Requiem for the Indifferent

Liste des groupes Metal Symphonique Epica (NL) Requiem for the Indifferent
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Nom du groupe Epica (NL)
Nom de l'album Requiem for the Indifferent
Type Album
Date de parution 09 Mars 2012
Labels Nuclear Blast
Produit par Paeth Sascha
Enregistré à Gate Studios
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album280

Tracklist

1. Karma
2. Monopoly on Truth
3. Storm the Sorrow
4. Delirium
5. Internal Warfare
6. Requiem for the Indifferent
7. Anima
8. Guilty Demeanor
9. Deep Water Horizon
10. Stay the Course
11. Deter the Tyrant
12. Avalanche
13. Serenade of Self-Destruction
Bonustracks (Digibook Release)
14. Nostalgia
15. Twin Flames

Chronique @ Eternalis

14 Fevrier 2012

Epica ne semble pas avoir pris la peine de chercher à innover quoique ce soit avec ce nouvel album...

La fin est-elle si proche que cela ?
Il semblerait qu’en ces temps troublés, les chantres de l’apocalypse sortent de leur mutisme pour proférer les menaces de l’archange Lucifer. L’humanité est damnée.
Pillant ses ressources, molestant sa terre d’accueil, agonisant son sang, l’espèce humaine court à sa perte...
C’est alors qu’un chant s’élève du chaos à venir. Les trompettes du jugement dernier ? Non, un requiem... le requiem de ceux qui, pendant des années, ont fait fi des mises en garde et ce sont crus l’égal de Dieu. Un requiem pour une espèce en perdition…un requiem pour les indifférents…

Nous connaissions les Hollandais de Epica très préoccupés par l’avenir écologique de la Terre. Ils passent aujourd’hui à la vitesse supérieure en livrant un véritable pamphlet contre l’homme et ses addictions, l’homme et ses aberrations, l’homme et ses excès.
Faisant suite au concept plus spirituel des trois premiers opus, "Requiem for the Indifferent" sonne l’heure du jugement là où la prévention est terminée. La guerre est lancée.

Après un "Design Your Universe" renversant de puissance et d’agressivité pour le genre, ceci étant notamment dû à l’intégration de deux ex-membres de God Dethroned, Epica était plus que jamais attendu au tournant.
Car si les Hollandais ont depuis toujours suscité l’admiration et ont été portés au pinacle dès "The Phantom Agony" et le génial "Consign to Oblivion", il est clair que "The Divine Conspiracy" avait refroidi les ardeurs. Entre une production en-deçà des attentes et un style qui commençait à tourner en rond, la bande à Mark Jansen suscitait les interrogations. Interrogations en partie volées en éclat lors du quatrième album, écrasant la concurrence de sa rudesse et de sa rage, et s’offrant une personnalité nouvelle et propre. Sascha Paeth avait réalisé un travail d’orfèvre en matière de son et de symphonies, et la suite ne pouvait dès lors plus imaginer un quelconque retour en arrière.

Et pourtant...

D’un point de vue visuel, "Requiem for the Indifferent
" est décevant de par son manque évident de prise de risques. Cette texture grisâtre évoquant la machine, ces éléments mécaniques incrustés dans la nature pour illustrer le pas d’une technologie étouffant l’homme n’est, en plus de ne pas être nouvelle, ici rébarbative et sans créativité. On passera les éléments renvoyant directement au cinéma (Matrix, Time Out, V pour Vendetta) ou le personnage semblant avoir été pompé sur la sublime Nathalie Portman. Bref, nous n’en sommes qu’au visuel...

