PORTAIL : SPIRIT OF METAL | SPIRIT OF ROCK           Français
login :
Inscription   Pass perdu ?   

                       
Liste: # A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Liste par genre  
Do you want to change your language ?
    English     Français     Deutsch     中文     Português     Español     русский     Polski
Close
Liste des groupes Metal Atmosphérique Gothique Dark Sanctuary Dark Sanctuary
Album, date de parution : 04 Décembre 2009 - Wounded Love Records
Style: Metal Atmosphérique Gothique

NOTE : 17/20
Vous devez être membre pour déposer une note
Tracklist
1. Âme de Décembre
2. Sous les Neiges Éternelles
3. Omnes Fluctus Tui
4. L’Hiver Est Fini
5. Fin de Vie
6. Enfantement
7. Orpheline
8. Lullaby
9. Le Tribunal
10. Le Cachot
11. Le Chemin Vers la Délivrance
12. Incomprise

modifier l'album  imprimer cet article
40 membres possèdent cet album
ajouter une chronique Album précédent
12 avis 2 17/20
Chronique
16 / 20
    AlonewithL, Vendredi 30 Avril 2010 parlez-en à vos amis  
Avec cet opus éponyme, notre âme et notre sensibilité sont rudement mis à l'épreuve...

Dark Sanctuary peut être considéré comme une formation très atypique. C’est une lointaine cousine dans la grande et belle famille du metal. Pas question pour elle d’incorporer des chants braillards ou des guitares électriques. Le temps est plus à la neige qu’à l’orage. Cette neige qui normalement fait la plus grande joie des enfants est ici synonyme d’intense froid et de mort. D’après l’esprit de Dark Sanctuary, même les pierres les plus solides se désagrègent à l’épreuve du temps. Chacun est destiné à disparaître et à être définitivement oublié un jour.
Vous l’aurez sans doute compris « Dark Sanctuary » fait dans la musique triste et dépressive. Ce nouvel opus porte simplement le nom du groupe. Ce choix veut sans doute signifier que cet album a un caractère particulier pour le groupe. On retrouve cette particularité dans les tous premiers albums d’un groupe, lors d’une reformation de line-up, mais aussi lorsque le groupe estime que l’œuvre est l’aboutissement et tout le savoir-faire de la formation, tel un « black album » de Metallica qui a sobrement, lui aussi, porté le nom du groupe. Cette dernière option est, bien entendu, la plus crédible pour Dark Sanctuary, et l’écoute tend à le démontrer.

Ce que l’on pourrait dire, en premier lieu, c’est que cet album très inspiré est divisé en 3 histoires, ayant chacune son propre contexte et un type de musique particulière : « Neiges Eternelles » comprend les 4 premières pistes ; « La Vieille Dame et la Poupée », des pistes 5 à 8 ; et « Le Chemin de Croix d’une Âme Libre », des pistes 9 à 12.
Le chant féminin présent tout au long de l’album est d’un lyrisme spirituel, religieux. On est plus proche de prières harmonieuses que de chant lyrique à proprement parler. Ces prières d’une rare beauté et de sensibilité, sont chargées de tout le poids du profond désespoir et vont se perdre au loin dans le vent de la désillusion.
Une deuxième voix féminine accompagne parfois le chant dans la même fréquence sur ces longs poèmes sans rimes.

La partie « Neiges Eternelles » est un hommage rendu à l’hiver. Elle conte l’histoire d’une femme éplorée qui a perdu son être cher. La musique y est constituée, dans la majorité, de lents fredonnements de violon, et de notes de piano sous l’ambiance glaciale et empreinte de cruauté des claviers d’Arkdae et de Hylgaryss.
Sur cette première partie, le son est limpide, rempli de délicatesse. On ressent cette musique comme la lente chute des flocons de neige sur un paysage désert et abandonné. Cela vire à la lente agonie sur le très beau « L’Hiver Est Fini ». Le ton est grave sur ce titre. Le chant et la musique se font désolés.

La deuxième partie, « La Vieille Dame et la Poupée », est véritablement le joyau maudit de cet album. Le chant est tel un murmure, un chuchotement. Les claviers dans une musique magnifique, très calme, trop calme, presque à l’affut, nous pousse dans nos derniers retranchements. Le titre sans paroles, mais à la voix déconcertante, « Enfantement », malgré l’extrême douceur et l’attention des instruments, nous met littéralement sous pression. Cela devient quasiment malsain. Cette partie est éprouvante et créée chez nous une rare violence émotionnelle.

Dans la dernière histoire, « Le Chemin de Croix d’une Âme Libre », le sort tend à s’estomper. Les violons et le violoncelle sont privilégiés pour y jouer de longs sanglots, mais la musique est généralement moins attristante, plus commune que précédemment. Exception faite du titre « Incomprise » où l’atmosphère simule une réelle condamnation à mort.

