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| CD paru le 22 Janvier 2002 - Elektra Records / Atlantic Records |

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DISC 1
1. The Glass Prison 13.53
2. Blind Faith 10.21
3. Misunderstood 9.33
4. The Great Debate 13.46
5. Disappear 6.46
DISC 2
1. Six Degrees of Inner Turbulence 42.02
a/ Overture
b/ About to Crash
c/ War Inside My Head
d/ The Test that Stumped them All
e/ Goodnight Kiss
f/ Solitary Shell
g/ About to Crash (Reprise)
h/ Losing Time / Grand Finale
Total playing time 96.20 |
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| Chronique |
 20 / 20 |
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DREAM THEATER, groupe mythique, règne depuis 10 ans en souverain éclairé sur le Prog-Metal ... Non, ça je l'ai déjà dit et en plus c'est complètement obsolète ! Soyons clair : DREAM THEATER, avec cet opus, a décidé d'asseoir tout le monde, sans aucune distinction. Et pour ça, ils ne prennent pas de gants, genre : « - Bon, maintenant, c'est simple, nous allons vous montrer ce que c'est que de faire de la bonne musique quand on a vraiment des idées ... »
CD1 The Glass Prison – Blind Faith – Misunderstood – The Great Debate – Disapear
L'intro de « The Glass Prison » est plutôt mystérieuse (averse, cloche, arpège bizarre ...) mais le reste cartonne tout azimut de façon assez brutale et J. Petrucci et J. Rudess s'y livrent même à un authentique duel de Titans. « Blind Faith » est emprunt de finesse : intro spatiale, évolution constante du rythme, refrain à gros riff avec, en prime, un Jordan exubérant à souhait (piano virevoltant, solos d'orgue et de synthé à tomber ...). La 1ère partie de « Misunderstood » est enchanteresse (guitare acoustique, violoncelle, mélopée prenante), tandis que la 2ème ne cesse de gagner en intensité pour déboucher sur un final à décollage immédiat, direction la 5ème galaxie à gauche : thème dissonant en contretemps, boucles hallucinées de synthé et solo de guitare complètement schizoïde ... « The Great Debate » : au début, un peu capharnaüm sur les bords (voix de speakers, bruitages divers, le tout accentué par un M. Portoy complètement hors de lui) succède une ribambelle de riffs tous plus speed et hachés les uns que les autres. L'ensemble est insolemment complexe mais interprété avec une aisance et un feeling déconcertants. Puis on frôle le malaise avec « Disapear », un titre calme mais dispensateur d'un tristesse sans fond. Les instruments semblent tous, à un moment ou à un autre, être affectés de troubles sonores et J. Labrie est mortel : voix traînante et magnifique, mélodie à pleurer. Eprouvant, mais beau !
CD2 Six Degrees of Inner Turbulence
J'en ai rêvé et ils l'ont fait ! Une suite gigantesque, outrancière, atypique et d'une richesse sans équivalent. Mais comment aborder un tel raz de marée ? Vais-je vous parler du majestueux « Overture », symphonique et Hollywoodien 8-) ? Ou plutôt de l'atmosphérique « Goodnight Kiss », sublime, illuminé par des solos de piano et de guitare quasi-divins ? Et pourquoi pas de « The Test That Stumped Them All », avec ses voix de déments hystériques et ses riffs de tronçonneuse épileptique ? Ou alors, de « Solitary Shell », avec son élégante rythmique acoustique rehaussée de joviales trilles de synthé ? Peut-être aussi, du jubilatoire « About To Crash », dont les mélodies énergiques et imparables distillent un tel plaisir de jouer, qu'elles amèneront inévitablement sur vos lèvres un sourire béat de félicité ... Mais non, c'est impossible, car je risque d'en oubLier, et cela ne serait pas faire justice à toutes les splendeurs que recèle ce chef-d'œuvre ...
Cet album a été élaboré avec amour, cela se sent. La production est top, le mixage est impeccable et met superbement en reLief chacun de nos 5 lascars. Les arrangements sont nuancés, truffés de trouvailles qui sont de véritables délices. Grâce à tout ceci et à leur fantastique talent de compositeurs, pas un instant d'ennui, même les longues envolées instrumentales sont variées et captivantes. Et, finalement, j'adore le look du CD qui m'avait pourtant un peu déçu la première fois ou je l'ai vu.
