The Quantum Enigma

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Nom du groupe Epica (NL)
Nom de l'album The Quantum Enigma
Type Album
Date de parution 02 Mai 2014
Labels Nuclear Blast
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album244

Tracklist

1. Originem
2. The Second Stone
3. The Essence of Silence
4. Victims of Contingency
5. Sense without Sanity - The Impervious Code
6. Unchain Utopia
7. The Fifth Guardian
8. Chemical Insomnia
9. Reverence - Living in the Heart
10. Omen - The Ghoulish Malady
11. Canvas of Life
12. Natural Corruption
13. The Quantum Enigma - Kingdom of Heaven Part II
Bonustrack (Digipack Release)
14. In All Conscience
Bonustrack (Earbook Release)
14. Dreamscape
Bonustrack (Vinyl Release)
14. Memento
Bonustrack (iTunes Release)
14. Banish Your Illusion
Bonustrack (Japanese Release)
14. Mirage of Verity
DISC 2 (Digipack & Earbook Release)
1. Canvas of Life (Acoustic Version)
2. In All Conscience (Acoustic Version)
3. Dreamscape (Acoustic Version)
4. Natural Corruption (Acoustic Version)
DISC 3 (Earbook Release) (Instrumental)
1. Originem
2. The Second Stone
3. The Essence of Silence
4. Victims of Contingency
5. Sense Without Sanity
6. Unchain Utopia
7. The Fifth Guardian
8. Chemical Insomnia
9. Reverence
10. Omen
11. Canvas of Life
12. Natural Corruption
13. The Quantum Enigma

Chronique @ Eternalis

11 Mai 2014

Epica signe une œuvre brillante, complète, démesurée et épique jusqu’au bout des ongles

« Requiem for the Indifferent sera l’un de ceux que l’on ne sortira presque jamais, coincé entre, il faut l’espérer, deux œuvres inéluctablement supérieures »

Il y a deux ans, la déception était palpable et entière. Pas sans surprises, puisque le premier opus de Mayan, sorti quelques semaines auparavant, avait déjà éveillé quelques démons, mais la marche cruciale de l’après-"Design Your Universe" n’avait absolument pas été atteinte. Certes, le quatrième opus des Bataves d’Epica avait élevé le niveau à un statut bien plus haut que précédemment, transfigurant une musique initialement presque uniquement épique (on se souvient de la majesté de "Consign to Oblivion") vers un art soufflant le chaud et le froid, maîtrisant les braises d’une violence puisant dans le death metal technique et la fraîcheur d’un metal épique et démesurément symphonique. Dès lors, le retour en arrière vers une musique moins captivante, paradoxalement moins bien produite (Sascha Paeth, responsable de tous les albums d’Epica, n’avait pas délivré sa meilleure performance cette fois-ci…) et surtout d’une mollesse affligeante, avait tôt fait de remiser cet album au placard en attendant un successeur qui permettrait de se faire une idée définitive sur les Hollandais, un peu trop habitués à sortir un album véritablement bon sur deux.

Dix ans de carrière.
"The Quantum Enigma" est donc, en quelque sorte, un anniversaire et l’importance de ne pas se rater était encore plus forte, pression imposée par le groupe lui-même pour donner le meilleur de soi-même. La grossesse et l’accouchement de Simone Simons retarda sensiblement le processus, ce qui laissa le temps à Mark Jansen de délivrer en début d’année le monstrueux "Antagonise" avec Mayan qui, à l’instar du premier opus en son temps, fut une espèce d’outil pour prendre la température. Mark semblait alors plus féroce que jamais, inspiré et puissant qu’il ne l’avait été depuis des années.
Seconde option de choix, peut-être même déterminante afin de s’offrir un nouveau départ, le groupe décide de ne pas rempiler avec Sascha Paeth et travaille avec Joost van den Broek, producteur que Mark connait bien pour leur passé commun chez After Forever. Cette alternative, à l’écoute de l’album, ne peut qu’être approuvée tant le son d’Epica n’a jamais été aussi puissant et intense, offrant une densité incroyable aux parties symphoniques et vocales, sans pour autant délaisser (comme ce fut le cas sur "Requiem for the Indifferent
" ou "The Divine Conspiracy") l’épaisseur des guitares et l’impact sonore de la batterie. Simone et Mark sont donc plus présents dans le mix mais cela ne fait que renforcer la puissance générale de "The Quantum Enigma", qui renoue clairement avec les idées de "Design Your Universe".

