Eternal Turn of the Wheel

Liste des groupes Black Pagan Drudkh Eternal Turn of the Wheel
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Nom du groupe Drudkh
Nom de l'album Eternal Turn of the Wheel
Type Album
Date de parution 24 Fevrier 2012
Style MusicalBlack Pagan
Membres possèdant cet album78

Tracklist

1.
 Eternal Circle
Ecouter01:17
2.
 Breath of Cold Black Soil
Ecouter10:04
3.
 When Gods Leave Their Emerald Halls
Ecouter09:39
4.
 Farewell to Autumn's Sorrowful Birds
Ecouter08:02
5.
 Night Woven of Snow, Winds and Grey-Haired Stars
Ecouter08:12

Durée totale : 37:14

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Drudkh



Chronique @ Trollbein

30 Mai 2012

Un retour aux sources?

Si lors de la sortie de "Handful of Stars", plus d'un -dont le présent rédacteur- craignaient et pleuraient la fin de Drudkh, et désespéraient de retrouver un jour un son si unique, la première surprise offerte par le sieur Saenko fut l'agréable Old Silver Key, dont la réalisation laissa malgré tout plus d'un sur sa faim. Et pour cause, on y retrouve un Drudkh écarté quelque peu de, disons, son essence.
Il fallait croire que Drudkh était loin d'être mort, et en voici pour preuve qu'en 2012, Eternal Turn of the Wheel vient caresser nos oreilles pour notre plus grand plaisir. Si le titre a tendance à faire rêver quant à de belles années d'écoute à venir, restons en au fait: ce nouvel album tranche en un sens radicalement avec l'évolution que suivait le projet. Le son est propre, comme on pouvait s'y attendre, mais le résultat est plus proche d'un Forgotten Legends ou d'un splendide Autumn Aurora que de Microcosmos, par exemple. Prendre en exemple Autumn Aurora n'est pas ici un hasard, comme nous allons le voir de suite dans une brève description titre à titre de ce que contient cet album.

Une fois n'est pas coutume, un album de Drudkh commence par une intro acoustique courte mais dont la douceur nous transporte dans un léger sentiment de mélancolie comme l'on en retrouve nulle part ailleurs. Cette introduction -Eternal circle- ravive en nous quelques souvenirs de Fading. Un vent glacial se fait entendre, présageant de la suite, très vite accompagné par une mélodie (acoustique bien entendu) à la guitare. le tout finit sur un délicat chant de ruisseau.
On appelle aussi ça le calme avant la tempête.

Breath of Cold Black Soil commence et explose littéralement le calme qui s'était installé. La batterie s'impose, le blast est puissant et soutenu, accompagné par une guitare plus rapide que ce que l'on avait pu entendre dans l'opus précédant. Mais ce qui marque le plus un éloignement à l'évolution que suivait le projet, c'est la voix de Thurios. En effet, dès les premières paroles, on constate que la voix n'est ici plus un accompagnement discret mais intégré au morceau; mais un cri puissant qui mêle une certaine fureur à la mélancolie habituelle, en ce sens on se rapproche de l'excellent Estrangement (2007), qui dès la première piste envoyait un son puissant.

Puis vient "When Gods Leave their Emerald Halls", tout aussi puissant mais où le rythme est marqué différemment. Si dans la seconde piste (il s'agit là de mon humble avis et en aucun cas d'une vérité), la percussion se rapprochait, au début tout du moins, de ce que l'on a dans Battlefields (Hate Forest), et que l'on peut associer à la puissance regagnée de la voix de Thurios, on a dans ce troisième titre pour accompagner des riffs plus secondaires (mais donnant le ton) une double pédale accentuée suivant les cordes pour un ensemble où chaque seconde est marquée d'un coup puissant, un peu longuet ceci dit, mais jamais désagréable. Le tout est ponctué par quelques passages plus lents mais non calmes, où l'ambiance se rapproche plus de la tragédie que de la mélancolie, et des passages acoustiques rappelant que Drudkh, c'est aussi une ambiance que l'on installe avec quelques notes magnifiques venant du cœur de chaque instrument. Avant de finir par une dernière explosion violente, toujours ponctuée de roulements s'intégrant-et c'est là le petit défaut de la piste- parfois assez... disons curieusement avec l'ensemble.


Farewell to Autumn's Sorrowful Birds ramène un peu de douceur musicale dans cette écoute et réinstalle, toujours par la mélodie mais aussi la brise et quelques murmures, une tristesse inhérente non seulement au projet musical qu'est Drudkh, mais surtout à cet album en particulier, où l'on sent-et la voix de Thurios joue ici un rôle central-cette même fureur que l'on trouvait dans Breath of Cold Black Soil. Remercions les corbeaux qui se joignent à la cérémonie pour conclure ce petit bijou sonore.

La conclusion de l'album quant à elle peut laisser perplexe puisque rapidement le morceau se change en une alternance de deux ambiances qui - du moins pour moi, chacun aura son avis sur la question - ne se complètent pas forcément de manière idéale, signe qu'un retour forcé aux sources peut ne pas être exempt de quelques défauts. Défauts que l'on pardonne rapidement, car le morceau change, après son premier tiers, pour devenir, disons plus uniforme, dans une sorte de conclusion sombre et une transition vers une outro où la douce saturation fait place à ce vent glacial que l'on avait au début d'Eternal Turn of the Wheel. La boucle est bouclée.

