d’orgue, et ses cordes discrètes et judicieuses, relève la valeur générale.

Mais alors, quel est le problème ? Il est qu’on se lasse vite de l’album, de ces mélodies médiocres, c’est-à-dire moyennes. Ce qui sauve cet album, justement, est la sincérité de ses exécutants, ce caractère propre, ce goût instinctif enfin, cette personnalité qui exsude à travers les notes. « Contes et légendes d’Efeandayl » est l’un des albums les plus sympathiques, que j’ai connu en quinze ans d’érudition mélomane, s’instaurant par un charme obsessionnel chez l’auditeur. Mais on le quitte à la deuxième écoute ; pour y revenir sans faute six mois après.


En conséquence, s’il ne tenait qu’à mon cœur de juger, j’accorderais facilement - et en toute iniquité - un 14 /20 à cet album jadis adoré. Adoré pour son atmosphère unique, et son originalité dans les chants masculins et leurs superpositions chorales.

Fans de jeux de rôle à la recherche de bons scénarios et belles aventures heroic fantasy, ou mélomanes curieux d’originalité musicale, ou bien encore blasés désireux de se rafraîchir à une source claire, se doivent de rechercher cet album et de l’écouter et le lire avec toute la gravité due aux œuvres de quelque intérêt.

Toutefois, s’il ne vous sied pas de claquer votre fric en faveur de quelque curiosité esthétique ; si en outre, votre regard critique embrasse non l’époque de sortie de l’album, mais tout l’horizon musical découvert depuis ; alors, je me dois de vous prévenir, en toute objectivité, que « Contes et Légendes d’Efeandayl » ne mérite pas de retenir votre attention.

Je ne puis ainsi décemment pas lui accorder la moyenne. Et là, j’en pleure…





6 Commentaires
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