Black Clouds & Silver Linings

Liste des groupes Metal Progressif Dream Theater Black Clouds & Silver Linings
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Nom du groupe Dream Theater
Nom de l'album Black Clouds & Silver Linings
Type Album
Date de parution 23 Juin 2009
Produit par Portnoy Mike
Style MusicalMetal Progressif
Membres possèdant cet album412

Tracklist

DISC 1 - BLACK CLOUDS & SILVER LININGS
1. A Nightmare to Remember 16:11
2. A Rite of Passage 08:36
3. Wither 05:26
4. The Shattered Fortress 12:49
a/ Restraint
b/ Receive
c/ Responsible
5. The Best of Times 13:09
6. The Count of Tuscany 19:16
DISC 2 - UNCOVERED 2008/2009
1. Stargazer (Rainbow Cover) 08:11
2. Tenement Funster / Flick of the Wrist / Lily of the Valley (Queen Cover) 08:18
3. Odyssey (Dixie Dregs Cover) 08:00
4. Take Your Fingers from My Hair (Zebra Cover) 08:19
5. Larks Tongues in Aspic Part 2 (King Crimson Cover) 06:32
6. To Tame a Land (Iron Maiden Cover) 07:16
DISC 3 - INSTRUMENTAL MIXES
1. A Nightmare to Remember 15:39
2. A Rite of Passage 08:36
3. Wither 05:29
4. The Shattered Fortress 12:47
a/ Restraint
b/ Receive
c/ Responsible
5. The Best of Times 13:20
6. The Count of Tuscany 18:48
Total playing time 3:16:36

Chronique @ Julien

15 Juin 2009
Sur le papier, ce Black Clouds & Silver Linings a de quoi faire frémir tous les fans du groupe. Seulement six titres à plus de 75 minutes au compteur. Si nous n’avons pas droit à de grandes odes épiques je ne sais plus quoi faire. Avec pas moins de quatre titres à plus de douze minutes (dont un final de presque vingt minutes) et une pléiade de versions, il va y avoir de quoi faire. Reste que ce disque produit par le duo Portnoy/Petrucci marque un tournant dans la vie du groupe puisqu’il s’agit ni plus, ni moins que du dixième album studio du combo new-yorkais. Une marque de longévité qui de toute façon force le respect. 

« A Nightmare du Remember » était le titre qui soulevait le plus d’interrogations. En effet, de nombreuses déclarations décrivaient ce titre comme « gothique ». Jordan Ruddess et Mike Portnoy n’arrivant pas a trancher (Portnoy ayant démenti les dires de Ruddess dans une interview suivant les déclarations du claviériste), je vais le faire. Enfin, je vais essayer de la faire, car je comprends ce que Ruddess a voulu dire en utilisant cet adjectif. Peut-être que grandiloquent aurait été plus approprié. C’est vrai que l’intro fait plus penser à Dimmu Borgir qu’à du Dream Theater. Ambiances malsaines, très symphoniques, rythmiques plombées mais au final l’on retombera sur nos pattes avec le retour à quelque chose de plus familier. Nous sommes d’ailleurs dans une optique plus rentre dedans, un peu à l’image de ce qu’avait pu être Train of Thought. Nous voici donc rentrés de plein pied dans l’univers proposé par Black Clouds & Silver Linings.