"Karma" délivre son introduction pleine de richesse, de beauté et de féérie. Les murmures chantés sont d’une grande beauté, et une grande religiosité demeure déjà dans l’ambiance musicale qui se trame. Une ambiance solennelle, sombre et dure, presque inquisitrice. "Monopoly on Truth" déboule avec un riff très rentre-dedans et la première frayeur se fait déjà sentir. Le son. La production, malgré une équipe inchangée, n’est clairement pas à la hauteur de celle de son prédécesseur, et le manque de densité, de puissance et d’impact renvoie directement au travail sonore de "The Divine Conspiracy", c’est-à-dire une coupure nette entre l’instrumentation metal et les parties symphoniques.
Malgré tout, le travail musical réalisé est très fin, et les nombreux chœurs et arrangements sont très beaux, notamment les instruments plus tribaux, faisant ressortir un esprit religieux, presque hindou. Mark partage le chant avec Simone, qui n’en finit plus de faire des progrès tant elle chante divinement bien (rien que les parties lyriques de ce premier morceau sont à pleurer). "Storm the Sorrow" confirme les premières craintes, à savoir un manque de puissance mais laisse surgir une nouvelle désillusion, plus créative ici.
Installé confortablement dans le cocon de l’énorme succès de "Design Your Universe", Epica ne semble pas avoir pris la peine de chercher à innover quoique ce soit avec ce nouvel album, et "Requiem of the Indifferent" se révèle être une « part II » de plus ou moins bonne facture, la surprise en moins, bien entendu. Cela se révèle flagrant car jamais deux opus ne s’étaient autant ressemblé dans la construction (13 titres, le sixième et le treizième étant les morceaux épiques, deux introductions en première et septième position, le single en troisième... et ce, pour tout le disque), dans le style et dans l’interprétation.

Faut-il alors jeter des pierres à Epica ? Évidemment non, car un énorme travail d’orchestrations et d’arrangements a été fourni. Mais il est décevant de remarquer que la base musicale des Hollandais sente autant le réchauffé. Nous pourrons parler du titre éponyme, merveille de huit minutes trente, aux aspects arabisants et au refrain magique renvoyant directement à "The Last Crusade" de "Consign to Oblivion". Le travail mélodique y est magistral même si certains regretteront le parti pris bien plus brutal de l’opus précédent, les interventions extrêmes semblant bien plus téléphonées sur ce nouvel opus (comme une réédite des chutes de "Kingdom of Heaven" par exemple...).

Il est néanmoins confondant de se retrouver, quand on s’appelle Epica, avec des compositions aussi molles et banales que des "Guilty Demeanor" (au riff bateau, orchestrations simplistes et ligne vocale des plus traditionnelles), un "Delirium" rappelant trop fortement "The Divine Conspiracy" ou encore "Stay the Course" à la mollesse affligeante, comme si le groupe s’ennuyait lui-même sur sa musique, ni incorporant ni tripes ni volonté. Seraient-ils si pessimistes qu’ils en seraient devenus démotivés (démotivants ?) ?
On pourra retenir un très joli "Deep Water Horizon" mais le niveau est si loin des merveilleux" White Waters" et "Tides of Time" que sa qualité en pâtit énormément, sa force d’évocation aussi (frisant finalement le zéro). "Deter the Tyrant" retrouve un peu l’esprit death technique si cher à l’opus précédent pendant que "Serenade of Self Destruction", le dernier long titre (dix minutes), retrouve la magie tant oubliée des Néerlandais. Epica y regroupe ses chœurs si caractéristiques et mystiques, un couple de voix antinomiques faisant mouche et une qualité d’interprétation les mettant au-dessus du lot. Les riffs redeviennent enfin originaux, créatifs, techniques... Simone y chante, une fois de plus, avec une douce pureté (le refrain est une perle de mélancolie) mais, il va sans dire qu’il est malheureusement trop tard. Les courageux retrouveront le sourire tandis que les autres auront de toute façon arrêté le massacre pour ressortir l’opus précédent ou les premiers essais des Hollandais.

La déception est grande car Epica, en jouant la carte de la simplicité et en voulant s’assurer son public, vient de réaliser son album le plus décevant. Non pas qu’il soit mauvais, mais le niveau affiché sur le précédent forme un gouffre bien trop grand pour que "Requiem for the Indifferent
" puisse rivaliser.
L’album n’est pas encore sorti que votre serviteur attend déjà le suivant pour retrouver le groupe plein de fougue et d’envie qu’il croyait connaître. Cet opus sera l’un de ceux que l’on ne sortira presque jamais, coincé entre, il faut l’espérer, deux œuvres inéluctablement supérieures. Il est de ceux que l’on préfèrera oublier ou, tout au moins, ne pas s’appesantir dessus pour ne garder que le meilleur d’un artiste.

