Exhibit B: the Human Condition

Liste des groupes Thrash Bay Area Exodus Exhibit B: the Human Condition
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Nom du groupe Exodus
Nom de l'album Exhibit B: the Human Condition
Type Album
Date de parution 07 Mai 2010
Labels Nuclear Blast
Produit par Sneap Andy
Style MusicalThrash Bay Area
Membres possèdant cet album316

Tracklist

1. The Ballad of Leonard and Charles
2. Beyond the Pale
3. Hammer and Life
4. Class Dismissed (a Hate Primer)
5. Downfall
6. March of the Sycophants
7. Nanking
8. Burn, Hollywood, Burn
9. Democide
10. The Sun Is My Destroyer
11. A Perpetual State of Indifference
12. Good Riddance
13. Devil's Teeth

Chronique @ JeanRaoulDucable

01 Août 2010
Les années 80 furent une décennie ayant vu naître moult légendes du métal. Le thrash, suant la hargne et la bière y grandit et connut alors ses lettres de noblesse. Ses riffs fulminants, ses tempos endiablés, ses soli variés et acérés furent comme des porte-voix insoumis aux contradictions d’une époque, aux incohérences d’un monde poussant toujours plus l’inhumanité au rang de valeur de société et prônant l’indifférence comme mode de vie. Le métal, dont le thrash fut alors une ode à la liberté de pensée, une façon de pouvoir s’écrier «Non! » aux mutations perverses de l’homme «Je résiste, donc je suis!». La musique extrême en réponse à un mal-être extrême…

Exodus est un représentant inoxydable du thrash old-school depuis les années 80. Légèrement en retrait par rapport aux «big four» du style, bien que n’ayant pas été favorisé par de multiples changements de line-up, split et reformations en tout genre, le combo a su produire des offrandes qui marqueront à jamais le monde du métal. On se souviendra bien entendu éternellement du fameux «Bonded by Blood» de 1985 auquel la plupart des autres albums seront comparés à tort ou à raison, ou plus récemment «The Atrocity Exhibit A» en 2007 qui avait laissé les nuques contracturées, les tympans flattés par un renouveau dans le style musical du groupe et une impression plus que positive.
On attendait donc des cinq californiens une nouvelle galette digne de la précédente, une «face B» en quelque sorte qui laisserait définitivement une marque indélébile dans nos cœurs de guerriers sensibilisés à la fureur musicale élevée au rang d’art. A la première écoute on peut affirmer que c’est mission accomplie!

Depuis l’intégration au groupe de l’excellent Lee Altus à la guitare et du frontman Rob Dukes en 2005, Exodus est sur une pente ascendante, produisant un thrash-métal de haute volée alliant fougue et violence de chaque instant à une musicalité recherchée, teintée de progressif. Au niveau de la structure même de l’album et du son, on peut dire que «Exhibit B : The Human Condition» propose un mur de décibels hargneux et rude! Cette nouvelle galette dévaste nos tympans aux abois et risque sérieusement de perturber les relations de bon voisinage.
Le renouveau y perd sans doute ce que la valeur sûre y gagne et c’est sans doute la première impression qui se dégage lors des premiers tours de disque dans le lecteur. En quelque sorte, c’est exactement comme si ce nouvel opus constituait la deuxième partie d’une œuvre musicale plus ambitieuse. L’artwork de la pochette abonde d’ailleurs en ce sens en arborant un «squelette de Vitruve» au sein d’un pentagramme inversé dont les couleurs, le thème et le dessin assurent une certaine continuité avec Exhibit A. Ce dernier détient entre ses phalanges osseuses une sélection triée sur le volet des multiples outils de communication modernes utilisés par nos contemporains: armes à feu, textes sacrés, explosifs, machette… La musique, homogène et carrée sert parfaitement d’écrin à des textes percutants, sermonnés avec conviction par un Rob en verve.
A ce propos, Gary Holt, membre fondateur du groupe, justifie les thèmes choisis dans les textes (société de consommation, culte de la célébrité, télé-réalité…) par les mots ci-après : «La violence, l’ignorance et l’arrogance: voilà les domaines dans lesquels nous sommes les meilleurs. La race humaine ne cessera jamais de nous inspirer!»