Ils envisageaient d'asseoir tout le monde mais, pour ma part, c'est plutôt d'une ascension au paradis dont il s'agit... Allez, ce coup là, pas d'hésitation, je mets la note maxi et avec un plaisir non dissimulé !
6 commentaires |
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| Chronique |
 17 / 20 |
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Rares sont les groupes à déchainer autant de passion, de ferveur mais également d’aveuglement. Dream Theater rentre dans cette catégorie restreinte de musiciens réussissant à imposer un talent et un concept face à un public ne venant pas forcément de sa sphère musicale. Beaucoup de personnes avouent avoir découvert le metal progressif avec les américains, pourtant non couverts de reproches par les fans (moi le premier !) de ce genre aussi excessif qu’exigeant. Mais pourtant, ne pas admettre l’excellence, voire la perfection perlant sur l’album précédant, l’ambitieux "Metroplis pt II, Scenes from a Memory", ainsi que sur son dantesque successeur, cet inattendu "Six Degrees of Inner Turbulence", incroyable concept reposant sur deux disques bien distincts.
Basé sur un concept autant complexe que difficile à saisir (pouvoir, politique, traîtrise, corruption, mensonge, mélancoLie…), cet album repose sur deux opus que je qualifierais personnellement de complètement différents, comme deux parties à la fois radicalement divergente mais aboutissant néanmoins à un tout, tout du moins d’un point de vue lyrique. Si le premier disque se compose de cinq très longs morceaux (ce qui nous surprend à peine !), le second n’est en réalité qu’une seule composition divisée en huit actes, à l’atmosphère elle aussi paradoxalement opposée aux titres individuels.
S’ouvrant sur le phénoménal "The Glass Prison", qui, après une courte introduction faite de cloches instaurant une ambiance solennelle et grandiose, démonte tous les doutes que l’on pouvait avoir sur la possibilité de donner une suite au second volet de Metropolis, notamment grâce à un riff exceptionnel de notre ami John Petrucci, toujours aussi impressionnant derrière sa guitare (adepte de wah wah sur ce titre!). Le son est d’une puissance faramineuse et aplatit l’auditeur sous un mur de lourdeur et de technique. Mike Portnoy se veut impérial sans pour autant (pour une fois) en faire des tonnes et se coller à ce que demande la musique, sans jamais trop en imposer. Puis le duel schizophrénique entre le batteur prodige et James LaBrie nous délogera quelque peu de notre image de perfection. Comme trop souvent, le chant de LaBrie n’adhère pas complètement à la musique pratiquée par ses compagnons virtuoses. Peut-être que son chant trop typique ne parvient pas à transcender une musique plaçant déjà le niveau à une hauteur incroyable. Pourtant, à l’écoute de la partie solo, on ne peut que se retrouver au sol face à tant de génie et d’inspiration, et ce pour chaque musicien. Si Petrucci ne peut sur ce titre nié la ressemblance d’obédience « Vaiesque » de son amorce de solo aussi folle que rapide et injouable, que pour ce bassiste incroyable qu’est Myung ou ce claviériste virtuose Jordan Rudess. Bref, ce solo de près de trois minutes est une perle du progressif.
Mais plus généralement, ce sera ce premier disque qui se révèlera presque intouchable, quasiment absent de tout faux pas. Dream Theater y donne en cinquante trois minutes sa définition du prog dans sa forme la plus aboutie et novatrice, sans les quelques travers qu’on pouvait encore, à tort ou à raison, lui reprocher, à savoir une approche trop mathématique et pas assez organique de la musique, créant un vide émotionnel aussi profond que possible. Le refrain planant de "Blind Faith", où LaBrie se trouve être impérial, nous emportant très loin dans son monde, de sa voix suave et simplement belle, sa légèreté n’étant ici pas un défaut. L’accompagnement au piano et les chœurs atteignent également un grand degré de beauté, tandis que les interventions quasi-expérimentales de Rudess se dégustent sans jamais que l’on ne veuille les voir s’arrêter.
