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Metal Progressif Dream Theater A Dramatic Turn of Events
CD, date de parution : 13 Septembre 2011 - Roadrunner Records
Produit par : Petrucci John, Enregistré à : Cove City Sound Studios
Style: Metal Progressif

NOTE SOM : 14/20
Toutes les notes : 17/20 Vous devez être membre pour déposer une note
Tracklist
1. On the Backs of Angels 08:42
2. Build Me Up, Break Me Down 06:59
3. Lost Not Forgotten 10:11
4. This Is the Life 06:57
5. Bridges in the Sky 11:01
6. Outcry 11:24
7. Far from Heaven 03:56
8. Breaking All Illusions 12:25
9. Beneath the Surface 05:26
Total playing time 1:17:01

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126 avis 6 17/20
Chronique
18 / 20
    MetalAngel, Lundi 12 Septembre 2011 parlez-en à vos amis  
Le meilleur album du début du second semestre 2011, tout simplement !

La vie d’un groupe n’est pas de tout repos. En effet, comme tant toute société pluri-individuelle, il est obligatoire de constamment respecter un certain nombre de règles pour que la coexistence entre les membres soit la plus pacifique possible. Parfois, l’ambiance est tellement ensoleillée qu’un line-up reste stable durant des années. A d’autres moments, les egos, ou les problèmes personnels, mettent à mal les efforts collectifs de bonne entente. Dans ce dernier cas de figure, une séparation temporaire ou une modification de configuration humaine d’une formation peut se révéler salvatrice.

Dream Theater a déjà une longue expérience. Et malgré les relations amicales qui Lient ses membres entre eux, de nombreux changements se sont avérés plutôt utiles à l’évolution du groupe. C’était le cas avec les départs de Kevin Moore et Derek Sherinian. Dream Theater a continué son petit bonhomme de chemin jusqu’à l’auto-éviction récente et surprenante d’un de ses fondateurs, j’ai nommé Mike Portnoy. Que s’est-il passé pour que celui qui, à l’évidence, était le cœur de la musique interprétée par le combo new-yorkais en arrive à être remercié par ses collègues ? Portnoy a toujours été un battant. Pourtant, il a dû faire face à de multiples difficultés, tant personnelles que professionnelles, qui l’ont forcé à annoncer, via un communiqué de presse, son désir de mettre Dream Theater en stand-by. Parmi ces raisons, nous pouvons citer, entre autres, la dégradation de ses relations avec les autres membres du groupe, ses problèmes de fatigue récurrente ou le fait qu’il prenne bien plus de plaisir à jouer avec ses autres projets (Transatlantic, Hail !, Avenged Sevenfold). L’état d’esprit dans lequel s’était embourbé le batteur allait, semblait-il alors, sonner le glas de Dream Theater.

Heureusement pour les fans, ce ne fût pas le cas. Car, même si Portnoy, détenteur légal du patronyme du groupe, ne souhaitait pas que ses ex-compères continuent sans lui en usant du nom Dream Theater, James, les deux John ainsi que Jordan ne l’entendaient pas de cette oreille et prirent la décision, certes la plus aisée, de le conserver. C’est à partir de ce divorce assez mouvementé que les quatre rescapés se sont mis à la recherche d’un nouveau frappeur de fûts pour remplacer Mike. Après avoir auditionné des musiciens aussi prestigieux les uns que les autres (citons par exemple Aquiles Priester, Virgil Donati ou Derek Roddy), l’identité du lauréat est enfin annoncé dans le dernier épisode de la mini-série ‘The Spirit Carries On’, filmé pendant les auditions, en date du 29 avril 2011 : c’est Mike Mangini (Extreme, Annihilator, Steve Vaï) qui a l’extrême privilège et la lourde tâche de devenir le nouveau batteur de Dream Theater.

