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Liste des groupes Metal Progressif Devin Townsend
Album, date de parution : 27 Octobre 2014 - Hevydevy Records
Style: Metal Progressif

NOTE SOM : 15/20
Toutes les notes : 16/20 Vous devez être membre pour déposer une note
Tracklist
DISC 1
"Sky Blue"
1. Rejoice
2. Fallout
3. Midnight Sun
4. A New Reign
5. Universal Flame
6. Warrior
7. Sky Blue
8. Silent Militia
9. Rain City
10. Forever
11. Before We Die
12. The Ones Who Love
DISC 2
"Dark Matters"
1.
2. From Sleep Awake
3. Ziltoidian Empire
4. War Princess
5. Deathray
6. March of the Poozers
7. Wandering Eye
8. Earth
9. Ziltoid Goes Home
10. Through the Wormhole
11. Dimension Z
DISC 3 (Limited Edition)
"Dark Matters Raw"
1.
2. From Sleep Awake
3. Ziltoidian Empire
4. War Princess
5. Deathray
6. March of the Poozers
7. Wandering Eye
8. Earth
9. Ziltoid Goes Home
10. Dimension Z

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42 avis 1 16/20
Chronique
15 / 20
    Eternalis, Jeudi 30 Octobre 2014 parlez-en à vos amis  
Pour une fois, Devin a peut-être voulu trop en faire et n’est pas parvenu à canaliser toutes ces idées

Parler et poser un avis d’un nouvel album (d’un album tout court même) de Devin Townsend n’est jamais évident tant le nombre de paramètres à prendre en compte est important, dépassant le traditionnel sentiment d’aimer ou non de nouvelles compositions. Il y a un toujours un but, une opposition à une œuvre précédente, un enrichissement d’un épisode déjà écrit ou simplement le nouveau chapitre d’une série à venir. Alors imaginer lorsqu’il faut écrire une chronique, à fortiori celle du retour tant attendu de notre alien préféré : Ziltoid.

Intitulé sobrement "Z²", le successeur d’"Epicloud" et du particulier "Casualties of Cool" (devenant progressivement un projet annexe à part entière) se révèle en fait un double album ayant la particularité…d’être composé de deux disques complètement différents et non pas d’une simple création trop longue pour un unique cd. Il s’agit bien de deux albums sortant sous le même patronyme, comme si "Deconstruction" et "Ghost" étaient à l’époque sortis sous le même titre ("Ghostruction" ? ). Aborder "Z²" demande dès lors un effort encore supplémentaire puisque le véritable retour de Ziltoid n’est en fait présent que sur "Dark Matters", le second disque…"Sky Blue" étant la suite d’"Epicloud" et donc le nouvel opus du Devin Townsend Project. Vous me suivez ? Il y a fort à penser que, pour une fois, Devin s’est même lui-même un peu perdu en route…

Le canadien avoue lui-même s’être engagé dans tellement de projets qu’il fut encore plus submergé que de l’époque de la tétralogie qu’il avait conçu en ayant constamment le but final à l’esprit : chose qu’il n’avait pas ici. Il voulait mettre en scène le retour en grande pompe de Ziltoid tout en allant encore plus loin dans son ouverture musicale avec le DTP et eu finalement l’idée de sortir les deux albums conjointement : leur rapprochement venant justement de la différence extrême musicalement entre les deux opus. Tordu ? Devin va même jusqu’à admettre qu’il a cherché à lier les deux conceptuellement mais que ça rendait la création encore plus bancale et alambiquée.

