Handful of Stars

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Nom du groupe Drudkh
Nom de l'album Handful of Stars
Type Album
Date de parution 20 Septembre 2010
Style MusicalBlack Pagan
Membres possèdant cet album105

Tracklist

1.
 Cold Landscapes
Ecouter01:13
2.
 Downfall of the Epoch
Ecouter12:10
3.
 Towards the Light
Ecouter09:18
4.
 Twilight Aureole
Ecouter08:59
5.
 The Day Will Come
Ecouter09:06
6.
 Listening to the Silence
Ecouter01:04

Durée totale : 41:50

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Drudkh



Chronique @ enthwane

30 Août 2010


Drudkh nous avait laissé avec un "Microcosmos" qui m'avait laissé sur ma faim. Une production très moyenne, un son pas très puissant, et surtout, un sens des mélodies faible en comparaison avec "Autumn Aurora" et ses chansons superbes ("Summoning the Rain", mon dieu, j'en frissonne encore...). Vraisemblablement motivé par l'enregistrement du dernier Blood of Kingu à la production absolument écrasante, Roman Saenko nous gratifie, pour le dernier Drudkh, d'une production incroyablement claire, soignée jusque dans les moindres détails. La ressemblance avec Blood of Kingu s'arrête cependant sur ce point, car la brutalité sumérienne n'est pas la tasse d'hydromel du groupe. Nous racontant tour à tour contes et mythologie ukrainienne, histoires belles et tristes, les textes de Drudkh sont à l'image des chansons : fins, subtils, et travaillés. Je sais, je n'ai pas les paroles d'Handful of Stars sous les yeux, mais je suppose, je suppute - d'ailleurs, les paroles sont secondaires quant à l'appréciation de cet album incroyable.

L'album démarre. L'ambiance se pose aisément, directement. Reposant mais inquiétant "Cold Landscapes", très courte introduction au piano très mélancolique, mais terriblement belle. Elle sied parfaitement à l'ambiance générale de l'album, me rappelant parfois "La Dryade" des magnifiques Gris.

Puis voila enfin le véritable Drudkh qui déboule. La facette mélancolique très affirmée, tout en rythmique lente mais bien appuyée, le deuxième hymne de cet album symbolise parfaitement la chute de l'époque, comme son titre l'indique : guitares parfaitement réglées, batterie toute en finesse. Colossal morceau pourtant, affichant douze minutes au compteur, que l'on ne voit cependant absolument pas défiler, tant Drudkh, avec des rythmiques pourtant très minimalistes, arrive à capter notre attention, à l'attraper pour ne plus la relâcher. La fin du morceau est superbe : roulements et jeu de cymbales parfaits rythment la chanson de manière très efficace, comme pour évoquer les soubresauts de l'époque mourante. Puis arrive la voix, comme à son habitude, torturée, terrifiante, suffisamment mise en avant, mais pas trop non plus. bref, parfaitement calée. La guitare terminant la chanson rappellera à beaucoup "Springtime Depression" de qui-vous-savez.

Troisième hymne, ou enfin la lumière semble percer, à travers des guitares toujours très mélodiques et mélancoliques, et enfin un blast timide qui fait son apparition, comme pour réhausser l'agréable léthargie dans laquelle cet album nous plonge. Batteur toujours aussi imposant, dans un registre de jeu presque jazz, nous fait ballotter tranquillement entre ciel et terre, au milieu des étoiles, dont les mains des musiciens sont pleines.

L'espace d'une éclipse, "Twilight Aureole" ponctue le milieu de cet album, avec des riffs à la fois sombre et lumineux, symbolisant à la perfection ombre et lumière, la joie du soleil et la tristesse de la lune, qui viennent à se rejoindre dans une courte et sombre étreinte. Le solo final extrêmement chaotique de cette chanson marquera la fin de cette tendresse astrale, pour mieux nous diriger vers l'avant-dernière pièce de l'album.