Dans la foulée, les américains enregistrent ‘A Dramatic Turn of Events’, un album intéressant de par son éclectisme, se situant dans la parfaite continuité de ‘Systematic Chaos’ et ‘Black Clouds & Silver Linings’. Un poil plus sombre que ses prédécesseurs, ‘A Dramatic Turn of Events’ fait la part belle aux ambiances et aux éléments plus rock qu’à l’accoutumée. De nombreuses parties, inhabituelles chez Dream Theater, tels que ce merveilleux break blues au sein de « Breaking All Illusions » (à 7’14) ou l’intro mystique tibétaine de « Bridges In The Sky », ponctuent cet album. Mais, c’est certainement le titre « Outcry » qui est vraiment le plus surprenant : celui-ci démarre en douceur par une mélodie jouée aux claviers avec un son de vibraphone, puis continue par un riff en mid-tempo digne d’un Excellent Within Temptation, puis un pont constitué d’un sample électronique, proche de celui intégré au morceau « Cold Heritage » de Lacuna Coil, fait son apparition, avant de laisser place au métal progressif. D’autres innovations sont distillées avec parcimonie ça et là tout au long des 1h25 de musique présentes sur ce disque. Mais, je vous laisse le soin de les découvrir par vous-mêmes, comme des grands.

A part ces évolutions, l’on retrouve les éléments caractéristiques du metal de Dream Theater : rythmiques impaires, morceaux en tiroirs (« On The Back Of Angels », « Breaking All Illusions »), surexposition de claviers, mélodies barrées, section rythmique mise en avant, soli de fous, balades empLies de tristesse (« This Is The Life », « Far From Heaven », « Beneath The Surface »), refrains plaisants et dantesques (« Lost Not Forgotten », « Build Me Up, Break Me Down »). Toutefois, les deux plus grandes baffes de ‘A Dramatic Turn of Events ‘ se révèlent être « Bridges In The Sky » et « Outcry ».

Malgré les événements récents relatés au début de cette chronique, cette nouvelle pièce maîtresse de Dream Theater est tout bonnement magistrale. Elle tient largement la comparaison avec ‘Images and Words’, ‘Train of Thoughts’ ou ‘Black Clouds & Silver Linings’ en termes de qualité de composition, de production et d’interprétation. Cela est dû principalement au fait que tout le groupe, hormis Mike Mangini, s’est attelé au travail d’écriture. Ce dernier se débrouille très bien derrière les fûts. L’union fait la force, comme le dit l’adage. Cela s’est vérifié ici. Par ailleurs, le départ de Portnoy a permis un relâchement des tensions internes. Enfin, le son puissant et le mixage sont dû au duo John Petrucci / Andy Wallace. Ce qui se traduit par un enregistrement brut de décoffrage, avec une basse et une batterie que l’on arrive à entendre un peu plus. Le ton général est, donc, plus direct, plus ténébreux. Ce léger revirement de cap redonne plus de dynamisme à l’ensemble, ce qui, vu la complexité de la musique de la formation, n’est pas un mal, loin de là. Il lui donne plus de fraîcheur et nous permet, enfin, d’apprécier le talent de Dream Theater à sa juste valeur au travers d’un metal plus aéré et moins brouillon.

Les compos devraient très bien passer le test de la scène. Nul doute que les gens devraient reprendre d’une seule voix les refrains et passer un Excellent moment de communion avec James Labrie et ses collègues.

Tout comme Stratovarius il y a trois ans, Dream Theater est arrivé à survivre après le départ soudain et douloureux d’un membre fondateur et à créer puis enregistrer l’un de ses albums les plus versatiles et réussis. Il a réussi à me surprendre de bout en bout et, bien que les ¾ des chansons de ce nouvel opus dépassent les 6 minutes, à aucun moment je n’ai eu envie d’éteindre ma platine pour reposer mes oreilles et ma cervelle. C’est un très grand progrès. Finalement, je dois avouer que ce ‘A Dramatic Turn of Events’ est un très beau cadeau en ce début d’automne, qui devrait plaire tout autant aux proggeux qu’aux autres metalleux, grâce à sa variété, sa subtilité et sa tendance à naviguer entre les genres. Le meilleur album du début du second semestre 2011, tout simplement !




