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Ce disque raconte donc la journée du sympathique extraterrestre Ziltoid sur notre bonne vielle Terre. Etonnant, vous avez dit étonnant. Ce disque ne ressemble a rien de censé. On dirait que Danny Elfman passait dans le coin avec Tim Burton et qu’ils se sont joints a Devin afin de nous offrir quelque chose d’unique. Ce disque risque de ne pas convenir à tout le monde car il n’y a pas beaucoup, beaucoup de titres à la Strapping mais la recherche musique est telle (surtout au niveau des ambiances) qu’il est difficile de ne pas reconnaître le talent du bonhomme. Si le nom de Burton ressort spontanément c’est bien que le parallélisme est assez facile. Lorsque ne nous sommes dans les phases ou Ziltoid (ou un autre personnage) s’exprime, la musique de fond fait clairement penser à Mars Attacks. A Mars Attacks oui mais avec de l’avoine. Il arrive qu’a certians moment le monde de Strapping et le monde de Burton fusionne et c’est bien là ou il y a un gros intérêt. Imaginez la musique du film avec de la double et vous comprendrez tout de suite. Mais ne vous en faites pas, il y a des passages bien péchus ou seul le fait d’envoyer du gras compte. Mais il est presque dommage que Devin n’est pas poussé le vice jusqu’a nous offrir un disque complet de mixte Burton/Townsend. Enfin il faut bien essayer d’en dire un peu de mal mais c’est gratuit car la manière dont est articulé le disque est totalement cohérente. Par contre interdiction formelle de se faire un titre vite fait sur le gaz, obligation d’écouter le disque en entier sous peine d’en perdre la dynamique, concept album oblige. Pour le reste vous pouvez faire confiance les yeux fermer a notre bon vieux Devin, ça sonne gros et la prod’ est très léchée. Etrange à plus d’un titre, ce disque se dévoile par petit à petit pour au final nous offrir une œuvre aussi bien amusante que captivante. Pas loin d’être un OVNI (c’est le cas de le dire), ce disque s’inscrit en chef de fil des disques loufoques. On aime ou on aime pas, mais au moins il ne laisse pas indifférent.
Maintenant, imaginez que l’attaque n’est pas humaine mais alien, et que la guerre n’est autre qu’un envahissement. Mars Attacks ? Oui, enfin bon il y a des films tout de même plus terrifiant non, La Guerre des Mondes, Signes (enfin, non !)…mais pourquoi penser tout de suite à Tim Burton ? Et bien je dirais…peut-être parce que cette guerre en question, relatée dans le nouvel opus de Devin Townsend en solo arbore une pochette reflétant l’imaginaire déluré du film de Burton. Devin. Suite au split de Strapping Young Lad engendré avec le funéraire "The New Black" (excellent et d’une émotion incroyable !) et officialisé avec le posthume "Chaos Years", Devin Townsend aura décidé de se retirer définitivement de la vie scénique et de se concentrer sur la production et la composition. C’est ainsi que "Ziltoid The Omniscient", projet murissant depuis très longtemps dans la tête du savant fou, vis le jour juste un an après le cinquième album de SYL. Pour cet opus très personnel, Devin à également écarté le groupe qui le suivait depuis longtemps, et a finalement tout fait de A à Z, hormis la batterie programmé par le non moins extraordinaire Fredrik Thordenal (Meshuggah) avec leur création ; le DrumKit From Hell (utilisé sur le "Catch 33" des suédois). Ziltoid, c’est donc cet alien éperdument fanatique de caféine, et découvrant que la Terre produisait le meilleur café de l’univers. Mais quelle ne fut pas sa rage face à la traitrise humaine, lui ayant refilé du café bon marché. Branle bas de combat, la planète sera bientôt mienne, attaque !!!!!!!!!!!!! (mais ce bougre d’idiot de drogué à la caféine ne sait pas que l’héroïque Capitaine Spectacular va tout faire pour l’empêcher de détruire notre Terre chérie…et encore moins qu’il n’est que la création éphémère d’un gars fainéant dormant à son bureau, donc uniquement le produit d’un rêve humain ayant par on ne sait quelle magie une véritable conscience. La découverte de sa véritable nature sera pour lui un grand bouleversement !!). Vous avez compris ? Non ? Pas grave, ce n’est pas le but mais voilà les grosses lignes d’un concept métaphorique ne faisant que renvoyer à l’homme l’absurdité totale des guerres qu’il engendre pour s’autodétruire avec férocité et démence. Musicalement, nous sommes une nouvelle fois face à un véritable mur sonore portant