Sur le titre suivant nous revenons dans un monde plus convenu avec « A Rite of Passage ». Le texte a été écrit par les sept cordistes et traite de la franc-maçonnerie. Pourquoi pas, reste que ce titre est assez classique et tranche avec l’opener. Après vingt-cinq minutes et deux titres il nous faut déjà un souffle d’air et il viendra astucieusement de « Wither ». Titre plus lent et aussi plus court, il permet de reprendre une bonne inspiration avant la suite.
Le titre le plus intéressant vient ensuite avec « The Shattered Fortress ». Pour ceux qui suivent le groupe ça sera une évidence mais, pour les autres, il faut une petite explication sur ce titre. En effet Portnoy a écrit ce que l’on appelle le « Twelve-step Suite ». « The Shattered Fortress » en est la dernière partie. Il s’agit donc de la mise en chanson des différentes étapes de la thérapie mise en œuvre par les alcooliques anonymes pour sauver le frappeur. Ancien alcoolique il voulait introduire dans la musique de Dream Theater cette « suite ». Elle se compose de : « The Glass Prison » sur Six Degrees of Inner Turbulence, « This Dying Soul » sur Train of Thought, « The Root of All Evil » sur Octavarium, « Repentance » sur Systematic Chaos et donc de « The Shattered Fortress ». Du coup, vous pouvez vous amuser a retrouver toutes les reprises de thèmes musicaux à travers les différents titres. Ça serait vraiment Excellent d’avoir tous ces titres enchaînés en Live.
A l’opposé du thème assez grave de « The Shattered Fortress », « Best of Times » offre un percé de lumière. Guitare acoustique, petit violon, il y a une vraie touche de poésie sur ce disque résolument sombre.
Il ne reste plus que le final avec « The Count of Tuscany ». L’intro y est très longue mais la guitare se fait chantante. C’est peut-être le seul point négatif dans la composition de ce disque, la longueur un peu excessive de cette dernière flèche. Reste que la rythmique soutenue emmené par Portnoy et Petrucci fait mouche.

Nous allons quand même parler des autres membres du groupe. En dehors des deux têtes pensantes l’on retrouve un Jordan Ruddess qui a su nous trouver des sons originaux et sa maîtrise comme sur « Best of Times », amplifiant le propos de la guitare. James Labrie montre encore de belles choses mais de façon plus sporadique que sur Systematic Chaos. Son chant proche de Dave Mustaine sur « A Nightmare du Remember » ou encore son intensité « Wither » laisse présager de bonnes choses, mais il sera souvent égal à lui-même. J’avais vraiment préféré sa performance sur l’opus précédent. Quant à John Myung, est-ce trop demander de l’entendre un petit peu plus. Sinon, la production est vraiment bonne, je dirais même meilleure que sur Systematic Chaos. Les guitares sont bien tranchantes tout en gardant une puissance de tous les instants. Hormis la basse tous les instruments bénéficient d’un traitement de qualité.

Dernier point a noter, c’est la multitude des versions qui sera disponible. Il y aura une édition trois CDs avec l’album, l’album en version instrumentale (no comment) et un disque de six reprises ; une version double vinyle. Et le meilleur pour la fin, une version « deluxe » avec les trois CDs, les deux vinyles, un disque spécial producteur, une lithographie, un tapie de souris et la possibilité de trouver un ticket argenté afin de rencontrer le groupe en « meet’n greet », le tout dans une superbe boîte en métal. Si avec ça vous ne trouvez pas votre bonheur!... 

En conclusion, on a un bon album de Dream Theater. Mais, je reste un peu déçu par la performance de James Labrie. Pour le reste, ça ne sera que du plaisir à l’état pur pour tous les nombreux fans du groupe.  

54 Commentaires

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Xoklyr - 29 Mars 2011: MMMmmmm.... entre Systematic chaos et Black Clouds and Silver Linings j'Pense que j'préfère Systematic Chaos. D'un certain point de vue, il sonne plus ''plus commercial'' mais il est aussi beaucoup plus progressif que leur plus réçent. J'aime Black Clouds and... pour la férocité, l'album sonne très agressif, un peu comme Train Of Through mais je trouve qu'ils ont malheureusementperdu leur coté plus technique. Quant à moi, Images and Words reste leur grand classique
pielafo - 29 Mars 2011: Selon le meilleur Dream Theater c'est justement Systematic Chaos car je trouve qu'il est tres varie. Des hymnes bien metal et des ballades tres belles. Bien qu'il n'arrive pas loin derriere le Metropolis Part 2.
thetriptych - 01 Mai 2011: Le "(no comments)" à propos du disque 3 me fait marrer, je me demande ce que tu as voulu dire (à propos de LaBrie ?...).
 
