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| CD paru enNovembre 1993 - Black Mark Production |

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1. The Spectral Sorrows 1.44
2. Darkday 4.28
3. Livin' Hell 4.19
4. Lost 4.35
5. The Masque 6.38
6. Blood of My Enemies 3.29
7. Jesus Cries 4.49
8. Across the Fields of Forever 6.07
9. On the Other Side 5.43
10. Sacrified 3.51
11. Waiting to Die 3.11
12. Feedin' the Charlatan 2.45
13. A Serenade for the Dead 2.23
Total playing time 54.02 |
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| Chronique |
 14 / 20 |
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L’heure du death mélodique Suédois a désormais sonné. Le terrible Dan Swanö et sa bande ayant clairement marqué son territoire avec Unorthodox, l’heure est venue d’enfoncer le clou.
Le leader d’Edge Of Sanity, insatiable compositeur, bat le fer tant qu’il est chaud et balance The Spectral Sorrows dès 1993. Il ne fallait certes pas attendre, tant ce cru 93 est celui de l’avènement du death mélodique non seulement en Scandinavie, mais aussi en Angleterre où le terrifiant Carcass accouche d’un monstre.
The Spectral Sorrows réussit convenablement à tenir son rang. On pût espérer le meilleur –le sublime- en découvrant l’impressionnante introduction instrumentale, qui amène sur un plateau Dark Day, ce que l’on pourrait peut-être considérer comme le premier pur morceau de death mélodique à la sauce Göteborg : tous les ingrédients sont réunis…un son au grain marqué, des riffs énergiques et rapides alternant jeu grave et puissant et lignes plus mélodiques, un rythme enlevé. Ajoutez la patte personnelle Edge Of Sanity, avec ses tendances progressives, et vous obtenez un morceau franchement culte.
Livin’hell tient plutôt bien son rang, même si il est de facture plus conventionnel et ne rompt pas avec des références old school (quelques passages font planer l’ombre d’Entombed…).
Sans préjuger de rien, il faut bien admettre que le reste de l’album n’est pas franchement pourvu en autres brûlots issus du même moule stylistique. On citera le nerveux Jesus Cries, ou On The Other Side parfait exemple de transition maîtrisée entre les deux écoles du death Suédois.
A part cela, les pulsions progressives de Swanö ressurgissent fréquemment, de manière parfois radicale. Sur Lost ou Across The Fields Of Forever, il s’essaie avec un death lent, alternant passages musclés avec d’autres mélodiques et aériens. Sur le second cité, le résultat est assez remarquable d’ailleurs. Il va même jusqu’à employer un chant clair et lyrique sur le curieux Blood Of My Enemy, certes osé, mais pas convaincant. Pourtant l’audace de Swalnö n’a pas de limites, quand avec Sacrified il nous sert une sorte de pop-rock-goth-new-wave-metal franchement affligeant.
Troisième visage de The Spectral Sorrows, le bon vieux death old school des familles, flirtant entre le bon (The Masque) et le passable (Waiting To Die). La difficulté d’Edge Of Sanity pour rompre radicalement avec ces influences passées paraît claire tout au long de l’album. Ce référentiel n’est pas préjudiciable quand il est intégré à des morceaux plus mélodiques et progressifs, cela est nettement plus contrariant quand l’impression d’hétérogénéité et d’anachronisme vient casser le dynamisme du disque.
Il y a donc deux façons d’appréhender le troisième album d’Edge Of Sanity : soit mettre en avant les quelques morceaux phares de pur death mélodique, affichant une maturité et une maîtrise qu’aucun de ses concurrents n’avaient encore atteintes ; le son légendaire des guitares, donnant une profondeur terrible aux compos (dommage que la caisse claire de la batterie soit si désagréable); où encore le talent indiscutable et pluriel de Dan Swarnö. Soit considérer l’album dans sa globalité, et de fait regretter l’hétérogénéité artistique, voire l’incohérence de certains choix ; ou carrément le préjudice causé par certains titres dispensables qui ternissent l’album. A ce propos, je vois une similitude entre Swarnö et Tägtgren d’Hypocrisy : ces deux génies Suédois, au talent prolifique indiscutable, ont le même défaut. A fourmiller d’idées et à vouloir exprimer toutes leurs facettes créatives, leurs œuvres souffrent au final de cohérence et laissent un goût d’inachevé.
A chacun de juger, pour ma part je persiste à mettre en avant le formidable impact de Dark Day, qui légitime à lui seul la place de pionnier d’Edge Of Sanity. Et je ne peux faire autrement que d’y associer l’éternelle frustration qu’une bonne partie du reste de l’album génère…
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