Long Live the Loud

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Nom du groupe Exciter (CAN)
Nom de l'album Long Live the Loud
Type Album
Date de parution 1985
Style MusicalHeavy Speed
Membres possèdant cet album117

Tracklist

1. Fall Out
2. Long Live the Loud
3. I Am the Beast
4. Victims of Sacrifice
5. Beyond the Gates of Doom
6. Sudden Impact
7. Born to Die
8. Wake Up Screaming
9. Feel the Knife

Chronique @ largod

04 Fevrier 2013

Délicieux comme un poing dans la gueule

La période des fêtes de fin d’année.
Moment d’émerveillement pour les enfants et pour les plus grands, devant des vitrines de magasins plus étincelantes les unes que les autres et parfois inaccessibles, comme un doux rêve éveillé. Moment de partage aussi durant lequel chacun rivalisera d’ingéniosité pour dénicher le cadeau à mettre au pied du sapin pour les plus grands. Moment d’infini tendresse pour les enfants qui s’impatientent, bien souvent avant l’heure fatidique, de la livraison annuelle via la cheminée des paquets par le Père Noël et redouteront jusqu’au dernier instant l’oubli impardonnable alors qu’une liste en bonne et due forme lui aura été pourtant expédiée. Moment de profusion aussi pour ceux qui pratique le redoutable exercice de la bonne chère. En vieillissant, cette catégorie nous accueille bien souvent les bras ouverts.

Une bonne table est aussi plaisante qu’un bon album. Une bonne table nécessite un minimum de réflexion et de préparation avant d’attaquer la dégustation des crustacés, foies gras, volailles d’exception, gibiers du terroir, fromages affinés puis desserts légers et gouteux, sans oublier les différents nectars que le divin Bacchus aura pris soin d’élever avec l’assistance de la confrérie des vignerons du Monde entier que votre serviteur ne cesse de vénérer.

Ce troisième album d’Exciter réalisé par la triplette d’origine Beehler-Johnson-Ricci en trois années d’existence mérite bien sa première étoile au Guide Somien. Rien de moins.
Après avoir passé l’année 1984 à tourner avec Anthrax et Mercyful Fate en Amérique du Nord, Exciter se dégote un contrat chez Music for Nations et débarque à Londres en janvier 1985 aux Britannia Row studios pour enregistrer ce LP sous la férule de Guy Bidmead. Ce dernier, affublé du surnom de « Old Foxx », traine déjà sa bosse dans le métier depuis quelques temps et aura été assistant ingénieur du son sur le « Another green world » de Brian Eno en 1975 puis le légendaire « Exodus » du grand Bob Marley en 1977. Ses premières armes chargées au métal lourd se firent auprès de Cozy Powell en solo (Tilt en 1981), Whitesnake (Saints and Sinners en 1982) avant Mötörhead (No remorse en 1984) et Warfare (Metal Anarchy en 1985).

Le résultat est immédiatement perceptible : le son a gagné enfin en consistance, clarté et en équilibre sans perdre de sa puissance.
Exciter propose toujours une musique compacte et l’envoie toujours en pleine face. A tout bon gourmet, cet album apporte la satisfaction gustative attendue : amuse-bouche (Fall out), double entrée (Long Live the Loud, I am the Beast), poisson (Victims of Sacrifice), plats de résistance (Beyond the Gates of Doom, Sudden Impact) puis fromage et dessert (Born to Die, Wake up Screaming). Dupliquant une recette apprise sur le précèdent album et dans un ordre scrupuleusement similaire, les trois canadiens parviennent à sublimer l’ensemble. La production et l’originalité des mélodies et du riffing agissent comme une touche d’excellence, à l’image d’une truffe rappée sur une modeste omelette ou un risotto crémeux. Cet album en devient fin et délicieux. Oui, délicieux comme un poing dans la gueule.

Les Canadiens mettent une nouvelle fois le couvert en commençant par le sacro-saint instrumental « Fall out » plus heavy et musical que par le passé.
Cette touche liminaire rapidement avalée, le début de dégustation commence avec le tonitruant « Long Live the Loud » glorifiant les musiciens portant cuir et clous. Ici, le tempo est furieux et rapide, servi par une production de bien meilleure qualité qu’à l’accoutumée et une batterie toujours présente mais plus en retrait. Ce fut sans doute la première fois que je parvenais à écouter la musique d’Exciter avec les oreilles autant que mes tripes. Alors que le chant est déjà hors d’haleine, la rythmique de Ricci et son solo en distorsion donnent la touche de modernité à un ensemble tenu du bout de ses quatre cordes par un Alan Johnson omniprésent et solide au poste. L’enchainement de ce title track avec « I am the beast » ne fait pas de quartier : l’entame cataclysmique vous punaise carrément au mur et le tempo post-core balancé à 2000 à l’heure par un riff de guitare métallo-punk de John Ricci arrache tout sur son passage. Le jeu des différents instruments, voix comprise, atteint des sommets d’intensité et d’énergie. On se demande déjà comment Dan Beehler parviendra à assurer en live la rythmique et le chant suraigu et époumonant de ce titre hors catégorie. Pour la basse, pas de doute, le blondinet taquinera comme un damné son instrument et il saura prendre possession de vos corps au travers de sa pulsion de cordes portées au fer rouge. Il le fera d’ailleurs tout au long de cet album avec une facilité déconcertante.

