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| 12 Octobre 2007 - Coriace Management |

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1. Stultitiae Laus
2. Bulimiarexia
3. Ondine
4. NaOCl
5. Tératologie
6. V.I.T.R.I.O.L
7. Priape
8. Hydracombustio
9. Atavhystérie
10. Rythmique de la Bête
11. Ileus Matricis
12. Ileus Terebelle
13. Holocauste à Trois Temps
14. Animaexhalare
15. Liquide Ephémère |
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| Chronique |
 17 / 20 |
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Pour ceux qui ne le savent pas la Tératologie est l'étude scientifique des malformations congénitales. Lorsque l’on voit la pochette de ce second opus d’Eths, on comprend ce que veut dire le groupe. Toujours aussi viscérale, toujours aussi intense, le combo marseillais revient en force avec un album dans la ligné de Soma, mais pas seulement.
Car il en faut toujours plus aux membres de Eths. Il faut dire que le groupe a su se faire un nom à la force du poignet. Je me souviens encore de ce concert dans le fin fond du 78 en première partie de Misanthrope dans un gymnase (ça devait être en 2001 ou 2002). La bande à Candice m’avait littéralement scotché par sa prestation tonique et par la qualité de ces compos. Cinq ans plus tard le groupe peut se targuer d’avoir vendu 25 000 disques de Soma et jouit d’une réputation scénique a toute épreuve. Juste retour des choses……..
Donc si Soma marquait le passage au stade supérieur, Tératologie va littéralement faire exploser le groupe. Ce disque est une sorte de Soma en « plus mieux » comme on dit. Encore plus de hargne, encore plus de violence dans la musique, encore plus sombre, encore plus loin vers le point de non retour. Les aficionados du groupe ne seront pas déçus. Si vous aviez trouvé l’ambiance de Soma noire, ici, elle est carrément poisseuse.
En me replongeant dans la discographie du groupe je me rends compte que le côté néo métal qui caractérisait le groupe s’est estompé pour faire place a quelque chose de plus métal tout simplement. Si le son est identifiable les riffs ne rebondissent plus autant et le nombre c’est clairement accru. Tant mieux nous pouvons ainsi découvrir plus de variété et cela en devient même étonnant. Les sons sont plus recherchés, les riffs d’intro plus riches, la notion de refrain/couplet s’est effacée. En bref nous nageons dans une mer de pétrole.
Et si ce sentiment est aussi prononcé c’est que l’ambiance générale n’est pas à la fête. L’utilisation du piano est ultra malsaine et donne un coté « survival horror » pétrifiant. Mais, les samples sont aussi à la fête avec des grincements, des cris, des pleurs, des murmures. Plus fouillé, plus viscéral, Tératologie est une ode à l’horreur.
Et que dire de Candice. Son registre vocal n’aura jamais été aussi riche et aussi maîtrisé. Plus extrême son chant hurlé fait froid dans le dos. Mais, le pire dans tout ça, ce sont ses passages clairs, plus nombreux et plus terrifiants que jamais. On dirait un peu une voie de petite fille sadique, prête à émasculer le premier mâle a sa portée. Glaçant………
Mais, tout cela vient également de la production de ce disque. Impeccable, elle permet de jouer sur les ambiances, sans en faire trop. Chaque instrument sonne du feu de Dieu et j’avoue que les lignes de basses résonnent parfaitement, renforçant encore cette ambiance morbide.
Un disque tout simplement énorme. Je me répète mais c’est tellement bon. L’année 2007 est l’année de la France et Tératologie nous le prouve encore une fois. Un disque qui va faire du bruit dans les chaumières!
15 commentaires |
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| Chronique |
 11 / 20 |
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Venant de ma cité phocéenne, j'ai donc connu les Eths quand
ils se produisaient encore dans des premières parties dans de petites salles de
Marseille et à l'époque de ma période Neo, j'aimais vraiment ce qu'ils
proposaient. C'était original, bien foutu et rentre-dedans, qui plus est avec
une fille au chant. Très bonne présence scénique, riffs neo-metal mêlés à des
ambiances glauques, un franc-parler morbide et malsain dans des paroles
sordides, Eths avait le vent en poupe. Au temps d'Autopsie (il y a donc 10 ans
déjà), tous les d'jeunz de la ville scandaient le mémorable refrain de
"Pourquoi ?". Deux ans plus tard, la démo Samantha faisait elle aussi
parlée d'elle et projetait Eths au rang des meilleurs groupes français de sa
génération, plein d'espoirs et d'avenir.
En 2004 sortait le petit évènement pour les fans du groupe : Sôma, leur premier
album. On en parle dans tous les magazines spécialisés, c'est la révélation
francophone de l'année, etc., etc. Il est vrai que leur première galette était
très sympathique, beaucoup plus glauque, beaucoup mieux structurée, Candice
gueulant de plus belle mais proposant également un chant clair des plus
surprenants. Avec des titres comme "Méléna", "Détruis-moi"
ou encore "Je vous hais", le groupe a réussi à remuer un peu tout le
monde, accentué par de nombreuses grosses dates.