58 Commentaires

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bastino - 03 Avril 2012: Comme quoi au final tout n'est qu'une question de goûts!
Personnellement je préfère "Requiem for the Indifferent" à "Design Your Universe"
Et je préfèrais également "The Divine Conspiracy" à "Design Your Universe"...
En fait pour aller dans le sens de Sonor, je trouve ce dernier album + atmosphérique et bien + émotionnel tout simplement, et je préfère la production également que je trouve + raffinée et moins lourd(aude)...
Mais chacun son avis ...
Barney - 17 Mai 2012: Les guitares étaient énormes sur design your universe. Donc on ne peut être que déçu par la nouvelle production. Niveau compos, à la fin de l'écoute rien n'a retenu mon attention, comme quand on entend la radio au supermarché. Et pour dire que cet album ne m'a pas passionné, je n'ai même pas fait gaffe que le serenade était instrumental. Bah ce n'est pas grave, le prochain sera meilleur.
Elencirya - 03 Août 2012: J'adore la musique d'Epica depuis leur 1er album, mais pour la 1ère fois j'ai été déçue... Il manque clairement quelque chose, les compos sont vraiment trop complexes et en deviennent bancales, fouillis...

J'ai mis 6 mois à acheter l'album, il nécessite vraiment plusieurs écoutes pour entrer dans les chansons, et Epica ne me faisait pas cet effet auparavant. J'espère qu'ils ne vont pas trop continuer dans cette direction, parce que le prog c'est pas trop ma tasse de thé...
Et j'aimerais vraiment que Simone revienne au chant lyrique, sur le précédent album elle s'était vraiment améliorée sur ce point!
metalsmith - 25 Octobre 2012: bon quand meme mais trop comme les autres!!
pourquoi ce groupe a plus de fan que judas priest???
mais il y a quand meme du boulot derriere cet album
ils n ont pas dormis
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Chronique @ AmonAbbath

09 Avril 2012

Pour qui sonne le glas ?

Epica n’a cessé, au fil des albums, de s’améliorer en proposant toujours un Metal Symphonique laissant apparaître une forte identité. Dès « The Phantom Agony » (2003), le groupe avait défini son propos à l’aide, notamment, de sa façon assez spécifique d’inclure les orchestrations à son Metal et, bien entendu, du chant féminin de Simone Simons, très reconnaissable. Ce dernier avait atteint son paroxysme en terme de qualité sur « Design Your Universe », passant du lyrique aux vocaux plus Pop (ou tout simplement moins lyriques) sans aucun mal, sans la moindre faiblesse (en studio en tout cas). Sur cet album de 2009, Simone n’était pas la seule à donner le meilleur d’elle-même. Nous avions affaire à des musiciens inspirés, livrant à intervalles réguliers soit de bons solos, soit des riffs mémorables, des chœurs sublimes, des lignes de basse intéressantes et des démonstrations de technique (ce batteur) utiles et en adéquation avec la musique. Une musique, elle, assez agressive pour le style pratiqué (comme en témoigne à la perfection « Martyr of the Free World », véritable tornade). Les premiers extraits de « Requiem for the Indifferent » en avaient laissé plus d’un perplexe, et les interviews n’allaient pas rassurer les plus inquiets. Les membres du groupe annonçaient un album résolument différent, d’après eux plus mature et également moins agressif (toutefois modérément parsemé de parties plus extrêmes que jamais). La bonne blague.

