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Emperor Prometheus - The Discipline of Fire and Demise
CD paru le 22 Octobre 2001 - Candlelight Records
Emperor : Prometheus - The Discipline of Fire and Demise, chronique, tracklist, mp3, paroles

NOTE : 17/20
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Tracklist
1. The Eruption
2. Depraved
3. Empty
4. The Prophet
5. The Tongue of Fire
6. In the Wordless Chamber
7. Grey
8. He Who Sought the Fire
9. Thorns on my Grave

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NEUF
Chronique
18 / 20
    ArchEvil, le Samedi 08 Decembre 2007 parlez-en à vos amis  
Prometheus - The Discipline of Fire and Demise ou la dernière oeuvre d'Emperor, formation légendaire qui, autrefois, mit au monde une succession de chef d'oeuvres. L'apparition de claviers sur le cultissime In the Nightside Eclipse, la symphonie oppressante de Anthem to the Welkin at Dusk, la puissance technique de IX Equilibirum et qui, peu après, annonça la fin. La fin d'un géant. Emperor arrêta les concert dès 2000 et Ihsahn débuta l'écriture de ce dernier opus.
A l'époque, les question on dû pulluler : Qu'est ce que cela va donner? Est-ce que ce futur disque continuera là ou IX Equilibrium s'est arrêté?

Non. IX Equilibrium, album taillé principalement pour le live, fut une déception pour beaucoup, lorgnant plutôt vers un death très technique, les envolées magistrales et contemplatives de Anthem to the Welkin at Dusk avaient disparu, laissant la part belle à un rendu studio très (trop) soigné et une puissance de feu mise en évidence et très directe.
D'après moi, réaliser un autre Anthem aurait été de la folie pure et simple, il ne peut y avoir qu'un seul géant de cette trempe. Et visiblement, pour Emperor, il en est de même avec IX Equilibrium, tout comme le dernier rejeton.
Ce Prometheus est le disque d'Ihsahn, principal compositeur, Samoth n'y étant présent qu'en tant que guitariste additionnel . Tout jeune, il fit preuve d'un talent hors pair à l'écriture de In the Nightside Eclipse et les suivants n'ont fait que confirmer cet état de fait. Prometheus n'échappe pas à la règle, sauf qu'en ce dernier, l'ambitieux musicien se lâche entièrement, au point de ne fixer aucune limite à l'expression musicale. Prometheus n'a plus rien de Black Metal, ce n'est pas vraiment une nouveauté. Il est aussi très progressif, les musiciens exploitent leurs instruments à 200 %, Trym n'a jamais été aussi technique, les riffs sont complètement chamboulés dans un magma musical tarabiscoté, épicé d'orchestrations diversifiées mais peu envahissantes ce qui laisse aux guitares un vaste champs d'expression qu'elles occupent en se croisant le fer mutuellement, larguant soli les uns sur les autres, gammes ascendantes et descendantes alternées à tout va et harmoniques quasi indéfinissables à la première écoute.
Prometheus est très complexe et tellement nettoyé en studio qu'un coup de loque sur la galette pourrait presque la souiller. Il semble tellement déjanté, tellement chaotique. Pourrait on croire à un remplissage intempestif et désordonné créé dans le but de bluffer l'auditeur en le charmant avec une performance technique puissante mais insignifiante? Détrompez-vous...

Chers amis,

Si vous êtes parmi ces mélomanes intrépides qui ne s'arrêtent jamais, toujours en quête de découvertes insolites et de créations géniales dont le secret se révèle toujours davantage avec le temps.
Si vous êtes désinvolte à tout type de shéma conventionnel, avide de mélodies presque irréelles.
Si vous voulez plus, si vous ne craignez pas la folie et le désordre sonore, vous respecterez cet opus.
Vous le respecterez car il est la perle que vous recherchez.
L'intro aux clavecins oniriques, presque mesquins n'existe que pour vous séduire et vous entraîner au beau milieu d'un monde psychédélique, là ou une mélodie inconnue vous transpercera, vous balottera dans tous les sens à travers des terres ardentes, grandioses mais inquiétantes.
Un dialogue naît alors entre les instruments, dont il suffit de comprendre le sujet pour pénétrer pleinement en cet univers chaotique. Car chaque élément demande une concentration des deux oreilles, histoire de pouvoir percer la barrière de l'incompréhensible qui semble emplir les lieux.
Remarquez cet incroyable travail sur les guitares, le jeu a beau être complexe, il n'en est pas moins des plus rationnel. Le disque puise donc ses ressources dans sa composition harmonique, inutile d'y chercher le passage insolite et expérimental, tout se tient sur la mélodie et la rythmique qui, par de multiples prouesses techniques élaborées sur une successions d'intervalles singuliers, se voit considérablement authentifiée par de superbe ornements aux sonorités diverses et travaillées ne débordant jamais sur le reste. Ce sont majoritairement ces sons de violons qui font mouche, dont le ton varie selon les morceaux : On ne compare pas la ballade nocturne de The Tounge Of Fire aux envolées de Grey ni même à cette fabuleuse danse ardente de Empty. On ne les compare pas car chaque morceau possède son essence propre.
La lourdeur inquiétante fait chambre commune avec la somptuosité sur The Prophet tandis que le passages très speed nourris au cor de chasse se ressourcent par ce break envoûtant sur In The Wordless Chamber. On a droit à une progression géniale, introduite par un magnifique rapport guitares - batterie sur Depraved, un regain de force brute et de couplets entraînants sur He Who Sought The Fire et enfin au pachydermique Thorns On My Grave aux riffs apocalyptiques et aux blasts comparables à un cyclone.

