Exciter (O.T.T.)

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Nom du groupe Exciter (CAN)
Nom de l'album Exciter (O.T.T.)
Type Album
Date de parution 1988
Labels Maze Records
Style MusicalHeavy Speed
Membres possèdant cet album48

Tracklist

1. Scream Bloody Murder
2. Back in the Light
3. Ready to Rock
4. O.T.T.
5. I Wanna Be King
6. Enemy Lines
7. Dying to Live
8. Playin' with Fire
9. Eyes in the Sky
10. Termination

Chronique @ largod

17 Fevrier 2014

Quête de sens

Quoi de neuf en cette année 1988 dans la vie de nos Canadiens gorgés de speed metal préférés ?
Tout d’abord un cinquième album qui ne respecte plus la fréquence annuelle adoptée par le groupe depuis la sortie de son premier méfait en 1983, le terrible « Heavy Metal Maniac ». Une année d’attente de plus qu’Exciter aura consacré au recrutement de Rob Malnati au poste de chanteur. Un virage sur l’aile qui retire des cordes vocales de Dan Beehler le rôle de hurleur et qui affiche clairement l’ambition du groupe, désormais orphelin de sa formation en power trio. Cette quête de sens les voit donc rejoindre les Metalworks studios de Toronto pour enregistrer sous la houlette d’Ed Stone leurs nouvelles compositions, fièrement gravées sur une face 1 qualifiée de Heavy et une face 2 qualifiée de Metal. Le décor semble planté !

La première mission consiste à scruter, oreille à l’affut, l’apport d’un chanteur non batteur dans les nouveaux titres de cette galette. Le résultat s’avère mitigé.
D’un côté, Rob Malnati pose des vocaux assez classiques et un peu rauques, certainement dus à la cigarette qu’il tient sur la photo de la pochette intérieure, comme sur « Back in the Light », « Ready to Rock », « Over the Top » ou « Enemy Lines ». Il nous gratifie même d’une excellente copie sur le mid tempo « Playin’ with Fire » tandis que le pré-refrain de « Dying to Live » s’apparente, dans la tonalité, au chant de Minoru Nihara, du groupe japonais Loudness.
Par contre, lorsqu’il force trop dans les aigus, cela devient très vite irritant et agaçant à l’écoute comme sur « I wanna be King », « Dying to Live » ou « Eyes in the Sky ». L’analogie avec le chant de Dan Beehler parvient même à nous faire douter sur le refrain de « Scream Bloody Murder » de la paternité de Rob sur cette partie. Quoiqu’il en soit, aucun doute ne subsiste sur l’instrumental « Termination » qui clôt les débats…

Privé du chant mais pas du rôle de compositeur qu’il partage avec Allan Johnson et Brian McPhee, Dan Beehler se montre beaucoup plus discret dans son jeu de batterie. Pas d’inquiétude, il cogne toujours très fort mais les raisons de s’extasier sur sa légendaire furie dévastatrice ne sont pas légion. Très appliqué côté mesure et cadence soutenue, à défaut de le sentir toujours très impliqué, il ne lâche les chevaux que sur « Back in the Light » en signalant sa présence sur des galopades de double grosse-caisse pétaradantes. Il confirme cependant qu’on peut partir à la guerre sans crainte à ses côtés à l’écoute de son jeu fracassant sur « Enemy Lines » rappelant les grandes heures du batteur à la crinière léonine si imposante. Il se lance d’ailleurs, comme en témoigne la photo du groupe, dans un concours de brushing de mâles cuirassés de haute voltige.
Son compère Allan Johnson, quant à lui, assure puissamment les rythmes de base des titres qui dans l’ensemble sont bien moins speed que par le passé, lorgnant majoritairement vers le heavy et les mid tempi solides. Son empreinte devient parfois assourdissante comme sur « Ready to Rock », voire titanesque sur « Over the Top » et son accélération de mi- piste qui clouerait une compagnie de chauve-souris sur place. Couplées à la charge sabre au clair de Dan Beehler, ses lignes de basse sur « Enemy Lines » plombent cette tuerie avec vigueur et rassurent les troupes sur leur capacité à franchir la ligne de feu ennemie en vie.

