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Liste des groupes Power Mélodique Dark Moor Ancestral Romance
CD, date de parution : 24 Novembre 2010 - Scarlet Records
Produit par : Garcia Enrik
Style: Power Mélodique

NOTE SOM : 15/20
Toutes les notes : 17/20 Vous devez être membre pour déposer une note
Tracklist
1. Gadir 04:59
2. Love from the Stone 04:02
3. Alaric de Marnac 04:42
4. Mio Cid 06:39
5. Just Rock 02:35
6. Tilt at Windmills 05:19
7. Canción del Pirata 05:39
8. Ritual Fire Dance 03:58
9. Ah ! Wretched Me 04:59
10. A Music in My Soul 07:31
Total playing time 50:33

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29 avis 2 17/20
Chronique
15 / 20
    AlonewithL, Mardi 21 Décembre 2010 parlez-en à vos amis  
Et le soleil ne se couche jamais pour la formation madrilène Dark Moor.

« la sangre se hereda, y la virtud se aquista, y la virtud vale por si sola lo que la sangre no vale .»
« Le sang s'hérite et la vertu s'acquiert, et la vertu vaut par elle seule ce que le sang ne peut valoir. »
(Miguel de Cervantès, extrait de Don Quichotte)

On caricature et on s’imagine souvent l’Espagne réduit aux tapas, aux grands sportifs, aux nuits blanches arrosées et au flamenco andalou. Certes c’est-ce que verra le touriste moyen venu faire bronzette sur les plages ensoleillées de la côte méditerranéenne ibérique. Néanmoins on aurait tort de se contenter de traduire un grand pays européen avec une simple carte postale représentant un taureau dans une arène de corrida. On finit par oublier très vite que l’Espagne est un pays de culture, à forte identité. Un pays ostensiblement austère et baroque autrefois, devenu par la suite le pays du soleil. On finit aussi par revenir à cette ancienne grande puissance qui a touché aux quatre coins du monde, justifiant les mots prononcés par Charles Quint évoquant cet empire (son empire), là où « le soleil ne se couche jamais ».

Et le soleil ne se couche jamais pour la formation madrilène « Dark Moor ». Juste approximativement un an après « Autumnal », ils s’attèlent à nous sortir un nouvel opus, « Ancestral Romance ». On est toujours dans la fibre romantique du power/symphonique. De plus, comme cela a été suggéré implicitement précédemment, le groupe nous convie donc à aiguiser notre curiosité sur la richesse de l’Histoire et de la culture espagnole.

Quoi de mieux que de commencer par ses prémices. « Gadir » revient donc aux sources de l’Histoire espagnole en rendant hommage à la ville de Cadix, considérée comme l’une des plus anciennes cités de la péninsule ibérique et d’Europe. Ici, une douce mélodie langoureuse et envoutante fera directement place à un élan symphonique, élaboré de battements et de cuivres. Le titre est emprise d’une forte dimension épique (à la romaine, pour plus de conformité). On peut souligner dès à présent une continuité par rapport à « Autumnal ». Le chant d’Alfredo est toujours aussi fin, ballotté, et doucereux. Il gardera de sa puissance pour les refrains. Un chant qui de plus sera à nouveau secondé d’une soprano en invitée. Ce sera cette fois une parfaite inconnue, Berenice Musa, du groupe de metal gothique « Tears of Martyr ». Elle nous offre une admirable prestation, et s’élancera sur de courtes mais superbes envolées lyriques au début et à la fin du titre « Love from the Stone », inspiré lui de la légende des amoureux de Teruel (sorte de Roméo et Juliette, bien plus ancien que la tragédie de Shakespeare). Que l’on retiendra certainement et à l’évidence parmi les morceaux les plus romantiques et symphoniques de l’album. Gracieux, mais tournant malheureusement un peu en rond.

