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Diablo Swing Orchestra Sing-Along Songs for the Damned and Delirious
CD paru le 21 Septembre 2009 - Ascendance Records
Diablo Swing Orchestra : Sing-Along Songs for the Damned and Delirious, chronique, tracklist, mp3, paroles

NOTE : 18/20
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Tracklist
1. A Tapdancer's Dilemma
2. A Rancid Romance
3. Lucy Fears the Morning Star
4. Bedlam Sticks
5. New World Widows
6. Siberian Love Affairs
7. Vodka Inferno
8. Memoirs of a Roadkill
9. Ricerca Dell’anima
10. Stratosphere Serenade

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7,18 €
Chronique
18 / 20
    Th0rk, le Lundi 12 Octobre 2009 parlez-en à vos amis  
Je cherchais seulement un label, et voilà que ça me tombe dessus, CandleLight Records viens de larguer sur le monde une bombe atomique.
Le bombardier s'appelle Diablo Swing Orchestra, l'opération Sing-Along Songs for the Damned and Delirious, et c'est sous le drapeau de l'avant-garde métal Suédois que le massacre est perpétré.

Une petite présentation s'impose, en effet, la formation est bien originale même pour de l'avant-garde :
Daniel Håkansson s'occupe de la guitare et des voix baryton ou hurlées. Pontus Mantefors de la guitare lead et des effets spéciaux. Annlouice Loegdlund est la chanteuse soprano lyrique qui envoie bien comme il faut. Anders Johansson est à la basse. Johannes Bergion au violoncelle (non non, c'pas un synthé, un vrai violoncelle avec du vrai bois et du vrai crin !). Andreas Halvardsson à la batterie et aux timbales.
Ils maîtrisent les bonshommes (et la nana), sans tomber dans le cliché PsyOpus, les parties instrumentales et même vocales sont très très techniques, les rythmes d'une complexité sans nom.

A la première écoute, "A Tap Dancer's Dilemma" nous prend les oreilles et ne les lâche pas une fois durant les 5 minutes intrinsèques. Ils osent, les gars, ils osent. Guitare manouche, cuivres free-jazz, rythme be-bop, funk, et bien sûr metal, chant lyrique (non pas comme dans le black metal monsieur, comme dans l'opéra). Tout ça en même temps, et en plus c'est pas de la purée.

Tous les morceaux sont bien discernables les uns des autres, "New World Widows" par exemple a ce petit caractère mélancolique, appuyé par le thème joué sur une boîte à musique. "Lucy Fears the Morning Star" a ce côté comédie musicale que les deux chanteurs nous servent grâce à un jeu d'acteur tout à fait excellent.
"Siberian Love Affairs", c'est le côté beuverie malsaine à la russe, avec les chœurs rouges et l'accordéon qui fait bouger les fessiers et laisse place à "Vodka Inferno" ou Staline nous invite à un stage éducatif dans un goulag.

C'est un album absolument génial, très rafraîchissant ou chaque instrument est incorporé à merveille, au moment où il faut, comme il faut. Les mélanges les plus osés, les instrumentations les plus bizarres sont tellement bien arrangées qu'on trouve l'album bien trop court, et c'est pourtant 45 minutes de musique que nous offrent ces timbrés géniaux.
Quelque chose de complètement différent à écouter et réécouter, vivement qu'ils viennent en France.

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10 commentaires

Chronique
19 / 20
    Kovalsky51, le Samedi 28 Novembre 2009 parlez-en à vos amis  
En voyant trôner cet album au milieu du rayonnage Metal, je me suis vraiment demandé ce qu'une pochette pareille pouvait renfermer. En même temps des enfants fringués comme en plein milieu des années 50 aux États-Unis avec des tronches de poupées en plastique qui font du manège ; ça a tendance à sauter aux yeux au milieu de dizaines de pochettes toutes plus dépressives les unes que les autres. Attiré par cette image qui à quelques détails près (les deux squelettes de chevaux en bois en arrière plan) aurait fait une formidable affiche de propagande américaine en pleine guerre froide, j’ai tout d’abord tenté de l’écouter à la borne prévue à cet effet. Évidement dès qu’un truc est susceptible de vous intéresser la belle voix magnétique lance un chaleureux « nous sommes désolés cet album n’est pas encore disponible à l’écoute » (j’avoue que fallait s’y attendre la borne en question trônant sous le dernier diams et je ne sais quelle merveille de notre belle variété française). Donc résigné à devoir m’en remettre au destin je l’achète, et puis au pire s'il avait été mauvais la pochette aurait toujours été jolie pour décorer mon étagère. Et Bien sachez qu’il n’en est rien ce Sing Along Songs for the Damned & Delirious est une tuerie à ranger dans la catégorie des œuvres déjantées et adictives au possible. Diablo Swing Orchestra fait du Jazz Metal halluciné qui risque bien de trouver sa place dans les discothèques des metalleux aimant la fantaisie.

