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Dimmu Borgir avec ce cinquième effort studio transgresse totalement sa musique et offre une vision alors entièrement nouvelle du black metal (devenu très courante en très peu d’années). Il propose un art incorporant l’esthétisme dans l’extrémisme, la beauté dans la laideur, l’éclat dans la noirceur, l’angélisme à l’intérieur même des ambiances démoniaques. Il mélange les contraires, rallie les antinomiques et en sublime chaque partie pour arriver à un résultat absolument exceptionnel et unique. Dès l’intro cinématographique "Fear and Wonder", la musique nous happe, l’atmosphère à la fois dramatique et poignante nous emporte dans un monde propre et nouveau. L’orchestre propose un air légèrement répétitif et destiné à l’évasion de l’esprit, les violons dansent dans une mascarade infernale…puis le climat se noircit. L’horizon s’intensifie et explose dans un déchainement de brutalité sur "Blessing Upon the Throne of Tyranny". Le son est à couper le souffle, d’une incision proprement démentielle et d’une puissance à vous déchirer les entrailles. La batterie se déchaine dans un blast d’une vitesse à outrance, les riffs taillent l’esprit de l’auditeur en lambeaux et Shagrath, comme le démon des enfers, déclame une prophétie des ombres glaçante tandis que de magnifiques lignes de piano transcendent ce titre aujourd’hui classique. Mais ce n’est que le début. Un léger souffle parcourt l’introduction de "King of the Carnival Creation", les claviers font leur entrée, puis le blast d’une rapidité une nouvelle fois hallucinante. Ce morceau représente, avec le suivant, sans aucun doute la perfection absolue du black metal symphonique. Qui pourra dire ne pas sentir des frissons lui parcourir le corps à l’écoute du magique "Hybrid Stigmata - The Apostasy" ? Une courte introduction orchestrale avant l’intrusion diabolique d’un hurlement inhumain de Shagrath, mais en gardant un tempo légèrement moins élevé. Les riffs ambitieux de Silenoz et Galder, à la fois majestueux et acérés, sentent autant la pourriture des âmes que la magnificence des Dieux. Les vocalises claires de Vortex, telles les paroles d’un ange, viendront éclaircir une atmosphère d’une si grande beauté nocturne. Mais ne croyez pas que les norvégiens ont totalement oublié leurs racines, comme en témoigne le génial "Puritania", d’une lourdeur sans précédent et composé d’atmosphères black metal des plus angoissantes et terrifiantes, autant dans les orchestrations quasi électroniques que dans les multiples voix hurlant dans notre tête dans un manifeste idéal de folie et de schizophrénie, pour terminer sur des grésillements extrêmement malsains. La vitesse démesurée d’"Indoctrination" anéantira vos oreilles, pour finalement laisser place à un intermède entièrement symphonique d’une rare grandeur, une nouvelle fois très dérangeant et confrontant l’auditeur à un mal-être indéfinissable. Car il s’agit bien là de la réussite de cette œuvre baignée par les dieux des ténèbres, à savoir allier (pour la première fois ?) musicalité et misanthropie constante, à savoir hurler à la face de la religion une critique constructive et non pas uniquement virulente, comme en témoigne l’artwork absolument magnifique et unique. Comment ne pas succomber face au break impromptu mais néanmoins impressionnant de "Architecture of a Genocidal Nature" rappelant le Alice Cooper des débuts (avec un peu d’imagination bien entendu) au niveau de l’atmosphère véhiculée par le chant cauchemardesque de Shagrath ? Alors les puristes crieront au scandale mais ils ne montreront que leur incroyable étroitesse d’esprit face à l’art, matérialisation de l’évolution et des émotions humaines ne devant s’imposer aucune limite créative, ethnique ou éthiques. Se terminant comme il a commencé, dans une ambiance angoissante, mystérieuse et uniquement orchestrale sur "Perfection or Vanity", Puritanical Euphoric Misanthropia est le voyage de l’âme vers un monde artistique complètement différent et en perpétuel mouvement, le rejet de la médiocrité vers une entité supérieure, la négation de la banalité vers une unicité céleste. Il représente ce que la musique a de plus grand et noble en elle, il est la représentation de la supériorité et de la grandeur, un mythe incroyablement grand et unique !
Pour ma part cet album a su bien me séduire avec ses riffs très épurés et ses mélodies aux claviers toujours aussi présentes et efficaces. Résonnances ténébreuses et compositions glaciales et électrisantes sont au rendez-vous sur la batterie endiablée de Nick Barker (ex-Cradle Of Filth). On notera aussi les excellentes prestations vocales de ICS-Vortex. A noter également la présence très appuyée de violons d'où ressortent un sentiment macabre sur cet album. Des titres assez remarquables comme Hybrid Stigmata-The Apostasy et Kings Of The Carnival Creation (avec la voix de Vortex...), le mysanthropique Puritania aux résonnances quelque peu électriques, Architecture of a genocidal nature aux pianos somptueusements composés et le morceau très Heavy ; Burn In Hell ! Bref un album qui a fait enrager plus d'un True mais qui a su en séduire plus d'un (même chez les true à vrai dire)...
Tout d'abord une production énorme. Des guitares sublimes, une basse monstrueuse et une batterie surpuissante (peut-être un peu trop d'ailleurs) un chant black démoniaque et un chant clair si pur et si envoutant (Vortex a une voix à pleurer sur cet album). Derrière tout ça un claviériste hors pair sachant faire et défaire des ambiances diaboliques, futuristes, mélancoliques et brutales. L'album s'ouvre sur une intro très sombre. Comment ne pas évoquer "Blessings upon The Throne of Tyranny" avec ses pianos magnifiques. Vient ensuite le carnage avec "Kings of Carnival Creation" Le chant si pur de Vortex et cette basse si grondante...l'ambiance diabolique de ce titre est à tomber. "Hybrid Stigmata-The Apostasy" avec ses violons tragiques et son riff énorme au début. "Puritania" et son ambiance Spatiale et occulte. "Indoctrination" avec son coté théâtral et orchestral magnifique. "The Maelstrom Mephisto" et la longue plainte de Vortex...sublime ! "Sympozium" qui nous emmène vers la fin du voyage avec "Perfection Or Vanity" sublime titre instrumental qui termine l'album en beauté ! Un seul mot : Remarquable ! Un Mythe ! 19.5/20
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