La première claque : « The Ballad of Leonard And Charles », après une introduction acoustique empreinte de mélancolie, reprends les accords d’adieu de la dernière chanson du disque précédent, (Bedlam 1-2-3), avec la même fureur contenue afin de créer le liant entre les deux albums.
S’en suit alors une curée musicale ininterrompue de plus de 75 minutes de fureur et de rage teintée d’inspiration virtuose. Sur ce premier camouflet musical, les riffs poussent à sauter dans tous les sens et à se luxer les cervicales. Ouf! Nos vétérans de la Bay Area n’ont rien perdu de leur fougue même après environ 30 ans de carrière! Les breaks sont dévastateurs, propices à laisser la basse, idéalement mise en valeur, claquer ses notes furieuses et métalliques. Ainsi assommés on ne peut que se donner en pâture aux soli nous entraînant vers des sommets de technique, propres à écœurer plus d’un amateur, sans pour autant perdre en cohérence et en spontanéité jouissive.
La sentence se reproduit à l’identique sur «Beyond The Pale». Les deux gratteux nous assomment de breaks, de changement de mesures, de mélodies ponctuant des riffs bulldozer régulièrement changeants et renaissants, sans perte de souffle… La section rythmique de Tom Hunting et Jack Gibson soutient l’ensemble sans jamais disparaître dans l’anonymat grâce à une production idyllique signée une nouvelle fois par Andy Sneap (Arch Enemy, Kreator, Megadeth...) proposant un son résolument moderne sans pour autant être aseptisé.

Les titres plus courts comme «Hammer and Life» et sa basse menaçante en introduction ou encore «Burn Hollywood, Burn» et «A Perpetual State of Indifference» sont plus directs et risque d'épuiser les nuques les plus solides!
D’autres sont par ailleurs plus taillés pour la scène comme le très heavy «Downfall» pouvant être repris en chœur par le public lors du break intermédiaire. Dans la même veine «March of The Sycophants» et son refrain accrocheur n’aura aucune difficulté à faire remuer et «headbanguer» les ours dans la fosse tout en pointant du doigt les délires des «soldats de Dieu»…
Ces pistes plus concises côtoient de nombreuses odes fleuves, copieuses (environ 7 minutes en moyenne) et alambiquées, soulignant le côté progressif des compositions, comme la lancinante et sauvage «Class Dismissed (a Hate Primer)» dénonçant en amplifiant les conséquences de l’indifférence et de l’exclusion.
Dans un mid-tempo plus lourd et lugubre «Nanking» évoque avec talent de son côté les massacres perpétrés par les militaires japonais sur des civils chinois en 1937. On retrouvera également avec plaisir sur la géniale «The Sun is My Destroyer» un pont posé et bluesy entre les parties plus rapides ainsi que la participation de l’excellent Peter Tagtgren (Hypocrisy, Pain) en guest aux back vocals. Celui-ci vient apporter de l’épaisseur au chant de Rob Dukes pour notre plus grand plaisir.
On notera également sur «Democide» et son mid-tempo une capacité plaisante à sacrifier la vitesse d’exécution au profit d’une recherche musicale accentuée. Le titre sans doute le plus «doux» de la galette, est ponctué d’un break aux notes légèrement arabisantes, et de soli d’excellentes factures. Enfin comme une ultime claque avant la clôture de rideau, «Good Riddance» est, à l’instar du titre bonus, une déferlante de gros son, tel un rouleau compresseur pour achever en une apothéose de décibels et d’énergie nos tympans déjà imbibés de ce thrash californien éprouvant, mais ô combien dépoussiérant !

Si je devais personnellement formuler une réserve au sujet de l’album j’évoquerai la parfaite homogénéité de l’ensemble ainsi que l’éventuel excès de longueur de l’œuvre. En effet, même après plusieurs écoutes, il est difficile de trouver un titre qui se démarque indubitablement des autres, tant ils ont tous les mêmes qualités intrinsèques et il faudra sans doute plusieurs écoutes attentives pour déceler toutes les subtilités de l’ensemble.
On aurait tort de penser alors que les deux albums sont similaires et risquent de lasser l’auditeur par un ennui de répétition. Il n’en est rien! Plus sombre et plus direct The Human Condition est la confirmation du renouveau initié sur l’œuvre précédente et livre ici un délicieux parfum d’apogée. Ecrite par des adultes, se qualifiant eux même d’immatures la musique d’Exodus ici livrée, témoignage de leur longue expérience, prouve que les années n’auront en rien atténué l’ardeur de leur flamme !

Thrash’em All !

17/20

(Un énorme merci à Chrisalice pour sa participation à l’élaboration de cette chronique! ^^)




16 Commentaires

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Lamikawet - 13 Août 2011: Tu m'étonnes...Tu peux jeter une oreille sur les 3 précédents sans hésiter ainsi que sur Bonded by Blood et Fabulous Disaster
MCGRE - 27 Septembre 2012: Et impact is imminent est aussi très bon .
AmonAmarth55 - 20 Novembre 2014: Définitivement je préfère Rob Dukes à Souza pour le chant.
Baal666 - 20 Août 2017: Quand je pense que Souza et revenu en temps que frontman à la place de Dukes, ça me dechenille...
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Commentaire @ pielafo

28 Fevrier 2012

Sur cet album Exodus a littéralement surpassé ses précédentes productions...

Attention: ceci est un message d’avertissement. Si vous avez des problèmes de dos, de nuque ou de ligaments quelconques, je vous recommande vivement de ne pas écouter le disque que je chronique aujourd’hui car vous pourriez avoir des problèmes de santé irréversibles.