Digne d'une symphonie de l'ombre, c'est avec ces paramètres que Ihsahn créa Prometheus, dont l'objectif fut de marier au metal extrême le secret de la musique impressionniste.
Il m'a fallu beaucoup d'écoutes pour le cerner mais peu pour l'apprécier, même cette production devient, en fin de compte, plus que nécessaire. Elle en devient même agréable, malgré le résultat très fignolé, on a pas droit à un son manipulé à l'extrème ce qui lui aurait donné une texture presque plastique.
Non, tout est parfait sur ce disque. J'ai eu du mal à l'aborder au début, ce avant qu'il ne me foute cette fameuse torgnole me forcant dès maintenant à m'incliner une bonne fois devant lui et son créateur.
Emperor est donc défunt en 2001, mais son dernier cri en est plus que troublant et lui attribue son statut d'immortel. Immortel comme ce grand disque qui, que l'on aime ou que l'on aime pas, fut écrit de main de maître et se loge une place douillettes parmi mes meilleurs disques tous style confondus.

Emperor ne fut pas grand, il l'est toujours et le restera.

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6 commentaires
Chronique
16 / 20
    Black_Requiem, le Jeudi 01 Janvier 2004 parlez-en à vos amis  
Il y a des groupes qui contribuent à faire avancer la scène pour laquelle ils s’investissent, cette contribution étant visible lorsque ces groupes sont en activité. Mais au final lorsque le groupe décide de mettre un terme à sa carrière, les différents éléments qu’il a apporté se révèlent encore plus précieux et bénéfiques. Ce cas est entre autres celui du groupe culte et légendaire Emperor, ancien groupe de la scène Black Metal.


Je pense que ce groupe aura permis une utilisation différente des parties orchestrales dans les groupes actuels, Emperor utilisant des harmonies très variées, influencées par la musique classique autant que par la musique plus contemporaine. Et c’est surtout au plus profond de ce dernier registre (celui de la musique contemporaine) que cet album Prometheus va puiser les parties musicales qui en font sa beauté. Je suis tout à fait d’accord, et je vous l’accorde, sur le fait que cet album est sûrement celui qui est le plus difficile, de tous les albums du groupe, à aborder à la 1° écoute ! Laissez mûrir quelque temps les morceaux entendus et remettez-y vous ensuite. Vous verrez que vous aurez une autre façon (totalement différente de la précédente) d’écoute mais également d’apprécier la musique. Sur cet album, mon coup de cœur est le sublime ‘‘Empty’’ qui allie à la fois la rigueur du Black, la musicalité d’accords harmonieux, mais aussi l’impétuosité, l’innovation et la grande liberté d’expression que permet la musique contemporaine.


Ainsi je peux dire que cet album est un grand moment de plaisir pour les oreilles, du beau travail d’orfèvre, pleinement abouti, qui a le mérite d’être franc, direct et qui montre qu’il est totalement possible d’évoluer avec son temps, cet album est la preuve que traditions et modernité ne sont nullement incompatibles, un savant mélange pouvant en épater plus d’un.