Quand aux magnifiques "Misunderstood" et "Disappear", ils semblent évoquer la déchante mélancoLie d’un homme définitivement passé de l’autre côté du monde, ayant dépassé une vision corrompue et fausse d’une existence qu’il croyait mener à sa guise. Le chant désabusé et empli de tristesse de James est déchirant de sincérité (à n’en pas douter une de ses plus grandes performances), parfois bien plus appuyé qu’il ne l'a jamais été, nous plongeant dans une détresse complète et abyssale, poignante et ténébreuse. Les arrangements aux claviers ne seront pas sans évoquer les paysages sonores de Porcupine Tree (ces fameuses nappes dépressives au possible), quand au solos de Petrucci, ils s’effacent au profit de l’atmosphère (merveille de la parcimonie, trouvaille de la sobriété !) et leurs techniques n’en deviendraient que plus impressionnantes (le final hallucinant et hurlant de "Misunderstood") car s’intégrant parfaitement.
Quand au second disque, il se voudra inéluctablement moins abouti, presque insignifiant face à la grandeur de la première partie. De sa mélancoLie intimiste, il ne restera en effet rien, étant aussi décadent et grandiloquent que la première partie est expérimentale. S’il s’ouvre pourtant sur une grandiose "Overture", symphonique à souhait et évoquant inévitablement le non moins sensationnel "The Odyssey" de Symphony X étant sortie à la même époque, la longueur de ce passage souffrira d’une sensible sensation d’indigestion. Néanmoins, certains éléments de ce gigantesque puzzle harmonique et progressif valent vraiment le coup, comme le hargneux "War Inside My Head" ou le très (mais alors très !) technique "The Test that Stumped Them All", véritable démonstration d’un savoir quasi-infini mais retombant forcément dans quelques travers, même si l’agressivité globale (ce Mike Portnoy impérial et inébranlable) du titre et son pont très funky fassent office de décompresseurs.
Sur une vision analytique et continue de ce second disque, nous ne pourrons que saluer la performance de réussir à varier suffisamment les ambiances pour ne jamais tomber dans la lassitude, mais également ne pas oubLier que nous venions de nous prendre une des plus monumentales baffes progressives de tous les temps avec la première partie.
Mais globalement, force est d’admettre que nous tenons entre nos mains un pavé indispensable pour chaque fan de progressif, de musique technique ou simplement ambitieuse, qu’un excès de virtuosité ne rebuterait pas. Une sorte d’achèvement et de contemplation d’une œuvre que le groupe a construit de ses propres mains…et qui marquera par son éternelle envie d’expérimentation. Un grand témoignage d’un amour invétéré pour la musique avec un grand M, et qui nous fait nous apercevoir avec bonheur que metal et musique commencent par la même lettre.
1 commentaire |
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| Chronique |
 12 / 20 |
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Dream Theater est un groupe respecté à bien des titres. Fins musiciens, ils ont su se creuser une niche dans le metal progressif, créant une sorte de chaînon manquant entre Rush et Iron Maiden, et se sont surtout fait connaître au moyen de longs breaks instrumentaux, attirants pour les uns, repoussants pour les autres. Ayant malgré tout fait preuve à plusieurs reprises d'une redoutable efficacité en matière de composition, même si celle-ci fut entachée ça et là de soupçonneux "emprunts" (voir ma chronique de Train of Thought pour un petit récapitulatif non exhaustif) ou d'un virage un peu trop commercial au goût de certains (avec le néanmoins bon "Falling into Infinity"), le dernier album en date qu'était "Scenes from a Memory" avait mis tout le monde d'accord. Qu'on apprécie ou pas, DT ça en jetait quand même un max.
Il faut donc dire que la sortie de ce 6ème disque studio était entourée d'un vif intérêt, surtout en reluquant le menu : un double CD, 6 morceaux, dont un dépassant les 40 minutes! Le doux grain de foLie du rock prog des années 70 semblait être de retour, et moi qui croyais que plus aucune maison de disques n'accepterait de sortir un truc dans la veine de "Tales From Topographic Oceans" (double album de Yes sorti en 1973 fait de 4 morceaux de 20 minutes XD), j'en étais réduit à bouffer mon chapeau.