David_Bordg - 20 Mars 2015: tres grabd album, sombre et envoutant.Aggressif et original pour du dream theter. un de mes preferes.
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Chronique @ snetruccii

22 Novembre 2010
Telle une maman vérifiant la température du bain de bébé en y plongeant le coude, il y a fort à parier que l’amateur de Dream Theater (et non le « fan ») ira sur le net essayer de voir quel va être l’accueil de ce nouvel album de Dream Theater. Et comme à chaque fois depuis plusieurs albums (depuis Six Degrees, en fait), impossible de tirer une ligne directrice des avis énoncés tant ceux-ci restent variés, allant de l’encensement aveugle à la critique acerbe et systématique. Alors comment s’y retrouver dans cette jungle contradictoire ? La tentation est grande de conseiller au lecteur de ne se fier qu’aux chroniques pondérées et intelligentes des Éternels, mais finalement, rien ne vaudra de l’écouter soi-même et de se forger son propre avis. Toutefois, au-delà des réactions souvent excessives que provoque chaque nouvel album de Dream Theater (et qui confirme si besoin était le statut à part de ce groupe qui passionne), il s’agit d’y voir plus clair dans ce Black Clouds & Silver Linings.

La critique en track by track est tentante, vu que seuls six titres remplissent la galette. Six titres imposants, s’étalant de cinq à dix-neuf minutes. L’ambition du groupe ne faiblit pas, et son refus de rentrer dans les canons de la musique mainstream avec des radio-edit de quatre minutes toujours aussi patents. Malgré tout, Dream Theater continue sur l’impulsion donnée par Train of Thought, à savoir une musique plus catchy et facile à appréhender pour le non-musicien – ce qui ne veut pas dire moins complexe ou moins virtuose. Ainsi, des titres comme "Wither" ou "The Best of Times" s’inscrivent dans la tradition de mélodies mièvres qui ont toujours été une des facettes de Dream Theater, mais sans la subtilité, le raffinement et le mystère de titres tels que "Lifting Shadows Off a Dream", "Take Away My Pain" ou encore le désormais classique "Through Her Eyes". Non, ici, l’émotion est plus exacerbée et ostentatoire, la rendant moins percutante car moins insidieuse. Le même type de critique a été fait (avec raison) pour "The Answer Lies Within" sur Octavarium : ces titres risquent d’être assez vite oubliés. Malgré tout, le solo de Petrucci à la fin de "The Best Of Times" redonne à lui seul un intérêt à cette chanson, tant c’est l’un des meilleurs qu’il nous ait pondu depuis un paquet d’années.

Dream Theater est définitivement plus dans son élément sur les titres plus heavy metal. "A Rite of Passage", sans doute le meilleur titre de la galette, aurait presque pu figurer sur Train of Thought : riff lourd, accélérations et claviers sombres, les différents éléments de l’album de 2003 y figurent avec en bonus ces petits arrangements à la guitare qui ont vu le jour sur Octavarium. Là encore, Petrucci nous gratifie d’un solo inspiré… tout le contraire de Rudess, qui sera le maillon faible de cet album, avec des interventions rarement pertinentes, que ça soit avec son continuum ("The Count of Tuscany") ou ses bruits bizarres ("A Rite of Passage")… Bien sûr, lorsque l’homme se contente de jouer de son instrument en accompagnement, on retrouve avec plaisir ses sonorités coincées entre progressif pur (orgue Hammond, continuum, piano…) et metal (chœurs ostentatoires, orgues…), mais chacun de ses solos est une déception… ils sont heureusement peu nombreux. Le cas Portnoy est plus difficile à cerner. Certes, son jeu de batterie n’a pas vraiment changé, toujours aussi riche, puissant et efficace, mais de plus en plus prévisible. Est-ce la raison pour laquelle Portnoy a choisi de s’impliquer plus dans le chant ? Son passage sur "A Nightmare to Remember" est en tout cas un ratage évident… l’intention est bonne, mais la participation d’un guest sachant growler aurait d’évidence été bien plus intéressante…

