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Fear Factory (usine à peur) est né au début des années 90 (Los Angeles) et a produit en 1995 son chef-d’œuvre qui est également devenu la référence en matière de Thrash Industriel. Les thèmes abordés tournent autour de l'homme et de ses rapports (conflictuels) avec les machines. L'inspiration du groupe est à rechercher clairement vers des livres de science-fiction ou des films comme Terminator. D'ailleurs ce Demanufacture s'ouvre sur un sample qui évoque des bruits de machines. Le côté industriel imprègne aussi cette manière de jouer. Une rythmique (guitare et batterie notamment) qui fait penser aux bruits réguliers de machineries en action. A l'écoute de cette musique on imagine volontiers les engrenages tourner, les cylindres se soulever et s'abaisser dans des mouvements perpétuels, le tout côtoyant des tuyauteries rongées par l'acide et noyé dans des vapeurs de produits toxiques. Car oui Fear Factory c'est de l'industrie lourde ! Et ces synthés qui produisent quelques nappes inquiétantes et sombres font leur apparition, toujours distillés avec parcimonie, juste ce qu'il faut pour participer à la création de cette ambiance violente, froide et sombre, parfois cybernétique, mais qui possède un squelette, une ossature rigide (grâce à des riffs martelés avec lourdeur et une régularité d'une machine de précision, et une batterie déchaînée travaillant souvent en accompagnement de la guitare). Sinon le chant de Burton C. Bell est rageur à souhait mais sait aussi se faire clair et mélodique comme sur le refrain de "Self Bias Resistor" ou "Zero Signal". Parfois c'est tout simplement brut et âpre comme sur "New Breed" ou plus apaisé sur le titre chanté en voix claire "Dog Day Sunrise". Dites-vous bien que, d'une manière générale, l'usine nous délivre ici une production d'une qualité irréprochable, tous les titres sont très bons, il n'y a rien de faible, tous les morceaux ont leur personnalité même si l'ambiance qui les traverse est quasi identique et que l'ensemble est par conséquent très cohérent. Cette production est garantie à vie, vous devez le savoir, elle n'a pas pris une ride. Et comme dirait l'autre c'est la pierre angulaire du Metal Industriel. Le tout se termine sur trois morceaux formidables "Hunter Killer", "Piss Christ" (concentré sublime de ce que Fear Factory sait faire de mieux avec un riff démentiel, une batterie qui pilonne tout et un refrain superbe) et "A Therapy for Pain". Je m'arrête un instant sur ce dernier titre de près de 10 minutes quasi instrumental où notamment le synthé est omniprésent, et qui termine calmement cette traversée éprouvante de l'usine. Car ce morceau est une tuerie de toute beauté avec un chant magnifique puis des samples futuristes clôturent le tout et l'usine à peur s'éloigne peu à peu dans des nappes brumeuses. Pourtant on sait qu'elle reviendra inéxorablement. Alors l'usine, représentation de l'aliénation, représentation moderne du mal ou du mal moderne ? Je ne sais pas, mais par ici le décor est dévasté. Simplement indispensable. Note : 18/20. Thekilling666
Il est l'un de ces albums "intemporels" : il sera toujours accessible malgré l'évolution du temps. Tous ceux de mon âge (et moi-même), nous nous prenions une vrai claque face à ce que le groupe présentait à ce moment précis. Lui-même prenait son envol et s'imposait comme l'un des plus innovants et puissants du moment. Sans cesse, le disque tournait sur le lecteur pour notre plaisir : on adorait. Les voir sur scène, lors d'un des premiers Grasspop Meeting Metal, était simplement hallucinant ! Guitare stridente, basse linéaire, tempo speedant et voix gutturale et claire : un moment extraordinaire. Pour moi , ils ont innové justement dans cette alternance de voix grave et claire, et ils ouvraient la porte au neo-metal, puis nu-metal. Cet album, très industriel, est un voyage dans le futur. C'est de la pure science-fiction... et porter la pochette en T-shirt pouvait effrayer en rue. Mais que de plaisir. J'écris ces lignes et le disque tourne, je l'écoute aux casques et je pars (dans ma tête) à imaginer cette version futuriste post-apocalyptique par moment (pro-renaissance à d'autres). Un très grand album.
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