Maintenant, si la forme était pour le moins alléchante aux yeux des prog addicts, c'est une autre histoire pour le fond. C'est en effet début 2002 que l'on voit apparaître (à ma connaissance) la notion de "coin d'inspiration" dans les interviews de Mike Portnoy, habituellement chargé de la chose. Il a beau dire que le groupe fonctionne comme ça depuis sa naissance, le bougre, mais ce 6ème album marque nettement le début une inversion dans les proportions : avant 2002 la part des morceaux où l'on était frappé par telle ou telle ressemblance était très largement minoritaire, alors que dorénavant, DT va se faire une spécialité de singer ses groupes favoris, parfois avec tellement de mimétisme que cela confinera au risible.
Le coin d'inspiration est donc cet endroit merveilleux du studio contenant quelques CDs, où vont naître des clones de riffs déjà existants, des idées recyclées et autres eurékâs frauduleux. Tout un programme!
L'album démarre pourtant à tombeau ouvert avec The Glass Prison, dont les 3 premières minutes passent comme une lettre à la poste, mélangeant habilement mélodies travaillées et feeling thrashy énergique. Ca se gâte un peu au premier couplet (chanté par Portnoy), qui inaugure ici la longue série d'imitations de James Hetfield, série toujours en cours. L'avantage, c'est que celle-ci est sans doute la moins frappante de toutes. Le morceau continue sa progression jusqu'au refrain à 4'37", refrain plutôt raté car il casse la dynamique du titre. Puis c'est le drame. 5'54", gros break lourdingue directement inspiré par Pantera, avec même des scratches de guitare tout droit sortis de Rage Against The Machine. Sauf que DT ne sera jamais ni Pantera, ni RATM. Ca sonne aussi naturel que si on avait demandé à ces deux groupes d'incorporer un joueur de synthé et de faire du prog. Bref, break chiant comme la mort. 9'44", redémarrage à fond les ballons pour le classique dialogue guitare / claviers évidemment achevé par l'inamovible synchronisation. La fin du titre convainc et me laisse un désagréable goût amer. Les 4 minutes du miLieu sont vraiment malvenues. Dommage.
Blind Faith est le morceau 100% Dream du 1er disque, typiquement faussement commercial, avec ses premières minutes plutôt mainstream, laissant la place à un refrain plus heavy, puis vers 5'00" s'enclenche un long break instrumental où changements rythmiques et thèmes mélodiques mid tempo accrocheurs parsemés de solos règnent de façon absolue. Sûrement pas leur meilleur titre, mais ma foi fort agréable à écouter.
On passe à Misunderstood, titre plutôt étrange qui part comme étant la ballade de l'album, mais qui se noircit au fil des minutes. Le refrain saturé est assez convenu, mais le thème dépressif qui tombe à 4'32" puis à 6'37" s'avère surprenant. Le solo de Petrucci joué à l'envers rajoute une couche de mystère et l'on obtient une espèce de croisement entre Soundgarden, Nine Inch Nails, Radiohead et les Beatles. Très étonnant, et même si je n'accroche pas franchement, ce titre a le mérite d'exister.
4ème pavé du disque, The Great Debate. Intro syncopée qui monte en puissance, couplets, ponts, refrains variés et convaincants, on peut toutefois regretter que le break se fasse attendre et désirer puisqu'il débarque à 9'27"! Les solos et thèmes techniques ET mélodiques (comme quoi c'était possible d'éviter de faire de la bouillasse sur l'album suivant) servent au bout du compte un break / final bien court en proportion du reste. Alors, bon titre ou pas? Finalement, ça dépend s'il on a déjà écouté Tool. En 2002 je n'en connaissais aucune note et logiquement The Great Debate m'était apparu comme un titre concluant. Mais maintenant, c'est une autre histoire. Les gimmicks de Tool sont volontairement placardés un peu partout (mention spéciale au passage "are you justified to take life to save life" qui fera hurler de rage les adeptes d' "Ænima"), et laissant perplexe quant aux conséquences du fameux "coin d'inspiration".
Bon allez, c'est déjà plus ou moins arrivé par le passé, reconcentrons-nous pour accueillir le 5ème et dernier titre du 1er disque (ma gentillesse me perdra).
Disappear… "C'est sans doute le morceau le plus expérimental que nous ayons jamais fait. Il est novateur, même si certainement très influencé par Radiohead", Mike Portnoy. Attends… j'ai mal entendu… Peut-il nous la refaire, sa bonne blague? Parce que là, on est tout simplement en train d'écouter du "OK Computer", alors si c'est ça qu'il qualifie d' "expérimental" et de "novateur", soit il manie l'ironie, l'antithèse et le second degré d'une main de maître, soit il nous prend ouvertement pour des abrutis avec une effronterie sans borne. Vous l'aurez compris, Disappear n'a aucun intérêt. Du balai.