Même type de constat avec le tout aussi serein « Tilt at Windmills ». La musique est posée, consensuelle, mais pêche d’une certaine pauvreté, si bien que la batterie en devient ostensible. Cela gâche quelque peu le morceau. Expérience identique, et avec brio cette fois ci. « A Music in My Soul » sera l’une des plus belles chansons de l’album, également l’une des plus belles composées par « Dark Moor ». Les couplets délicats seront joués essentiellement au piano. Le chant y exprime toute sa candeur et sa solitude, avant de vous claquer sur un refrain ô combien grandiose, une vision de paradis d‘une intensité magistrale. De quoi laisser sur les genoux. Il s’agit sans conteste d’un titre rudement bien bâtit et parachevant parfaitement le disque. Autour de cette fibre à dominance symphonique, « Alaric de Marnac » se distingue tout particulièrement. Il y a de la frilosité, des sons soufflés, quelques riffs empressés et un rythme nerveux. Etrange impression. Chercherait on à nous effrayer? Cela s’agite, au point que la musique et les nombreux chants du refrains saturent le morceau. En fait, une ambiance qui ira plutôt bien à cet ignoble personnage, issu des films du maître espagnol de l’horreur, Paul Naschy, de son vrai nom Jacinto Molina. (Mouahahahahah!)

Dans une dimension des plus épiques cette fois-ci, là il y a vraiment du bon, du lourd, à commencer par le sacro saint « Mio Cid », consacré lui à ce grand héros de la reconquista espagnole, j’ai dis le Cid Campeador (appelé « Mio Cid » par les musulmans, qui le respectaient autant qu’ils le craignaient). Craignez, oui, craignez, car ce titre figurera tel un fait d’arme retentissant de la part de « Dark Moor ». Alfredo Romero s’implique entièrement au milieu des charges de voix et de claviers. Le titre n’est que plus renversant encore avec un petit solo goûteux d’Enrik Garcia, qui aura préalablement pris l’occasion pour nous faire profiter furtivement de quelques notes hispanisantes. Quoi de plus hispanisant aussi que de prononcer quelques paroles en castillan alors que le morceau se termine dans un relâchement salvateur.
Grosse impression donc, pour une formation qui s’était forcée à tout transcrire et émettre dans la langue internationale. Le castillan, langue chantée par excellence, tout autant que l’anglais en vérité, ne serait pas faite pour le metal? « Dark Moor » va en rajouter une couche et nous prouver le contraire. Le chant d’Alfredo gagne même en puissance et en aisance, sur le premier titre délivré en castillan du groupe, « Cancion del Pirata » (dont les paroles sont tirées du poème du même nom, de José de Espronceda), qui pourrait donner quelques frayeurs aux autres pirates que sont « Mago De Oz ». Il est seulement dommage que la musique pêche par un manque de volume et de profondeur.

Les instruments auront l’opportunité de démontrer leur maîtrise sur la reprise instrumentale du compositeur Manuel de Falla, « Ritual Fire Dance ». Une musique teintée de mystère faisant place à un bourdonnement inquiétant, que viennent agrémenter des sonorités arabo-andalouses. Tout cela avant de faire place nette cette fois-ci à une tonalité nettement plus classique.

Dans le plus énergique cette fois, on retiendra le court « Just Rock », totalement à part dans l’album. Cela devient du hard/symphonique, en grande partie à cause de la voix prise par Alfredo. La guitare se révèle davantage, grâce à de puissants riffs. Ce qui pourrait paraître dérangeant ou tout simplement curieux en revanche, sera l’apparence gospel des chœurs. Quelque chose de bien tranchant avec le petit remontant « Ah, Wretched Me! ». Les rythmes s’en remettent désormais au heavy/power (power mélodique sur les refrains). La piste sera donc l’une des plus vives et des plus énergiques de l’album, faisant la part belle, ainsi que libre court, à la batterie de Roberto Cappa et à la guitare d’Enrik Garcia.

Le soleil « Dark Moor », énorme réservoir d’énergie, n’atteindra pas son zénith sur « Ancestral Romance ». Il en a été pas loin. La formation a un potentiel immense qu’il peine à concrétiser totalement. Pourtant, on se rend bien compte avec cet opus, qu’ils sont tout à fait capables de fournir d’excellents morceaux. L’album à la croisée de « Tarot » et de « Autumnal » (plus proche d’ « Autumnal » quand même) offre un panel riche et intéressant au travers de ses explorations dans la culture espagnole. Ils leur faudra méditer encore les écrits de Cervantès afin que « Dark Moor » devienne un grand d’Espagne, et touche enfin aux quatre coins du monde.

15/20




19 Commentaires

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