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1 commentaire
Chronique
18 / 20
    Coercition, le Vendredi 04 Janvier 2008 parlez-en à vos amis  
Trouver une accroche pour critiquer une oeuvre culte est une gageure, tant la prose ne saurait faire écho à la musique qu’elle va décortiquée; elle sera de toute daçon fade, et ce que veulent les gens est voir l’éloge de leur objet fétiche. Ici, il y a de quoi. Tentant aussi d’y aller de son jugement acéré et obséquieux, voire de profiter de la rennomée de l’artiste pour faire mousser son style… C’est pourquoi la chronique suit immédiatement. Honnete avertissment : même en mélant le rapport objectif des procédés musicaux et en y allant d’une approche sensible et subjective, quiconque se frottera à Prometheus renoncera à objectivité sa profondeur et sa beauté intrinsèques. Attaquons.
Cet ultime opus ne saurait reposer sur un seul instrument maitrisé, voire sur une inventivité hors du commun de plusieurs d’entre eux. Il réalise plus que ça, chaque instrument voyant ses parties en symbiose totale avec celles des autres. Ainsi tout l’album est une débauche généreuse d’arrangements opportuns, quoique déroutants, et contribuant à une athmosphère inqualifiable, naviquant entre l’angoissant et l’oppressant et entre de franches accélérations faisant l’effet de soudains cris de joie; ces contrastes d’ambiance sont mutipliés dans la plupart des compositions, dont la structure torturée au possible et à la fois le témoignage et le vecteur de l’inventivité d’Ihsahn qui s’affranchit ici de toutes limites, rejetant le monde musical connu et dépassant la scène qui l’a enfanté, enfantant une oeuvre qui n’est plus du black, sans tomber dans une soupe électro inexpressive pour autant. In the Worldless Chamber sera le morceau le plus cité de l’album en raison de ce que cette chanson est celle qui remémore le plus l’héritage black d’Emperor dans Prometheus; il est dommage qu’elle obscurcisse par là les morceaux porgressifs plus originaux et diffciles à saisir, que sont nottement Grey. Cette chanson est la démonstration de ce que cet album sait faire cohabiter, avec des transitions minimes, deux ambiances totalement opposés au sein d’une même composition. On a ici des motifs de claviers trainants et répétitifs, s’obscursissant et mutant sensiblement mais insidieusement en réussissant à passer d’un lugubre réussi et complet, sorte de non-lieu abyssal, à une tonalité dégénérée que, pour qualifier, seul le mot “ironique” réussi à approcher, avant de se convertir en guitares transmettant cette espèce de transe accompagnée de frissons qui communique une sorte de joie extatique.Les nombreuses parties de piano et violon ne sont que l'un des aspects qui donnent à Prometheus sa force e tson monde à part. Ce sont de nombreux paroxysmes et changements soudains d’ambiance comme celui-ci qui confèrent sa force et sa mystique à l’ensemble de cet album, ainsi que les synthés et samples lancinants et plaintifs. Il faut d’ailleurs faire remarquer que jamais les compos ne tombent dans un lugubre manichéen et démagogique- non, Ihsahn invente de nouvelles émotions par le biais de cette nouvelle façon de faire de la musique. Oubliez cela, jamais cet album ne sera inspirateur de quoi que ce soit car trop décourageant, cette création étant une des plus porches de la perfection qu’il m’ait été données d’écouter. Les guitares savent également partir dans des trilles imprévisibles et la chant d’Ihsahn, quoique toujours imparfait, varie les registres et s’éloigne du cri, maitrisant l'aigu en accord avec les guitares aussi bien qu'avec leur lourdeur occasionelle, s’intégrant parfaitement au chaos des compositions- entre le froid d’In the Worldless Chamber et les ambiances feutrées ou psychédéliques du restes, les chansons commencant souvent par des chuchotements qui se répeterons au cour de nombreux breaks ou en guise de conclusion. Mémorable, Empty et son blast suivi d’une envolée de synthés adoptant les sons symphoniques du vieil Emperor dans une dimension plus envivrante et délirante que jamais. C’est là-dessus qu’il faut placer un éloge légitime à la batterie de Prometheus : les deux tiges sont douées d’ubiquité : sans relâche, elles surgissent du néant et martèlent chaque cymbale et chaque tambour de façon à ce qu’aucun ne se taise jamais : sitôt que le tintement métallique d’une cymbale résonnante commence à faiblir, une baguette aussi traitresse que mortellement précise surgit de l’autre bout de l’énorme construction- artefact voué au bruit et ranime l’objet de métal du mouvement vivant et porteur de vacarme. Il en résulte un fracas, combinaison des bruits creux et sourds des toms et ceux, entrelacés dans la même danse agitée, des cymbales. L’univers pourrait vaciller sous cet immense puissance de décibels, et pourtant l’homme machine infatigable n’accorde aucun répit, ses baguettes sont partout à la fois et surtout là où l’on ne les attendait pas et là où le chaos et le plus fort. Ici technique et rapidité s’allient en un être prompt à déclencher l’apocalypse. Tout tremble et le batteur et au centre; protégé par sa bulle d’exaltation et par son bonheur de frapper, frapper vite, frapper fort, sentir la baguette de bois rebondir sur les peaux tendues, entre ses doigts inondés; ne jamais s’arréter et, aveugle à la fin, accéder à la conscience physique de chaque tambour, comme un prolongement corporel. La batterie s'amusera d'ailleurs à jouer avec les claviers, créant une sorte de tintement multiple et déboussolant, de façon à se qu'on ne puisse se concentrer sur aucun des deux instruments simultanément.

Inutile de conclure, sinon pour ajouter que cette chronique nesaurait se substituer à une écoute intégrale, exclusive et abandonée de Prometheus.
A cette longue dythirambe il faut ajouter la pureté et l’efficacité du visuel, suggérant le vide par des forêts floues ou bien simplement par du néant irradiant; les lettres se détachant des lignes et chutant témoignent et font écho au caractère insaisissable de l’oeuvre, réussissant par là le tour de force de joindre la forme et le fond.

Le propre des grandes oeuvres, sans doute ?


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