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Black Avantgardiste Doctor Livingstone Contemptus Saeculi
Album, date de parution : 28 Fevrier 2014 - Osmose Productions
Style: Screamo

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NOTE SOM : 17/20
Toutes les notes : 16/20 Vous devez être membre pour déposer une note
Tracklist
1. Allegro Maestoso (Présentations à la Plèbe)
2. Starting the Fire
3. He Beneath the Scenery
4. By Serpents (Illumination Mea)
5. From the Bottom to the Grounds
6. Marked by the Whip, Pt. 3
7. Negative Planar Entity
8. Contemptus Saeculi
9. Eat You Devour Me
10. Onze-
11. Le
12. Requiem N°12 en La #

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6 avis 1 16/20
Chronique
17 / 20
    Icare, Jeudi 20 Mars 2014 parlez-en à vos amis  
Un manifeste de musique extrême chaotique et déglingué qui se plait à malmener l’auditeur

Doctor Livingstone, ce n’est pas le genre de groupes qui laisse indifférent. Doctor Livingstone, en fait, généralement, c’est soit on adore, soit on déteste et c’est le genre de combo à l’attitude extrême et provocatrice prenant un malin plaisir à bousculer le monde du metal et ses codes un peu trop figés à grands coups de déclarations fracassantes. Doctor Livingstone aime choquer et n’apprécie pas de passer inaperçu, Doctor Livingstone chie sur le public metal, une bonne partie du public metal chie sur Doctor Livingstone (ils sont catalogués en screamo, booooooouh ! ) et tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes (les Montpelliérains sont allés jusqu’à intituler leur premier album, sorti en 2007, « Notre niveau est trop élevé pour que vous, misérables créatures bipèdes pour lesquelles nous n’éprouvons que du mépris, puissiez porter un jugement à l’encontre de nos délicieuses créations », jugez plutôt!).

N’empêche qu’au-delà de cette attitude discutable, Doctor Livingstone, c’est avant tout quatre musiciens de metal expérimentés qui n’ont plus rien à prouver, avec entre autres un ex Muutilation au chant, et un batteur qui a déjà officié pour les ignobles services d’Arkhon Infaustus, Crystalium et Ad Hominem, rien que ça. Avant d’alimenter bêtement la polémique, il serait donc peut-être judicieux d’écouter ce que le combo a à nous offrir en matière de musique. Et là, gare à la claque. Doctor Livingstone, c’est quoi ? Sur le papier, un groupe de screamo fondé à Montpellier en 1998 et qui sort avec Contemptus Saeculi, signé chez les barges d’Osmose, son troisième full length. Oui, mais sur la galette en question, c’est bien plus complexe que ça. Doctor Livingstone, c’est froid, chaud, noir, glissant, poisseux, crade, rampant, protéiforme, mouvant, vicieux, inclassable, insaisissable. Doctor Livingstone, c’est un mélange des genres foutraque, un manifeste de musique extrême chaotique et déglingué qui se plait à malmener l’auditeur aux confins du hardcore le plus déstructuré (Marked By the Whip mélange l’agressivité d’un Kickback à la folie schizophrène et déstructurée d’un Converge), du black le plus sombre et poisseux (Negative Planar Entity), et d’un post rock éthéré(la fin du titre éponyme, à la Mogwaï, Onze, sorte de mélange bruitiste et improbable entre Gainsbourg et Fauve sur fond de post rock black) sans oublier ces passages groovy, lourds et headbangants qui parsèment l’album.

Ces chuchotements sombres, ces blasts hypersoniques indéniablement black qui fusionnent avec ces guitares bruitistes et lourdes, ces riffs ultra rapides à la suédoise (Starting the Fire, From the Bottom to the Grounds), ce scream suraigu et cette deuxième voix plus grave et malsaine, crachant ses mélodies tordues: le ton est donné, Contemptus Saeculi mêle le côté occulte du black et la fureur du core pour un résultat sans concessions, dont les deux premiers titres, Allegro Maestoso et Starting the Fire, très brefs et agressifs, sont un bon condensé.
Avec He Beneath the Scenery , Doctor Livingstone nous dévoile une facette différente, délivrant quelque chose de plus poisseux, sourd et insidieux, moins direct mais tout aussi dérangeant, créant une ambiance suffocante, malsaine et oppressante qui renvoie à l’idée d’étouffement. Ces blasts lourds et ces riffs impérieux à la majesté black sont vraiment du plus bel effet, et cette prolifération de voix ajoute à cette dualité schizophrène et dérangeante qui prend l’auditeur à la gorge. By Serpents est également lent et rampant, avec ce début particulièrement sombre et mécanique, aux riffs saccadés et aux vocaux désemparés, mais toujours aussi vénéneux et corrosif, vibrant de dégoût, de haine et de volonté de destruction palpables, vous menant toujours plus sûrement à la perdition dans ses méandres de notes claires obscures, sur ce refrain glacial et robotique mené par ce riff mélodique. La fin du titre est juste imparable, avec ces guitares hypnotiques à la beauté envoûtante qui vous happe et vous livre définitivement à la damnation éternelle.
Le, au clip magnifique et bouleversant, incarne parfaitement l’essence noire et décadente du groupe : commençant comme un groupe de DSBM, avec ces guitares lointaines et désolées, enchaînant furieusement sur ce mélange si réussi et apocalyptique de hardcore urbain et de black vomitif, oscillant entre beauté et fureur, habité par cette ligne de piano torturée qui nous entraîne au fond des abysses, à la fois incandescent et liturgique, frontal et rampant, assommant d’agression et quasiment insupportable dans ses lenteurs glauques et nauséeuses (ah, la fin du titre, avec ces cris déments, réellement flippant !), ce morceau incarne la quintessence de ce qu’est le cru Doctor Livingstone 2014 : un putain de millésime.

Musicalement, le tout est parfait, avec un batteur hallucinant et tentaculaire, des grattes très variées qui distillent des riffs tous plus excellents les uns que les autres, sombres, rampants, directs ou extrêmement catchy et mélodiques, la production est au poil, nous immergeant parfaitement dans cet ensemble noir, crade et poisseux, finalement, le seul petit bémol viendrait peut-être du chant : les vocaux auraient pu être plus travaillés, le scream manquant un peu de puissance et finissant par irriter sur la durée, et les voix claires proches de celles de Jean d’ACWL étant certes expressives mais manquant de profondeur et d’intensité par rapport à la folie de la musique.
A part ça, rien à dire : si on est un minimum ouvert et qu’on aime les mélanges de genres, Contemprus Saeculi est une bombe à posséder absolument. Finalement, c’est peut-être bien les Montpelliérains qui avaient raison depuis le début : Doctor Livingstone, ce n’est clairement pas pour tout le monde, les puristes n’y trouveront toujours pas leur compte et continueront à cracher sur le groupe, mais les quatre zicos s’en foutent, continuant à tracer leur propre chemin en dépit des modes et des étiquettes, et ceux à qui ça ne plait pas peuvent aller se faire foutre bien gentiment. Après tout, est-ce que ça ne serait pas un peu ça le metal ?




4 Commentaires

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