52 Commentaires
Chronique
10 / 20
    Eternalis, Lundi 26 Septembre 2011 parlez-en à vos amis  
Plus qu’une déception, est ici la preuve flagrante que le chemin à parcourir s'annonce très long [...]

Perdre un membre originel dans une entité artistique n’est jamais un instant simple à vivre ni à gérer, qui plus est lorsqu’il s’agit d’un électron moteur et principal artisan de la réussite et du glorieux passé de la dite entité. On se souvient sans mal du fracas qui avait suivi l’éviction de Tarja Turinen de Nightwish, ou encore le choc du départ d’André Matos et ses compères du dieu Angra. Ces artistes qui avaient grandi ensemble mais n’avaient réussi à garder une cohésion suffisante pour subvenir aux besoins non plus individuels des hommes et des femmes mais bien de la création dont ils étaient les auteurs.
Parfois par hypocrisie, autrement par des divergences musicales ou des tensions psychologiques devenant insurmontables, les changements de line-up considérés comme « insurmontables » ont montré à l’histoire que la volonté, l’envie et le dénouement de musiciens à la cause de leur art valaient parfois l’égo surdimensionné de quelconques « divas » se plaisant à se trouver sous le feu des projecteurs. Néanmoins, lorsque se fit l’annonce du départ de Mike Portnoy de feu Dream Theater, à savoir le plus important groupe de metal progressif de la planète, les interrogations sont autrement plus nombreuses. Batteur, compositeur et accessoirement producteur sur dix albums, technicien ahurissant et respecté par la planète entière, Portnoy portait à lui seul l’âme d’un groupe dont le patronyme était un choix personnel, et dont les textes étaient majoritairement liés à sa propre vie et ses expériences parfois dramatiques (décès, alcoolisme…).

Les raisons étant toujours aussi obscures et probablement plus complexes que ce qui nous fut déclaré (des problèmes d’emplois du temps contradictoires…insuffisant pour quitter et être viré de son propre bébé), et suite à un épisode digne des heures les moins glorieuses de la télé-réalité pour mener des castings en vue de trouver le successeur du batteur, c’est un autre Mike qui fut engagé, Mangini celui-ci, pour seconder le groupe. L’annonce en grandes pompes du renouveau de Dream Theater ne tarda pas, malgré des shows moyens, marqués par un Mangini jouant à la « c’est moi qui ait la plus grosse » quelque peu puéril et peu engageant pour la suite. Le titre de ce onzième tomba comme un couperet et avec un timbre si pathétique de facilité que l’on ne pouvait que craindre le pire (« la dramatique tournure des évènements »).

Mais faisons fi de toutes ces spéculations et écoutons nos oreilles et notre cœur lorsque résonne ces neuf nouvelles compositions.
Parlez de déception serait presque un pléonasme tant l’attente ne semblait pas insoutenable en vue des dispensables teasers qui affluèrent sur le net bien avant la sortie officielle du disque. Affublé du costume de bourreau dans la presse par Jordan Rudess et Petrucci, ces derniers déclarèrent avoir pour la première fois travaillé en équipe pour un résultat personnel et intime.
Personnel en aucun cas…intime malheureusement…