Commençons donc par l’album faisant tant salivé, et ce dès les premiers instants. "Z²" ouvre la porte de "Dark Matters" avec cette ambiance spatiale et délurée (délirante) ainsi que la narration unique de Devin pour faire entrer l’auditeur directement dans son monde. La production est évidemment incroyable de puissance et laisse éclater la folie de son géniteur revenant à ses excès d’antan, que ce soit ceux de Strapping Young Lad, du premier épisode de Ziltoid ou du plus récent "Deconstruction". En revanche, là où "Ziltoid the Omniscient" était uniquement autoproduit et montrait au monde qu’on pouvait faire beaucoup avec peu, "Dark Matters" est ambitieux à l’extrême, rien que dans l’utilisation de l’Universal Choir et ses plus de 1000 voix différentes.
Très narratives, "Z²" et "From Sleep Awake" ne sont que deux excuses pour poser le scénario, à grand renfort de chœurs, de riffs lourds, mettant en scène chaque personnage (Ziltoid, Captain Spectacular, son équipage ainsi que de nouveaux arrivants…) avant la première énorme claque : j’ai nommé l’impressionnante "Ziltoidian Empire". La mélodie initiale est directement inspirée des passages éthérées du premier épisode (les emprunts seront d’ailleurs nombreux) mais la multiplication des voix explose littéralement ici. La complexité des mélodies forme une ambiance incroyable, la voix de Devin est d’une beauté surnaturelle tandis que le canadien prouve qu’il n’a pas épuisé son stock d’idées saugrenues tant les sonorités sont une fois de plus expérimentales et complètement hors normes. Le riff à deux minutes est simplement merveilleux de puissance et semble résonner dans l’espace comme une sorte de riff ultime, celui qui fait résonner l’espace à lui-seul. Très narratif, il faut comprendre que les dizaines de voix rendent les premières écoutes exténuantes tant l’absence de logique parait proéminente. Mais tout se met finalement en place après une petite dizaine d’écoutes, particulièrement les chœurs au centre de ce "Ziltoidian Empire" qui sont le parfait exemple de cette créativité débridée qui ne semble jamais se tarir chez le fou canadien.

Mais tout ceci n’est qu’un avant-gout de l’exceptionnel "War Princess" de huit minutes qui porte à lui-seul l’album par son génie et son excellence ultime. Le riff, la voix de Dominique Leroni Persi (la princesse), les excès de violence, la bataille spatiale matérialisée par les samples aériens et déments, les voix masculines écrasantes et guerrières…tout est tellement parfait qu’on se demande comment Townsend peut pondre ça après vingt ans de carrière et autant d’albums derrière lui. Et que dire des deux dernières minutes après la cassure de rythme imposée par le hurlement du canadien ? Il en sera de même sur un impérial "March of the Poozers" solennel où Devin y livre la meilleure performance de l’ensemble des deux albums.
Cependant, dire que "Dark Matters" est une réussite absolument complète serait un tort ou le signe d’un aveuglement fanatique qui a souvent trait envers ce genre de génie duquel on accepte rarement l’erreur ou même l’approximation. Pourtant, "Deathray" ne peut que décevoir tant il reprend exactement "Ziltoidia Attaxx !" La même narration, le même riff, le même schéma (mais moins alambiqué) et l’on sort ici clairement de l’inspiration pour rentrer dans la redite de ses travaux précédents, essoufflant le disque à l’instant T. Idem pour "Earth" qui, aussi magnifique soit-elle, reprend une mélodie identique au démentiel "Color your World" et ne surprend pas. Certes, il est normal de retrouver des repères, des pointes de mélodie, des ambiances…mais de là à recopier des passages complets…il y a un pas que Devin n’avait encore jamais franchi. Heureusement, le final incroyable de "Through the Wormhole" (joli jeu de mots) sauve cette sensation uniquement pour la révélation scénaristique à mourir de rire, jouer comme du vieux théâtre désuet ou une série Z absolument succulente (ceux qui ont écouté comprendront, ces cuivres qui viennent appuyer ridiculeusement la révélation, propre à imaginer des gros plans grossiers ou nazes l’excès !). "Dimension Z" ferme la porte du vaisseau dans la beauté et la quiétude, avec un « To Be Continued » qui laisse sous-entendre que tout n’est pas terminé…