"Originem" débute inévitablement l’album dans une trame très symphonique, sans préambule, et laisse sous-entendre que les chœurs seront plus énormes que jamais. La finesse des orchestrations, mêlées au côté énorme des voix, permet d’emblée de comprendre que les choses s’annoncent plutôt bien, toujours aussi mystique et dans un style que l’on reconnait inévitablement. Si Nightwish ou Septic Flesh possèdent un style symphonique reconnaissable entre mille dans le placement des orchestrations et la manière de sonner, il en est désormais de même pour Epica, qui ne se contente plus de simplement poser un orchestre derrière sa base metal. Le déboulement de "The Second Stone" rassure immédiatement sur la violence de l’album, Ariën étant en pleine forme derrière ses futs. Simone chante impeccablement, mieux que sur les albums précédents encore et semble avoir gagné en maturité, notamment dans les parties les plus lyriques. La double pédale martèle un tempo complètement endiablé et les riffs de Mark et Isaac Delahaye écrasent tout sur leur passage. Mark intervient sur un break bien plus lourd, aux chœurs liturgiques tout simplement divins avant qu’Isaac ne délivre un premier solo formidable de technique et de mélodie, afin de retrouver tous les éléments faisant d’Epica un très grand groupe lorsqu’ils sont en forme. "Victims Of Contingency" va même plus loin en imposant clairement la face la plus extrême des Néerlandais en livrant le titre le plus brutal de leur carrière. Un riff monstrueux, des orchestrations guerrières et un Mark se taillant la part du lion, simplement secondé par une chorale d’une intensité rare et une Simone ayant rarement été aussi juste entre ses parties medium et lyriques. Un blast beat et une montée symphonique en pizzicato n’étant pas sans rappeler Mayan viennent tout détruire avant le retour de Simone qui, justement, apporte un équilibre nécessaire à cette violence rarement atteinte dans le metal dit « à chant féminin ».

Cette surpuissance, Epica l’avait laissée sous-entendre en dévoilant "The Essence of Silence", titre qui n’aurait clairement pas dépareillé sur le quatrième album du groupe. Les chœurs sur le refrain martelant « The Essence of Silence » sont véritablement gigantesques, Simone n’a jamais paru aussi parfaite dans sa poésie vocale, puis Mark qui apporte indéniablement sa brutalité sombre, brisant le lyrisme de sa voix et d’un riff se faisant dès lors plus syncopé et saccadé. Le riff du break sera probablement un grand moment des prochains concerts, tellement parfait pour enflammer une fosse et démontrer qu’Epica n’a plus grand-chose à envier à certains groupes extrêmes. On retrouve même parfois, comme sur "Reverence - Living In The Heart -", des parties solistes entre guitare et clavier que nous n’avions que très rarement entendues chez Epica, Coen Janssen se cachant plus souvent derrière ses orchestrations que jouant comme un réel claviériste.
Les titres plus épiques, quant à eux, renvoient complètement le pourtant excellent "Serenade of Self-Destruction" à ses chères études, tant ils sont aboutis et travaillés. Dès que débute le titre track, on est surpris par le retour du mantra et de l’aspect ethnique de "Kingdom of Heaven", mais un seul regard au livret suffit à nous faire comprendre que c’est fort logiquement que "The Quantum Enigma" est la seconde partie du morceau de bravoure de 13 minutes présent sur "Design Your Universe". On retrouve la même voix narrative, une trame similaire longue de 12 minutes malgré un aspect sans doute plus orchestral et lyrique et moins chevaleresque que la première partie.
"Sense Without Sanity - The Impervious Code –" est une autre grande pièce de 8 minutes, plus violente et virevoltante, dans un nouveau déluge d’éléments (j’ose à peine imaginer l’horreur qu’a dû être le mixage pour arriver à un résultat aussi clair et équilibré). Mark double même sa voix par des chœurs et Simone sur quelques passages, superposant ainsi complètement son timbre avec celui de sa partenaire et de la chorale.

