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Liste des groupes Metal Atmosphérique Erdh Resilient
Album, date de parution : 08 Fevrier 2013 - Season Of Mist / Altered End
Style: Metal Atmosphérique

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NOTE : 17/20
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Tracklist
1. Science Afflication 07:28
2. Pink Circuit 06:57
3. Oxidized 06:17
4. [O.D.]dity in Neverland 04:16
5. Resilient 07:09
6. Codex Atrox 06:43
7. Sinking 08:00
Total playing time 46:50

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8 membres possèdent cet album Album suivant
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4 avis 1 17/20
Chronique
17 / 20
    Mr4444, Lundi 04 Mars 2013 parlez-en à vos amis  
Erdh signe un premier album mystérieux et surprenant

D'un projet en solitaire, jusqu'à être porté par l'une des plus belles voix du Metal français. C'est ainsi que se présente Erdh. Il y a d'abord un fin connaisseur des musiques Metal et des sonorités les plus oppressantes, Nicolas Pingnelain, corédacteur en chef de du webzine/magazine reconnu Obskure.

À l'origine, il voulait créer un projet en s'entourant de plusieurs vocalistes. Mais très vite, il doit se résigner. Et tout aussi rapidement, il croise la route du Worms sacré du métal français, Emmanuel "El Worm" Levy, frontman de la sombre entité Wormfood et ancien partenaire de scène des Carnival In Coal. Une alchimie se forme entre les deux musiciens, Erdh fut ainsi formé : Nicolas à l'instrumentation et Emmanuel distillant son chant unique et ses textes si personnels.

Une musique cinématographique, sombre, oppressante, labyrinthique, entrecoupé de moments libératoires, planant. Le concept d’Erdh se forme autour d'une apocalypse. Mais pas celle d'un monde ou d'un univers. Une apocalypse personnelle, une déchéance suprême, particulièrement violente, mais d'une certaine manière si belle... Entre violence et ambiance, propulsant des riffs atmosphériques autant qu'emprunté à la musique électronique ou industrielle, une voix d'outre-tombe, grave et déprimante, sans laquelle Erdh ne serait pas ce qu'il désire être.

Les habitués des derniers Wormfood (essentiellement l'album "Posthume") ne seront pas trop dépaysés à l'audition des lignes de chant d' "El Worm", très souvent grave, discrète (un peu trop parfois) mais trouvant une beauté unique dans cette débauche de dépression et de noirceur, souvent parlé, quelquefois chanté, toujours avec émotion et un calme remplis de tristesse, lors de rares secondes, Emmanuel libère ses hurlements suraigus.

Unique instrumentaliste du duo, Nicolas maîtrise son sujet avec talent. Imprimant une sorte de duo de guitares entre une première, dominante, à base de riffs agressif, répétitif, telle une musique industrielle bien maniée. La deuxième, plus en retrait, souvent sur les refrains, accueille des ensembles de riffs planant et très étiré, plus ambiant. La batterie programmée s'en sort plutôt très bien, et les allergiques de boîtes à rythmes devrait apprécier.

C'est assez délicat de décrire précisément ce l'on écoute, comme dit plus haut, la musique du duo est presque cinématographique. De ce fait, c'est à chacun de construire et d'y mettre ses propres images pour se bâtir son propre cheminement dans l'histoire musicale de ce "Resilient".

Sans parler de ressenti, car le ressenti est personnel, nous pouvons toujours apposer une description uniquement musicale des morceaux. Des morceaux industriels traditionnels, comme « Science Affliction », peuvent parler plus facilement à certains. La "double pédale" largement présente ici n'apporte non pas une rapidité supplémentaire, mais plutôt un sentiment d'oppression plus important, tranchant efficacement avec la lenteur massive des riffs présents le long du morceau. Emmanuel révèle déjà tout son talent le long des coupures atmosphériques de ce titre, avec un chant pouvant presque trouver son point d'orgue dans un élan larmoyant.

En guise de coupure dans cet album, en plein milieu se trouve le titre étrange et digital « [O.D.]dity in Neverland ». Uniquement rythmé par des sonorités électro indus, ce titre appose un chant aussi calme qu'agressif de la part d' "El Worm", perturbant et étrange, mais aussi excellent, un peu ressemblant au timbre "clair" de Vorphalak, sur l'album « Reign of Light » (Samael), appréciable une fois le rythme martial adopté.

Nicolas semble se plaire à faire des coupures étranges, parfois, comme sur « Oxidized », par exemple, ou le rythme massivement atmosphérique de l'ensemble (ces riffs montant progressivement sur les refrains sont excellents) qui se termine entre martelages bruitistes, électro saturé puis un rythme de violon (électronisé et épuré) dont l'air ne m'est pas inconnu, mais dont la provenance ne me provient plus aux oreilles. Sur « Resilient »-titre, également. Si le début ressemble quand même à celui d' « Oxidized », on peut noter les diverses incursions, comme un piano sur un chant très intimiste d'Emmanuel ou bien un scratch avant de repartir en toute vitesse dans ces rythmes rapides et puissants, ces variations de voix, Levy propulsant des vagues de chant clair, parlé, aériens et un petit hurlement très discrets, mais dans le ton.

Pour ceux qui préfèrent davantage se retrouver à headbanguer, « Codex Atrox » impose une rythmique écrasante sur les lignes de chant d’aliéné d’Emmanuel, entre une résonance malsaine et une gravité terriblement glauque. Les riffs schizophréniques en agression constante, la double pédale en continu, avant de se terminer en noirceur total, uniquement accompagnés d’une basse ronde et précise. Et ceux qui préfèrent la lourdeur de sonorité proche du doom, « Pink Circuit » est faite pour eux. Tournant régulièrement entre riffs lourd, industriel (ces parties de boîte écrasante…) et synthé aériens avec guitare planante, pour un recueil d’amour noir porté de toute beauté par le chant désabusé d’ "El Worm".

Probablement le titre le plus organique de l’album, « Sinking » conclut « Resilient » de parfaite manière. "El Worm" maîtrise son organe avec un talent rare, oscillant entre toutes ses facettes de chant avec une facilité déconcertante. Nicolas semble s’amuser et on le sent tant la musique s’écoule de manière très limpide, bien différente de la progression oppressante et déroutante. Les riffs s’approchent davantage d’une approche Metal classique, tout en ne conservant que les variations atmosphériques et des chœurs célestes pour conclure ce premier jet.

L’ambiance est troublante, captivante. Pour un premier essai, l’expérience se ressent. L’expérience d’une vie à écouter les musiques les plus déroutantes pour l’un. L’expérience de joués de ses émotions d’une pureté improbable pour l’autre. Et au final, Erdh signe un premier album mystérieux et surprenant. À suivre, sans aucun doute.





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