Le jour viendra. Oui, le jour viendra. Introduction à la guitare chorus, suivie par guitare distordue et batterie marquant fortement la cadence, ce titre rapellera l'instrumentale de "Myspys" (Lifelover), en beaucoup moins noir cependant. Fantastique titre, comme le reste de l'album. Un morceau qui symbolise à la perfection cette attente, la musique parlant bien plus que les mots.

La dernière pièce porte un titre qui sonne prémonitoire. Apprendre à savourer le silence, tel est le défi que nous lance le trio ukrainien, comme pour annoncer la fin de Drudkh (n'est-ce pas leur dernier album, Roman Saenko préférant se concentrer sur ses autres projets ?). La guitare murmure à nos oreilles un requiem douloureux, triste, qui hante l'âme et fait frissonner. Minimaliste, répétitif, mais toujours cette patte reconnaissable entre mille, celle de Drudkh. Le disque se termine.

Nous ne sommes pas en présence d'un album de Black Metal. "Handful of Stars" est un album lumineux, déchaînement de passion mélancolique, d'une violente douceur, d'une radieuse noirceur. Tels des paysages froids, "Handful of Stars" marquera la chute d'une époque, celle de Drudkh, qui aura accouché d'un album lumineux comme une auréole d'éclipse. Mes amis, si Drudkh est mort, le moment est venu d'apprendre à se faire au silence. Si Drudkh est mort, alors baste - nous aurons perdu le meilleur groupe de "Black" Metal ukrainien de cette décennie.

Un album absolument incroyable, dont je suis fier de l'avoir parmi ma collection de disques. J'ai tenu à raconter ce disque, car il se pose pour moi comme la révélation de cette fin d'année, et probablement l'un des meilleurs disques de la formation. La messe est dite, do pobachennya Drudkh.

24 Commentaires

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celin - 01 Novembre 2010: Un peu déçue par cet album j'aurai aimé retrouvé le côté primitif de Drudkh qui en faisant un groupe vraiment exceptionnel. Cet album est une bonne soupe mélodique et mélancolique sans plus...
Apophis2036 - 15 Novembre 2010: Maintenant que j'ai cédé à la tentation et en ai acheté 1 exemplaire (sans aucunement outrepassé les intérêts de SoM en extirpant ce Handful of Stars illégalement), ne me reste plus qu'à savoir s'il me conviendra ou pas (comme le Estrangement ne me déplait pas, je pars serein)...

Désormais accessible dans tous les points de vente, tu devrais enlever le paragraphe sur ton téléchargement illégal (mauvaise presse).
LuneNoire - 03 Décembre 2010: Très bonne chronique enthwane.
Drudkh est ce que froid est avec hiver, une soupe d'une saveur inoubliable, il est l'entité monstrueux qui s'écoute avec patience et bonne écoute.
Ô puissant, Ô magnifique, Ô Drudkh.

18/20.
widomar - 16 Mars 2011: J'ai reçu cet après midi l'édition Box Collector en cuir et bois... Déjà, rien qu'extérieurement parlant, je bave... Sublime, magnifique finition etc etc...



Et le CD est à la hauteur de ce que je pouvais espérer. ça passe tout seul. Calme, mélancolique, parfois agressif, mais teinté de mélodie... Un must pour ma collection.



Très bonne chronique sinon ;)
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Chronique @ mcbrain090

02 Décembre 2010


Cela va bientôt faire deux mois que ce Handful of Stars est disponible; la chronique de enthwane est très bien mais si je tiens à manifester mes idées sur ce disque c'est bien parce que je ne trouve pas beaucoup de personnes et d'écrits insistant sur le changement que présente cet opus dans la discographie de Drudkh.