Après l’épisode infructueux d’il y a deux ans, il est difficile de ne pas être subjugué par la différence de niveau, d’ambition, d’interprétation et de magnificence entre les deux albums. Epica en fait des tonnes, comme depuis ses débuts, mais le fait si bien (et c’est sa marque de fabrique) qu’il est impensable de voir le groupe faire autre chose que ce qu’il maîtrise si naturellement. Tout juste, pour être tatillon, pourrions-nous reprocher la même chose que pour le dernier Mayan, à savoir un album très long et quelques structures similaires sur la fin de l’album. Un ou deux morceaux auraient probablement pu être enlevés, bien que se séparer d’un titre comme "Omen - The Ghoulish Malady –" pourrait passer pour un crime, tant de groupes rêvant de n’avoir ne serait-ce qu’un titre de cet acabit, Simone y démontrant une fois de plus son talent de plus en plus grand pour moduler sa voix et créer des lignes vocales de plus en plus justes (et ces chœurs, une fois de plus). En revanche, malgré sa beauté, la ballade "Kanvas of Life" ne me fera toujours pas oublier la poésie d’un "White Waters"…

Epica signe une œuvre brillante, complète, démesurée et épique jusqu’au bout des ongles. Ceux qui recherchent l’authenticité dans le caractère minimaliste et intimiste de la musique peuvent d’ores et déjà abandonner. Le groupe n’a jamais été aussi symphonique et intense que sur "The Quantum Enigma". Ce sixième album est le retour d’un grand groupe que l’on espérait ne pas avoir sombré dans le doute ou la facilité. C’est brillamment qu’Epica nous prouve le contraire grâce à un album qui risque de marquer l’année, avec le retour en grâce de Within Temptation et un nouveau Delain des plus aboutis. Une année qui pourrait, si Nightwish venait à sortir son nouveau disque, être une référence dans le genre…

23 Commentaires

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TheTenth - 02 Juin 2014: je n'aime que Design your universe dans la discographie de Epica, considérant After forever comme une référence - surtout à cause de Floor - les autres albums me semblent être un cousin lointain de AF loin d'atteindre leur niveau, particulièrement au niveau émotionnel, Simone étant certainement une grande technicienne mais impossible pour moi de trouver de l'émotion dans sa voix. Bref en lisant cette chronique je vais laisser une nouvelle chance au groupe.
Eligos - 12 Juin 2014: Belle chronique Eternalis, je partage ton avis même si au début j'ai eu beaucoup de mal à percer ce Quantum Enigma à cause de sa complexité... qui se révèle être au final un atout de taille !

Si je puis me permettre, je crois que tu as oublié "ans" au début de ton avant-dernier paragraphe ("il y a deux ...") ;)
zono - 10 Octobre 2014: c'est très bien fait , mais j'ai du mal à me farcir l'album en entier avec cette abondance de coeurs.
TheTenth - 01 Août 2015: jamais vraiment convaincu par Epica (à part Design your universe), en grande partie parce que Jansen a en fait continué After Forever que j'adorais sans se démarquer et donner une image distincte du groupe Epica, et parce que la voix de SS n'exprime pas d'émotions, trop technique ou carrément pop. Mais là l'album ne quitte pas ma platine, les morceaux "rentre dedans" sont énormes, les deux "ballades" sont par contre vraiment trop molles.
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Chronique @ dimmu_kiuas_cradle

11 Mai 2014

Un album magistral

Après 10 ans de carrière (fêtés à merveille avec un superbe coffret double DVD et triple CD) et 6 albums studio à leur actif, Epica fait partie de ces groupes qui, année après année, sortent des albums à la qualité crescendo, tant d’un point de vue musical que du côté des paroles. Et s’il se bonifie avec le temps, Epica a plus d’un tour dans son sac. Chaque album aborde un thème plus ou moins d’actualité, plus ou moins spirituel, après avoir exploré le thème du terrorisme (The Phantom Agony, 2003), la civilisation Maya (Consign to Oblivion, 2005), la place et les conséquences de la religion sur les Hommes (The Divine Conspiracy, 2007), la volonté de chacun d’écrire lui-même son destin (Design Your Universe, 2009) et la face sombre des différents influences sur le monde, tels que les médias par exemple (Requiem for the Indifferent, 2012), le groupe néerlandais revient avec un album extrêmement abouti. Une véritable réussite qui marque, il me semble, un changement d’ère du groupe.