Le bilan de ce premier disque apparaît donc très mitigé :
1er titre plutôt chouette dans l'ensemble mais souffrant d'un break casse-couilles et peu naturel car pompé sur un style Pantera qui ne leur sied guère.
2ème titre de qualité et honnête dans la composition.
3ème titre original dans le mélange relativement subtil de différents existants.
4ème titre, tribute band à Tool pour une bonne partie. Frustrant.
5ème titre, tribute band à Radiohead. Tout sauf "expérimental et novateur" XD Totalement vain.
Heureusement, j'ai là sous la main le second disque comprenant le fameux monument de 40 minutes et des bananes. Malheureusement, d'un point de vue général, c'est beaucoup moins homogène qu'un Change Of Seasons, qui lui, est un véritable morceau-fleuve aux transitions léchées. Dans "6 Degrees…", on ne peut que constater le foirage complet des transitions sensées intégrer la partie The Test That Stumped Them All au reste. De plus, Goodnight Kiss, commençant très doucement juste après un fade-out, donne l'impression que le morceau global est coupé en deux.
Concernant la musique en elle-même, elle est loin de faire l'unanimité chez les fans de DT, contrairement aux compositions-cultes du groupe. L'intro à rallonge va en saouler certains par son côté mickey parade ou générique miss France sur quelques passages (1'07", 3'24", 4'22"), alors qu'elle possède par ailleurs d'Excellentes parties poignantes et bien orchestrées. C'est d'ailleurs parfois tellement bien "composé" qu'on détecte une ressemblance flagrante avec le morceau The Wall du groupe Kansas (écoutez The Wall à partir de 3'30"… no comment). About To Crash possède de bons moments et constitue un titre d'entame probant d'une durée raisonnable. La partie suivante, War Inside My Head, est par contre clairement sous-exploitée à mon goût. Trop bien foutue pour être si courte! Du vrai Dream Theater agressif comme je l'aime, c'est-à-dire pas comme dans le break de The Glass Prison. Hélas, l'immonde transition introduisant The Test That Stumped Them All débarque trop tôt : une cascade de notes déboulant sans crier gare et ressemblant à un exercice d'échauffement des doigts joué à fond la caisse. Pourtant, cette partie exploite de bonnes idées et met en musique le côté frappadingue des textes d'une manière réussie.
Ensuite, Goodnight Kiss permet aux oreilles de faire une petite pause tout à fait bienvenue et possède d'après moi le second moment fort du disque, à savoir le final, dont la superbe et grisante guitare solo s'emboîte parfaitement avec Solitary Shell. Mais flûte, zut et crotte, cette sixième partie n'est qu'un vulgaire copié-collé de Solsbury Hill de Peter Gabriel. Une coïncidence, sûrement… ha-ha-ha. La suite est plus anecdotique, avec une reprise d'About To Crash et une outro reprenant les grosses ficelles de l'intro (avec encore une fois ce passage à la Kansas). Conclusion somme toute classique pour insuffler une pseudo-homogénéité au moyen de quelques artifices.
"6 Degrees…" est globalement un bon titre, mais souffre de défauts qui pourront être rédhibitoires pour certains : transitions parfois ratées, manque global de cohésion et repompes – encore…
Il fut intéressant d'analyser cet album plusieurs années après sa sortie. Je pense que, comme beaucoup en 2002, j'ai été aveuglé par le côté ronflant du disque. Le projet était très ambitieux, mais finalement il l'était peut-être un peu trop. Les "emprunts" sont maintenant institutionnalisés au sein des compositions du groupe et de facto les grands moments sont plus rares. Je conseille de vous procurer ce disque si vous êtes fan de DT, mais prenez-le avec des pincettes, ayez du recul par rapport à ce qui est proposé. En janvier 2002, Rock Hard titrait "Dream Theater, sont-ils vraiment humains?", et je crois que la réponse est "oui", car j'ai appris qu'à partir de ce "6DOIT" ils pouvaient parfois être vraiment malhonnêtes.
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