Cet album sans nom sur le recto de la pochette, mais pourtant intitulé par certains « O.T.T, Over The Top », se résumerait presqu’à une affaire de guitariste au final.
La production d’Ed Stone plus compacte et dense rompt définitivement avec la période plus fouillis de John Ricci, si ce n’est le riff punkcore de « Enemy Lines », bref et incisif, rappelant l’ancienne recette des premiers brulots d’Exciter. Les bases Priestiennes de Brian McPhee se font ressentir sur « Scream Bloody Murder » ou « Back in the Light » par exemple, où le guitariste varie les effets et délivre de très bons soli.
Ce ne sont pourtant pas les seules influences de la griffe McPhee.
« Ready to Rock » distille un riffing rampant à la Accept sur ce morceau heavy au refrain assez bateau mais bâti pour la scène. Sur un big rock au tempo enlevé, la démonstration de McPhee sur « Over The Top » fait penser à Eddie Van Halen pour son riffing alerte et ses digressions permanentes. Toujours en recherche de musicalité et de rythmique différente, il porte les habits pas forcément trop grands de Jake E Lee sur « Playin’ with Fire » et balance un solo de feu. Enfin lorsqu’Accept rencontre Loudness, la créativité sous contrôle de Brian Mc Phee se traduit par un « I wanna be King » dans un style heavy mélancolique au riffing de rasoir made in USA. Même constat pour le massif « Dying to Live » qui fait méchamment taper du pied et headbanger à défaut de se délecter du chant de Rob Malnati.
Une petite déception en ce qui concerne « Eyes in the Sky » qui avait tout d’un grand titre. Malgré une montée en intensité crescendo et son riff à la tierce, on attend la pointe de folie et l’étincelle pouvant déclencher l’explosion finale. Desservi par des vocaux poussés trop en altitude, le groupe ne parvient pas à perdre un excès de timidité inhabituelle. Dommage.

En conclusion, ce cinquième album ne fait pas dans l’innovation pour notre style musical. Cependant, dans la démarche artistique d’Exciter, il plante définitivement le groupe dans des contrées heavy-metal plus lisibles et abordables. Foncer dans le tas ou adopter une attitude plus réfléchie, Exciter semble avoir choisi. La qualité de la production et l’investissement global de Brian McPhee favorisent cette démarche d’élève soudainement discipliné. L’énergie enfin canalisée se met au service d’un répertoire encore puissant mais faisant preuve d’une subtilité moins grossière.
Pourtant, alors que chacun des musiciens occupe sa place, ont-ils finalement trouvé « leur » place ? Le sens recherché est-il celui qui colle le plus fidèlement à leur nature ? L’avenir le dira sans-doute…


Didier – Janvier 2014
King of the castle
Ruler of the land
King of my destiny
The power's in my hand
I wanna be king

6 Commentaires

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swit35 - 17 Fevrier 2014: Album non indispensable en effet. Merci Didier pour l'effort consenti à la rédaction de cette brillante chronique comme d'hab.
samolice - 19 Fevrier 2014: Merci Didier. Chro très agréable à lire. J'y ai appris notamment, à ma grande surprise, que Dan Beehler n'a pas toujours été le chanteur du groupe. L'album n'est pas sur ma want list mais sait-on jamais si je le croise à un prix "ridicule". N'est-ce pas, de toutes tes chros, celles où ta note est la plus basse?
largod - 20 Fevrier 2014: Merci les gars. Et oui, Dan Beehler a lâché souvent le micro... Tu dois avoir raison Olivier, c'est une des notes les plus basses sur mes chroniques.
ZazPanzer - 20 Fevrier 2014: Olivier ? C'est qui Olivier ? Bon il faut que je me reprenne ce Heavy Metal Maniac avant d'attaquer le moins bon. Bientôt ! Thanx Didier.
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