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| CD, date de parution : 2005 - Twilight-Vertrieb |
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1. Ortungssignal
2. I Bless You... God
3. Navigator
4. Above the Vault of Heaven
5. Bastard
6. Monotonus II
7. Nameless
8. Let There Be Heaven
9. Disillusioned Victory
10. Endstille (Leichnam) |
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| Chronique |
 16 / 20 |
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Endstille. Un nom qui m'offrit une nouvelle vision du black metal. Le nom d'un monarque cruel et nocif dont chacune des œuvres ne semble pas apaiser pour autant sa soif de sang.
Navigator est un objet culte pour moi : l'album qui me fit découvrir ce tout grand groupe et qui me poussa à l'achat de ses deux plus grands chefs d'œuvres : Operation Wintersturm et Dominanz.
Le premier fut la bombe à hydrogène qui planta le décor que le groupe imposa jusqu'à aujourd'hui, un art noir démesurément puissant, habité par une bête sinistre et pleine de rage.
La haine de Endstille est terrifiante et le groupe prend davantage par surprise en évoluant dans la plus stricte autonomie. Endstille est une guerre contre tous, ne connais ni modèle, ni référence idéologique et se détache de tout groupuscule militant politique ou autres conneries identitaires. Endstille méprise l'humain, il veut raser la planète et n'y laisser aucun survivant. A l'écoute de ce Navigator, on s'imagine déjà la cohorte de Panzers nous fonçant dessus. Vous vous attendez à quoi sur ces mots ? Une copie conforme d'un Nightwing dira l'autre en examinant la cover et sa photographie d'un U-Boot en surface. Il se trompe.
Navigator est bestial, instinctif et impie mais il a de l'intelligence et un subtil talent.
Navigator est haineux, sale et dépravé mais il est tout aussi triste et obsédant que plein de modestie.
Navigator est un concentré de matière en fusion embrumant les lieux par ses émanations mais il possède un atout charismatique et une rare beauté contemplative.
L'engin de mort arrive, sa détection sur le radar annonce la couleur du massacre qui va se produire ici. Et cette entrée porte un nom : I Bless You... God. Ce riff tout droit sorti des fourneaux qui engage le combat avec une batterie groovy, les crânes de ceux qui vont mourir se secouent avec puissance. Iblis s'arrache la gorge, ses hurlements sont totalement inhumains.
Ce que le groupe manie à la perfection, c'est cette faculté à associer son tempérament fou furieux avec une ambiance mortifère et glauque au possible et là où certains titres se déroulent comme une déferlante de rage pure, d'autres posent un nuage épais autour de l'auditeur qui, tout en laissant transparaître une brutalité évidente et bienvenue, peuvent faire sombrer l'esprit dans la crevasse de l'enfer : Entre le psychotique et névrosé morceau titre et son riff cynique, Let There be Heaven et son mid tempo atmosphérique et lourd et les comptines barbares de Nameless, la marge est grande.
Cela vaut aussi pour la production, malgré un ton clair, précis et relativement peu puissant, les riffs crasseux prennent le devant froissant la diffusion tout en lui préservant cette certaine profondeur, même si par moment un gain de vigueur supplémentaire sur la batterie aurait été appréciable.
Il suffit dès à présent de se laisser porter par la furie du disque, oubliant le monde extérieur. Certains moments poussent à l'égarement de l'esprit, retenons-y le morceau Bastard, l'une des pièces les plus fabuleuses du groupes ( Tel un Dominanz, un Crucified, un Defloration... et j'en oublie ), construit sur une progression obsédante, alternant double grosse caisse comparable à une meute de chiens enragés, un groove étincelant par sa justesse et sa puissance et blast de fin bien furibond, le tout sous une tempête de riffs en bloc qui vous arrachent le cœur.
On peut conclure que les allemands ont donné à leur scène un fleuron rare, le navigateur, un navire de guerre plus impérial et dangereux que le Bismarck lui-même. Sa grandeur encore plus imposante quand on y découvre cette volonté individualiste et cette inspiration qui semble infinie.
Je terminerai par les rares points difficiles du disque, certains points qui serviront en définitive, à encenser davantage le groupe. Je trouve Navigator inférieur à Dominanz, les riffs de ce dernier étant beaucoup plus travaillés, une chose que le groupe corrigera sur Endstilles Reich, bien qu'il semble avoir prit la décision de se rediriger vers un black brutal au sens propre.
L'autre côté grimacant est ce Monotonous II, alors que Dominanz avec son I et III hypnotisait inexorablement sa victime, celui-ci reste quelques crans en dessous, bien qu'il puisse ravir les amateurs de furie ambiante. Et puis, il nous reste un prodigieux Above the Vault of Heaven pour nous rassurer.
Vous voyez à peu près à quoi vous avez affaire ?
Stop ! Ne dites rien et allez l'acheter. Exécution !
6 commentaires |
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| Chronique |
 17 / 20 |
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Ce dernier opus en date d'Enstille est une suite logique des précédents albums. Leur black est toujours aussi dévastateur et prenant, mis à part que si on compare leur passé à un canon antiaérien allemand, cet album ressemble davantage à un détachement de tanks accompagné de quelques bombardiers et d'une bonne escouade d'infanterie...
Un petit bruit ressemblant à un signal de radar et c'est parti pour plus de 40 minutes de destruction sonore. "I bless you... god" se veut mid tempo. Mais ne vous mèprenez pas, un mid tempo extrêmement brutal et ravageur. Les accords sont lourds, pesants et grésillants, la voix agresse les tympans en permanence pendant que la batterie se charge d'imposer une cadence martiale à ce premier chapitre guerrier. Le larsen final nous laisse un peu de temps pour nous en remettre, puis s'ensuit le terrifiant "Navigator" qui compte bien nous achever avant la fin du cd. Riff terrassant et ultime accompagné d'une salve de percussions de 22mm avant que le premier blast beat fasse son apparition très remarquée. Pratiquement 4 minutes de guerre impitoyable soutenue par des riffs tous plus agressifs les uns que les autres, des blast beats interrompus uniquement par des roulements faisant trembler les fenêtres de l'immeuble, et la voix... meurtrière à souhait.
Le dernier cri ne peut signifier qu'une chose pour vous : vous êtes encore en vie, épuisé mais toujours de ce monde.
Pourtant ce cauchemar est loin d'être terminé : "Above the vault of heaven", "Monotonus II", "Nameless", et j'en passe, vont se charger de vous achever dans la saleté et l'horreur du champ de bataille.
Endstille est resté fidèle à sa direction musicale de départ, son black est toujours violent, incessant de brutalité et de hargne, mais on sent qu'avec cet album ses musiciens se sont davantage affirmés. Leurs progrès techniques renforcent la lourdeur de leurs mid tempos (c'est à dire la moitié de l'album, ce qui fait un peu plus que dans le passé) qui sont devenus l'incarnation même de l'oppressant et de la folie humaine, et les tempos rapides s'en sortent bien plus agressifs, même si les accords de gratte sont souvent baignés de mélancolie, ce qui ne fait que renforcer la sensibilité de leur musique.
On pourrait presque croire qu'ils ont composé ce "Navigator" sur un front sanglant parsemé d'ogives éclatées et de corps démembrés...
3 commentaires |
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