Et même lorsque, sur ce même titre, Dream Theater s’emballe et décide de devenir vraiment méchant avec un blast beat qui se veut presque Dimmu Borguirien, force est de constater que l’effet tombe à plat. Autant l’agressivité de Dream Theater sur Train of Thought parvenait à faire bouger l’auditeur, autant celle sur "A Nightmare to Remember" sonne presque faux, comme si le groupe n’y croyait pas vraiment. Malgré tout, Dream Theater tente de ramener en son sein les fans désabusés par leurs trois derniers albums avec "The Count of Tuscany", dont les arpèges d’intros renvoient immédiatement à la période Images and Words / Awake avec un certain brio. Longue mais bien moins complexe et passionnante que "Octavarium" ou "A Change of Seasons" (à laquelle Portnoy la comparait), cette piste est rendu bancale par ce long passage très Floydien au milieu et ce final devenu depuis quelques années trop classique et répétitif – on ne compte plus les titres se terminant par ce genre de passage ("The Ministry of Lost Souls", "Octavarium", "In the Name of God"…). "The Count of Tuscany" laisse donc un goût d’inachevé dans la bouche et ne parvient pas à se hisser au niveau d’"In the Presence of Enemies" (Part I&II), d’"Octavarium" ou de "In the Name of God". Quant à la comparaison avec "A Change of Seasons", elle s’avère finalement assez peu pertinente, tant les deux titres appartiennent à deux périodes totalement dissemblables de Dream Theater.

Reste donc le cas "The Shattered Fortress", qui, plus que tout, cristallise les dissensions entre les auditeurs, fans, amateurs et critiques mélangés. Dernier chapitre de l’histoire de Portnoy aux Alcooliques Anonymes, il avait été commencé par "The Glass Prison" en 2002 et s’était poursuivi sur les trois albums suivants : nous avons donc ici la cinquième et dernière partie. Il y a deux manières de voir ce titre : soit on y voit une facilité, un manque d’inspiration et finalement une espèce d’escroquerie révélant que Dream Theater est à bout de souffle, soit une suite logique dont l’ambition est de faire voyager l’auditeur d’album en album, en passant par "This Dying Soul", "The Root of All Evil", "The Glass Prison" et "Repentance". Cette seconde option est, en tout cas, le ressenti de votre serviteur, qui retrouve avec un plaisir non dissimulé les lignes vocales et les mélodies apportées par le groupe durant ces dernières années… le même genre de plaisir avec lequel s’effectuait la découverte des thèmes repris dans Metropolis Part II, même si avec "The Shattered Fortress", le procédé est moins subtil. Mais ça marche, et ce titre se révèle être lui aussi l’un des plus intéressants. Même les interventions vocales de Portnoy ne choquent pas.

Dream Theater persiste et signe, si quelqu’un en doutait encore, dans la voie qu’il s’est ouverte avec Train of Thought. Le groupe ayant écrit Awake ou Scenes from a Memory n’est plus. Dream Theater a arrêté de s’adresser avant tout aux musiciens férus de technique pour se tourner vers cette nouvelle frange de jeunes fans séduits par une musique plus évidente et qui sonne plus familière à leurs oreilles. Dream Theater en a-t-il perdu son âme ? C’est ce que disent les esprits chagrins n’acceptant pas que leurs anciennes idoles se soient ainsi métamorphosées. Pour autant, Black Clouds & Silver Linings, pour inégal et maladroit qu’il soit par endroit, n’est pas foncièrement mauvais pour qui n’a pas vomi à l’écoute de ses précédentes productions.