Si Requiem for the Indifferent
avait quelque peu déçu la plupart des fans (relire ma chronique ICI) et avait surpris par sa maladresse, Epica revient en force avec de beaux changements et de très belles initiatives. D’un point de vue très général, je pense que The Quantum Enigma (TQE) est l’album le plus travaillé du groupe. Ecoutez les premiers morceaux du groupes datant de 2003 et ceux de TQE et vous comprendrez à quel point Epica a évolué, et dans le bon sens du terme. Le groupe ne se contente pas uniquement de faire du metal symphonique en reprenant les codes de celui-ci. Non. Epica a su tirer son épingle du jeu et est certainement THE groupe de metal sympho féminin.

Les parties vocales de Simone Simons (chant) sont toujours aussi prenantes et impressionnantes de qualité, le chant hurlé de Mark Jansen (guitare et chant) est de plus en plus travaillé, moins « à l’arrache » et plus maîtrisé. Quant aux parties musicales, je ne peux vous cacher mon énorme enthousiasme concernant TQE : les parties orchestrales sont majestueuses, et le côté metal est de plus en plus présent, soufflant un vent de metal heavy, parfois progressif. Je regrette cependant parfois les chœurs qui viennent étouffer quelques morceaux et les parties vocales de Simone Simons. Mais rien de bien méchant.
Et justement, on l’oublie parfois (souvent), mais sans toutes ses parties orchestrales, Epica n’en serait pas où il en est actuellement. Je pense notamment aux lives The Classical Conspiracy et Retrospect, longs concerts durant lesquels Epica était accompagné d’un orchestre. Très impressionnant à écouter et à voir. Et pour tout cela, il serait essentiel de venir saluer les nombreux musiciens et choristes ayant travaillé avec Epica, tant sur TQE que sur tous les autres albums (live ou studio) du groupe.

Le thème pur et dur de cet album est également très intéressant : Mark Jansen et Simone Simons (les paroliers du groupe) ont opté pour TQE pour un thème très spirituel, parfois même philosophique. Selon Simone Simons dans son interview pour le numéro d’avril 2014 de Rock Hard : « Le concept général du disque tourne autour du thème de l’esprit, de la manière dont notre cerveau projette nos propres envies. Nous abordons à la fois les côtés positifs et négatifs dudit esprit à travers l’aliénation, l’addiction, mais évoquons également la physique quantique ». En somme, un concept album intéressant et brillant.

Parmi les 13 morceaux (18 pour la version Deluxe limitée de l’album), il serait difficile de tous les décortiquer, mais on peut tout de même en relever quelques-uns qui, de par leurs paroles ou la musique, se détachent du lot. Je pense notamment à The Second Stone qui, après une très belle intro, annonce bien la couleur de l’album : riffs de plus en plus heavy, parties orchestrales au sommet et voix toujours d’aussi bonne qualité ; The Essence of Silence, premier single de l’album qui est certainement un des meilleurs titres de TQE ; Unchain Utopia qui est bluffant sur le plan vocal ; Chemical Insomnia qui aborde la maladie d’Alzheimer et dont la musique est incroyable ; et évidemment, comme pour chaque album, le titre éponyme de l’album qui le clôt à merveille (si l’on ne compte pas les morceaux bonus). Magistral.

En un mot, TQE est un album grandiose qui prouve une nouvelle fois qu’Epica est à son apogée et que la musique classique/orchestrale se marie à merveille avec le metal.

7 Commentaires

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ericb4 - 11 Mai 2014: Je partage votre point de vue sur ce splendide album. Belle chronique en tout cas, pour un groupe qui m'a toujours convaincu de la qualité de ses prestations.
SIDlevicieux - 12 Mai 2014: j ai été tres dessus par l album prescedent mais suite aux chroniques je prend!mon avis dans qq heures
SIDlevicieux - 12 Mai 2014: désolé pour les fans mais je trouve ca bordelique .on dirait leopold 2 face a mozart : trop de notes!je voulais aimer c raté!
Metalfate - 15 Mai 2014: juste un mot : ENORME!!!!!!
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Chronique @ ericb4

30 Juin 2014

Une oeuvre majeure et audacieuse pour un groupe qui renoue avec son glorieux passé!