Vous l’aurez d’ores et déjà compris, je ne suis pas un fervent admirateur de ce nouvel album des Hollandais. Il faut avouer que passer après « Design Your Universe » ne joue pas en la faveur de cette nouvelle galette, mais d’un autre côté il appartient également au groupe lui-même de se montrer à la hauteur du travail accompli par le passé, et pour le coup on ne peut pas dire que ce soit très réussi. La production du disque fut ma première déception. Le son précis et furieusement Metal de « Design Your Universe » s’en est allé, ainsi que la grandiloquence symphonique des chœurs de ce dernier. « Requiem for the Indifferent » sonne comme s’il était un peu étouffé, constamment écrasé sous un poids qui empêche ses compositions de prendre de l’ampleur. Ensuite, les compositions elles-mêmes n’ont rien de fameux. Que dire de « Monopoly on Truth », premier morceau révélé « au compte-gouttes » par le groupe ? On reconnaît certes au riff principal doublé du chant de Simone qu’il s’agit bien d’un morceau d’Epica, mais l’ensemble reste comme trop cadré, on ne ressent ni la magie, ni la hargne dont le groupe a pu faire preuve par le passé. Ariën Van Weesenbeek, batteur arrivé dans le groupe quelques temps avant la sortie de « The Divine Conspiracy » en 2007, offre un jeu nettement moins inspiré également, moins polyvalent, et les propos qu’il tient dans les interviews ne m’ont pas franchement paru être ceux d’un musicien convaincu par ce qu’il fait. « Nous avons peut-être été un peu loin avec ‘’Design Your Universe’’, non ? » … Non Ariën, non…

Lesdits propos ne font que me conforter dans l’idée que les musiciens ont eux-mêmes eu peur d’affronter la réalisation d’un nouveau disque après avoir porté leur projet vraiment loin (mais pas trop), en laissant libre cours à l’aspect Metal et à la grandiloquence, là où bien d’autres cèdent à l’envie d’élargir leur public par le formatage. Hélas, « Requiem for the Indifferent
» refait quant à lui plusieurs pas en arrière. Tout d’abord, les vocaux extrêmes de Mark Jansen (guitare, chant) sont nettement moins présents, ce qui est regrettable puisqu’il n’a fait que s’améliorer depuis le premier album en 2003, où son travail vocal était respectable mais pas inoubliable. Ensuite, l’aspect Metal est bien pauvre ici, la production faiblarde n’aidant pas les guitares à se sortir de la mélasse, et les fameux passages censés être les plus extrêmes composés par le groupe n’existent que dans l’imaginaire de musiciens ayant eu, définitivement, peur d’en faire trop. C’est clairement mon ressenti tout le long de l’album : les idées, la rage, les mélodies, tout est contenu, étouffé dans l’œuf. Si le groupe évite l’exhaustivité, il se piège également lui-même et sert une série de morceaux moyens, sans grandes surprises, mais sans être foncièrement mauvais non plus. Cela étant, quand on parle d’Epica, quand on pense à l’évolution très positive de la formation jusqu’ici, quand on fait partie de ceux que « Design Your Universe » avait laissés pantois dès les premiers titres, on ne peut qu’être déçu par ce cru 2012 qui ne tient pas la comparaison.

Il est bien difficile de dégager un titre plutôt qu’un autre, un morceau à faire écouter pour se faire une idée. Le mieux est encore de se lancer avec « Monopoly on Truth », qui résume assez bien la matière dont sont faites les chansons de cet album. Simone Simons, pourtant magistrale en 2009 (rien que sur la ballade « Tides of Time »…), ne se montre pas particulièrement touchante et parvient même à agacer les auditeurs sur « Storm the Sorrow » par exemple, à en croire les commentaires qui circulent par-ci par-là.
L’exercice de la longue composition ne porte pas beaucoup plus ses fruits car, si « Requiem for the Indifferent
» (le morceau) et « Serenade Of Self-Destruction » comportent de bons passages (quelques orchestrations qui valent la peine, ce qui est plutôt rare sur ce disque, et des chœurs intéressants), la qualité d’écriture n’y est pas très intéressante et la cohérence de ces chansons est toute relative. Epica a à son actif un lot de longs morceaux, cela fait partie de son identité et c’est une excellente chose, mais le contenu de ceux-ci est habituellement bien plus solidement ficelé… « Serenade Of Self-Destruction » m’a même décroché un petit sourire narquois après cinq minutes, l’arrivée d’un break arabisant rappelant très fort celui de « Wheel of Time » de Blind Guardian en 2010 (j’ai sérieusement pensé à un petit plagiat pour le coup… allez savoir), sauf que ce dernier titre est bien meilleur et nettement plus cohérent que celui d’Epica, et ce, à tous les niveaux, pas de chance.