Car nom d’un homme, il y a bien longtemps qu’une telle mollesse et un manque évident d’inspiration avaient frappé de plein fouet un disque du grand DT. Comme on pouvait si attendre avec le guitariste aux manettes, les compositions ont pris une tournure très mélodique, souvent affligeant de facilité et de niaiserie, pour sombrer dans un monde dégoulinant de sucreries, de douceurs et de chewing gum difficilement comestible et encore moins facilement digérable.
Traiter chacun des morceaux serait un exercice de style trop complexe mais il convient de dire que si l’album n’ait pas non plus avare de bonnes idées, on a trop souvent l’impression que les new-yorkais se tirent une balle dans le pied à peine un bon riff ne vient parcourir nos sens. Si "On the Backs of Angels" est un condensé de tous les écueils du groupe compilés en neuf minutes (à savoir des riffs inexistants, des mélodies niaises, un Labrie exaspérant dans les aigües et des claviers inconsistants, sonnant plastique et nullement émotionnel), on pourrait voir en "Lost on Forgotten" des monstres prog comme avant mais non…Si les riffs redeviennent bien plus heavy et écrasants comme Petrucci sait si bien le faire quand il le veut, c’est, et peut-être pour la première fois de sa carrière, Rudess qui gâche l’ensemble avec un manque de créativité très surprenant. Sonnant incroyablement synthétiques, ses arrangements sont la plupart du temps à côté de la plaque, et même ridicules, notamment lors de l’Excellent solo de guitare qui parcours ce titre fleuve. On regrettera également un vocaliste semblant faire peu d’efforts pour offrir des variations, Labrie chantant comme sur une ballade sur la quasi-totalité de l’album, quand sa voix n’est pas blindée d’effets qui, si sur "Octavarium", collaient parfaitement à l’ambiance, ici dénaturent complètement l’atmosphère ("Build Me Up, Break Me Down" et ses riffs passe partout presque neo metal).

Globalement, on pensera évidemment à "Octavarium" pour cette direction musicale très posée et pop, ce qui n’est fondamentalement pas un problème puisque ce huitième album était une totale réussite, rafraichissante et ayant renouvelé l’approche du groupe lorsque certains les voyaient se mordre la queue. Cependant, il y avait de l’émotion, de la créativité et un brin non négligeable de magie, fait indispensable lorsque la technique et la puissance ne sont plus les principaux moteurs. Ces éléments sont absents de "A Dramatic Turn of Events". Si "This is the Life" est clairement stérile et affolante de « dégoulineries », "Bridges in the Sky" est le parfait exemple de ce disque, démarrant de manière jouissive pour exaspérer plus loin. L’atmosphère ritualiste, sombre, presque malsaine de cette intro tibétaine, mystique déboulant sur des chœurs divins, semblent enfin nous préparer à du très grand art. Quelques descentes de piano ne font qu’accentuer l’aspect sacré de l’introduction pour un résultat stupéfiant…puis un riff absolument dantesque, dans la veine d’un "The Glass Prison", nous agresse viscéralement dans le plus pur des bonheurs. Il était temps !
Très lourd, le rythme nous démontre la versatilité et la technique instrumentale de Mangini, alors que James Labrie semble plus à l’aise sur ce type de composition plus sombre et clairement épique. Mais voilà…il fallait bien que quelque chose vienne rouer une si belle mécanique et c’est une nouvelle fois du côté de Rudess qu’il faudra se tourner, avec sa multitude de mélodies « pouet pouet » complètement anachroniques, brisant complètement l’atmosphère sombre de l’ensemble et étant à son paroxysme sur un solo complètement calqué sur le "A Nightmare to Remember" de l’opus précédent, la surprise en moins. La reprise du refrain vers les neuf minutes tente bien de nous réconciLier mais il est encore une fois un peu tard…