Ceci étant (et j'en remercie ceux qui demandent des précisions) se limiter à une analyse musicale et du ressenti masque un second aspect d'Eternal Turn of the Wheel, puisque qu'il s'agit d'un album ayant pour thématique les saisons. A la lumière d'une traduction approximative, on est d'autant plus surpris par le regain de violence de la musique de Drudkh que l'ensemble des paroles se révèle plus que calme et poétique, et-l'on appréciera ou non la comparaison- possède ce coté enchanteur et descriptif que l'on retrouve chez des auteurs chantant presque des descriptions (Tolkien?). Eternal Turn of the Wheel peut être alors vu comme la description du temps qui passe durant toute une année dans un contexte à la fois calme, sombre et proche de la nature.
Ainsi le concept-album réalise un cycle des saisons, allant du printemps et de la fragilité du monde qui se dévoile, tel le dégel, le présage de la difficile renaissance de la nature et marquant une transition vers l'été; jusqu'à l'hiver suivant, arrivant dans "une nuit tissée de neige" qui s'éternise.
La description de l'été par sa fin n'est pas sans ajouter une mélancolie à "When Gods leave their Emerald Halls" qui est en fait plus une sorte de personnification de l'arrivée de l'automne à travers une étendue verte sentant sa fin proche, à ce sujet on pourrait remarquer une approche diamétralement opposée à celle que fait Dante du purgatoire-si l'on extrapole. Octobre (Farewell to Autumn's Sorrowful Birds) débute par l'accompagnement d'une nuée d'oiseaux durant leur départ suivi d'une errance dans le froid, la pluie et une nature en fanaison, prête à s'offrir au linceul que va constituer l'hiver.

Je résumerai cet album inespéré de Drudkh en ces termes:
si pour les fan de Microcosmos et Handful of Stars, ce nouveau volet musical peut sembler trancher avec l'esprit qui s'installait dans ce Black Metal à l'ambiance unique, il n'en est en fait rien. Drudkh continue d'évoluer tout en respectant la direction prise par le groupe, mais réalise aussi en quelque sorte un retour partiel aux sources, qui à mon sens ne laissera ni un adorateur des premiers albums ni d'un album plus discret, comme Estrangement, insensible; non sans reprendre d'une manière triste, mais prenante le thème des quatre saisons à travers un suivi chronologique de la nature fragile.
A écouter, mais aussi à écouter relativement à l'ensemble de l'oeuvre de Saenko et du groupe, telle une preuve que Drudkh avance mais n'oublie pas ce qui a été fait. Eternal Turn of the Wheel peut ainsi être compris comme une vision d'ensemble des œuvres musicales du groupe.


(note: cette chronique est l'expression d'un avis personnel et non objectif, les interprétations sont un point de vue et non des affirmations, chaque auditeur étant libre d'apprécier comme il lui sied une œuvre musicale)

8 Commentaires

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Matai - 31 Mai 2012: C'est aussi la première chose que je fais et je trouve ça formidable de s'embarquer dans le concept quand il y en a un. On voit la musique différemment après et c'est encore plus beau de voir qu'on peut, non seulement décrire la musique, mais aussi les thématiques et la vraie essence de l'album en question.
Trollbein - 31 Mai 2012: J'avoue ne pas avoir pris le temps d'examiner plus attentivement le livret, mais ce que je voulais faire était plus un commentaire au niveau de l'évolution musicale de Drudkh à travers cet album et non une explication plus détaillée de ce que représente réellement chaque morceau,navré si ça a déplu, mais je reste satisfait si le projet intéresse toujours autant. Je suivrai bien évidemment toute chronique sur le sujet, chaque point de vue apportant un peu plus sur cet album.
Je vais examiner le livret et éventuellement ajouter quelques mots si j'en ressens le besoin.
[edit] Le livret que j'ai, si c'est le seul type existant, montre en effet par les artworks (superbes) la thématique du projet mais je cherche actuellement les paroles pour développer là dessus ;)
Trollbein - 31 Mai 2012: j'edite la chronique, mais je précise que l'étude du thème des saisons est un angle de vue que je n'avais pas envisagé, en conséquence je complète brièvement avec ce que j'ai. J'espère que les précisions apportées seront utiles, et merci à tous ceux qui commentent et m'aident à améliorer ce que j'écris.

[edit] j'ai édité la chronique, en y ajoutant une explication(séparée du reste puisque le reste, je l'ai fait sans prendre le concept en compte) et remaniant quelque peu la conclusion. La traduction française que j'ai pu obtenir est approximative mais j'ai tenté de retranscrire ce qui me semble être dit du mieux que je le pouvais, et invite les auditeurs à réécouter l'album en se plaçant dans l'ambiance qui est celle des paroles. J'espère que ce sera utile.
=XGV= - 30 Juin 2012: Une fois le concept expliqué, la chronique est bien plus complète, tu as bien fait de l'ajouter.
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