L’album « Dark Sanctuary » est réellement à déconseiller aux âmes trop sensibles. L’écoute en mauvaise condition (seul, cloisonné, ou tard dans la nuit) renforce la sensation d’isolement. Il est plus heurtant que « De Lumière et d’Obscurité » ou que « L’être Las – L’envers du Miroir », qui étaient pourtant considérés comme particulièrement mélancoliques. Avec cet opus éponyme, notre âme et notre sensibilité sont rudement mis à l'épreuve, sur ce qui apparaîtra comme un chef d'oeuvre de la formation. Il est difficile de tenir tout l’album sans tirer une larme.
Tout y est blanc, comme la couleur du manteau du sol enneigé.
Tout y est froid, comme le visage livide du mort allongé.

16/20




6 Commentaires
Chronique
17 / 20
    Vinterdrom, Mardi 23 Novembre 2010 parlez-en à vos amis  
Il est de ces douleurs si immenses que l’on jurerait en succomber
Desquelles naissent un florissant renouveau, un espoir
Il est de ces abyssales ténèbres d'une opacité noire
Desquelles jaillit une lumière emplie de force et de vitalité

Ces douleurs, la confrérie du Sombre Sanctuaire les a vécues
Par la perte de deux sœurs de sang depuis longtemps à leurs côtés
Ces ténèbres, les Franciliens furent proches de s’y noyer
Une séparation telle la corde raide de laquelle presque ils ont chu

Mais par son entêtée ténacité
… Celle du désespéré qui ne veut à aucun prix abandonner
Eclot l’inespéré bourgeon
… Palpitant d'une vivace sève gorgeant ses sillons


D’un passé De Lumière et d’Obscurité narrativement ambitieux
… Son canevas souffrant d'une écriture au relief fort peu varié
… Sa musique blessée d'une capture sonore de toute ampleur dénuée
D’un chemin de vie émaillé d'opus sublimement classieux
… Riches d'instants éminemment passionnés et lyriques
… Ne manquant qu’à se sublimer d'un suréminent concept poétique

De leurs erreurs et maladresses inhérentes à la jeunesse
Arkdae et ses compagnons en ont fait le dur apprentissage
Se donnant une nouvelle vie par un conceptuel essai sans faiblesse
De notes, d'images et de prose unis en un inextricable accointage

Une triarchie thématique présentée en une unique anthologie
Du simple nom de celui qui l’a créé, son œuvre, sa vie


Neiges Eternelles en est le volet d’ouverture
Jouant une musique d'un traditionalisme pur
Un style néoclassique sobrement élégant
Sans démonstration inutile ni emphase en excédent

La lancinance d’un piano de funeste destinée empreint
Les violons récitant leur partition de larmes et de plaintes
Dame Pandora conte la peine d'une âme, son infini chagrin
Ne trouvant réconfort que lorsque sa flamme se sera éteinte

Une nouvelle vie ressuscite de ses tristes cendres
Comme le doux printemps après les neiges de Décembre

… La Mort, le renouveau …


La Veille Dame et la Poupée en est le volet central
D’expression la plus instrumentale et originale
Égrenant la longueur du temps défilé
Où chaque silence devient une éternité

L’innocence des ritournelles et chœurs enfantins
Le naïf carillon, si sournois par ses tintements cristallins
S'immisçant en les résonances de l’antiquaille à la solennité manifeste
L'orgue de sa macabre gravité tissant un linceul funeste

L'éternité où aube et crépuscule de vie sont à jamais liés
En un dénouement d'une bienveillance de cruauté ciselée

… La Mort, l'exutoire à la solitude …


Le Chemin de Croix d’une Âme libre en est le volet de clôture
Destin d’une condamnée à la potence livrée en pâture
Débordant de l’amer dégoût d’une existence bafouée
Avide d’une mort de tous soupçons et affronts lavée

Les notes acoustiques, ses seules compagnes en son exigu cachot
Ses pensées s’acharnant contre l’injustice de ce monde idiot
Les percussions martiales dressant l’imposante stature du gibet
Cadençant vers son inévitable trépas la marche de la condamnée

Dame Pandora vers les cieux élevant son chant et ses mélopées
Le chant du cygne comme l'ultime cri de la liberté

… La Mort, la délivrance …


Trois thèmes en autant de représentations de la Mort
Dans ses plus beaux atours de fervente espérance
Vision optimiste d'un soi-disant triste sort
L'espérance face aux maux de l’existence

Ainsi fût et perdurera la confrérie dans sa plus pure entité
Magnifiée en un recueil admirablement illustré
Où prose, art musical et pictural ne font qu’un en leur pluralité
Comme espoir et mélancolie y sont intimement enlacés

Les Franciliens signent là l’une de plus belles œuvres de leur histoire
Leur plus accomplie, je vous prie de le croire




3 Commentaires
Spirit of Metal Webzine © 2003-2017 ‘Metal your head !’ Contact - Liens
Follow us :