Ce disque comprend six morceaux dont une intro et une outro ; morcellement coutumier si j'ose dire.
L'artwork quant à lui présente un décalage avec les précédentes productions, il n'est plus question de nature : ni arbres, ni forêts. Le travail est réalisé par Fursy Teyssier, musicien et artiste de talent, qui semble réellement bien percer dans l'hexagone mais aussi à l'étranger (voir la cover du dernier Lantlôs et celle prévue pour le full-lenght d'Heretoir).
Il ne s'agit pas de juger mais de simplement se rendre compte de la rupture qu'établit cet artwork avec ceux proposés précédemment ; je vous laisse le soin de comparer.

Quant à la musique maintenant.
L' intro, sympathique dans l'ensemble, est basée sur l'utilisation du piano ; Piano dans Drudkh ? n'est-ce pas surprenant et inhabituel ?
Ce début se poursuit par "Downfall of the epoch" et là aussi, ce qui est frappant est le manque de grains et de gras dans le son des guitares.
La production et le son choisi rendent la musique plus lisse, plus lisible.
En outre on reconnait la patte de Drudkh, mais quelque chose a vraiment changé dans l'ensemble...
Il y a dans d'autres passages du disque des éléments qui se veulent plus percutants par la présence de blasts et de double mais là aussi les guitares adoucissent le tout et le rende moins rugueux qu'il ne l'aurait été s'il avait bénéficié du traitement sonore des albums précédents.
Ce qui marque en partie clairement le changement, c'est donc un son plus dépouillé et minimal qu'avant ; le passage basse/batterie du troisième morceau ne surprend pas plus que ça dans la mesure ou Saenko nous avait présenté un échantillon de cette nouveauté dans Microcosmos, mais on se rend compte qu'ici, la basse n'a plus la distorsion qui la caractérisait auparavant : elle est jouée en son clair tout comme la guitare la plupart du temps.
En finissant l'écoute de cette galette, le tournant constaté qu'a emprunté Drudkh s'affirme et se vérifie à maintes reprises.

Pour essayer de résumer de manière globale, on à a faire sur ce Handful of Stars a des morceaux plus structurés, à l'ossature plus "rock", à savoir intro/couplet/break et a des mélodies plus directes.
La composition se veut aussi plus aérée, surement dû au son moins 'distorsionné' des instruments.
Musicalement, on a l'impression que Roman nous livre ici une sorte de Dark Metal si vous me permettez ; certains passages me font penser à du Katatonia première période mais aussi à l'album "Last fair deal gone down" par moment ; la légèreté des guitares et la justesse de ce qu'elles véhiculent m'évoque un son que je rapprocherai de Dornenreich.
Il n'est plus question ici de folklore ukrainien, mise à part peut-être quelques notes légères de l'outro qui peuvent renvoyer certains nostalgique à l'époque ou Roman Saenko nous hypnotisait avec l'utilisation singulière de sa guitare sèche .
Révolu aussi les riffs qui faisaient la particularité de Drudkh : ces riffs complètement asymétrique, dissonants, et dégueulasse qui nous effrayaient et nous ravissaient, et qui mettaient en scène une composition Black Metal originale, témoin indéniable de la différence de culture du compositeur.

Mais voyez-vous, je ne suis pas là pour critiquer. J'ai aimé l'album, je l'aime beaucoup d'ailleurs, mais je n'arrive pas à l'intégrer à l'univers de Drudkh.
Il instaure une rupture certes, mais le talent de composition de Mr Saenko se fait toujours autant ressentir bien qu'il ait choisi d'habiller sa musique d'un tout autre ensemble pour la faire s'exprimer.
Malgré cette distance avec les productions antérieurs, il y a toujours cette fibre qui nous rappelle bien qui est aux manettes. Il y a aussi ce jeu de batterie à tout jamais reconnaissable, des solos qui me semblent bien plus pertinents qu'avant, mais aussi de très beaux riffs qui s'installent et vous bouleversent définitivement (je pense ici à "listening to the silence" ou j'y retrouve la mélancolie de certains passages d'Estrangement)

Drudkh a changé...

...mais il serait malhonnête de décrier l'album pour cette unique raison : Handful of Stars est un très bon album.

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