Le point où je veux en venir est que cet album d’Exodus est une véritable bombe pour quiconque écoute de la musique Métal. Il vous laissera sur le derrière pendant un certain temps car en plus d’être très agressif, cet album s’avère être très accrocheur et ne possède pratiquement aucun point mort. Presque aucun titre n’est à jeter sur cette galette étant donne de la synchronisation parfaite des instruments qui rend cet album proche de la perfection technique. Sur le plan émotionnel on peut y déceler facilement des éléments de rage et de haine envers de nombreux aspects qui touchent surtout le contexte de la société actuelle. En effet car chaque piste de ce disque possède un thème différent. Thèmes qui arrivent a démontrer avec magnificence l’horreur et la décadence de ce monde injuste et très idolâtre. Il n’y a qu’à voir la pochette, l’une des plus originales que j’ai vues. Elle montre une représentation hum hum... moderne du célèbre homme de Vitruve du génie Italien Leonard de Vinci. Ce qui m’a le plus scotché sur la pochette c’est la présence dans la main du squelette de toutes les armes de destruction de l’homme comme par exemple le M4, les grenades et même une bible (C’est bien vrai hélas. Sans doute la plus dangereuse arme jamais créée par les pauvres humains que nous sommes).

Mais au fond ce qui nous intéresse aujourd’hui c’est surtout la musique. Elle commence sur les chapeaux de roue avec deux titres particulièrement longs dont le premier introduit l’album avec une guitare espagnole un peu folklorique dans l’âme. Une façon particulièrement originale d’introduire un album en somme. Mais LE morceau de l’album est pour moi le splendide Beyond The Pale qui en plus de ce permettre de posséder un refrain monstrueux (Quel vocaliste ce Rob Dukes quand même...), nous assassine vers la cinquième minute d’un passage un peu plus mid-tempo absolument splendide et c’est des ce moment que l’on rentre véritablement dans l’ambiance de l’album car après ce titre on se dit certainement que l’album a atteint son pic. Si selon moi c’est le cas, on ne descendra pas du ciel (ou remonter de l’enfer comme vous voulez...) pour autant car Exodus continue de nous envoyer un déluge de riffs en plein fouet a chaque seconde mais je souhaite m’attarder sur la piste 5, Downfall. C'est en réalité ce morceau là qui m'a fait découvrir le groupe et c'est aujourd’hui encore un réel bonheur de l’écouter. Il s'agit la peut être du morceau le plus mélodique de l'album. Le morceau a aussi fait l'objet d'un clip ( Très bon au passage...)

Mais le problème de cet album c’est qu’il ne souffle pas assez ce qui le rend assez dur d’écouter d’une traite. Le meilleur exemple s’avère être le plus dispensable March Of The Sycophants car même s'il est techniquement irréprochable, je trouve que l’émotion y est un peu moins. C’est un peu le même constat sur Burn, Hollywood, Burn qui m’a personnellement vraiment laisser de marbre même si au final le refrain s’avère être plaisant car il est tout de même assez accrocheur.

Cependant l’un de mes titres préférés est Nankin car j’apprécie beaucoup le thème. Ce dernier se pose sur le contexte du massacre de Nankin dans les années 1930. Un massacre particulièrement oublié qui selon les paroles du titre s’avérait être un véritable bain de sang. L’autre point un peu plus calme de l’album ce trouve en la piste 9 Democide et s’avère être un mid-tempo assez entraînant qui débouche une fois de plus sur un refrain absolument fédérateur. Cependant The Sun Is My Destroyer se trouve en être l’exact oppose. Cette dernière détient une cadence furieuse et un Rob Dukes dont la voix se rapproche de très près à du Hardcore mais la rythmique reste très Thrash dans l’âme.

Sur cet album Exodus a littéralement surpassé ses précédentes productions en nous livrant ici un album d’une intensité forte. L’une des grandes sorties de l’année 2010 avec entre autre le superbe Ironbound d’Overkill. Mais ça c’est une autre histoire...

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metaleciton - 09 Fevrier 2014: Un disque ultime du grand Exodus!

On retrouve sur cet album la meilleur paire de guitariste du moment, avec Lee Atlus et l'incroyable Gary Holt!

Le titre "Beyond The Pale" est une grosse bombe de thrash metal, c'est sans aucun doute le meilleur titre de l'année 2010 dans le style. Rob Dukes réalise une performance dantesque sur "Hammer And Life" et l'excellent "Downfall".

Ce skeud et simplement énorme!

Note: 18/20
pielafo - 09 Fevrier 2014: A ce jour encore, ce disque est le meilleur disque thrash de la decennie actuelle. Selon moi en tout cas, apres les avis divergent bien evidemment...
metaleciton - 09 Fevrier 2014: Je suis entièrement d'accord avec toi. Par contre, le seul bémol de ce disque est qu'il est un peu trop long selon moi...
pielafo - 09 Fevrier 2014: Pour ma part la longueur n'est pas un bemol. J'aime le thrash quand ca dure !!!!
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