typiquement la marque Townsend, cette épaisseur qui vous écrase, ces chœurs caractéristiques de Strapping Young Lad, violents et inventifs, à la gloire de cette curieuse créature. Le phénoménal "By Your Command" nous emmène très loin dès le début du disque. Alternant sans aucun complexe toutes ses formes de chants, Devin se fond dans les innombrables personnages de son concept (Ziltoid, Captain Spectacular, l’équipage, les humains…) en leur conférant à chacun un chant unique, clair, brutal ou emplie d’effets, apportant une multiplicité vocale lorgnant fortement avec l’expérimental et le génie. Sous une double pédale écrasante, les lignes de chant se posent sur des claviers magiques dessinant les contours de la musicalité du titre. Le détail qui marque également sur ce titre de huit minutes, c’est que chaque idée n’est exploitée qu’une seule fois, comme pour éviter une surenchère créatrice qui rendrait l’album omnipotent. Le magnifique brèche atmosphérique, décrivant un dialogue entre Ziltoid et son équipage se veut incroyable de par les atmosphères qu’il parvient à donner à son équipage, aux voix trafiquées et unique, que l’on entendra jamais ailleurs que sur cet album (le "Zes my lord" est sublime). La conclusion du titre, longue montée en puissance sur un blast symbolise une union improbable mais pourtant tellement bénéfique du Devin de "Terria" avec la furie d’"Alien". "Ziltoid The Omniscient" se veut radicalement différents des autres disques du prodige canadien dans le sens où il arbore en cinquante minutes tout les visages de l’artiste, sans doute pour la première fois. L’ombre de SYL plane sur le dantesque "Ziltoidia Attaxx !!!", furieux et énormément technique, tout en restant saccadé et incroyablement imaginatif (tous ces chœurs martiens). La rythmique écrasante et le chant possédé de Devin nous plombe le crane d’une violence salvatrice, avant de nous plonger dans un délire soliste et surréaliste, où Ziltoid (ou Devin, ne sachant plus qui est le plus cinglé des deux !) se croit le plus grand guitariste de l’univers et joue un solo incroyable de technique, de virtuosité mais sans aucune cohérence, partant dans tous les sens (mais que c’est bon !) avant de nous atomiser sur une double écrabouillant nos sens et des hurlés « You give us a coffee, you give us a wop bam boum ». Au contraire, l’aspect pop de "Hyperdrive" respire la suite logique d’un "Stagnant" (Terria) ou d’un "Slow Me Down" (Accelerated Evolution). Le très atmosphérique et superbe "Solar Winds", plein de poésie et emplie de beauté, nous fait planer comme seul lui sait le faire, avec uniquement sa voix et une guitare céleste et accordée de manière si étrange que seul lui peut faire sortir un son aussi pur et aérien. Toujours d’une inspiration sans borne (il y a si longtemps que le projet lui trottait dans la tête que la musique a littéralement exploser !), le très expérimental "N9", aux arrangements vocaux réellement inédits (et oui, c’est encore possible) ainsi que la martial "Planet Smasher" (il va détruire la planète ce petit saligot de buveur de café !), proposant le refrain le plus original qu’il m’est été donné d’entendre depuis très longtemps. Un alliage d’avant-gardisme et de puissance pour un résultat innommable et simplement nouveau. Le long "Color Your World", passant en revue sur plus de neuf minutes la vie musicale de Devin démontrera un talent ne s’étant définitivement pas effrité avec le temps. "Ziltoid The Omniscient", à qui je reprocherais uniquement une production trop froide et clinique pour un tel album (un son plus chaleureux aurait été plus appréciable dans le contexte du concept, même si c’est justement cette production si spécifique qui fait parfois toute la différence, notamment sur Planet Smasher), est une nouvelle preuve d’un talent unique et barré, d’un homme l’étant tout autant. Un homme ne cherchant plus rien à prouver, et puisant uniquement dans les tréfonds de sa créativité une musique pouvant à la fois être original et lui plaire, sans pour autant ne pas faire quelques allusions éphémères à un passé des plus glorieux. Un passé où presque rien n’est à jeter et où, étonnement, l’on se plonge sans jamais vouloir en ressortir, sans jamais vouloir revenir à notre véritable vie…celle d’une civilisation mercantile et bruyante paraissant insignifiante face à certains génies humains.
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