Bref, « Requiem for the Indifferent
» est un Epica de plus. Le groupe continue de faire parler de lui et, à en croire toute une frange de la critique, bien trop satisfaite de se nourrir de ce grain de qualité douteuse, son travail lui vaut les honneurs une fois encore. Pas pour moi, et j’espère très franchement que le groupe trouvera l’inspiration et la motivation nécessaires pour relever le niveau sans avoir peur de ce que sa carrière lui a apporté de meilleur. Un peu de courage, on se reprend…

10/20

(Chronique présente également sur le blog Emyzik, postée sous le pseudo LionDuNord)

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ZazPanzer - 24 Avril 2012: Merci Amon pour la chronique. Petit apport à la discussion : en ce qui concerne mes maigres expériences en studio, l'ingé son écoutait son boulot finalisé non pas sur son super matos en regardant son écran d'ordinateur, mais avec ses oreilles, dans sa bagnole sur son autorad au son dégueulasse qui faisait ressortir les défauts du mixage. Ensuite seulement il revenait dans sa cabine. Même si les grosses productions ne sont pas vraiment comparables à des petites démos de groupes locaux, ce que je veux dire c'est que tu regardes peut-être un peu trop tes niveaux de sortie et que tu ferais mieux de te servir de tes oreilles. Elles n'entendraient peut-être pas la même chose si les radars du tableau de bord d'Air Force One ne te disaient pas qu'il y a un problème.

D'accord cependant pour dire que la majorité des albums récents sont trop compressés, le dernier VH en est encore un bel exemple. De là à dire que tout ce qui sort aujourd'hui est de la merde, faut pas pousser non plus.
MrDakeryas - 24 Avril 2012: La raison principale pour laquelle tous les gens qui produisent du son ont souvent dans la salle plusieurs moniteurs, c'est parce-qu'ils n'ont jamais tous la même réponse en fréquence, et certains font de fait ressortir plus de domaines que d'autres. L'écoute sur une pseudo chaîne dite "HiFi" ainsi que sur des hauts parleurs de PC et des écouteurs d'iPod font partie du quotidien des tests, la raison en est bien simple: 90 e ce qui va sortir d'un studio va être joué sur les dernières Creative et l'iPhone version 37 à XXX€ sur les écouteurs d'origine à X€. L'important, ce que ça sonne donc au mieux là, et un son dynamique sera noyé par le bruit ambiant, le haut parleur de merde ne reproduira aucune transition, ça sonnera moins fort que le voisin sur iTunes etc.

Quand tu es habitué à des enregistrements objectivement pourris des 70s (noise floor) comme la plupart des Black Sabbath (quand la légende dit que le premier a été enregistré et mixé en deux jours...), la plupart des Led Zeppelin, The Alice Cooper Band, dans leur éditions d'origines, on se dit qu'un mastering intelligent sans tous les potards à fond, surpasse en tout points l'immense majorité des productions récentes malgré l'écart technique.

Pas un seul instrument n'est pas parfaitement audible sur l'éponyme de Black Sabbath (du moment qu'on écarte les remasters Castle 1996, les Rhino de 2004, qu'on regarde l'original de chez Castle 1986, ou le twofer de 1987 au Japon Vertigo 33PD 353, ou encore l'excellent remaster de 2009 avec un Andy Pearce qui s'oppose à la Loudness War). La puissance de batterie y est jouissive, et la dynamique de la basse n'a d'égale que la douceur des cymbales...