"Breaking All Illusions" continue de nous abreuver de ses claviers si synthétiques et semblant tout droit sortie de la new-wave des années 80. Que de déceptions pour un musicien exceptionnel qui, même lorsque le groupe n’était pas à son top, surnageait au miLieu (particulièrement sur le contrasté "Systematic Chaos"). Morceau à tiroir de douze minutes, il est aussi un bon exemple de la manière dont joue John Petrucci sur la majorité du disque. A savoir, presque intégralement en lead, avec au final peu de réels riffs, et revenant à des soli lors des ponts musicaux. Dire, comme il fut dit dans les interviews, que le guitariste est moins démonstratif que par le passé est donc globalement faux…ou comment combler du vide avec des notes…
Car même lorsque le groupe se fait plus créatif, il ne reste que l’ombre de lui-même (en parlant toujours de "Breaking All Illusions"), entre "Sacrificed Sons", "Octavarium" ou encore "Repentance", les tripes en moins.
Que l’on ne s’y trompe pas, le niveau technique est toujours exceptionnellement haut, l’album produit en béton armé et le packaging des plus soignés, même si on trouvera des réminiscences graphiques avec un "Falling into Infinity" lui aussi bien moins créatif. Là où le groupe se fourvoie complètement, c’est dans cette fausse ambition, ces morceaux techniques mais âpres et sans saveur, comme une ancienne sucrerie que l’on se souvenait délicieuse mais que le temps a transformé en bonbon industriel et pâteux. Sans oubLier des textes qui sentent malheureusement un mauvais gout trop prononcé, trop fataliste après une crise qui n'en est pas vraiment une, mais prenant des allures de mascarade.

"A Dramatic Turn of Events", plus qu’une déception, est ici la preuve flagrante que le chemin à parcourir de « l’après Portnoy » s’annonce très long et semé de multiples embuches, là où certains groupes avaient tiré de leur split de véritables cures de jeunesse.
Un album dont on se souviendra pour son histoire plus que sa musique, et que certains s’amuseront à descendre ou encenser pour son contexte plus que son contenu. Pourtant il faut avouer que Dream Theater marque furieusement le pas, après un sublime dixième album. Ça n’empêchera probablement pas l’album de se vendre par palettes entières mais il est parfois bon de savoir que, si l’on regarde autour de nous, nous trouverons des albums bien supérieurs à celui-ci…ayant le simple défaut de ne pas être flanqué d’un grand nom sur l’artwork. Mercantilisme quand tu nous tiens…




29 Commentaires
Chronique
13 / 20
    EternalTearsOfSorrow, Lundi 19 Septembre 2011 parlez-en à vos amis  
Album abouti, mais à des années lumières de ce que le groupe a déjà su nous présenter précédemment.

Après un Systematic Choas, sorti en 2007, assez bon mais se penchant à certains moments sur un style un brin trop progressif, rendant la musique très molle et ennuyeuse pour quelques morceaux, les légendes New-Yorkaises du métal progressif de Dream Theater revinrent à la charge deux ans plus tard avec un nouvel album, appelé Black Coulds And Silver Linings. Cet album était tout autant linéaire que l'album le précédant, et tellement peu inspiré que les Américains eurent même la curieuse idée de faire revenir quelques mélodies de morceaux sortis dans les albums précédents. Je ne citerai aucun de ces derniers, étant donné que ce n'est pas l'album à chroniquer aujourd'hui. Je m'arrêterai donc sur le fait que ce fut un retour assez médiocre et décevant de la part de Dream Theater.

Après cet historique, il est également important de préciser un évênement et une séparation majeure qu'a connu le groupe dans le courant de l'année 2010, qui est le départ de l'Excellent batteur Mike Portnoy, batteur du groupe depuis la formation et l'un des membres fondateurs avec le guitariste John Petrucci et John Myung. Après quelques rumeurs lancées par les fans, prétendant à une apparition de Marco Minneman au sein du groupe, ce fut donc Mike Mangini (Ex-batteur d'Annihilator) qui prit alors en charge le lourd travail de remplacer le légendaire Portnoy derrière les fûts.

Le groupe à nouveau au complet, il était donc temps de repartir pour l'écriture et l'enregistrement de leur onzième album. Signé Roadrunner Records et appelé A Dramatic Turn of Events, le nouvel opus de Dream Theater a alors été produit par John Petrucci, qui quant à lui remplaça Mike Portnoy pour la production, le guitariste n'ayant pas occupé ce poste depuis plus de 9 ans, lors de la sortie de Six Degrees of Inner Turbulence. Premièrement, il est assez intéressant de passer en revue la pochette, qui malgré sa belle couleur bleu ciel dominante sur toute l'image, l'ensemble reste assez mystérieux dans sa globalité...

