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Un album. Il aura suffi d'un album à Epica pour exploser et sortir définitivement de la meute. The Phantom Agony et ses arrangements symphoniques à l'orientale ont de suite tranché avec l'atmosphère froide et nordique des autres groupes du même style. Le tout mêlé à quelques riffs du plus bel effet (Cry for the Moon), le groupe s'assurait une place de choix au panthéon Metal Symphonique, et cela sans parler d'un autre atout de choix : Simone Simons, chanteuse à la voix chaleureuse facilement identifiable et à la plastique irréprochable (comment ça, vous ne voyez pas le rapport avec la musique?). Le disque suivant, Consign to Oblivion, a contenté certains par son côté très médiéval (on se sent partir en croisade), mais en a déçu quelques autres qui, sans doute, n'associaient en aucun cas le mot ''médiéval'' à Epica. Toujours est-il que The Divine Conspiracy a remis les points sur les ''i'' : dans la bande à Simone, ça déménage, et ce n'est certainement pas le petit dernier qui viendra me donner tort.
Dès l'intro de ce Design Your Universe, une ombre médiévale plane, certes, mais les orchestrations ont quelque chose de différent : un côté ''aventure'' très plaisant est venu se glisser chez Epica.
Hormis les chœurs, c'est la voix hurlée qui s'offrira les premières lignes de chant (Resign to Surrender: A New Age Dawns, Part IV). Dans ce domaine, Mark Janssen s'est encore amélioré (toutes les parties de grunts étant fort bien exécutées, plus impressionnantes), mais je ne saurais distinguer avec précision les passages sur lesquels il officie car le batteur (Ariën Van Weesenbeek) grogne lui aussi, et s'occupe de quelques phrases récitées. Présent depuis la conception de The Divine Conspiracy, le gus n'est en effet pas là pour chômer, sans parler de son jeu de batterie infernal, qui le conduit à placer des descentes de toms dans une ballade (la sublime Tides of Time) sans que cela ne fasse tache. Mieux, il arrive à lui seul à faire exploser tout le côté épique à la fin du morceau pour un rendu exceptionnel, doublé d'une performance tout en finesse de Simone, qui connaît ses capacités vocales à la perfection. On est loin des ballades sirupeuses et banales d'un Within Temptation.
Ballade, ballade, c'est bien beau mais je vous avais dit que ça avoinait, moi. En vérité c'est le cas sur pratiquement tout le reste du disque, mais quelques archétypes suffiront. Parlons donc de Martyr Of The Free World, qui mixe allègrement riffs Heavy, puissance Death, chœurs médiévaux, orchestrations plus modernes, solo de malade, refrain efficace, ... L'une des compos les plus agressives qu'Epica nous ait pondues. Et Simone? Au top, je vous dis (soit dit en passant, sa maîtrise des aigus est nettement plus effective ; on est même parfois très loin de la plupart des intonations développées sur The Phantom Agony).
Our Destiny, dans la même lignée, alternera parties symphoniques calmes (piano, chant modéré) et passages plus Metal. Toujours un refrain énorme, sur une batterie en mode mid-tempo. Cette chanson est une belle preuve d'une volonté certaine d'amener de la diversité et de la nouveauté : quelques contre temps à la batterie (lors d'une passe relativement calme au début du titre), une basse plus audible que par le passé, mais surtout un retour des orchestrations mises quelque peu de côté sur The Divine Conspiracy. Avec, comme souvent chez nos amis des Pays-Bas, un break plus mouvementé.
Quelques tranches de headbang ne sont pas non plus à exclure, à l'écoute par exemple de Burn To A Cinder et de son riff écrasant. Le morceau est soutenu par une double-pédale omniprésente, quelques soli pleins de feeling, et entre sans mal en tête tout en disposant de grandes qualités de composition (un final envoûté et envoûtant qui amène en douceur vers la ballade dont j'ai déjà fait l'éloge).
Les deux pavés que sont Kingdom Of Heaven et Design Your Universe jouissent d'une grande cohérence (ce dont manquait un long morceau comme The Phantom Agony) et de nombreuses accroches sonores parmi lesquelles riffs, batterie furieuse, accalmies surprenantes, apparitions de synthés prog' (un court passage digne de Dream Theater peu après la moitié de Kingdom Of Heaven) ... En clair, pas le temps de s'ennuyer, on déguste, on savoure, mais surtout ... on mange, et en pleine tronche!
Peut-être pourra-t-on se demander pourquoi avoir choisi Tony Kakko pour plus de la moitié des lignes de chant de l'autre ballade White Waters, lui et Simone n'offrent qu'un semi-duo (semi car leurs parties de chant sont bien distinctes, pas de mélange de voix, ... C'est un peu dommage.). En demi-teinte, mais on s'en satisfera tout de même car il fallait bien calmer un peu le jeu au milieu de tous les missiles présents sur le cd...
Pour la piste bonus, c'est tout bonnement un morceau de Death Symphonique auquel on aura droit, et pas la peine de chercher la rouquine, elle ne pousse pas la chansonnette sur celle-là (à moins qu'ils nous l'aient planquée au sein des choeurs). Pas d'inquiétude toutefois, elle est toujours aussi présente qu'avant sur le reste du disque ('sont pas fous, non plus!). Isaac Delahaye, lui, ne se gênera pas pour ajouter (comme sur de nombreux autres titres) un solo honorable.
Homogène, accrocheur, travaillé, ... Bref, si vous pensez mériter quelques baffes, prenez-les donc au sens figuré avec cette petite bombe (je parle de l'album, pas de la chanteuse) signée Epica.
18/20
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