Un exemple tout simple, aucun moyen, un premier essai, un chef d'oeuvre intemporel. Pas besoin de sortir les derniers DSP pour transformer un mix naturel en un mur du son disstordu sans vie.
Athrax - 18 Mai 2012: Salut, j'ai beaucoup aimé "Design" et je trouve que "Requiem" est pas mal en fait. j'ai vu Epica en concert il y a quelques semaines, et bien ça fait du bien aux cages à miel et aux yeux! Pour ma part, l'album est une "continuation" du précédent. A Bientôt.
SanctaTerra - 28 Août 2012: Au début, j'ai eu un peu de mal avec Requiem mais après de nombreuses écoutes, j'ai vraiment commencé à l'apprécier et maintenant, j'écoute autant les anciens morceaux que ceux de ce dernier opus. La seule chanson qui me déçoit, je dirais que c'est "Deep Water Horizon" car malgré un bon début, je trouve qu'il y a des harmonies qui ne collent pas ensemble et je ne supporte pas le refrain. Il y a aussi Guilty Demeanor ; l'air est assez joli, de beaux choeurs, mais elle est répétitive et on remarque vraiment un manque d'inspiration pour ce morceau qui ne dure en effet que 3 minutes 20 à peu près, ce qui m'étonne d'Epica qui nous habitue à de longues chansons qui changent de rythme et d'air... Hormis ces petits bémols, j'adore cet album, et il y a de vraies perles comme "Avalanche", "Monopoly On Truth" ou encore "Deter The Tyrant" (et pourtant j'ai eu du mal avec cette dernière aux premiers abords!). Bref, il faut vraiment l'écouter plusieurs fois avant d'y accrocher, mais une dès que c'est fait, c'est que du bonheur (ou presque!).
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Commentaire @ MoonlightShadow

15 Septembre 2012

Requiem for the Indifferent est loin d’être un mauvais album.

Pour commencer, je suis une grande fan d’Epica. Toutefois, je crois pouvoir faire une chronique et que celle-ci soit la plus objective possible.

Beaucoup de monde - moi y compris - attendait au tournant le nouvel album des Hollandais. Décrit comme l’album mature, la petite fierté du groupe (et j’en passe), il ne pouvait être qu’un disque prometteur. Bien entendu, la promotion prime. On ne va pas dégoûter les gens d’acheter l’album ! Mais malgré tout, le mot « maturité » ne semble ici pas convenir. En effet, pour la plupart des fans et même des non-fans, la maturité, la grosse claque, elle s’appelait Design Your Universe. Une production remarquable, des compositions magistrales, un disque ambitieux, un groupe avec une volonté de démarcation dans la grande famille qu’est le metal symphonique à chanteuse…là était la maturité. Requiem for the Indifferent est un bon album. Il n’est simplement pas à comparer aux anciennes sorties du groupe car étant dans un registre différent (malgré le rapprochement que l’on pourrait faire avec Consign to Oblivion, on ne peut s’empêcher de penser à The Last Crusade en entendant les chœurs de la chanson éponyme).

