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On peut dire que le groupe commence à se faire connaître avec leur « Worst Enemy », véritable bombe qui pose les bases d’un style de death, totalement déments, doté d’une ambiance acre, noir et prenante, et d’un chant torturé de Karsten Jäger, totalement subjuguant. Disbelief est passé maître dans l’art de combiner ambiance et puissance pour un death aussi intense que prenant. En fait, le résultat est si incroyable que je peine à le décrire avec des mots. Et c’est ces même bases que reprend le groupe sur ce « 66 sick », des titres très intenses, des rythmiques plutôt mid-tempo qui laissent le temps à l’auditeur de pénétrer dans leur morceaux, avant de balancer la plupart du temps un refrain destructeur, comme notamment sur « For God », sans doute LE titre de l’album… monstrueux, ou encore « Continue from this point » qui pour la première fois introduit un chant clair langoureux en duo avec le chant guttural, ajoutant une touche de tristesse et de démence sur l’album. Et c’est d’ailleurs une impression qui se développe tout au long de l’album, un peu comme si le groupe avait fait exploser sa rage sur « Spreading The Rage » et développeraient désormais sur ce « 66 sick » un certain état d’esprit désespéré qui s’exprimerai à travers toute la puissance de leur death cataclysmique… Car ne vous y méprenez pas, si Disbelief sait introduire une certaine part de tristesse dans leurs titres, ces dernier n’en perdent pas pour autant en puissance, ni en intensité, et les nombreuses accélérations et retours en puissance en feront perdre la tête à plus d’un… j’en fais parti ! A nouveau un album maître pour un groupe culte, doté d’un chanteur exceptionnel…
Tout commence par une intro assez calme et mélodique et soudain en plein milieu une guitare gronde telle un mauvais présage tout en même temps que continuent les mélodies. A partir du second morceau plus aucune trace de mélodies mais plutôt la venue d'un chant hurlé hors du commun (contrairement à la plupart des autre groupes de death la voix n'est pas gutturale), suivi de guitare, batterie et basse et cela va se poursuivre tout au long de l'album. Le morceau "For God" commence par une sorte de paroles religieuses pour mieux faire exploser la rage du groupe l'instant d'aprés. Et que dire de "Try" ce morceau où le chanteur hurle à s'en faire exploser les poumons? J'ai méme cru déceler une légere note de mélancolie sur le titre "Continue From This Point". Mais parmi toute cette violence, il arrive que l'on puisse entendre des chant clairs (de courte de durée mais des chants clairs quand même) entre autre sur le morceau "Rewind It All (Dead Or Glory)". Pour finir l'album se termine lentement mais surement sur l'intro du début nous laissant le cul par terre. Et dire que ce groupe c'est fait siffler lors du No Mercy Festival de 2005...
Disbelief a les épaules pour ratisser très large, tant son death-thrash est efficace et abouti, à la fois moderne et personnel. Capable de passer de la mandale énervée ("For God", "Crawl") au mid-tempo ravageur ("To Atone For All", "Floating On High"), le groupe impose une marque de fabrique qui n'appartient qu'à lui en ne délaissant jamais la dimension mélodique qui fait tant défaut à nombre de concurrents évoluant sur le même créneau. Des titres comme "Continue From This Point", "Rewind It All", "Try" ou "Lost In Time font figure de véritables tubes de métal extrême, une notion étrange, je le concède, mais qui s'impose d'elle-même à l'écoute de ces tueries. Si vous êtes en quête de morceaux violents mais terriblement accrocheurs, vous trouverez sur cette galette matière à vous réjouir. Tout au long de ce redoutable "66sick", Disbelief affirme une identité musicale unique, à mi-chemin entre un Obituary mélodique (la proximité entre la voix de Karsten Jäger et celle de John Tardy est parfois troublante), un Machine Head de mauvaise humeur, un Pantera moderne... On pourrait multiplier ces comparaisons sans jamais rendre totalement compte de la flamme, que dis-je, du brasier qui anime cet album. Doté d'un sens de la composition affuté comme une lame de rasoir, le groupe vous embarque pour un voyage saisissant, explorant un nombre incroyables de contrées métalliques sans jamais se perdre en route. C'est ici l'une des qualités majeures à porter au crédit des musiciens: ils savent où ils veulent aller, et tout l'album respire le projet maîtrisé d'une poigne de fer. A l'époque où le métal extrême redevient vendeur, il serait vraiment triste de voir un groupe d'un tel talent rester dans l'ombre. Donnez-leur une chance, ils la méritent amplement!
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