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wizzor - 03 Décembre 2010: c'est vrai que cet album est assez bancal. Le groupe cherche parfois trop de complexité là où quelques riffs suffiraient. Pourtant il faut reconnaitre que des refrains comme celui de "A rite of passage" ou "the count of tuscany" sont assez prenant. Un bon album qui manque juste un peu de piquant.
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Chronique @ Amdor

03 Mars 2010
Après plus de vingt ans sur la scène du Metal, Dream Theater n'a plus à justifier sa réputation. Black Clouds & Silver Linings, dixième album des cinq de Long Island était annoncé comme un album sombre, impression renforcée par la pochette aux couleurs très froides, à l'instar de celle de Awake.
Connu pour ses longues chansons, le groupe a néanmoins surpris en n'annonçant que six chansons seulement pour ce nouvel opus qui a une durée comparable à celle de Systematic Chaos.

"A Nightmare to Remember", premier titre de la galette, affiche déjà une durée supérieure à seize minutes et traite d’un accident de la route qu’ont eu le guitariste et sa famille lorsque celui-ci était plus jeune. L'introduction de ce titre, et donc de l'album, est assez inhabituelle, comme annoncé par les membres du groupes, dans l'historique de Dream Theater : symphonique mais surtout très sombre, ou du moins, beaucoup plus que par le passé. Ça surprend mais c’est surtout assez pompeux. La suite s'inscrit plus dans les traces de ToT, sus-cité, le ton reprend des teintes plus heavy. Au bout de cinq minutes, le jeu se calme le temps de souffler, puis vient l’heure où Petrucci et Rudess alternent les soli dans un fleuve de technique. C’est toujours aussi impressionnant, quoique trop peu mélodique à mon goût. La fin du morceau reste dans le même ordre, à savoir dans une ambiance ténébreuse. Je n’ai pas su quoi penser du morceau tout d’abord car assez différent de l’ordinaire – entendre Portnoy hausser la voix en fond, c’est quand même quelque chose, même si ça ne colle absolument pas avec les paroles – mais on peut considérer cela comme l’évolution dans la continuité. Certains n’apprécieront pas mais on n'est finalement pas si loin de l’esprit "Train of Thought" avec une touche personnelle qui manquait peut-être à ce dernier. Un bon titre en somme quoique peut-être trop long.
Premier single issu de l’album, chanson dévoilée avant la sortie de l’album, "A Rite of Passage" est, lui, plus classique dans sa construction : à mi-chemin entre Home et In The Name of God, il s'agit d'une alternance de couplets et de refrains ma foi assez accrocheurs avec un nouvel espace soli dédié au guitariste et au claviériste qui, une nouvelle fois, n’ont pas été chercher la mélodie. Pas grand-chose de plus à en retenir donc si ce n’est que le riff principal a tendance à me lasser à la longue. "Wither" constitue la partie calme de l’album. Sans être vraiment mauvaise, elle n’est pas exceptionnelle, je pense qu’elle aurait gagné à être jouée en acoustique. Le solo de Petrucci n’est pas mauvais mais colle assez mal au reste. Arrive ensuite, moment attendu par de nombreux fans, la suite et fin de la série de chansons sur les Alcooliques Anonymes. "The Shattered Fortress" donne un résultat mitigé. Ce titre est un medley des (Excellentes) parties précédentes avec un mixage meilleur et un son optimisé, tout en incluant des parties nouvelles assez dispensables. J’avoue avoir été très déçu, dans un premier temps, car on a une impérissable sensation de déjà-vu et je ne trouvais pas ce final grandiose comme je l’aurais souhaité. Mais force est d’avouer que les riffs sont vraiment terribles et jouissifs. De plus, leur assemblage est de bonne facture. Le non fan criera au scandale, les autres pourront apprécier. Et puis, quand on y pense, il n'y avait guère d'autre solution pour achever cette série.