A la première écoute de l’album, ce qui choque est la production. Les guitares sont plus effacées, les chœurs plus basiques et l’orchestre parfois trop imposant. En somme, une sonorité globale totalement différente de DYU et se rapprochant plus de l’autre groupe de Mark Jansen, MaYan ou, encore une fois, de Consign to Oblivion. C’est là bien un élément qui m’a surprise, le second album n’est vraiment pas le meilleur, trop fade à mon goût. Et voici qu’avec leur dernière sortie, le groupe retourne 7 ans en arrière niveau sonorité. La seule différence est que pour moi cet album n’est pas fade. Le son l’est un peu, certes, mais c’est sûr la composition que je vais me concentrer.
Et pour ce faire, je vais parler ici en tant que guitariste. Design Your Universe mettant tellement la guitare en avant et expérimentant une technicité jamais encore abordée niveau guitare dans les opus précédents – notamment grâce à Isaac Delahaye et à ses soli - ce fut un délice pour moi d’apprendre la moitié des chansons de l’album. Rapidité, structures plus complexes, technicité…vraiment un régal à jouer. Dès la première écoute de Requiem for the Indifferent, il ne vient pas en tête d’apprendre quoique ce soit. D’abord on est surpris, comme dit précédemment, puis on commence à accrocher à certains titres. Le single, par exemple, paraît fade au début, mais lorsque le refrain rentre en tête, on s’habitue et finalement on apprécie – il remplit donc son rôle de single. Eh bien voilà ce qu’il s’est passé pour ce qui sont pour moi les chansons fortes de l’album : Storm the Sorrow, Monopoly on Truth, Serenade of Self Destruction et Avalanche. On ne fait pas attention au début et petit à petit elles se démarquent. Donc, au final, pourquoi pas les jouer ? C’est quand j’ai appris Monopoly on Truth que j’ai compris l’intérêt de cet album et le désir de Mark Jansen : une musique plus extrême, plus complexe. Cependant, là où le monsieur n’a pas totalement réussi c’est qu’une technicité noyée sous des chœurs et un orchestre, ça passe quasi inaperçu. Quoiqu’il en soit, les parties guitares sont encore plus intéressantes que sur DYU à mon avis : rapidité et rythmes plus recherchés et plus de « fioritures » et de petits plans sympatoches.

Pour ce qui est du chant, Simone Simons gagne, elle, en maturité. Sa technique s’affine, elle maîtrise mieux et en concert, tout ça ressort pleinement ! Si l’on écoute tous les albums du premier au dernier, on apprécie de plus en plus la voix et on suit l’amélioration. Certains la trouvent de plus en plus fade, fausse (du faux sur un album studio enregistré par des professionnels ? Bathory ça passe à la limite, production perso mais là on est chez Nuclear Blast hein), mais je la trouve au contraire de plus en plus dans son élément et de plus en plus sûre de ce qu’elle fait. On ne peut qu’apprécier. Certes, les lignes sont peut-être plus basiques mais tant que c’est bien fait hein.
Un des bémols de l’album, comme certains l’ont déjà dit, moins de growls, MAIS, plus de puissance dans ces derniers. Peut-être la tentative de chanteur dans MaYan a permis à Mark Jansen d’évoluer. J’ai cru voir en concert Isaac Delahaye chanter certaines parties mais je ne saurais dire si c’est le cas sur l’album. A rajouter aux bémols, la chanson Deep Water Horizon plutôt… simple, et pour finir, quelque chose qui m’a profondément interloquée : d’où sort la chanson bonus « Twins Flames » ? J’ai d’abord cru à une reprise du genre Barbara Streisand mais malheureusement elle a bien l’air d’être une chanson originale. A zapper! En bref, sans grand intérêt, très banale et très mielleuse. Rajoutons la production, plus « brute de décoffrage » de l'album, paraissant du coup moins travaillée, et j’en ai ici fini avec les critiques négatives.

En somme, ce Requiem for the Indifferent est loin d’être un mauvais album. Ce n’est pas une perle, mais pas un navet non plus. Il vient plutôt se placer parmi ces disques que l’on aime parfois écouter et de ces chansons qu’on prend plaisir à chantonner sous sa douche (Storm the Sorrow est super pour ça). Cependant si on vient à l’écouter, on ne peut que tendre l’oreille et apprécier la composition de Mark Jansen qui évolue tout de même, ce qu’on ne peut décemment pas lui reprocher. Attention tout de même à ne pas s’égarer… Malheureusement pour eux, on les attend encore plus au tournant pour la suite !

3 Commentaires

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Sken - 15 Septembre 2012: Merci pour ce texte vraiment sympa à lire. De plus c'est, dans les 3 avis, celui qui se rapproche le plus du mien.
Darksaucisse - 15 Septembre 2012: Chronique sympa !
Comme tu le dit cette album n'est ni bon ni mauvais, juste un album à écouter de temps en temps parmi tant d'autres. Et ça passe plutôt bien le test en live...
MoonlightShadow - 16 Septembre 2012: Merci bien !
En effet le live est efficace, on sent la chanteuse plus à l'aise dans ses parties et les musiciens prennent leur pieds. Ils ont su trouver une harmonie entre technicité et fun !
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Commentaire @ dimmu_kiuas_cradle