Mais au fil du temps, les d'jeunz vieillissent, grandissent, mûrissent et
délaissent la musique métal/hardcore de Eths pour se concentrer sur de nouveaux
groupes, de nouveaux styles, quelque chose plus original encore et ce, afin de
ne pas tourner en rond. Mais avec réflexion, on remarque que les fans purs et
durs de Eths ne restent que dans une certaine tranche d'âge (14/16 ans), comme
si le groupe amenait de nouveaux fans tandis que d'autres passaient à autre
chose. Cela n'empêche pas le groupe mené par Candice de continuer à faire son
petit chemin dans le milieu metal/rock auprès d'un public de plus en plus
nombreux, adhérant plus facilement à une musique glauque, et à des paroles
désespérées proches de la plupart des états d'âmes d'une génération encore et
toujours déprimée pour ne pas dire dépressive. Tout ceci n'est pas une critique
de ce genre de gens mais plutôt une constatation.
Enfin bref, 3 ans après Sôma sort le nouvel album tant attendu de Eths, baptisé
comme à l'habitude du groupe d'un nom étrange, inhabituel, laissant perplexe
(tout le monde a pris son dico pour savoir la signification des titres, soyons
honnêtes). Le nouveau disque s'appelle donc Tératologie, qui signifie l'étude
des malformations congénitales, le plus souvent au sujet de ces "monstres
de foire", ces "freaks" dont la nature humaine reste quasiment
un mystère : pas de doute c'est bien du Candice ça ! La pochette et l'artwork
sont bien foutus, le line-up change à moitié, le logo aussi, le groupe cherche
visiblement à exploiter de nouveaux horizons.
Le CD commence donc par une intro glauque que n'aurait pas renié Dario Argento
pour un Suspiria ou un Trauma de l'époque. Trop courte, cette intro aurait été
vraiment très belle pour amorcer un CD plein de déceptions... En effet, le
prélude passé, on attaque dans le vif du sujet avec le single de l'album
"Bulimiarexia". Ambiance de nouveau malsaine, beaucoup de chant
clair, hélas ça ne prend pas : riffs neo bateaux, rythmés par une batterie
monotone, on croirait le plus souvent entendre de l'Indochine si Candice ne
hurlait pas quelques fois ! Honnêtement, ça fait peur... Mais la déception sera
à son comble au cours de ce long album (plus d'1h d'écoute). Si les titres
suivants sont du pareil au même, morbides mais plus ou moins attrayants, on
arrive à LA déception ultime du disque, le bien nommé :
"V.I.T.R.I.O.L". Plus proche d'un morceau d'un mauvais A Perfect
Circle ou Queens Of The Stone Age, que de "metal/hardcore" comme disent
certains, le morceau est d'un ridicule affligeant, comme si on avait entendu le
titre plus de cent fois sur une radio Fm. A croire que les Marseillais auraient
laissé leur inspiration derrière eux, en voulant toucher un public moins
branché métal, plus facilement donc.
Le problème avec Tératologie, c'est que ça tourne vite en rond, avec cette
impression d'écouter une même chanson plusieurs fois
("Bulimiarexia"/"Priape" ou encore "Ilèus
Matricis"/"Hydracombustio") avec les mêmes riffs, les mêmes
tonalités, le même ennui parfois, bien que les structures sont beaucoup plus
progressives et que l'idée de faire un concept-album est bien exploité (un peu
trop d'ailleurs). Eths en auraient-ils fait trop ? Apparemment oui. Dans sa
volonté d'aller plus loin, les Marseillais se fourvoient dans une monotonie
lassante et dénue d'une quelconque originalité au final. Eths fait du Eths et
le fait pendant 1h, sans vraiment proposer quelque chose de concrètement
intéressant. Alors l'album est-il une daube pour autant ? Non, bien sûr, mais
il n'est pas exempt d'une amertume désarmante qui nous fait changer de pistes
fréquemment, raccourcissant un deuxième album pas extraordinaire pour un sou et
ce, malgré une prod' impeccable voire surprenante pour un combo français et des
pointes de piano habilement mis en place pour instaurer une nouvelle ambiance
trop peu exploitée (lé début de "Hydracombustio" et le final de
"Anima Exhalare" sont honnêtement magnifiques).
Je reste donc déçu d'écouter un album d'Eths resservant la même sauce de façon
plus longue, trop répétitive, plus glauque mais sans aucune évolution musicale,
j'entends par là au niveau des grattes et de la batterie, qui nous servent les
mêmes riffs depuis presque 10 ans. Bien sûr, la voix de Candice a progressé
notamment grâce au travail avec Pierre Rodriguez mais dans le fond, ça reste du
pareil au même.
Au final, fans de Eths, ne me jetez pas la pierre dessus : je parle en
connaissance de cause et ne crache pas sur Eths ; je ne fais qu'une critique
personnelle sur un album et non sur le groupe en lui-même.
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