Suite aux déboires essuyés par le groupe après l'échec relatif de leur précédent opus : "Requiem for the Indifferent", le message de désespoir lancé par nombre de ses fans semble avoir été entendu! On se retrouve alors dans un tout autre registre, pour un album magnifiquement bien ciselé de par ses subtiles compositions, travaillé avec minutie sur le plan orchestral, et qui, du coup, tient toutes ses promesses. On n'oubliera pas non plus la qualité de la production, le son ne souffrant d'aucune approximation ni de faiblesse avérée. Ainsi, le sextet de Metal Symphonique néerlandais nous offre là une fresque musicale monumentale, riche en instrumentations savamment homogénéisées et pleine de couleurs vocales qui, ici, se conjuguent à la perfection. On retrouve avec un plaisir non dissimulé la mezzo-soprano Simone Simons qui, cette fois, semble avoir renoué avec ses magistrales prestations d'alors.

Cet opus, de treize titres pour plus de 70 minutes d'écoute, est construit en deux sets d'égale durée, au coeur desquels se place un interlude instrumental. "The Fifth Guardian" assure ainsi une opportune transition entre deux séries de six morceaux de styles, d'intensité et de qualités similaires. Où que l'on se trouve, l'univers Métal Symphonique propre au groupe est bien présent.

Tout d'abord, la première série compte quatre titres majeurs à la fois dynamiques et homogènes. Dans un même mouvement, s'enchaînent harmonieusement les trois premiers morceaux, à commencer par "Originem", puissante introduction instrumentale enjolivée de chatoyants choeurs. Cette magistrale orchestration se retrouve également dans "The Second Stone", doté d'un rapide tapping et d'impressionnants growls. De nombreuses variations vocales sont assurées aussi bien par les qualités lyriques de Simone que par les choeurs qui lui font écho. On comprend que l'on est déjà face à un ouvrage de premier ordre!

C'est sur ce modèle de composition que se placent "The Essence of Silence" et "Unchain Utopia", les deux titres phares de l'opus, à mon sens. Ces deux morceaux nous plongent illico dans une atmosphère à la fois épique et fantasmagorique non sans rappeler le second volet des quatre titres d'un "The Divine Conspiracy". La maturité en plus! C'est dire si l'on s'éloigne de l'empreinte d'un discret "Requiem for the Indifferent".

Notamment pour "The Essence of Silence", la riche et subtile orchestration capte immédiatement l'attention. On ressent alors toute la puissance et l'âme symphonique du groupe s'exprimer. La magie opère donc dès les premières notes.
C'est alors que surgissent, comme par enchantement, en se répondant en écho, les parties vocales en solo : l'une, masculine, ténébreuse, démoniaque, agressive et sublimement growlée, l'autre, féminine, celle de Simone, limpide et hypnotique comme à chaque fois. On se retrouve ainsi dans un schéma classique du type "la belle et la bête".

Sur les deux titres, comme pour conférer davantage de relief à l'ensemble, des chœurs apparaissent et contribuent à notre enchantement. Omniprésents, ces derniers forment un trait d'union entre les parties instrumentales et vocales. Les couplets, quant à eux, sont ciselés à la perfection, laissant entrevoir une écriture fine de leur auteur. Un vrai travail d'orfèvre! Ceux-ci alternent avec de savoureux refrains subtilement colorés et dont les mélodies ne tardent pas à s'inscrire dans les mémoires. Le tout s'inscrit dans une énergie qui jamais ne fait défaut.

Comme pour jouer les arbitres, "The Fifth Guardian" vient tempérer les ardeurs des deux sets se faisant face. Ce morceau instrumental nous plonge curieusement dans une ambiance apaisée du pays du soleil levant. Une douce orchestration aux influences extrême-orientales se met progressivement en place, tel un générique d'un film de Kurosawa. On comprend qu'Epica, comme un certain Tuomas Holopainen, sait aussi y faire en matière d'ambiances feutrées!