Le premier morceau démarré, on a directement affaire à du pur Dream Theater, sous une forme plus influencée par un style plus prog que dans les derniers albums du groupe. On pourra également constater un petit changement dans le son de la batterie, le jeu de Mangini sonnant effectivement un peu autrement que celui de Mike Portnoy, qui lui avait plus habitué les auditeurs avec ses breaks assez fréquents et envoûtants, avec des descentes de toms assez attirantes. Le nouveau gus se contentera de nous donner un rythme assez simple, les breaks étant quant à eux moins fréquents. Les morceaux s'enchaînent et mis à part quelques morceaux assez marquants (« Build Me Up, Break Me Down », « Lost Not Forgotten », « Outcry »), on ne retiendra décemment pas grand chose de ce nouvel album, qui me semble pas assez inspiré (« This Is The Life » et notamment « Far From Heaven »), moins que dans les albums précédents...
Heureusement que les solos de guitare de John Petrucci sont toujours autant bien exploités, ce qui apportera dans cet album un grand plus tout au long de cet opus.

Avec A Dramatic Turn of Events, Dream Theater vient de présenter un bon talent de la part du nouveau membre du groupe, qui a pour son premier essai au sein du groupe été un peu mis en retrait, mais qui aura au moins eu le mérite de nous montrer qu'il ne valait pas rien. Certains morceaux sont assez marquants, mais le reste passera bien les deux ou trois premières fois, semblant cependant plus longues et ennuyeuses lors des écoutes suivantes... Manque d'originalité, trop de progressivité, Dream Theater sort ici un album abouti dans son ensemble, mais à des années lumières de ce que le groupe a déjà su nous présenter lors des années passées. Malgré cela, le groupe restera une icône du métal progressif américain, aux côtés de Tool et Mastodon.




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Chronique
    OXUS, Dimanche 09 Octobre 2011 parlez-en à vos amis  
Dream Theater s’auto-plagie sans cesse mais cet album offre tout de même quelques petites surprises

Et voilà ma toute première chronique qui risque d’être très subjective... Et croyez-moi, c’est avec un cœur serré que je rédige ces lignes. Car, comme il est bien connu, les fans dévoués peuvent devenir les plus acharnés des détracteurs... Les membres tournent en rond depuis quelques années, et personne ne peut le nier. Et rallongeant leurs titres et musclant leur Metal - qu’ils ont trouvé sans doute trop mou -, ils ne font que refléter l’image d’un band à court d’inspiration artistique et ayant peur de vieillir... Oui, Dream Theater, c’est désormais aussi insipide qu’une mauvaise pièce de théâtre superbement jouée par des stars hollywoodiennes... Et puis, merde, pas la peine d’aller plus loin : ça sent aussi mauvais que ma métaphore... Voilà, que ça ! Mais parlons de l’album. D’abord, la pochette et ses quelques messages cachés ne m’a pas repoussé malgré sa mocheté, et je me suis dit que peut-être il abriterait lui aussi quelques secrets… Je porte alors un regard à la durée... 1h 17 pour neuf titres ! C’est trop ! A savoir si ce n’est pas un entassement de titres à rallonge ?!... J’écoute, c’est le cas, c’est bien fait pour ma gueule… Et même si assez souvent les bonnes critiques d’un album qui me déplait arrivent à me faire changer d’avis, là c’est rien, nada ; je connais trop bien le groupe pour que l’autosuggestion fasse son effet bénéfique. Bref. Je continue tout de même mon écoute de la façon la plus assidue.

