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Liste des groupes Metal Progressif Devin Townsend Synchestra
Album, date de parution : 2006 - InsideOut Music / Hevydevy Records
Style: Metal Progressif

NOTE : 17/20
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Tracklist
1. Let It Roll
2. Hypergeek
3. Triumph
4. Babysong
5. Vampolka
6. Vampira
7. Mental Tan
8. Gaia
9. Pixillate
10. Judgement
11. A Simple Lullaby
12. Sunset
13. Notes from Africa

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61 avis 2 17/20
Chronique
16 / 20
    Eternalis, Samedi 24 Janvier 2009 parlez-en à vos amis  
Une vie de débauche, une existence torturée, une âme unique et probablement la matérialisation humaine de ce qui ce fait de plus beau et noble artistiquement parlant. Je ne parle pas d’une œuvre ici, mais bien d’un géniteur, d’un créateur, d’un alchimiste moderne et contemporain, un homme parmi tant d’autres pourtant…

Il est certain que Devin Townsend n’est pas une personnalité comme les autres, ne le deviendra jamais et pour mon plus grand bonheur, ne s’assoira pas non plus sur une discographie unique et anticonformiste, dont la possession d’un seul album du canadien pour un groupe révélerait du chef d’œuvre. J’en fais trop ? Certainement…

"Synchestra", l’album qui vous captive (si vous avez pris la peine de venir jusqu’ici, je suppose que ça vous intéresse un minimum), a vu le jour lors de la période boulimique de Devin, qui produisit trois albums en à peine dix-huit mois ("Alien" et "The New Black" de S.Y.L et ce "Synchestra" en solo !), et se veut très différent de ce que Devin nous propose habituellement, tout en étant également relativement proche de certains de ses anciens travaux, notamment "Ocean Machine".

Ce qui surprend en effet, c’est le sentiment d’apaisement qui respire à travers le disque. Devin à toujours été un poète torturé et malsain, comme le démontraient le long voyage vers la démence de "Infinity" ou encore les expérimentations extrêmes et inhumaines de "City" ou schizophréniques de "Alien". Mais sur "Synchestra", une paix intérieure respire de toutes parts, comme une suite logique et naturelle de "Terria" et "Accelerated Evolution", mais sans les déferlements, certes succins, mais bel et bien existant, de violence et de furie. Une plénitude enfin complète et accomplie, sans pour autant proposé une fadeur créative ou un conformisme ennuyant. L’inventivité et l’expérimentation est encore là, "Babysong" en est le meilleur exemple, à travers des rythmes polyrythmiques, déstructurés et réellement barrés (les quelques mesures de claviers nous embarque dans un monde coloré mais étrangement effrayant).

Ce sentiment de communion et de paix se retrouve dès le premier titre. Une ballade pour débuter (déjà une velléité anticonformiste, contre les normes d’un marché saturé de musique composée à la presse hydraulique !), un splendide "Let It Roll", planant et enchanteur suivit d’un "Hypergeek" sur une base musicale identique (guitare acoustique, arrangements claviers et la voix, sensible et pure, de Devin) mais laissant apparaître le premier riff électrique ainsi qu’une partie savamment dosée de double pédale, avec un premier cri étouffé et déchirant.
Il faut noter également le caractère unifié de l’album, se prenant avant tout comme une longue chanson et non pas comme un assortiment de saveur sans liens.

Suite à ces deux morceaux très courts (deux minutes en moyenne) déboule "Triumph". La magie du canadien nous enivre une nouvelle fois dans toute sa grâce et sa beauté, sa magie et cet enthousiasme faisant plaisir à voir chez un Devin que l’on connait habituellement plus noir. Comment ne pas craquer devant l’appel à la tolérance de ce titre ("One World – Collective – ManKind – CONNECTED"), pénétrante ode à la paix humaine et à la destruction des barrières sociales et culturelles. Une chanson (est-ce bien le terme ?) respirant la nature, la vie et l’espoir, sur laquelle un solo du maestria Steve Vai vient se poser pour ébahir nos oreilles de beauté (sa patte est immanquablement reconnaissable) et de nostalgie à l’écoute d’une collaboration évoquant un "Sex And Religion" de douze ans déjà.

Mais sans parler de réelle violence, la tension n’est jamais loin, comme si Devin tenait à nous montrer que Mère Nature possède une force que l’homme ne pourra en aucun cas contrecarrée. Ainsi, le rageur et décalé "Vampira" traverse des régions musicales plus sombres et agressives, sans doute essentielles pour ne pas dénaturer totalement son ambitieux projet de ces autres créations.