Alors voilà, "Dark Matters" est le réel disque que nous attendions, avec des perles mais aussi quelques reproches, même s’ils ne viennent aucunement altérer le plaisir de l’écoute et cette sensation d’entendre de nouveaux détails à chaque passage. Mais il y a aussi un "Sky Blue" qui, encore plus après quelques jours, ne semble vraiment pas à sa place dans ce « pack ».
Il semble effectivement bien terne face à la folie de l’alien, trop propre, trop facile, reprenant trop de codes déjà éculés par le savant fou et ne servant finalement que d’apéritif de qualité. La voix d’Anneke a beau être superbe, la sensation d’écouter les chutes d’"Epicloud" ou d’"Addicted" est vraiment trop forte. "Rejoice" et "Fallout" se suivent sans faire réellement frissonner, si ce n’est démontrer que Devin cherche à aller toujours plus loin dans l’ultra-accessibilité avec le DTP (autant que dans l’émotion avec Casualties of Cool ou que la complexité débridée avec Ziltoid). Les riffs sont simples, les structures pop, les claviers extrêmement lumineux et les vocaux s’entremêlent pour des instants de poésie. Cependant, une fois de plus, d’autres albums sont déjà passés par là et Devin a déjà proposé ça par le passé (pensons à "Life", à "Stagnant", à "Slow me Down" ou le sublime "Notes from Africa").

"Sky Blue" laisse cette sensation du verre à moitié vide et à moitié plein, chacun verra le côté qu’il souhaite. Car si tout y est parfaitement interprété et maitrisé, nous gardons cette sensation que l’album pourrait difficilement vivre sans son frère d’arme "Dark Matters" et que Devin ne l’aurait peut-être pas proposé ainsi individuellement. Facilité ? Probablement pas consciente (c’est le but recherché en même temps que d’être accessible) mais bien réelle. Et une fois de plus, elle est tellement rare chez le canadien qu’elle laisse inévitablement poindre une déception chez un auditeur qui ne connait que la perfection depuis des années avec lui. Évidemment, un "Universal Flame" rejette les doutes par sa beauté et son lyrisme (et paradoxalement pour l’un des titres les plus pop jamais écrit par Townsend) ou un "Before We Die" à couper le souffle et touchant directement au cœur (ce refrain…). Mais qu’en est-il des titres très intimistes comme "Sky Blue" ou "A New Reign" qui sont à des années lumières de l’émotion à fleur de peau d’un "Ih-Ah" toujours aussi beau à pleurer ou d’un "Save our Now" propre à donner le sourire à n’importe qui. Ne parlons pas de "Forever" qui reprend, lui aussi, des cris beaucoup trop proches de "Thing Beyond Things" (bonus track d’"Ocean Machine") venant gâcher l’apesanteur du début du morceau (sublime au demeurant).

Vous comprendrez que donner un avis simple et concis sur "Z²" est totalement impossible, pour la simple raison qu’il se compose de deux albums complètement indépendants, volontairement antinomiques et que ces deux mêmes albums sont difficiles à appréhender dans leur globalité. Pour une fois, Devin a peut-être voulu trop en faire et n’est pas parvenu à canaliser toutes ces idées. Peut-être aurait-il été préférable de réaliser deux sorties espacées de quelques mois pour un homme qui déclare n’avoir plus qu’un vice : la création musicale dans laquelle il voue désormais toute sa vie. Pas un cran d’arrêt mais une première preuve des limites du musicien qui, aussi génie soit-il, reste un être humain susceptible de faire quelques erreurs. Ce n’est surement pas ça qui l’empêchera de rentrer dans la postérité et de placer la mascotte Ziltoid en tête des plus créations les plus folles du monde metallique. Merci pour sa dévotion. Ne garder que le meilleur : profitez-en.

Note finale : 15/20
Sky Blue : 13/20
Dark Matters 17/20




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