Alors que les titres s’enchaînent je pense : Dream Theater s’auto-plagie sans cesse, et il n’y a presque pas un passage qui ne sonne pas déjà-vu-déjà-entendu ; mêmes sempiternelles envolées guitaristiques et pianistiques, utilisation abusive de la gamme indienne qui lasse par son exploitation limitée (Tool et Aghora ; voire Steve Vai... font un meilleur usage de cette gamme). Par ailleurs, les réminiscences des albums Post-Scenes from the Memory sont frappantes et ce n’est surement pas les passages de Outcry rappelant le mythique Dance of Eternity, ni l’album tout entier qui empreinte du côté choral de Fatal Tragedy, ni le coté Dark des deux précédents opus (Systematic Chaos et Black Clouds & Silver Linings) qui contrediront ce constat. Il faut le dire, le groupe fait du commercial ! Il n’y a qu’à voir tout le boucan fait pour le casting du nouveau batteur pour s’en convaincre ! DT fait maintenant partie de cette armada de groupes qui font du « Heavy metal technique » qui... Mais non ! inutile de vous arrêter sur cette appellation que j'invente ! Au fond, donner l’étiquette Metal progressif au style d'un artiste révélerait du blasphème en l’absence de toute créativité et progression de la part de celui-ci... Ce qui devait être dit l’a été, et il est temps de se pencher sur les points positifs de l’opus. Tout d’abord, le rythmé Breaking All Illusion et son break kansassien à la cinquième minute, reste sans doute le seul titre m’ayant réellement marqué, ensuite il y a l’intro de This Is the Life qui a un air de je ne sais quoi de mystique (ou de mystifiant ?... à vous de voir).

A Dramatic Turn of Events n’est pas aussi dramatique que ma critique laisse à croire, parce que cet album offre tout de même quelques petites surprises : le chant diaphonique de Brigdes in the Sky que j’aurais plutôt vu sur un titre plus soft ; la modernité conférée par les samples électro et les riffs coresques de Outcry et Build Me Up, Break Me Down ; les refrains hymniques et mémorables... Bref. Fans de la période Metal de Dream Theater, A Dramatic Turn of Events sera votre compagnon pour l’automne ; mais férus de la période progressive passez votre chemin, à moins que vous ne soyez plus tolérants que moi.




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    sebdem, Dimanche 25 Septembre 2011 parlez-en à vos amis  
C'est évidemment très bon à défaut d'être original.

DT est le champion du prog métal, personne ne le contestera. Depuis leurs débuts jusqu'à en gros Train of Thoughts, ils ont signé des albums cultissimes (Images and Words, Metropolis pt2), décriés (Falling into Infinity) mais toujours inattendus, créatifs et interprétés avec la virtuosité qu'on connaît. Malgré tout, depuis ToT j'ai cette désagréable impression de "déjà entendu" à chaque nouvel album, comme si le groupe se contentait de déclencher le mode "composition automatique", recyclant avec talent des recettes déjà éprouvées. Ça n'est pas forcément une critique mais, tel l'élève surdoué dont on ne peut décemment pas critiquer la copie tant elle est supérieure à celle de ses cancres de camarades, on aimerait parfois les voir forcer un peu plus leur talent pour proposer quelque chose de vraiment nouveau.

Le départ de Portnoy, considéré par certains comme une catastrophe pour l'avenir du groupe, ne se fait finalement pas sentir puisqu'il n'avait (selon les dires de Labrie) que peu d'influences sur la composition (jardin privilégié de Petrucci et Rudess). En plus, je trouve que la batterie est moins mise en avant sur cet album que d'habitude, mais suffisamment pour juger de l'Excellent niveau de Mangini.

Pour en revenir à l'album, c'est du DT pur jus, qui ravira les fans. Comme je le disais plus haut, on est en terrain bien balisé, chaque morceau m'a plus ou moins fait penser à un ancien morceau ou un ancien riff puisé ça et là dans leur discographie. Je n'entrerai pas dans une description détaillée de chaque morceau, je préfère donner mon sentiment sur la globalité de l'album. C'est évidemment très bon à défaut d'être original. J'en viens à ne plus être subjugué par la virtuosité des musiciens, c'est un comble. Et c'est frustrant car je suis persuadé que DT peut vraiment proposer des choses révolutionnaires.




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