Le titre suivant est aux antipodes de l’ambiance générale de l’album. "The Best of Times" est pourtant réalisé à propos du père de Mike Portnoy récemment décédé mais, au lieu de s’attarder sur l’aspect mélancolique, celui-ci préfère se remémorer les bons souvenirs… et mon Dieu, qu’est-ce que c’est bon ! Après une intro où Rudess reprend le piano (pour notre plus grand plaisir), accompagné de Petrucci en acoustique qui arracherait bien une petite larme, le titre se veut joyeux et j’ai envie de dire que ça fait du bien. Mais ce qui porte réellement cette chanson au rang futur classique du groupe c’est véritablement le solo du barbu à la guitare. Sans forcement briller par sa technique (quoique), l’aspect mélodique trop absent de l’album est ici présent pour le meilleur. Un solo long de trois minutes qui fait partie des meilleurs du gratteux… woaw.
On arrive déjà au final de l’album, "The Count of Tuscany", titre long de dix-neuf minutes avec un passage Pink Floydien atmosphérique de plus de trois minutes qui met en relief un sompteux final. Petrucci, exceptionnel sur l'électrique y est tout aussi bon sur l'acoustique avec un Labrie proche de la perfection. Un final trop court pour moi mais clôturant de la plus belle manière qui soit cet album.
Dans l'ensemble, le morceau semble vouloir revenir à un illustre Scenes from a Memory, avec une guitare chantante dans l'intro et un refrain accrocheur quoique assez basique. Mon Dieu que ça fait du bien !

Arrivé au bout de l’album, c’est l’heure du bilan. Mais que retenir de Black Clouds & Silver Linings ? Difficile à dire, cet opus est parfois inégal mais ne tombe jamais dans le mauvais. Après un début très sombre, on retrouve "The Best of Times" loin de cette idée et "The Count of Tuscany" plus proche du Dream Theater d’avant "Six Degrees of Inner Turbulence". On ne sait pas vraiment sur quel pied danser mais cela ne colle-t-il pas à merveille au titre de l'album ? Si, sur le fond, il n’y a que peu de choses à reprocher, on n’est pas face à l’album parfait, notamment au niveau des paroles bien moins travaillées que par le passé. On peut aussi regretter que Jordan Rudess tende trop à aller vers des battles avec Petrucci, quoique très techniques, en oubliant trop souvent la mélodie tandis que Mike Portnoy, tout en restant impeccable aux fûts semble vouloir chanter trop souvent et surtout à des moments qui ne le nécessitent pas, notamment sur "A Nightmare to Remember" et "The Count of Tuscany". Enfin, John Myung semble de plus en plus effacé dans la vie de groupe alors que l’on connait ses talents tant de bassiste que de parolier. Enfin, on regrettera quelques longueurs au niveau des deux pistes les plus développées.

Mais à côté de cela, l’album est un Excellent exemplaire dans son genre, avec un Petrucci inspiré et LaBrie qui réussit à chanter dans des tons qui lui conviennent sans pour autant voiler ses qualités de vocaliste. Mettre une note est un exercice difficile ici, mais cet album dispose des ressources pour plaire. La mienne semblera élevée (subjective dirons certains), elle l'est peut-être mais Dream Theater reste Dream Theater, que ce soit avec la tonitruante intro et les riffs monstrueux de The Shattered Fortress, le solo de The Best of Times ainsi que l'outro de The Count of Tuscany, entre autres. Pas le meilleur album du groupe, cependant loin d'être le plus mauvais, Black Clouds & Silver Linings devrait réconcilier tant les nouveaux fans que les anciens, revenant légèrement sur les traces d'un Images & Words et de Scenes from a Memory, sans toutefois virer dans l'auto plagiat.

Quant au CD de reprises présent avec l’album, les pistes restent de bonne qualité (quoique j’ai ma préférence pour Stargazer, la reprise de Queen et celle de Zebra) et ont le mérite d’exister afin de nous faire (re)découvrir quelques inspirations du groupe.

Le + : The Shattered Fortress, The Best of Times, The Count of Tuscany
Le - : Wither

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Commentaire @ stickinthemud

09 Octobre 2012

Il est toujours extrêmement difficile de décrire et de critiquer un album de Dream Theater tant chacun est complexe et diversifié (i’m glad you said that, challenge accepted !). Je vais donc vous parler de cet opus assez particulier dans la discographie du groupe. Il s’agit du dixième mais surtout du dernier presté par le batteur Mike Portnoy, fondateur de la formation et pierre angulaire de la composition de la musique.