L’intermède proposé par « Victims of sacrifice » sera de bien courte durée. Et pourtant ce mid-tempo à la trame heavy et plombée par une section rythmique implacable laisse apparaitre tout le talent de composition d’Exciter au travers d’un riff pêchu et d’un titre construit finalement sur une mélodie efficace et bien rentre-dedans. Alors que les musiciens nous invitent presque à partir en procession pour la messe de minuit, « Beyond the gates of doom » vous atterrit sur les chaussettes sans crier gare. La vitesse de croisière reprend tambour-battant avec un up-tempo endiablé bénéficiant d’un bon mix de basse et d’un riff simple et gouleillant de John Ricci. Encore un pont et un pré-chorus qui relancent la machine toute vapeur dehors. Le chant de Dan Beehler atteint à nouveau des cimes vertigineuses et son outro « Beyond, Beyond, Beyond, the gates of doom » explose in fine sur un Beyond d’outre-tombe, tenu dans l’euphorie d’une note perchée au sommet de l’Everest.

Le plat de résistance se complète donc par un « Sudden impact » crevant le mur du son en l’espace de 10 secondes. L’entame brutale expédie dans l’hyper-espace ce nouveau brulot hyper-speed, propulsé par un jeu de double grosse-caisse et de basse tendu comme deux strings brésiliens. John Ricci impose un riffing acéré et un solo destructeur pendant que Dan Beehler chante à gorge déployée une ritournelle que l’ami Clint Eastwood pourrait sans doute écouter le sourire en coin tout en sortant son cultissime « Go ahead, make my day ».

La digestion de ces entrées en matière nécessitera un peu de temps, tant le maelstrom de décibels et de goûts a agi avec véhémence et sans discernement.
Loin d’être au bord de la nausée ou de la crise de foie, le groupe clôture le festin avec deux magnifiques pièces fortement influencées par Judas Priest. Aux limites de l’atmosphère Black Sabbathienne, « Born to die » vrille son riff entêtant dans chacune de vos synapses. L’apport des chœurs sur le refrain agit comme une cerise sur un gâteau tant le morceau est exécuté en quasi roue libre à grands coups de médiator, de retour de corde de basse et d’un beat de métronome sur les fûts. A signaler comme sur « Delivering to the master » du précédent album une accélération de fin de morceau catapultant la mélodie sur la crête d’un iroquois en pleine crise d’épilepsie. Au fil de l’album, le jeu de John Ricci apparait comme bien moins grossier que ses premiers méfaits auraient pu le laisser penser. La guitare empirique de ce dernier exécute sur une basse ultra-plombée un angoissant « Wake up screaming », à grand renfort d’écho et d’effet mais aussi de toucher sur le solo. Bel ouvrage pour un guitariste dont on perçoit un bagage moins limité et plus étoffé lorsqu’il s’agit d’ambiancer les compositions de son groupe. Dan Beehler, quant à lui, ne décolle pas d’un chant ultra aigu mais réalise l’exploit de conserver néanmoins sa pointe animale et guerrière.

On est donc loin du pâté-cassoulet-camembert et tarte tatin indigeste.
L’ensemble de l’album passe le conduit œsophagique sans aucun encombre et je dirai même qu’on en redemande. Exciter possède avec ce troisième album un atout de premier choix qui figure en ce qui me concerne dans le haut de la liste de leur production. Pas de temps mort, assez de diversité et beaucoup d’énergie sont dispensés tout au long de ces huit pistes.
Exciter évite l’écueil de l’album dispensable et sans saveur.
Exciter fait de l’Exciter, tout simplement.
Et on aime ça !


Didier – Janvier 2013
Kill for the feast
Nothing gets away from me
Kill for the feast
I'm the one, I am the beast !

18 Commentaires

8 J'aime

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BARONROUGE - 08 Fevrier 2013: Bon reste plus qu'a se faire une bouffe ensemble , mais c'est pas Zaz qui cuisine , j'ai pas envie de me taper des Gambas et j'ai horreur des fruits de mer , allez un steak du pinard de la bonne musique et roule ma poule .
ZazPanzer - 08 Fevrier 2013: Va pour le steak, Baron, j'aime ça aussi ! c'est toi qui invite ? Je ramène quelques cds de Bon Jov' histoire de mettre un peu d'ambiance !
samolice - 09 Fevrier 2013: Je prendrais celui des frères Nelson. Remarquable.
MattMaiden - 09 Fevrier 2013: moi du Elton John et du shred ;)
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