Tout d’abord si vous n’aimez pas quand le Metal part dans tous les sens vous pouvez d'ores et déjà zapper cette chronique car ici il n’y a qu’un mot d’ordre « moins on se pose de limites plus on latte le derche de l’auditeur ». Fans de Mister Bungle, Carnival In Coal et autres Sleepytime Gorilla Museum cette galette est vouée à tourner jusqu’à être usée à la corde dans vos chaines. C’est bien simple même étant amateur de Metal bigarré et détraqué du bulbe les premières minutes m’ont complètement déstabilisé. En écoutant le titre d’ouverture une pensée m’a traversé l’esprit, à savoir « mais bordel on dirait la musique des Aristochats jouée sous LSD ». Au menu de cet album du Jazz, des gros riffs et un chant complètement décalé mélange de chants d’opéras et de délires de schizophrène. Il y a fort à parier que si Emir Kusturica et Tim Burton s’attelaient à réaliser un film commun, que la BO ressemblerait vaguement à la musique délivrée par ces timbrés venus de Suède. Mélangeant jazz bien pêchu et mélodie plus gothiques sans négliger des passages bien énervés Diablo Swing Orchestra a trouvé une formule magique laissant augurer d’un futur radieux pour le groupe en matière de Metal expérimental. La grande force de cet album outre le fait qu’il présente une musique unique et addictive, réside dans le fait que les structures des morceaux complexes se laissent écouter sans masturbation de cervelet superflue requise. Chose à laquelle peu de groupes expérimentaux peuvent prétendre.

La chose la plus impressionnante étant la variété d’instruments présents qui se marient sans que l’on ressente la moindre gène. Pire encore on se prend à se demander pourquoi si peu de groupes tentent ce mariage contre nature à première vue. Bien que jouant à fond la carte de l’expérimental et de la démesure les suédois ne tombent jamais dans le piège du pompeux. Tout est si bien équilibré qu’aucun instrument ne parait superflu, trompettes, saxophones et violons se mariant très bien avec les gros riffs de gratte envoyés toujours au bon moment pour dynamiter une formule très corrosive. Le chant quand à lui est complètement barré passant de chœurs d’opéra (féminins ou masculins selon les passages) à des intonations délirantes dignes d’un épisode des Animaniacs (comprenez qu’on se demande ce qu’ils ont pris avant de passer en studio), des délires de baryton, voir des passages mélancoliques et lançinants, il colle toujours à la musique malgré le registre très casse gueule qu’il emploie. Les riffs de guitare sont toujours entrainant poussant parfois au headbanguing quand ils retournent a leurs racines Metal. Les gratteux étant très compétants cela ne les dérange pas de passer d’un riff jazzy à une grosse bastonade sans que l’on ne puisse le prévoir. La batterie est très rock, ce choix délibéré offre une meilleure cohérence au mélange de tous les instruments. La basse quand à elle envoie des compos typiques du jazz donne une envie de danser assez agréable. Envie de danser se terminant souvent par un gros riff qui vous fait taper du pied. Les autres instruments plus extravagants cités plus haut s’avérant toujours exécutés excellemment et les samples bien déjantés renforcent la folie ambiante qui se dégage de l’ensemble.

L’album joue avec une large gamme de sentiments et passe sans peine d’un hymne à la beuverie bien entrainant à un moment mélancolique qui se retourne sans prévenir en gros trip halluciné. Bref le mélange laisse passer tant d’émotions qu’il ferait une très belle bande son de film détraqué. Délirante la musique n’en demeure pas moins maitrisée et ne part jamais dans une direction inepte. Le son est vraiment très bon et colle parfaitement à l’ensemble de la musique ne faisant jamais dans le trop gras ou le trop clean. Les quelques défauts présents ici relevant du fait que l’on entend que trop peu de cris et autres passages gutturaux. Mais bon le tout étant déjà d’un niveau si haut on se dit que franchement ils auraient sans doute été superflus.

Une sacrée mandale que les fans de Metal expérimental se doivent d’écouter pour découvrir un groupe novateur au talent insolent. Un album dantesque chaudement recommandable et une des plus belles découvertes en la matière de l’année 2009. Cette galette est vouée a devenir culte c’est une certitude. Chapeaux bas messieurs dames et vivement la suite !


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