Mais malgré une musicalité, une magie et une qualité d’écriture de loin supérieure à la quasi-totalité des « artistes » inondant le marché, il demeure un petit quelque chose d’indéfinissable qui nous dit que "Synchestra" ne sera pas aussi exceptionnel qu’"Infinity" ou "Terria", peut-être une petite pointe d’auto parodie sur la planant "Gaia" ou l’anecdotique "Mental Tan".
Et cette pensée, cette impression que c’est opus est mieux que le reste, mais moins que les autres Devin (en clair cette fois) ne me quittera jamais, malheureusement. Malgré un monumental "Pixillate", inquiétant, créatif, sombre et dément (la face démoniaque du canadien renaissant pour huit minutes divines), on ne parlera pas de "Synchestra" comme de l’album du siècle ou de la décennie.

En revanche, l’épilogue "Sunset" – "Notes From Africa" est simplement génial, imposant une simplicité enfantine mais un feeling et une sensation de planer en pleine savane absolument unique. Un enthousiasme communicatif et un éclat que seul Devin pourrait insuffler à de tels titres, notamment sur l’intro de "Notes From Africa" évoquant de Led Zeppelin passé à la moulinette du seigneur. Et la féérie de Sunset, ces quelques voix magiques sur des arrangements atmosphériques splendides. Même le titre bonus "Sunshine et Happiness (for all !)" suit parfaitement l’atmosphère, un rayon de soleil caressant les champs de blé un matin de printemps, un bonheur partagé.

Une œuvre s’inscrivant donc dans la continuité, non sans éviter le piège d’un léger auto-plagiat. Mais Devin étant Devin (unique !), il ne pouvait qu’un jour où l’autre ressasser quelques idées appartenant à des opus antérieurs. Cependant, "Synchestra" se révèle indispensable pour découvrir une facette souvent inconnu de ce cinglé misanthrope, celle paradoxalement d’un homme ouvert à son prochain et ne désirant qu’une paix illusoire avant le jour fatidique que certains ignorants nomment l’apocalypse.




3 Commentaires
Chronique
    870621345, Lundi 21 Mai 2007 parlez-en à vos amis  
Nous voici en présence du tant attendu nouveau devin townsend band : Synchestra.
L'homme schyzophrène, l'homme fou, l'homme tendre, bref, l'homme dont les mots ne suffiraient pas à décrire la folie et la noirceur qui l'habite et le génie (oui n'ayons pas peur des mots) qui l'anime.

Au regard des ses précédents opus avec ce groupe et à la différence de son autre formation, hautement plus violente et syncopée : Strapping Young Lad, nous étions en droit de nous attendre à du métal aérien, divers et fou, mais toujours inquiètant dans son approche d'écoute monolithique, Townsend distillant alors une ambiance de prime abord apaisante, mais au fur et à mesure des morceaux, la panique, la claustrophobie s'instaure et ne laisse pas une seconde de confort à l'auditeur.
Je vous renvoie ainsi aux superbes Terria, Infinity et Ocean Machine.

Mais dès les première notes de Synchestra, et ne serait-ce qu'au regard de sa superbe pochette, l'on comprend immédiatement ou presque, que le bon vieux Devin est plus paisible, plus heureux, plus zen.
Let It Roll est une superbe ballade d'ouverture, mais étrangement, rien ne la rend chialante, au contraire, elle se mue en un instant figé et magique, où tout setiment de désespoir, de haine ou de nostalgie a quitté son auteur.

L'ensemble de l'album reflète cela, chaque morceau peut être perçu comme un véritable élan lumineux vers lequel Townsend semble vouloir plonger son auditeur.
Jusqu'au très drôle vampolka, Townsend tanto excentrique, tantot posé, place ça et là une multitude d'ambiance et de sonorité, chacune étant parfaitement singulière, mais toujours dans un souci de confort auditif.

Le timbre de la voix de Devin est d'une pureté hors de commun et les choix de production, super bien gaulée, apporte cette touche éclairante, symbolique même de la sortie d'un long tunnel étroit, dont Townsend est heureux de s'extirper.

Triumph et son interlude country, Gaia et sa mélodie aveuglante, le rock idiot et hilarant en fin de parcours place cet album de Townsend comme l'album de la sereinité.
Il vous suffit de plonger dans Synchestra, de fermer les yeux et de vous laisser emporter par le flot du voyage proposé par son géniteur, fou, mais aujourd'hui serein, sans pour autant être convaincu que, par le biais de SYL ou de ce groupe éponyme, Townsend ne nous replongera jamais dans son univers torturé et malsain.

Une réussite superbe à écouter d'une traite.




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