Dans le second set, quatre titres également semblent se détacher : "Chemical Insomnia", "Omen (the Ghoulish Malady)", "Canvas of Life" et "The Quantum Enigma". Le premier titre nous plonge dans une rythmique tourmentée, avec un tapping bien marqué. La ligne mélodique convainc, grâce à des refrains catchy et des choeurs bien enveloppants. "Omen" se place dans le prolongement atmosphérique et technique de "Chemical Insomnia".

Dans cette lignée, on n'oubliera pas le titre éponyme de l'album, pièce maîtresse de cette seconde série, selon moi. Sur plus de dix minutes, la puissance orchestrale répond systématiquement aux échanges vocaux entre Simone et les choeurs. C'est alors qu'un beau solo de guitare apparaît comme pour mieux préparer le feu d'artifice final.

Telle une judicieuse invitation au monde onirique, une petite pause nous est offerte avec "Canvas of Life". L'émotion est au rendez-vous à chaque note délivrée par la douce instrumentation et surtout sous l'impulsion des envolées lyriques de la mezzo-soprano.

Parmi les quatre titres qui me sont apparus les moins efficaces, j'ai notamment retenu : "Sense Without Sanity", à l'atmosphère Metal Symphonique en demi-teinte et harmoniquement fade, et surtout "Victims of Contingency", à la ligne mélodique manquant de profondeur au profit d'une instrumentation violente continue et épuisante en finalité. En fait, sans être de mauvaise facture, ces titres restent dans l'ombre des neuf perles analysées plus haut. Mais là, je vous laisse en apprécier la teneur pour vous en faire votre propre opinion!

Au final, on a l'agréable sentiment de détenir une pièce maîtresse d'un groupe devenu majeur sur la planète Metal Symphonique. Souvent éblouissant en matière de technicité instrumentale, très affûté sur le plan vocal, Epica, avec cet opus, nous laisse rarement sur le carreau. Cependant, quelques détails mélodiques auraient encore pu être retravaillés pour en faire une oeuvre irréprochable.

En tout cas, malgré quelques faiblesses harmoniques, je n'ai pu qu'adhérer à un tel souci du détail autant qu'à une profusion d'effets ainsi déployés. Aussi, par ses prouesses artistiques, cet imposant album, on l'aura compris, confère au Metal Symphonique toutes ses lettres de noblesse! En tout cas, il pourra certainement combler les attentes du plus exigeant amateur du genre.






8 Commentaires

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edenswordrummer - 30 Juin 2014: Bonne chronique comme toujours mon cher Eric ! D'accord avec toi pour "sens without..." Qui manque d'accroche et de relief. Mais pour Victim...permet moi de ne pas partager ton avis, ce titre est indispensable a l'album, il montre une facette très agressive du groupe qui n'est pas sans faire penser a "menace of vanity" du troisième opus.
Arthron - 01 Juillet 2014: Merci pour la chro! Personnellement je trouve "Victim..." excellente, tout comme l'album entier d'ailleurs.
Samourairock - 03 Juillet 2014: Merci Eric pour cette chro !! ceci dit je ne serai pas comme vous, je trouve que pour un groupe de symphonique il me parrait bien metal tout comme le dernier concert que j'ai vu avant leur entré en studio !! je trouve cette bonne Simone bien éffacé! ceci est mon impression !
ericb4 - 03 Juillet 2014: Je reçois bien ton message, Samourairock! Ayant souvent opté pour une puissante et mélodieuse orchestration sur cet opus, le groupe nous offre quand même quelques moments de félicité où Simone peut déployer avec aisance tous ses atouts vocaux. Sur "Canvas of Life", par exemple, rien ne s'oppose à ce qu'elle s'exprime avec brio! Certes, on est effectivement dans le métal mais la dimension symphonique de l'instrumentation est bien présente sur les trois-quarts des titres. En concert, l'ambiance métal est souvent mise en exergue, ce qui peut fausser la donne, je le concède! Pour sortir un peu des sentiers battus du genre, on peut toujours prendre plaisir à écouter le splendide morceau instrumental atmosphérique "The Fifth Guardian".
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