Première chose qui peut interpeller : son format (six titres pour plus de 75 minutes de musique). Il n’y a pas de doute, nous sommes bien dans du progressif. Des morceaux très longs donc, ce qui a toujours été une particularité du groupe, mais apparaît très marquée ici.

Le premier morceau, « A Nightmare To Remember », nous offre déjà une surprise. L’introduction est très sombre, même gothique (c’est le claviériste Jordan Rudess qui l’a dit) lorsque vient la guitare accompagnée d’une double pédale et d’un clavier en chorus. Les choses rentrent plus ou moins dans l’ordre quand arrive le riff principal, percutant. Ce titre d’ouverture nous plonge dans un registre résolument metal et avec un ton assez oppressant. Il offre cependant un beau panel de solos et de riffs. Il vaut mieux car il dure déjà 16 minutes.

On enchaîne avec « A Rite of Passage », morceau traitant de la franc-maçonnerie. Ici, on est en plein dans le Dream Theater « classique ». Le riff principal est, selon moi, tout à fait génial et on reconnait la patte de John Petrucci. On sent qu’il s’agit d’un titre voué au single, le morceau est, en effet, moins long et sa structure est plus simple avec les ingrédients habituels de ce genre de titres : riff accrocheur, couplet prenant, refrain mélodique, break puissant, solos et clôture.

Après tout ce qu’on vient déjà d’ingurgiter, « Wither » offre une respiration. Il s’agit d’une ballade, le genre dont on retrouve un exemplaire dans chaque album du groupe. C’est un morceau facile à écouter, le seul qui ne demandera pas plusieurs écoutes pour en faire le tour.

Vient ensuite « Shattered Fortress ». Il s’agit d’une nouvelle étape d’une suite qui en compte douze et qui s’étale sur différents albums. On retrouve alors différents thèmes musicaux déjà utilisés dans d’autres albums mais agencés de façon à faire un nouveau morceau.

« The Best Of Times » apporte une ambiance plus légère avec un thème qui donne un sentiment de nostalgie qui n’est pas du tout désagréable. On soulignera vers la fin du morceau un magnifique solo mélodique de Petrucci digne des grands compositeurs baroques du 17ème siècle (dont le groupe s’est maintes fois inspiré).

Le dernier titre de l’album « The Count Of Tuscany » en est aussi le chef-d’œuvre. C’est la piste la plus longue et elle nous fait passer par beaucoup d’émotions différentes. On notera un refrain poignant avec Portnoy appuyant le chant de James Labrie, mais aussi un passage à la Pink Floyd après lequel vient un moment guitare acoustique/chant assez émouvant et qui donne des frissons lorsque la batterie et la disto viennent se poser.

Pour conclure, je pense que c’est un très bon album de Dream Theater dans lequel ils renouent avec le rythme et l’efficacité par rapport au précédent « Systematic Choas » que je trouvais un peu inégal et décousu. La production (Petrucci/Portnoy) est d’une qualité exceptionnelle, chaque petit détail est parfaitement audible et le son de batterie est terrible. Peut-être aurait-il fallu mettre la basse un peu plus en valeur. Pour ma part, je me serais bien passé de « Wither » qui est quand même très superficielle malgré qu’elle fasse respirer un peu l’album. Je conseille à tous les fans de Dream Theater qui n’ont pas encore cet opus de se le procurer, vous ne serez pas déçus. Pour les gens qui ne connaissent pas, ce n’est pas un mauvais album pour commencer, même si je conseille toujours de découvrir un groupe de façon chronologique. Mais, je le rappelle, ce genre de musique s’adresse à un public initié. En effet, il est très difficile de rentrer dedans lorsqu’on n’a aucune expérience du progressif en général. Quoique… lorsqu’on a l’esprit ouvert…

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