09 Octobre 2012

Une diversité musicale audacieuse et risquée

Les fans de la première heure vous le diront : plus les années passent, plus le groupe Epica gagne en maturité, en richesse musicale et en perfectionnisme. Dès leur premier album, The Phantom Agony, sorti en 2003 (la chanteuse Simone Simons n’avait alors que 18 ans !), Epica a su montrer un véritable potentiel musical et vocal, qui s’est confirmé album après album, avec Consign to Oblivion (2005), The Divine Conspiracy (2007) et plus dernièrement, Design Your Universe (2009). Sans parler du live The Classical Conspiracy (2009), enregistré en Hongrie avec un orchestre symphonique. Un chef d’œuvre du groupe qui restera, à mon humble avis, une des plus belles réussites du metal symphonique.
Dur dur pour le groupe après un si bel album, Design Your Universe (2009), de revenir sur le devant de la scène, et pourtant, malgré les avis mitigés quant à cet album, Requiem for the Indifferent est pour moi un album de qualité, bien mixé aux arrangements plus que satisfaisants.

Il est évident que si les fans avaient voulu de l’innovation musicale, ils n’auraient qu’à passer leur chemin : RFTI s’inscrit dans la lignée des albums d’Epica, sans réelle surprise (quoi que… !), mais après tout, pourquoi pas ? L’album s’ouvre sur une majestueuse intro, Karma, qui, comme à l’habitude du groupe fait appel à un court prélude en latin (écrit, comme toujours, par Marc Jansen). Les deux chansons suivantes, Monopoly on Truth et Storm the Sorrow (single officiel de l’album) annoncent bien la couleur de ce nouvel opus : de belles parties symphoniques, des soli de guitare endiablés, un jeu de batterie toujours aussi bon et la voix de Simone, toujours aussi impressionnante et puissante. Cependant, comme chez mes « amis » de Rock Hard, je constate que Miss Simons utilise bien plus sa voix de poitrine que sa voix lyrique. Dommage ou, au contraire, créatif. Les avis quant à cet aspect me semblent très hétérogènes.

Il est évident que l’album entier n’est pas parfaitement réussi. Oui, il y a toujours une ombre au tableau, et dans le cas de l’album Requiem for the Indifferent
, cette ombre me pose un petit problème. RFTI fait partie de ces albums qu’on aime mais qui nous laissent dubitatifs. En effet, l’album prouve un réel tournant dans la carrière du groupe et, malgré de très belles réussites (le morceau Internal Warfare est sûrement est des plus réussis de l’histoire entière du groupe !), RFTI comporte quelques morceaux moyens, notamment les ballades qui, malgré la sublime voix de Simone Simons, tranchent beaucoup trop avec le côté puissant et prenant de Requiem for the Indifferent
(Deep Water Horizon, morceau au refrain très commercial, par exemple).
Les parties instrumentales de cet opus sont, en moyenne, toutes de très grande qualité, offrant une réelle diversité musicale. Cette diversité offre un souffle nouveau au groupe, même si ce "renouveau" ne plaira peut-être pas à tous les fans.

Le groupe aborde dans cet album une face du monde très sombre, une nouvelle « ère ». Si l’on prend la peine de se pencher quelques instants sur les paroles (la plupart du temps écrites par Marc Jansen -guitare- et/ou Simone Simons), je pense que cet album est fort intéressant et que d’un point de vue purement "littéraire", les Néerlandais ont une nouvelle fois frappé fort, bien plus qu’avec The Divine Conspiracy, bien que très bon, qui dénonçait l’influence, les actes et les conséquences de la Religion sur les Hommes. Le thème de cette nouvelle « ère » du monde annonce peut-être également la nouvelle ère du groupe qui, d’album en album, s’oriente vers un metal bien plus travaillé, plus progressif, où les mélodies symphoniques côtoient les grunts de Marc Jansen, et vient chatouiller la face heavy cachée du groupe.

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